Chapitre 4 : Aveu bouleversant

par CookieKandy

Le moment sembla s’arrêter, quand les lèvres de Neji se posèrent sur celles de Tenten. Comme si une bulle s’était formée autour d’eux, les coupant du reste du monde. Mais elle éclata rapidement, lorsque l’ange gardien réalisa son geste. Il s’écarta vivement de sa protégée, les yeux agrandis sous la surprise. Que venait-il de faire ? se demandait-il. C’était la première règle chez les anges gardiens en mission : aucune liaison avec un humain et encore moins avec leur protégé. Tout aussi étonnée, la jeune femme le fixait la bouche entre ouverte. Légèrement perdu, le brun s’excusa en se levant et sorti rapidement de l’appartement sans lui laisser le temps de dire répondre quoique ce soit.

 

Arrivé dans l’entrée de la bâtisse, Neji s’arrêta un moment, les mains en appuis sur la porte. Il allait se faire rappeler au paradis. Après avoir transgressé la loi la plus importante, il n’y avait aucun doute là-dessus. L’ange devait se dépêcher de rentrer, quelqu’un allait venir le chercher dans les prochaines minutes. Au pas de course, il sorti et traversa les deux rues qui le séparaient de son propre appartement. Comme il l’avait prévu, quelqu’un l’attendait dans son salon. Mais Neji n’avait jamais envisagé que ce soit son oncle.

 

- Je ne me serais jamais attendu à ça de toi, le réprimanda Hiashi.

 

Neji referma la porte derrière lui et s’approcha de son oncle, les épaules tendues par l’appréhension. Si c’était lui qui c’était déplacé, c’est qu’Hiashi comptait ramener ses filles au passage. Chose à laquelle l’ange gardien avait fini par changer d’opinion, grâce à l’intervention de Tenten un peu plus tôt dans soirée.

 

- Emmènes-moi auprès d’Hinata et d’Hanabi, ordonna le chef des anges.

- J’ignore où elles habitent, tenta-t-il de les couvrir.

 

Neji détestait mentir, mais au fond ce n’était pas complètement faux, puisqu’il les avait croisées au bar.

 

- Peu importe où tu les as croisées, emmènes-moi à cet endroit, insista Hiashi devant la petite rébellion de son neveu.

 

Le jeune ange se senti pris au piège. Voir Hinata aussi rayonnante, lui avait fait découvrir une nouvelle facette de la personnalité de sa cousine. Même Hanabi semblait moins hautaine, au contact de cet humain avec qui elle était arrivée au bar, une semaine plus tôt. Leur enlever ce bonheur lui comprimait le cœur, autant que l’idée de ne plus revoir Tenten le lui brisait. Était-il tombé amoureux d’elle en une soirée ? se demanda-t-il, tout en se retournant de nouveau vers la porte. Hiashi était son supérieur avant d’être son oncle et il lui devait obéissance.

 

Oo0oO

 

Après le départ de son protecteur, Tenten avait mis quelques secondes avant de réaliser ce qui venait de ce passé. Et la panique s’empara d’elle. Elle ignorait si c’était comme dans les films ou les séries télévisées, mais si c’était le cas, Neji avait fait une énorme boulette. Ce qui pouvait expliquer son départ précipité. La jeune femme se leva brusquement, attrapa sa veste et enfila ses chaussures en vitesse, et retourna au « Paradise Club » pour s’en assurer auprès d’Hinata. À cette heure tardive, les rues étaient pratiquement désertes et la progression de l’étudiante se fit rapidement. En passant la porte, Tenten constata que Maya était sur le point de fermer. Naruto et Hanabi attendaient Hinata, assis près du bar, pendant que les deux barmaids finissaient de faire le ménage. Il était déjà trois heures du matin après tout. La propriétaire vint la rejoindre, surprise de la voir débarquer à cette heure.

 

- Tenten ? Tout va bien ? s’inquiéta la rousse. Tu as l’air à bout de souffle.

- Oui ça va, menti Tenten en reprenant son souffle. J’ai juste quelque chose à demander à Hinata.

- D’accord, mais là je ferme.

- Si tu veux, Maya, je vais fermer, proposa Hinata.

 

La jeune entrepreneuse sembla réfléchir un moment, incertaine, mais fini par accepter et les laissa seuls pour aller se coucher chez elle. Tenten s’approcha du bar et y prit place en laissant tomber son masque. Ce qui n’échappa à Naruto et Hanabi, qui n’avait toujours pas bougé.

 

- Qu’est-ce qui arrive à un ange gardien, s’il a une liaison avec son protégé ? demanda-t-elle sans détour, avant même qu’Hinata ne lui demande se qu’elle voulait.

 

Cette question sembla prendre de court les trois êtres mythiques.

 

- Qu’est-ce que tu veux dire ? fit Naruto, ignorant que la brune connaissait leur véritable identité.

 

Mais Tenten ne répondit pas, se contentant de fixer anxieusement Hinata.

 

- Neji t’a tout raconté ? s’étonna Hanabi en comprenant.

- Attend ! Tu veux dire qu’il s’est passé quelque chose entre Neji et toi ? s’exclama à son tour l’aînée.

 

Le silence de la brune était plutôt éloquent et la panique sembla s’emparer des deux sœurs.

 

- Il faut qu’on parte, paniqua la cadette, père doit…

- Il est trop tard pour ça, fit une voix à l’entrée du bar.

 

Le quatuor se retourna vers celle-ci et virent Hiashi, plus imposant que jamais, et Neji légèrement en retraite, les yeux fermés et n’osant pas regarder les autres.

