22) Noyade

par Tenshi-kamoto

Chapitre n°22

 

Noyade

 

 

A peine levée, Sakura se sentit plus lasse que jamais. Elle n’avait aucune envie de se lever, et dût rassembler toutes ses forces pour atteindre enfin les portes de la FAC.

Arrivée à l’amphithéâtre où se déroulerait son premier cours, elle rejoignit Tenten et Temarie.

_« Hey Sakura, appela Temarie d’un air taquin, on dirait que tu as fais des folies hier soir !

Aussitôt la jeune fille sursauta et dévisagea son amie avec horreur. Son expression fit perdre son sourire à Temarie qui lui expliqua que les cernes sous sont visages étaient colossales.

_ Je suis désolée, poursuivit Tenten, mon père a fermé tard hier soir.

_ Ce n’est pas le travail, ne t’inquiète pas… C’est… C’est ce Naruhito.

_ Quoi ?! Il t’a suivit s’écria Temarie faisant se tourner les têtes autours d’elle.

_ Oui… Et c’était vraiment effrayant »

 

Sakura raconta tant bien que mal sa mésaventure de la veille, glaçant en même temps le sang de ses deux inséparables amies bouches bées. A peine eut-elle achevée son récit que le duo l’empressa de raconter cette histoire au démon qui lui saurait certainement remettre le nouveau venu à sa place. Et bien que l’idée d’être sans cesse protégée révulsait la rose, elle se rendit très vite à l’évidence, elle avait besoin d’aide.

 

 

Alors, contre attente, alors que le professeur mettait fin à son cours, la jeune femme plia bagages et prit le chemin menant au bâtiment dans lequel Naruto avait cours. Pour le gagner, il lui fallu emprunter le même pont que celui sur lequel c’était déroulé l’incident avec Kiba. A ce souvenir, Sakura baissa les yeux, plongeant dans ses pensées. Tant et si bien qu’elle n’en sortit que lorsqu’une voix derrière elle la rappela à l’ordre :

« Quoi que tu puisses penser de moi, je ne te lâcherai pas jolie rose » Lui susurra la voix de Naruhito à l’oreille.

 

Sakura sursauta sous l’œil amusé de Naruhito. Quand une sirène de police se fit entendre non loin de l’entrée que l’on pouvait distinguer depuis l’endroit où se trouvaient les deux jeunes gens, le plus jeune s’empressa de courir, s’accrocha à la barrière et contempla le spectacle avec une mine d’enfant découvrant un cadeau :

_« Regarde ça Sakura ! Viens voir !

 

Prudente, la demoiselle s’approcha et distingua au loin la silhouette de Naruto, menotté, et conduit dans la voiture sous la surveillance de deux policiers.    

_ Naruto ! » Cria Sakura, qui ne comprenait plus rien à ce qui se passait. Pourquoi la police arrêterai t’elle Naruto ? Qu’avait-il fait de reprochable ? Le rire moqueur de Naruhito qui s’esclaffait toujours contre la rambarde lui mit la puce à l’oreille. Plus furieuse que jamais, la demoiselle tira le garçon par l’épaule, le sortant de sa torpeur, et cria aussi fort qu’elle put à son adresse :

_« Qu’es-ce que tu as fais ?! Répond !

_ Comment ça ce que j’ai fait ? Ria t’il. Je ne fais que regarder après tout !

_ Je sais que tu n’es pas de notre école ! Alors qui es-tu ?! »

 

            Le visage de Naruhito se décomposa, et son sourire disparut aussi vite qu’apparut sa mine menaçante.

_« Moi, je suis celui que la police aurait dut arrêter pour trafic de données privées concernant certains élèves de cette faculté. Mais il semblerait qu’une fois de plus, l’attention se soit focalisée sur le grand Naruto Uzumaki.

_ C’est toi qui lui a tendu ce piège… Espèce de pourriture, ne crois pas que tu vas t’en sortir. Je raconterai à la police ce que tu viens de me dire ! Et si jamais tu t’avises de lui refaire du mal, je te le ferai payer cher !

_ Tiens donc des menaces…  Tu aimes donc Naruto à ce point ? Comme c’est touchant… Mais ce sera toujours ta parole contre la mienne Sakura ! Tss… Il a tellement de défauts ! Comment peux tu aimer un type pareils ?!