 

- Père ! s’exclama Hanabi.

- Je vois qu’en plus d’avoir embrassé ta protégée, tu lui as tout dis sur nous, grogna ce dernier à l’encontre de son neveu.

 

Celui-ci ne bougea pas d’un poil, sachant pertinemment que peu importe se qu’il dirait, ça ne changerait rien. Le fait était là. Il était évident vu leurs expressions, que les deux sœurs avaient deviné l’arriver de leur père et que c’était en partie à cause de Tenten.

 

- Vous avez suffisamment fait de grabuge, poursuivit Hiashi en fixant ses deux filles. Vous allez rentrer sans discuter.

- Non ! s’opposa Hinata.

 

Cette réponse pleine de confiance sembla déstabiliser le chef des anges. Jamais sa fille aînée ne lui avait répondu ainsi auparavant. De la part d’Hanabi à la limite, mais jamais venant d’Hinata. Il allait réitérer son ordre, quand il se rendit soudainement compte de la présence de Naruto, mais particulièrement de son odeur. À sa vue, les yeux d’Hiashi s’ouvrir plus grand. De colère, mais aussi de surprise.

 

- En plus de jouer les humaines, tu pactises avec un démon ! s’emporta-t-il en regardant avec dégoût le blond, tout en lui envoyant un rayon lumineux.

 

Cette action fit pousser un cri chez les trois filles, relever la tête à Neji et sursauter Naruto, qui fut pris de court. Son seul réflexe fut de lever ses bras devant son visage, dans une vaine tentative de protection. Mais il ne fut jamais atteint. Un écran de fumée se créa autour de lui, là où le rayon lumineux en percuta un autre. Lorsque la fumée se dissipa, les quatre anges et Tenten découvrirent un homme de grande taille devant Naruto. Malgré ses longs cheveux blancs, il était impossible de déterminer exactement son âge. Le visage d’Hiashi changea soudainement à sa vue. La colère laissa place à une surprise démesurée.

 

- J’aurais préféré ne pas avoir à te recroiser, Hiashi, soupira le nouvel arrivant.

- Jiraiya ? s’exclama Naruto en se penchant sur le côté pour lui jeter un regard.

 

Ce dernier sembla l’ignorer, gardant les yeux fixés sur le chef des anges.

 

- Tu as bien grandi depuis notre dernière rencontre.

- Que fais-tu ici ? l’attaqua Hiashi.

- Selon-toi ? J’étais celui qui c’est occupé de Kushina, rappela-t-il. Alors qu’est-ce qu’il y a de surprenant que je sois celui qui s’occupe de Naruto ? Mais tu me surprends, sourit le protecteur du blond. Je n’aurais jamais cru que tu oserais attaquer le fils de ton ancien meilleur ami, ajouta-t-il devant l’air surpris de son vis-à-vis.

 

Cette annonce étonna tous les autres gens dans la pièce. Qu’Hiashi ait connu le père du blond, à la limite c’était possible. Mais qu’ils aient été des meilleurs amis…

 

- Que veux-tu dire par là, Jiraiya ? demanda Naruto, complètement pris de court.

- Je ne t’en ai jamais parlé, mais ton père était un ange gardien et non un démon.

 

La confession troubla le blond, à tel point qu’il dut prendre appuie sur le banc derrière lui.

 

- Comment ? réussit-il à demander après un grand effort de maîtrise de lui-même.

- On en reparlera plus tard, fit Jiraiya sans détourner son regard de l’ange. Je me fiche de comment tu éduques tes filles, mais en se qui concerne Naruto, si tu t’en prends à lui, j’ai tous les droits de m’en prendre à toi, prévint-il. Il y a cent quatorze ans, je n’ai rien pu faire pour Minato parce qu’il était un ange, mais Naruto a été élevé dans les enfers et il est sous ma juridiction. Mais ce que je peux dire de ta fille, c’est qu’à aucun moment il ne l’a corrompu.

- Comment peux-tu en être aussi sûr ? se braqua Hiashi.

- Il n’y a pas que les anges qui peuvent en trouver d’autres sur terre. On a les mêmes règles à ce niveau. Et si ta fille l’avait été, tu peux être sûr que tu l’aurais appris bien avant.

 

Pour éviter de perdre un peu plus son sang froid, Hiashi se retourna vers ses filles et leur ordonna de le suivre. Hanabi regarda autour d’elle. Sa sœur, puis Naruto. En baissant la tête, elle s’approcha de son père, le dépassa et alla près de Neji, qui avait tourné de nouveau son regard vers le sol. Hinata par contre ne bougea pas d’un pouce, ce contentant de regarder son paternel avec mépris.

 

- J’ai dis…

- Non ! cria-t-elle. Vous m’avez toujours rabaissé et ici j’ai enfin l’impression de vivre et d’être utile à quelque chose ! Je n’ai jamais voulu régner et vous ne m’y avez jamais encouragé. Je ne jouerai plus la petite fille obéissante, qui fait tout ce qu’on lui ordonne de faire. Je suis venue ici pour trouver quelque chose de constructif à faire et mon refus de vous suivre, n’a aucun lien avec Naruto. Alors coupez-moi les ailes, car je ne retournerai jamais au paradis ! conclu-t-elle presque en criant.

 

Le rouge monta au visage de son père, mais la jeune ange ne sourcilla pas devant son regard et le soutient même. Jamais auparavant elle n’avait tenu tête à qui que ce soit et cet affront sembla perturber Hiashi qui ne s’y attendait pas. Hanabi aurait très bien pu le faire, elle en avait le tempérament. Cette dernière regardait même sa sœur avec surprise et admiration. Dans son coin, Tenten n’osait lever le regard, l’énergie psychique des deux grands êtres mythiques la paralysant sur son banc.

 

- Je ne me répèterai pas Hinata ! s’emporta Hiashi.

- Moi non plus, répliqua-t-elle. Si vous me ramener de force, je m’enfuirai de nouveau, le prévint-elle ensuite.

 

Perdant patience, son père fit signe à Neji et Hanabi de partir en premier et il franchit les derniers mètres qui le séparaient de sa fille aînée. Sans ménagement, il lui attrapa le bras et la tira vers la sortie, malgré ses protestations. Naruto les regarda sortir du bar avec un pincement au cœur. C’était encore plus difficile pour lui de la voir se débattre, que si elle avait suivi son père sans protester. Lorsqu’ils furent seuls, Jiraiya se retourna vers son protégé en soupirant longuement. Il remarqua le regard du blond vers une tierce personne, qu’il n’avait pas vraiment remarqué avant. Probablement parce qu’elle n’était qu’une simple humaine et que son aura ne dégageait pas énormément d’énergie.

 

- Oh, désolé ! fit Jiraiya en s’approchant d’elle. Je ne vous avais pas remarqué.

- Ce n’est rien, souffla Tenten, quelque peu mal à l’aise.

 

L’aîné la regarda un moment et fut lui-même mal à l’aise par la situation. Parler ouvertement du paradis et des enfers devant une humaine… Il n’avait pas fait très fort sur ce coup, se découragea-t-il. En la voyant ce lever avec l’intention de partir, Jiraiya lui attrapa l’épaule pour l’arrêter. Elle se retourna vers lui, les muscles tendus.

 

- Il serait mieux que tu ne rentres pas toute suite, s’expliqua-t-il.

- Pourquoi ? demanda Naruto.

- L’aura d’Hiashi lui colle à la peau et tous les démons inférieurs vont vouloir lui jouer des tours.

- Des tours ? répéta Tenten.

- En résumé, tu peux voir ça comment des accidents, ajouta Jiraiya. Pour eux, jouer des tours revient à provoquer des accidents. Et parfois mortelle.

 

La brune se rendit encore plus à cette annonce.

 

- Et que devons-nous faire ? demanda Naruto.

- Allons chez toi, le temps que cette énergie s’évapore complètement, déclara son tuteur.

 

Le blond resta quelques secondes, silencieux, puis acquiesça d’un mouvement de tête. Avant de sortir du bar, le musicien verrouilla la porte et accompagné de Tenten et Jiraiya, pris la direction de son appartement. Rendu dans ce dernier, le propriétaire des lieux leur fit signe de prendre place sur le sofa, pendant qu’il allait chercher à boire. La brune se tassa dans son coin, impressionnée par la puissance qui se dégageait du démon en face d’elle.

 

- Qu’as-tu voulu dire tantôt par « ton père était un ange gardien » ? s’enquit le blond en prenant place à la droite de la jeune femme.

- Ce que ça dit, déclara simplement Jiraiya. Ton père était un ange gardien, qui lors d’une mission de protection pour Hiashi il y a de ça quatorze ans, a rencontré ta mère succube. Elle avait reçu la mission de corrompre Hiashi, mais ton père s’est toujours opposé avant qu’elle ne s’en approche.

- Parce que ma mère était une succube en plus ? s’exclama Naruto.

- Je sais, soupira son tuteur. Je t’ai dis que tes parents étaient des démons de classe moyenne, pour te protéger des autres démons. Si l’ascendance de ton père avait été révélée, tu aurais été en danger et j’avais promis à ta mère de m’occuper de toi. Du moins, jusqu’au jour où ton âme humaine se lasserait des enfers.

- C’est pour ça comme tu n’es pas venu me chercher ? comprit le jeune démon.

- J’avais remarqué depuis un moment ton manque d’entrain. Alors quand tu as disparu, j’ai juste continué à te surveiller à distance.

- Mais qu’est-ce qui est arrivé à mon père ?

 

Le visage de Jiraiya s’assombrit à cette question.

 

- Minato avait la mission de protéger son meilleur ami Hiashi, pendant que celui-ci accomplissait la sienne. Ta mère, Kushina, avait pour mission de le corrompre, mais ton père l’interceptait toujours. À force de tomber l’un sur l’autre, ils sont tombés amoureux. Mais cette liaison a « corrompu » ton père, ajouta-t-il en faisant des guillemets avec ses doigts sur le mot corrompu. Alors il a été jugé et exécuté, avoua-t-il, encore marqué par ce moment. Les anges au pouvoir à ce siècle, l’on tué devant nos yeux, Kushina et moi.

- Ils devaient vraiment être amoureux pour que je sois là, soupira Naruto. Les succubes ne peuvent concevoir que lorsqu’elles sont amoureuses, expliqua-t-il devant l’air interrogatif de la brune.

- Et malheureusement, elles ne survivent jamais à l’accouchement, ajouta Jiraiya.

 

S’en suivi ensuite, l’histoire entre Kushina et Minato. Du moins, ce qu’en savait Jiraiya. Le soleil était sur le point de se lever, lorsqu’ils s’arrêtèrent de parler pour regarder l’heure. Déjà six heures du matin. En se retournant vers Tenten, Naruto la trouva endormi en boule. Il se leva donc, alla chercher une couverture dans sa chambre et la couvrit avec.

 

- Je crois que je vais y aller, annonça son tuteur en se levant.

- Merci d’être intervenu.

- Quel parrain n’aurait pas fait ça pour son filleul ? sourit Jiraiya.