_ Tu ne le connais même pas ! Pourquoi vouloir lui faire tant de mal ?!

_ Du mal ? Qui es blessé à l’heure actuelle selon toi ? Tu ne sais rien, alors ne la ramènes pas avec tes grands airs ! Et dis moi, toi qui sembles tout savoir à propos des Uzumaki, ce que je peux faire d’autres pour attirer leur attention ? Et notamment, celle d’un père qui m’a toujours renié !! Tu as peut être une idée jolie fleur ? Ooh je t’en prie si c’est le cas je te prie de vite m’aider, car vois-tu moi ça fait près de quinze ans que je cherche sans jamais trouver !! »

 

Se jetant sur la jeune femme, il l’agrippa à la gorge avant de la bloquer entre lui et la rambarde avec violence, coupant le souffle de l’adolescente avec toujours plus de poigne.

_« Si crédule, jolie Sakura ! Si tu veux tout savoir de moi mon nom est Naruhito Uzumaki, ça te dis peut être quelque chose ? 

Malgré le manque d’oxygène, Sakura parvint à nier de la tête en guise de « non ».

_ Non, tu ne me connais pas !! Tout ça c’est de la faute de Naruto ! C’est à cause de lui que personne ne se préoccupe de moi, allant jusqu’à renier mon existence ! Mais c’est terminé tout ça, je vais te prouver, au moins à toi la personne la plus chère à ses yeux, que j’existe ! »

 

« Je comprend rien à ce que tu dis !! Lâche moi !! Naruto !! Cria Sakura entre deux bouffées d’air. Mais ses cris ne firent qu’augmenter la force de Naruhito dont les traits de visage se déformaient de rage. Prise de panique, Sakura qui manquait d’étouffer, planta ses ongles dans la main de son agresseur et tenta de s’échapper. Mais à peine la main du plus jeune l’avait-elle libérée de sa poigne que cette même main l’agrippa par le col et la projeta contre la rambarde avec force. Il tenta de revenir à la charge mais la rose s’aida de son sac afin de porter des coups à son assaillant. Mais ce fut peine perdue et bien vite, le petit sac vint finir sa course par-dessus le pont, alertant au passage tout les élèves en pause, dont Tenten et Temarie qui en reconnaissant le sac de leurs amie coururent aussitôt en direction du bâtiment. En bas la foule se pressait pour voir à présent le nouveau venu étrangler la belle Haruno, menaçant de la faire basculer en arrière à tout instant. La tension était palpable parmi la foule des étudiants, dont certains étaient déjà partit au secours de l’étudiante.

 

Du côté de Naruhito et de Sakura, les coups brusques s’accumulaient. Bien vite, Sakura se retrouva par terre. La cicatrice à son arcade qu’elle s’était faite la veille au soir après avoir voulu éviter le véhicule de Naruhito s’était ré ouverte, sur ses jambes et ses bras, tout comme sur sa gorge, se dessinaient les premières marques laissées par la violence du cadet.

 

_« Je suis le frère de Naruto ! Son ombre, la continuité de son être, et de son sang, et il ne s’en préoccupe même pas !! Je le déteste !!

 

_ Hey toi !! Laisse la partir !! » Cria la voix de Temarie qui arriva essoufflée, Tenten sur ses talons.  

 

Profitant de la surprise que causa l’apparition des deux jeunes femmes, Sakura tenta une énième fois de s’échapper. Mais à nouveau, le jeune démon la retint, cette fois avec tant de force que Sakura bascula par-dessus le pont. Les cris de Tenten, Temarie, et de la foule en bas qui regardait avec horreur la silhouette de Sakura se balancer dans le vide, se mêla à ceux de Naruhito qui eut juste le temps de rattraper l’un de ses bras.

 

Sakura jeta un bref regard vers le sol : à cette distance, s’il la lâchait, elle n’en réchapperait pas. Son corps tremblait sous la pression de son corps dans le vide. Dévisageant Naruhito avec tout le courage qu’il lui restait dans sa situation, elle lui dit tout en détachant un à un ses mots :

_« S’il te plait, remonte moi. »

 

Un sourire encore plus mauvais que les précédents se dessina sur le visage du jeune.