 

Dans un nuage de fumée, le démon disparu de la pièce et Naruto se retrouva seul dans le salon en compagnie d’une Tenten endormie. Il prit place dans le fauteuil où s’était trouvé son tuteur et la regarda dormir. Pour le peu que les deux sœurs lui avaient dis sur leur cousin, Neji n’était pas le genre de personne à agir spontanément. Alors que voulait dire ce baisé ? La vibration du téléphone de la brune le sortie de ses pensées et il attrapa l’engin qu’elle tenait dans ses mains. Elle était tellement épuisée, qu’elle ne l’avait pas senti. Le blond regarda le message qui s’afficha. Le message venait de Lee.

 

* T’es où Tenten ?

 

Alors pour ne pas inquiéter le brun, Naruto prit l’initiative d’inventer un mensonge.

 

* Je suis retournée au bar après le départ de Neji, j’avais quelque chose à demander à Hinata.

* Et vu l’heure, Naruto et elle m’ont invité à dormir, vu que leur appartement était plus proche.

 

Le blond se dépêcha d’écrire cette précision, ne voulant pas trop mentir non plus. Mais avec Tenten qui en savait déjà beaucoup trop sur le paradis et les enfers, Naruto devait faire attention à ce qu’il racontait au colocataire de celle-ci. La réponse de ce dernier ne se fit pas attendre, lui disant qu’il se verrait après le travail. Le démon s’en frappa le front. C’est vrai, que la brune travaillait que la fin de semaine et ils étaient dimanche. Un autre mensonge à faire. Il chercha donc le nom de Konan dans les contacts et lui envoya un message disant « qu’elle était malade ». Ceci-ci fait, il laissa une note à la dormeuse pour la prévenir qu’il descendait chez Konohamaru pour un moment, au cas où elle se réveillerait avant son retour. À son voisin du dessous aussi, il devait inventer un mensonge, pour expliquer le pourquoi du départ précipité de sa petite-amie.

 

Oo0oO

 

La copine du blond était présentement enfermée dans sa chambre, avec aucune possibilité de sortir. Son père avait placé quatre gardes devant sa porte pour l’empêcher de sortir et si elle n’avait pas accès au lac donnant accès au monde des humains, elle ne pouvait pas y retourner. Ça faisait maintenant plusieurs heures qu’elle s’époumonait et frappait le battant de la porte avec ses deux points serrés. À bout de souffle et de force, elle se laissa tomber sur le sol en agrippant sa robe au niveau de son cœur. Elle souffrait. S’étant débattu durant tout le trajet du retour, Hinata ne pouvait voir personne, même pas sa sœur ou Neji. Hanabi avait bien essayé de venir lui rendre visite pour la consoler et se confier à elle, mais les gardes lui bloquèrent le chemin. La jeune femme se retourna dos à la porte et s’y adossa doucement. Ses yeux se promenèrent sur sa chambre. Il n’y avait rien de spécial, aucune décoration et surtout, tout était d’un blanc immaculé. La seule chose qui ne l’était pas, se trouvait être ses longs cheveux d’ébène. Tous les anges avaient les yeux blancs ou d’un bleu pâle, et seulement ceux de la famille Hyuuga avait les cheveux foncés. Un grand mystère, puisque tous les autres avaient les cheveux très clairs. Mais les Hyuuga se trouvaient être la famille la plus ancienne chez les anges. L’éco des voix de ses geôliers la sortirent de ses pensées. Ils parlaient d’elle.

 

- Il y en a qui dise que lorsqu’elle a franchis le lac, des tâches grises parsemaient ses ailes, fit l’un d’eux.

- Elle a pourtant toujours eux les ailes les plus purs du paradis, s’étonna un deuxième.

- La rumeur courre, qu’elle fréquentait un démon pendant son séjour chez les humains, confia un troisième.

- Un démon ? répéta le deuxième. Mademoiselle Hinata a pourtant toujours été la plus droite des anges.

- Elle s’est enfuit du paradis, reprit le dernier gardien. Ce n’est pas étonnant qu’elle ne soit plus toute blanche.

 

Dans la chambre, la concernée se leva et s’approcha de son miroir. Elle lui tourna le dos et fit sortir ses ailes. Celles-ci n’étaient effectivement plus aussi blanches qu’elle ne l’avait été quelques jours plus tôt, mais ce n’était pas étonnant, vu toute la colère que son père lui inspirait pour le moment. En passant une main sur les plumes, Hinata se remémora un souvenir qui s’était passait deux semaines plus tôt.

 

Sa sœur et elle se trouvaient dans l’appartement, regardant tranquillement la télévision, quand Hanabi lui demanda soudainement si elle pouvait lui nettoyer ses ailes. Chose qu’elles faisaient régulièrement, lorsqu’elles habitaient encore au paradis. Naruto était arrivé durant ce nettoyage et à la vue des ailes, fit comme s’il était aveuglé par leur blancheur.

 

- Mes yeux ! s’exclama-t-il en se les cachant à l’aide de son bras.

 

Ses mimiques les firent rire un moment et le blond vint prendre place près de sa copine.

 

- C’est blanc, lâcha-t-il inutilement.

- Elles ne le sont pas autant que celles d’Hinata, répliqua Hanabi.

- Mais elles le sont plus qu’avant, la reprit sa sœur.

- Quoi, les anges n’ont pas tous les ailes immaculées ? s’étonna Naruto.

- Les anges ne sont pas parfaits, confia Hinata.

- On est parfois atteint de l’un des sept péchés, poursuivi la cadette. Et quand c’est le cas, nos ailes sont parsemées de tâches grises.

- Et c’était quoi le tien ? demanda-t-il, curieux.

- L’orgueil, avoua la jeune ange à mis voix.

- Alors côtoyé Konohamaru t’aura assagi, la taquina le démon.

 

Cette réplique avait beaucoup gêné sa petite sœur, qui l’avait nié. Mais Hinata n’était pas dupe, Konohamaru avait ouvert l’esprit d’Hanabi et retirer en quelque sorte ses préjugés sur tout. Elle n’était plus aussi hautaine envers les gens qui avaient un statut social inférieur au sien. En soupirant, la « prisonnière » se déplaça jusqu’à son matelas et s’y allongea. Le temps serait long, enfermé dans cette chambre impersonnelle, se dit-elle.

 

Oo0oO

 

À bonne distance des « résidences » des anges, Hanabi marchait en direction du lac de l’Humanité. Elle était curieuse de savoir comment réagissait Konohamaru de son départ précipité. Elle avait confiance en la capacité à mentir de Naruto, il saurait trouver quelque chose à raconter pour ne pas divulguer sa vraie identité. Légèrement nerveuse, l’ange s’agenouilla près de l’eau claire et se concentra pour voir son petit-ami. La surface limpide ondula quelques secondes, puis une image apparue. Le brun refermait la porte d’entrée de son appartement, le visage défiguré par la tristesse. Il venait d’apprendre son départ. La jeune femme eut un pincement au cœur, lorsqu’elle le vit se trainer jusqu’à son lit et s’effondrer dessus. Pendant plusieurs minutes, elle l’observa, aussi immobile que lui. De l’angle qu’elle avait, elle ne pouvait voir son visage, ni voir les légers soubresauts de ses épaules, mais se manque de réaction en disait long. Durant ses trois derniers mois, elle n’avait jamais vu Konohamaru aussi peu actif. Il était toujours en mouvement, incapable de rester assis plus de quinze minutes. La vie était si courte, il ne fallait pas la gaspiller à ne rien faire. C’est se qu’il lui répétait continuellement, lorsqu’elle se plaignait d’être fatigué. Courte ? Elle se retenait de lui avouer qu’en fait elle avait 84 ans. Un équivalent d’environ dix-huit chez les anges en soit.

 

Hanabi ignorait depuis combien de temps elle le regardait broyer du noir, quand Konohamaru glissa une main sous son bassin et en ressortir son cellulaire.

 

- Allo ? l’entendit-elle. Oh salut Inari, ajouta le brun en se retournant sur le dos. Non, ça fait un moment que je suis réveillé, rassura-t-il son ami en se passant une main sur son visage. C’est juste… Je n’ai pas trop envie d’en parler, fit-il par dire en soupirant.

 

La brune attendit anxieusement la suite de la conversation. Du moins, une réponse de la part de son petit-ami. Le meilleur ami de ce dernier semblait en avoir beaucoup à dire.

 

- Naruto est passé me dire que le père d’Hanabi était débarqué au club hier soir, et il l’a ramené de force avec Hinata, fini-t-il par avouer.

 

La jeune femme posa ses deux mais sur sa poitrine, tentant vainement de retenir les larmes qui naissaient aux coins de ses yeux.

 

- Quand je lui ai demandé comment elles avaient réagi, il m’a avoué qu’Hinata s’était emportée, puis débattue, poursuivi-t-il. Mais il n’a rien dit sur Hanabi et je suis près à parier qu’elle l’a suivi sans rechigner.

 

Cette dernière s’en voulu à ce moment-là de ne pas avoir imité sa sœur la veille. Ça aurait montré son affection pour lui. Ainsi, elle semblait donner l’impression de ne pas trop imaginer un avenir avec lui.

 

- Mais en même temps, l’entendit soupirer. Je ne lui ai jamais vraiment montré que je tenais à elle, alors que Naruto couvrait Hinata de petites attentions. Je n’ai même pas eu le temps de lui dire que je l’aimais, souffla-t-il, des larmes glissant sur ses joues.

 

Au paradis, Hanabi ne pu retenir les siennes plus longtemps, en comprenant que Konohamaru avait imaginé un avenir ensemble. La brune approcha doucement une main tremblante vers la surface aqueuse, quand l’image s’effaça soudainement. Dans un sursaut, elle se retourna d’un coup vers l’ange qui se trouvait derrière elle, appréhendant d’y découvrir son père. Mais à son grand soulagement, s’était Neji. Celui-ci s’accroupi près d’elle et posa une main sur son épaule. 

 

- Si tu veux le revoir un jour, mieux vaut éviter de donner d’autres raisons à ton père de se méfier.

- Je ne pourrai jamais plus le revoir de toute façon, alors si je…

- Tu l’as suivi sans te débattre, alors il croit que tu t’en veux d’avoir suivi le mauvais exemple d’Hinata, l’interrompit-il. Il se méfie, mais il ne t’a pas enfermé dans ta chambre comme Hinata, alors il te fait suffisamment confiance pour te laisser ta liberté. Dans quelques années, tu reprendras son poste, vu qu’Hinata a été la première à enfreindre les lois. À ce moment-là, fait en sorte de changer cette règle, qui nous interdit de tomber amoureux.

- Je ne pourrai reprendre le gouvernement du paradis que dans plusieurs années, rétorqua-t-elle. Konohamaru ne sera peut-être même plus là et il croira toujours que je ne l’aimais pas autant que lui.

- Fait en sorte de faire oublier cette incartade et fait en sorte que personne ne découvre tes sentiments. Je m’occupe du reste.

- Du reste ? répéta sa cousine, complètement perdue. Que comptes-tu faire ?