_« Si tu quittes Naruto, alors je te remonterai. » Sur de la réponse que lui donnerai la jeune femme, il s’apprêta à la remonter quand les mots de la jeune fille lui firent perdre son assurance.

_« Dans ce cas, lâche moi. 

_ Tu ne parles pas sérieusement ! » Fit-il assuré que les paroles de Sakura n’était que du bluff. Mais bien au contraire, plus sérieuse que jamais, Sakura lâcha la main de Naruhito qui la retenait.

 

***

    

 

 

Après plus d’une heure passée assis menotté dans une grande pièce, Naruto fut enfin convoqué en présence du vice principal de la faculté, et des deux agents l’ayant embarqué.

_« Jeune homme, tu n’as pas l’air de bien réaliser dans quel pétrin tu t’es mis. Et nier l’évidence ne t’aidera pas à t’en sortir comme tu sembles le croire. En tant que fils du président, tu es le principal suspect dans cette affaire. Qui d’autre que toi aurais pu avoir accès aux bases de données sinon ?

_ C’est vôtre boulot de trouver le coupable non ? Je vous répète encore une fois que je n’ai rien fait !!

 

_ Voyez cette insolence », souligna le vice principal avec dédain.  Autour de lui, ces trois hommes l’avaient désigné comme coupable avant même qu’il ait pu prononcé le moindre mot.

En effet, en tant que fils du directeur, il était le premier à suspecter dans cette affaire de piratage informatique, d’autant plus que les données manquantes concernaient toutes des élèves à problèmes de sa section d’étude, et que lui-même n’était pas un modèle de discipline. Mais suspect ne signifiait pas coupable, et ces accusations injustifiées le mettait dans une colère qu’il parvenait de moins en moins à contrôler.

_ Putain mais puisque je vous dis que je n’ai rien fais !

_ Tu vas baisser tout de suite le ton mon garçon, tu n’es plus dans ta petite cour de récré ici, tu es dans un commissariat, et crois moi qu’en vue de ta majorité tu t’exposes à de gros ennuis, alors tu ferais mieux de gentiment coopérer !! »

 

Tandis que le ton allait crescendo, Shigeru apparut brutalement dans le bureau.

_« Monsieur le président, commença son suppléant, votre fils s’est rendu coupable de…

_ Mon fils, monsieur Karasuki, n’est coupable d’aucun des faits exposés tant qu’il n’a pas été prouvé de façon réglementaire que c’était le cas !

_ Mais enfin, ce ne peut être que lui qui…

_ Puisqu’il s’agit de mon fils, monsieur, je peux vous assurer qu’il ne saurait se rabaisser à ce genre de comportement et vous demande avec toute l’obligeance qui vous ai dut de ne pas interférer à l’avenir, dans des problèmes qui ne vous concernent pas. »

 

Sans plus un mot, Shigeru tendit sa veste en cuir à Naruto et père et fils sortirent en trombe du commissariat, laissant les trois hommes pantelants.

 

 

            _« Je ne pensais pas que tu viendrais pour si peu.

_ « si peu » ? Mon fils est arrêté sans motif valable, tu ne crois pas que c’est assez grave ?

_ Hm… merci. »

 

Soudain, le téléphone de Naruto sonna. Laissant son fils seul pour prendre la communication, Shigeru monta dans sa voiture tandis que Naruto partit à pieds en direction de la FAC afin d’assister à ses derniers cours.

 

« Ouai ? Ah, Sasuke… Hm t’inquiète je ne lésine pas l’entraînement… Où je suis ? Je voudrais pouvoir te dire la vérité mais tu ne me croirais pas.

_ Naruto, arrête de faire l’idiot. On a besoin de toi pour les championnats. Où es-tu ?

_ J’ai été emmené au commissariat sans raisons, j’arrive d’ici un quart d’heure.

_ Au commissariat… Rassure moi, ça n’a rien à voir avec ce mec qui tourne autour de Sakura j’espère ?! »

 

Aussitôt, Naruto se stoppa net. Une mine menaçante se dessina sur son visage, et il dut garder tout son calme pour poser sa question.

_« C’est quoi cette histoire ?

_ Ah euh… Rien, juste un mec qui aurait le béguin pour Sakura selon ce que m’a dit Temarie. Il est plutôt beau gosse apparemment. Mais… Fais pas de bêtises pour autant. Bon je te laisse, à tout à l’heure ».