- Fais-moi confiance, se contenta-t-il de lui dire avec un petit sourire encourageant sur les lèvres.

 

Neji quitta sa cousine sans rien dire de plus et traversa le bois qui entourait le lac. D’un pas résolu, il se dirigea vers le « quartier » des anges gardiens. Il se dirigea subtilement à l’intérieur de la bâtisse et chercha un ange en particulier. Il fut long à trouver, puisque le brun devait se cacher chaque fois qu’un autre ange s’approchait. Depuis qu’il avait embrassé sa protégée, enfreignant la première loi chez les anges gardiens en mission, il n’avait plus théoriquement le droit d’y être. Du moins, tant qu’il n’aurait pas repassé la formation. Une heure s’écoula avant qu’il n’atteigne la chambre de celui-ci qui s’occuperait de Tenten dorénavant. Neji avait mis un certain temps pour découvrir l’identité de lui-ci, mais ces huit dernières heures portèrent finalement fruit. Il vérifia une dernière fois qu’il n’y avait personne dans les parages et frappa à la porte. Il n’eut pas besoin d’attendre très longtemps, avant de voir apparaître cet ange androgyne, qui portait ses longs cheveux noirs attachés en un chignon haut.

 

- Neji ? s’exclama l’ange.

- Bonjour Haku. On peut parler ? demanda-t-il.

 

Mal à l’aise, l’ange gardien laissa entrer son comparse dans sa chambre et regarda dans le couloir avant de refermer la porte. Il n’avait vraiment pas envie de recommencer sa formation, parce qu’il était curieux de savoir ce que lui voulait son prédécesseur.

 

- Si c’est à propos de Tenten…

- Ne t’inquiètes pas, l’interrompit Neji, je suis là pour une toute autre raison. J’ai un service à te demander.

- Quel genre de service ? se méfia Haku.

 

Le brun ne répondit pas, mais sorti d’une poche de son pantalon une enveloppe, qu’il lui tendit ensuite.

 

- Je n’ai pas le droit d’être ton…

- Ce n’est pas pour Tenten, l’arrêta à nouveau Neji. Je veux juste que tu postes cette lettre.

- C’est pour qui ? demanda Haku en prenant l’enveloppe.

- Une personne qui n’a absolument rien fait de mal dans cette histoire, se contenta-t-il de répondre. Oh et… L’éthique t’interdit de l’ouvrir et de la lire, ajouta-t-il avec un sourire malicieux avant de sortir de lui tourner le dos.

- Attend ! l’arrêta le résident de la place. Est-ce que tu as un conseil à me donner ? s’enquit-il quand son prédécesseur se fut retourné vers lui.

- Surveille-la bien quand elle traverse les rues, elle a tendance à traverser la rue avant que la lumière soit pour les piétons.

 

Sans un mot de plus, Neji ouvrit la porte, regarda rapidement dans le couloir et reparti comme il était arrivé, ni vu bi connu. L’ange gardien posa les yeux sur l’enveloppe et remarqua une adresse au nom de Konohamaru Sarutobi. Qui cela pouvait bien être ? se demandait-il. Vilaine curiosité, soupira Haku en glissant la lettre dans une poche de son pantalon. Lorsqu’elle fut bien cachée, l’ange attrapa son manteau et imita son prédécesseur en sortant de sa chambre. Sa mission sur terre commençait maintenant.

 

Oo0oO

 

Arrivé sur la terre, Haku se déplaça de façon furtive, en restant invisible au regard des êtres humains. Grâce à l’adresse inscrite sur l’enveloppe, l’ange retrouva plus ou moins facilement le bloc d’appartement où logeait le destinataire et il se faufila à l’intérieur pour déposer la lettre dans la bonne case postale. À peine eut-il glissé l’enveloppe par la fente de la boîte, qu’il entendit des voix en provenance de l’escalier. Il s’éloigna des boîtes de métal et se colla au mur opposé. Deux garçons de dix-neuf ans descendirent l’escalier et s’arrêtèrent devant les cases postales. Celui qui portait une écharpe autour du cou, sorti des clefs et ouvrit l’une case, tout en écoutant son ami.

 

- Écoute vieux, je sais bien que son départ t’affect, mais la vie continue.

- Tu ne peux pas comprendre Inari, soupira Konohamaru en attrapant son courrier. Tu n’es jamais tombé amoureux. Moi c’est la seconde fois que je fini seul.

- Dis-toi qu’au-moins cette fois-ci, c’était contre sa volonté, tenta son ami.

- Naruto a dis qu’Hinata s’était débattue, mais il n’a fait aucune mention d’Hanabi. Elle semble avoir suivi son père sans protester.

- Hanabi était tellement coincée à son arrivée, ce n’est pas trois mois qui va changer ça.

 

Konohamaru haussa les épaules et porta son attention aux enveloppes qu’il tenait. Publicité, facture, facture, lettre de son grand-père, facture encore, lettre de… Une lettre sans destinateur. Le brun la retourna dans tous les sens à la recherche d’un nom.

 

- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Inari en remarquant son manège.

- Il n’y a pas de nom de destinateur.

- Ouvre-là, répliqua son ami en se pencha vers l’enveloppe. Ça m’étonnerait qu’une aussi petite enveloppe puisse cachée une bombe.

- Crétin, soupira Konohamaru en le regardant.

 

Mais il fit quand même se que lui avait dis son ami et ouvrit l’enveloppe étrangement blanche, qui ne comportait aucune estampe de la poste, seulement un petit timbre au coin droit en haut et son adresse au centre. Les yeux du brun s’ouvrirent de stupéfaction, lorsqu’il découvrit le nom du destinateur en dépliant la feuille.

 

- Qu’est-ce qu’il y a ? s’inquiéta Inari devant sa réaction.

- Ça vient de Neji, le cousin d’Hanabi, répondit son ami en continuant de lire la lettre.

 

 

« Bonjour Konohamaru,

 

Je suis le cousin d’Hanabi et j’ai pris la liberté de t’écrire pour t’expliquer une partie de la situation. Depuis notre retour chez mon oncle, Hinata est cloitrée dans sa chambre et Hanabi serait dans la même situation, si elle ne l’avait pas suivi docilement. Mais elle l’a fait à contre cœur et j’ai eu la désagréable vision de la voir pleurer pour la première fois de ma vie.

 

Ce que je vais te demander te semblera peut-être énorme, insensé, voir complètement égoïste, mais je sais que ma cousine tient à toi et j’espère que c’est réciproque. Mon oncle a toujours été très sévère et Hinata en a longtemps subit les conséquences, puisqu’elle devait reprendre l’entreprise familiale. Maintenant qu’elle s’est rebellée, Hiashi va reporter son  attention sur Hanabi et si elle l’écoute sans discuter, elle pourra lui succéder.

 

Tu ne dois pas comprendre où je veux en venir, mais si elle hérite de la compagnie familiale, elle aura la liberté de choisir. Je ne peux pas prédire combien de temps son père prendra pour lui léguer l’entreprise, mais j’espère que tu l’aimes suffisamment pour l’attendre.

 

Neji Hyuuga »

 

Konohamaru relu plusieurs fois la lettre, ne remarquant même pas que son ami avait commencé à la lire par-dessus son épaule.

 

- Bah, tu vois, s’exclama Inari. Tu t’inquiétais pour rien.

- Hey ! s’offusqua Konohamaru en plaquant la lettre contre lui. On t’a jamais dis que c’était impoli de mettre son nez dans les choses d’autrui ?

- Non, mais merci de me l’apprendre, rétorqua son ami avec un sourire moqueur.

 

Dans son coin, Haku les regardait discrètement, jusqu’à ce qu’ils soient remontés. Un peu perdu, l’ange sortit du bâtiment en se posant diverses questions, tout en prenant la direction du restaurant où se trouvait sa protégée.

 

Oo0oO

 

Le lendemain, malgré que son cousin lui ait fait remarqué qu’elle se faisait plus de mal que de bien en allant au lac de l’Humanité, Hanabi y retourna. Elle avait besoin de voir Konohamaru, même si elle ne pouvait pas être avec lui. Ce qu’elle vit la déstabilisa. Le brun semblait lire une lettre, un air triste et pensif sur le visage. Ce qui était écrit semblait le troubler. À tel point, qu’il fit un mouvement pour la jeter à la poubelle, mais se retint de nouveau. L’ange fronça les sourcils, se demandant se que pouvait bien contenir cette lettre. C’est à ce moment-là que Neji arriva. Sans un mot, il prit place à ses côtés et observa l’amoureux de sa cousine. L’ex ange gardien se garda bien de dire quoi que ce soit, attendant de voir ce qui allait se passer. Et il fit bien. L’humain se leva et alla ouvrit à Naruto. Ce dernier avait décidé de passer le voir pour voir comment il allait. Dans un piteux état, constata-t-il.

 

- Comment tu-vas aujourd’hui ? s’enquit-il quand même.

- Bof, soupira Konohamaru. J’ai reçu une lettre du cousin d’Hanabi et je ne sais pas quoi en penser.

 

Au paradis, celle-ci se retourna vers son cousin et lui lança un regard interrogateur. Neji ce contenta de lui pointer la surface du lac, de toute façon Konohamaru allait surement dire ce qu’elle contenait à Naruto.

 

- Et qu’est-ce qu’il t’a écrit ? demanda le blond.

- Tu n’as qu’à la lire, déclara son ami en lui tendant la dite lettre.

 

Les deux anges remarquèrent avec soulagement, que le démon hésitait. Une lettre écrite par un ange et probablement depuis le paradis… Un gros tas de cendre s’il y touchait.

 

- Bah, en gros, qu’est-ce qu’il dit ? préféra reformuler Naruto.

- Quelque chose comme quoi Hanabi tien à moi et qu’elle a bien fait de suivre docilement son père. Que si elle ne l’avait pas fait, elle serait elle aussi enfermé dans sa chambre.

- Hinata est enfermée dans sa chambre ? s’exclama le blond.

- C’est ce qui est écrit, fit son cadet en regardant la lettre. Enfin bon. Son cousin dit que si Hanabi est docile, c’est elle qui va hériter de la compagnie et que lorsque se sera chose faite, elle va avoir plus de liberté.

- Il te demande donc de l’attendre ? en conclu le démon.

- En gros, oui.

 

De leur côté, Hanabi se retourna de nouveau vers son cousin, des questions plein les yeux.

 

- J’ai compris certaines choses pendant mon séjour chez les humains et j’ai voulu me rattraper, expliqua-t-il. Ton père ignore se que l’on perd, en s’éloignant de l’amour. On passe vraiment à côté de quelque chose, termina-t-il en souriant.

 

Les larmes aux yeux, la jeune ange prit Neji dans ses bras pour le remercier. Pendant ce temps, Naruto tentait de convaincre son ami, que s’il attendait Hanabi, son attente en serait récompensée un jour.