 

            Naruto fulminait pour de bon, et c’est en courant que le démon rejoignit l’Université.   

 

***

 

   

Sur le pont de la faculté, les cris d’horreur s’amplifièrent. Tandis que les premiers étudiants venaient de rejoindre Tenten et Temarie sur le lieu de toutes les peurs, chacun retenait son souffle et n’osa plus bouger, quand miraculeusement, malgré le geste de Sakura qui avait manqué de la faire tomber définitivement, Naruhito se pencha davantage et parvint à la retenir.

 

_« Tu es complètement folle ou quoi ?! Cria le jeune garçon de rage. Lui, plus que tout autre certainement, avait pâli quand la main de Sakura s’était desserrée de la sienne. Il l’avait retenue in extremis et à présent, un véritable conflit de mots démarra entre les deux concernés.

_« Peut être bien. Mais en ce qui te concerne, je pense surtout que tu es quelqu’un de très malheureux, lui avait-elle répondu sur le ton de la colère.

Car oui, c’était bel et bien de la colère qui lui enserrait le cœur. Le danger face à sa situation semblait avoir disparut de son esprit, et désormais elle n’était plus focalisée que sur les yeux de celui qui tenait sa vie.   

_ Tu ne comprends donc pas qu’essayer d’obtenir l’amour que tu cherches par la force ne fera jamais que s’éloigner davantage les gens de toi !

_ Ferme là ! C’est toujours mieux que de retenir les gens par la pitié comme tu le fais !

_ Où vois-tu de la pitié dans la relation que j’entretiens avec ma mère, ou mes amis ? »

 

Naruhito bouillonnait de rage. Quand soudain, la voix de Tenten qui, bien que la plus discrète, avait prit sur elle pour se rapprocher d’eux, lui parvint.

_« S’il te plait… Qui que tu puisses être…. S’il te plaît ne la laisse pas tomber. C’est mon amie… »

 

_« Pourquoi, dit-il en s’adressant toujours à Sakura. Pourquoi es-ce que tant de gens t’entourent ? Qu’as-tu fais toi pour t’attirer leur amitié ?!

_ J’ai fais ce que font tous les gens : j’ai souris. J’ai parlé avec douceur et respect, et j’ai appris à découvrir. Toi aussi Naruhito… Tu en est capable.

_ …

_ Je sais que tu le peux… »

 

Le regard de jeune homme sembla se voiler un instant.

_« Sakura… Murmura t’il avec douceur comme elle venait de le dire, s’il te plait, tiens ma main… Je ne pourrai pas te remonter si tu ne m’aides pas un peu. »

 

Le cœur battant à tout rompre dans leurs poitrines, les deux jeunes gens pressèrent leurs mains avec forces, et Naruhito commença à la remonter. Puis il cria en direction des gens présents devant l’entrée du pont :

 

«Aidez moi à la remonter !! »

 

Aussitôt, une dizaine de personnes s’empressa de venir prêter main forte à Sakura qui fut remontée en moins de temps qu’il n’en fallu pour le dire.

Quand les jambes de Sakura disparurent du vide, un brouhaha d’applaudissements se fit entendre en bas. En haut, quand Sakura fut hors de portée de Naruhito, deux garçons dont l’un faisant partie de l’équipe de basket, s’empressèrent d’immobiliser Naruhito en lui maintenant les bras derrière le dos avec force.

 

_«Lâchez le, demanda Sakura aux deux garçons qui la dévisagèrent perplexes.

_ Mais Sakura ! Il n’est pas d’ici, si on le laisse partir tu n’auras peut être plus la chance de…

_ Je vous ai dis de le laisser partir ! » Cria t’elle avec fureur. Aussitôt Naruhito put se redresser. Les deux se figèrent sans pouvoir rompre le contact visuel. 

      

_« Je n’oublierai pas ce qui vient de se passer. En échange de mon silence, je te réitère ma demande : laisse le tranquille, et ne tente plus d’obtenir les choses par la force.

_ Je t’ai déjà dit de ne pas prendre tes grands airs ! Tu ne sais rien… »

 

Et sans plus un mot il quitta le pont pour rejoindre le bâtiment B. Tout le monde regarda Sakura avec incrédulité, tandis que cette dernière prit le chemin inverse d’un même pas sans plus rien ajouter.