 

Oo0oO

 

Le jour suivant, Hanabi revint de nouveau au lac de l’Humanité, mais avec une autre idée en tête. À la place de chercher à voir son petit-ami, la jeune ange demanda à voir celui de sa sœur, espérant pouvoir lui rapporter des nouvelles du démon. Il y eut un moment où l’image semblait le chercher, comme s’il lui était impossible de lui montrer Naruto. Bornée, la jeune femme se s’acharna, l’image du blond bien imprimer dans l’esprit. Au bout de quelques secondes d’acharnement, la surface du lac se troubla et l’appartement du jeune homme apparu. Celui-ci se dirigeait vers la porte, derrière laquelle se tenait Tenten. Celle-ci regardait autour d’elle, quelque peu nerveuse.

 

- Tenten ? s’étonna Naruto, en s’écartant de la porte pour la laisser entrer.

- On peut discuter un moment ? s’enquit la jeune femme en pénétrant dans l’appartement.

- Bien sûr, acquiesça le blond, inquiet de la voir dans cet état.

 

La brune se dirigea vers le sofa du salon et y prit pace sans arrêter de jeter des regards nerveux autour d’elle. Le démon l’imita et prit place à ces côté et l’interrogea du regard.

 

- J’ai l’impression de devenir folle, confia-t-elle sur le ton de la confidence.

- Folle ? répéta le blond, sans comprendre.

- J’ai l’impression qu’il y a toujours quelqu’un qui me suit, mais quand je me retourne, il n’y a personne.

- Suivi ? répéta de nouveau le démon en se concentrant.

 

Il y avait bien une présence dans le couloir, qui semblait attendre, l’oreille à la porte. Un ange gardien.

 

- Fais comme s’il n’y avait rien, sourit-il.

- Mais si…

- C’est le remplaçant de Neji, l’interrompit le jeune homme. Pour éviter qu’il se reproduise la même chose, cette fois-ci ton ange gardien reste invisible.

- Tu es sûr ? insista la brune.

- Pour preuve, il est resté dans le couloir. Ma moitié démoniaque le tien éloigner, alors il ne peut pas entrer dans mon appartement.

 

Les épaules de la jeune femme se détendirent soudainement. Un moment de répit. Au paradis, Hanabi fronça les sourcils, étonnée que Tenten puisse ressentir la présence de l’ange. Elle commençait à peine à se poser des questions, quand son cousin vint la rejoindre en silence. Il profita du moment pour observer la brune sur la surface du lac, qui discutait calmement avec Naruto.

 

- Je suis étonné, avoua soudainement Neji. Je m’attendais encore à te retrouver devant des images de Konohamaru.

- Je voulais prendre des nouvelles de Naruto pour Hinata, confia sa cousine.

- Naruto ? s’exclama le brun.

- Quoi ? Au fond, c’est un gentil gar

- Je t’arrête toute suite, l’interrompit-il. Si je suis étonné, c’est parce qu’on ne peut que trouver des humains et des anges avec le lac. Tu es sûre que ce n’est pas à Tenten et…

- Non, j’ai pensé à Naruto. J’ai même imprimé son image dans ma tête, vu que le lac…

- Vu que quoi ? insista le brun.

 

Mais la brune ne répondit pas toute suite, se rappelant de la difficulté qu’elle avait eu à trouver le blond.

 

- Le lac ne semblait pas le trouver, alors j’ai insisté, en me le représentant mentalement, fini-t-elle par avouer. Mais comment ai-je réussi, si on ne peut pas trouver les démons avec le lac ?

- Il est vrai qu’il ne l’est qu’à moitié, mais son aura est entièrement démoniaque, vu qu’il a toujours vécu en enfer. Mais peut-être que…

- Que ?

- Peut-être que le fait que tu ais habiter un moment avec lui, ta mémoire sensorielle a dû enregistrer son aura, se qui a aidé le lac à le retrouver.

 

Un silence s’installa entre les deux cousins, ce qui leur permit d’entendre une remarque de Naruto.

 

- J’avoue que j’aurais dû me poser des questions, quand j’ai remarqué que j’étais le seul démon aux cheveux blonds et aux yeux bleus.

- Il n’y en a aucun autre ? Ton oncle, il a bien les cheveux blancs.

- Ça c’est parce que tu ne connais pas son véritable âge, rigola Naruto. Sans compter que les démons supérieurs peuvent changer leur apparence pour paraître plus jeune et plus séduisant aux yeux des humains, pour mieux les corrompre. Mais dans le fond, ils vont s’amuser les cent premières années, puis vont se retrancher dans les enfers et dominer les démons inférieurs. Justement, en parlant de démon inférieur… Il n’y en a aucun qui a essayé de t’attaquer depuis ta rencontre avec mon parrain ?

- Non, pourquoi ?

- Moi, oui. Je dois être resté trop longtemps sur terre et l’odeur de mon père commence à ressortir, déclara le blond en haussant les épaules.

- Ils ne t’ont pas reconnu ? s’étonna la brune.

- Ils ne m’ont jamais vu, je suis de la classe moyenne et Jiraiya m’a toujours gardé loin d’eux.

- Si Jiraiya est aussi fort que le semblait, les démons inférieurs devraient avoir peur de toi. Non ?

- Les démons à l’apparence humaine, excepté les succubes, ont toujours les cheveux et les yeux foncés ou rouges. Tu m’as vu ? ajouta Naruto en pointant son visage. Maintenant que mon parrain m’a tout expliqué, je sais que mon apparence à tout « d’angélique », puisque je suis le portrait de mon père selon Jiraiya.

 

Un silence s’installa tranquillement entre eux, avant que Tenten le brise avec une question inattendue.

 

- Pourquoi tu as dis excepté les succubes ?

 

Le blond fut pris de court par cette question.