  

 

  

 

***

 

 

La journée avait été rude. Et la soirée promettait de l’être tout autant. Le premier dîner « familial » auquel assisterait la grand-mère paternelle de Naruto s’annonçait comme un véritable calvaire pour les Haruno, notamment pour la future mariée. Sakura n’avait rient dit de l’incident de cet après-midi, et il semblait que l’arrestation de Naruto ait été tue elle aussi pour le bien de tous.

 

Ainsi donc, arrivée au bras de Maki, Sakura l’écoutait lui confier tout le stress accumulé à l’idée de rencontrer l’unique parent de l’homme qu’elle allait épouser.

 

Tsunade Oba-sama, selon les dires de son fils, était une femme très stricte et autoritaire dont les valeurs et les manières trahissaient son rang de femme fortunée. Et à peine arrivées, Sakura compris que le père de Naruto n’avait pas démentit. C’était une femme de taille moyenne dont la chevelure blonde n’était pas sans rappeler la couleur qui caractérisait si bien la famille Uzumaki. Ses yeux étaient noisette comme ceux de Shigeru. Elle portait un tailleur CHANEL dans les tons noir et blanc, ainsi qu’un somptueux collier de perles. Tout en elle semblait disposé selon un ordre parfaitement calculé, jusqu’à la façon distinguée dont elle s’inclina en guise de salut.

 

Très vite, la discutions tourna autour du mariage, et Sakura tout comme Maki, se rassurèrent en constatant que la si terrible aînée n’était en fait pas si mauvaise que cela malgré son ton de glace et son sourire poli qui ne semblait trahir aucune émotion chaleureuse. Tandis que les adultes s’entretenaient, la main de Naruto vint se poser sur celle de Sakura, y glissa une note et revint à son point de départ. En toute discrétion Sakura l’ouvrit et ce qu’elle y découvrit lui provoqua un frisson.  

 

« Je sais pour ce mec.»

 

Ainsi donc, Naruto était au courant pour Naruhito. Mais était il même au courant que le coupable était son jeune frère ? Sakura se posa mille questions. Depuis que les Uzumaki été entrés dans leurs vies, Sakura constata combien tout avait basculer. Combien la petite étudiante naïve qu’elle était se transformait en une femme que les épreuves s’accumulant blessaient un peu plus chaque fois. Elle était épuisée, et malgré la pression que lui avait ajouté la note du démon, ses paupières papillonnaient dangereusement faute de sommeil.

 

_« Et une fois le mariage prononcé, il faudra pensé à prévoir la succession de Naruto. » Fit soudain la voix doucereuse de Tsunade Oba-sama.

Aussitôt le démon démarra au quart de tour.

_« Vous les vieux, toujours à radoter les même conneries ! Vos histoires ne m’intéressent pas ! 

Outrée, Tsunade s’en refera à son fils.

_ On voit quel genre d’éducation il a reçu !! Si tu me l’avais laissé comme je te le demandais… Même ses…vêtements ! Regarde moi ça, tout en noir et en cuir !! Pour qui te prends-tu pour t’accoutrer et parler ainsi ? Oublis-tu d’où tu viens et qui t’as donné ton éducation ?!

_ J’avais oublié que mépriser les gens et les forcer à faire des choix dont ils ne veulent pas faisait partie d’une éducation exemplaire…

_ NARUTO !!

_ Tu m’saoules la vieille !!» Sans plus un mot, le jeune homme quitta le restaurant.

 

_« Sakura, va le rejoindre s’il te plait » demanda Shigeru à l’adresse de la rose dont tous les muscles s’étaient tendus d’effroi. La soirée avait si bien commencée…

 

D’un pas tranquille, et après avoir poliment saluer Tsunade Oba-sama, Sakura se leva et sortit du restaurant. Naruto n’y était pas. Etouffant un bâillement, elle poursuivit sa route pendant quelques mètres quand une présence chaude se plaça derrière elle. L’odeur même qui en émanait suffit à faire sourire la jeune femme ; sourire qui se perdit vite. Elle se retourna et pendant une longue minute, ils plantèrent leurs yeux dans ceux de l’autres. Le regard de Naruto, bien que Sakura ait pu y déceler une pointe de détresse, avait malgré tout gardé toute son assurance. C’était ce même regard intense qui avait fait chaviré tant de cœurs, mais cette fois, aucun sourire ne vint s’y ajouter. Il avait sur son visage une expression neutre, véritable masque protecteur, mais qui cachait des douleurs derrières, que seule l’innocente Sakura Haruno avait jamais sut déceler.

 

_« Ton attitude laisse croire à tous le monde que tu agis comme tu le souhaites…Mais ce soir… Je me rends compte qu’en réalité… Tu portes un lourd fardeau, qui n’est pas de ton âge.  Tu sais… Jusqu’à présent je n’ai jamais pensé qu’à moi, et à ce que les gens diraient si ils apprenaient ce que nous faisons. Et aujourd’hui encore, je suis convaincue que je n’ai pas le droit de ressentir ce que je ressens pour toi. J’ai toujours peur de ce que les gens diront.

 

A mesure que les mots sortaient, des larmes vinrent en faire autant, mouillant de toute la tristesse qu’elle ressentait le visage de Sakura. Un bref instant elle baissa les yeux, et alors elle se sentit aveugle. Mais cette « cécité » ne dura pas car dès qu’elle retrouva le regard du démon, son monde sembla s’illuminer de sa seule présence. Il était beau, tellement beau que s’en était inhumain. Ses longues mèches blondes flottaient autours de son visage aux traits fins tandis que ses yeux brillaient à la lumière des réverbères, révélant le bleu azur si rare de ses iris. Elle, Sakura Haruno, pouvait elle vraiment espérer un jour vivre heureuse aux côtés de cette présence ? Elle en doutait tant à présent, que ses pleurs redoublèrent tandis qu’elle reprenait la parole :          

 

_ Tu sais…Je me déteste pour ça. Je croyais que mon amour était protecteur, mais je suis incapable de faire la moindre chose utile pour toi. »

 

Ce torrent de détresse brisa la carapace de Naruto. Son expression s’était transformée. Il avait mal. Mal de l’entendre dire qu’elle avait mal. Mal de l’entendre se sentir inutile quand elle seule avait sut le considérer pour ce qu’il était vraiment. Et bien que leur relation n’avait été basée que sur un jeux au départ, à présent il lui semblait que le monde autour pourrait s’effondrer qu’il ne s’en soucierai pas pourvu qu’elle soit là avec lui. Il chassa la distance entre eux, ouvrit les pans de son long manteau de cuir, et y enlaça la jeune femme. Ainsi, il pouvait sentir sa poitrine se soulever au rythme de la sienne, il sentait sa chaleur le réchauffer, et ce simple contact suffit à le rendre fou. N’y tenant plus, il plongea ses mains dans la longue chevelure rose de Sakura, redressa son visage et l’embrassa avec toute la fougue trop longtemps retenue en lui.

 

Tremblante, Sakura y mit très vite fin, et l’interrogea du regard. Et devant ses deux émeraudes suppliantes, celui qu’elle appelait « démon » se révéla plus humain que jamais.

_« C’est plus que suffisant idiote !

_ Telle que je suis… Je ne peux pas être la personne la plus importante pour toi. Il ria.

_ T’ai-je déjà dit cela ?

_ Non, répondit-elle un peu honteuse. Mais je t’aime tellement que je voudrais pouvoir le crier haut et fort.

_ Alors aime moi ! Car ton amour… C’est la chose qui me rend le plus heureux. Toi… Tu es la personne la plus importante pour moi, alors ne te préoccupe pas des autres, de ce qu’ils disent, de ce qu’ils veulent, de ce qu’ils pourraient penser de nous ! La seule chose dont tu dois être sûre c’est du chemin que tu veux suivre. »

 

« Je suis en train de me noyer dans la culpabilité, Pensa Sakura, tandis que les bras de Naruto l’enlaçait toujours plus fort. Et je me noie tellement que je ne sais même plus ce que c’est que le bonheur. Mais la route à suivre, même noyée, sans oxygène, je la connais…»    

 

 

            Malheureusement ce petit instant de répit serait de courte durée, car tandis qu’au milieu de la rue, les deux jeunes gens ne pouvaient plus se détacher l’un de l’autre, la voiture de Tsunade passa, et ce geste ne manqua pas au regard de la grand-mère du démon.

 

 

A Suivre…