But It's Better If You Do

par Katsu

Yuuri se releva après avoir attrapé la balle qu’on venait de lui lancer qui avait fait retirer le joueur de justesse. Il sourit à ce dernier en l’aidant à se relever, lui tendant sa main non ganté. Puis, il se tourna vers les autres joueurs.

 

« L’entraînement est terminé pour aujourd’hui ! Bon travail tout le monde ! »

 

Il regarda ses joueurs aller se changer en discutant tandis que Murata s’approcha de lui. Yuuri se tourna vers ce dernier avant qu’ils ne se dirigent eux aussi vers les vestiaires en discutant du prochain match qui s’en venait à grands pas et des entraînements supplémentaires qu’ils devraient faire si ils voulaient être certain de pouvoir gagner même si ils croyaient tout de même en la force de leur équipe.

 

Lorsqu’ils allèrent se changer, il ne restait alors que quelques joueurs qui avaient pratiquement terminés de se changer, mais dont les discutions les ralentissaient. Yuuri se changea tandis que Murata le regardait, lui n’ayant pas à se changer, tous les deux en silence, mais le jeune Maoh ne put s’empêcher d’ouvrir la bouche quand il ne resta plus qu’eux deux :

 

« Je devrais peut-être bientôt y retourner, » commenta Yuuri plus pour lui-même qu’autre chose, « sinon Wolfram va encore me faire la tête. »

 

« Que tu partes tout de suite ou un peu plus tard, Wolfram sera toujours là pour se plaindre de tes départs, » se moqua Murata en enfilant son chandail.

 

« Tu as raison, » soupira le Maoh.

 

Il haussa simplement les épaules avant de refermer son casier après avoir prit son sac à dos et de le verrouiller. Il quitta ensuite les vestiaires en compagnie de son ami pour se rendre chez eux, discutant tranquillement de l’autre monde alors qu’ils marchaient.

 

« Finalement, tu compte marier Wolfram ou annuler vos fiançailles ? »

 

« On peut faire ça ? » s’étonna Yuuri en jetant un regard à son ami.

 

« C’est sûr que c’est pas vraiment la meilleure chose à faire vu que tu es le Maoh et que ça ne te donnerais pas tellement de crédibilité. Quoique je ne doute pas qu’il y ait plein d’autres personnes qui trouveraient ça fabuleux, parce que ça leur donnerait une chance de mettre la main sur le pouvoir que pourrait leur donner le fait d’être marié à toi. »

 

Yuuri tira une tête d’enterrement à cette annonce. C’était comme si il était considéré comme un objet qui donnait du pouvoir tout simplement et que l’amour ne comptait pas dans toute cette affaire, mais seulement le pouvoir du Maoh. Au final, qu’ils soient dans un monde ou dans l’autre, la nature de l’homme ne changeait pas vraiment : tout le monde était obsédé par le pouvoir.

 

Il poussa un soupir de découragement, ses épaules s’affaisant. Puis, il se redressa avant d’aborder une mine pensive, se repassant dans la tête la première question que lui avait posé son ami et à laquelle il n’avait toujours pas répondu : si il comptait vraiment se marier avec Wolfram.

 

« Ma demande, c’était un accident, » répondit-il simplement sans savoir quoi dire d’autre.

 

« Peut-être, mais ce ne serait pas la premier fois dans l’histoire qu’une demande en mariage accidentelle ait lieu à cause d’une dispute, mais que le mariage finisse par se conclure quand les deux personnes se sont rendues compte qu’elles s’aimaient. »

 

« Pour vrai ? » fit le Maoh, étonné qu’un accident comme le sien puisse réellement unir deux personnes.

 

« Oui. »

 

« Mais on est deux hommes. »

 

« Tu sais bien que ce ne serait pas nouveau. »

 

Yuuri baissa les yeux vers le sol, fixant la rue qui défilait sous ses pieds tout en se mordillant légèrement la lèvre inférieure. Il semblait bien que malgré toutes les raisons qu’il trouvait pour excuser le fait qu’il hésitait n’avaient aucune valeur.

 

« Tu devrais vraiment y penser et vite donner une réponse. Le plus de temps tu prendra à réfléchir, plus ta décision finale pourra faire mal, » insista Murata en voyant que Yuuri hésitait encore.

 

Le jeune homme hocha simplement de la tête pour toute réponse à l’adresse de son ami, alors que ses pensées étaient toutes concentrées à répondre à la question qu’il lui avait posée. Murata disait vrai et il devait y réfléchir plus que sérieusement.

 

Murata quitta Yuuri sur le seuil de la maison de ce dernier. Yuuri fit un dernier au revoir de la main à son ami avant d’entrer dans sa maison, refermant la porte derrière lui. Il poussa un faible soupir avant de monter directement dans sa chambre après avoir salué sa mère qui se trouvait dans la cuisine et son père assis à la table avec un journal à la main.

 

Une fois arrivé dans sa chambre, le jeune homme jeta son sac à dos dans un coin de la pièce sans la moindre douceur et se laissa tomber à plat ventre sur son lit. Il poussa un soupir d’aise, le base-ball lui ayant drainé toutes ses énergies, mais lui lançant un plaisir euphorique dans l’estomac. Il tourna la tête de côté et admira un poster de joueur professionnel de base-ball.

 

« Un bon bain et je vais me coucher. »

 

Il se leva de son lit non sans regretter la douceur de ses couvertures et sorti de sa chambre pour se diriger vers la salle de bain après avoir attrapé son pyjama. Il referma la porte derrière lui, la verrouillant plus par réflexe que par nécessité. Puis, alla vers le bain pour faire couler son bain.

 

Pendant que l’eau remplissait la baignoire, il enleva tranquillement ses vêtements en les mettant dans le bac de linges sales et attrapa une serviette qu’il installa juste à côté du bain. Lorsque celle-ci fut remplie, il arrêta l’arrivé d’eau et se glissa dans le bain en poussant un soupir d’aise, l’eau chaude lui déliant tranquillement les muscles dont les efforts avaient été demandés grandement pour la pratique de base-ball.

 

Il ferma lentement les yeux en s’enfonçant un peu plus dans l’eau, celle-ci lui montant jusqu’au menton. Il était sur le point de complètement relaxer quand il sentit quelques remous. Fronçant les sourcils, il se redressa dans son bain en regardant l’eau qui s’agitait tranquillement sans raison.

 

Puis soudainement, il sentit quelque chose le frôler alors qu’une tête apparaissait dans l’eau. Il fit le saut, se redressant brusquement dans sa baignoire, manquant de glisser sur le fond du bain, mais se retenant contre le mur.

 

« Conrad ? Wolfram ? Gunther ?! Mais qu’est-ce que vous faites là ? » s’écria-t-il lorsque les trois personnes sortirent brusquement du bain.

 

Wolfram s’accrochait au rebord du bain en tentant de reprendre sa respiration, tandis que Gunther avait la vue caché par ses cheveux qui se plaquaient contre l’avant de son visage et que Conrad semblait, au contraire de ses deux « compagnons de voyages », aller parfaitement et était simplement assis dans le bain, ses vêtements lui collant à la peau.

 

« Yuuri, » sourit le brun.

 

« Sa Majesté ! » s’enthousiasma Gunther en se débattant pour remettre ses cheveux en place.

 

« Pourquoi t’a dit le nom de Conrad en premier ?! » s’outra Wolfram en menaçant Yuuri de son poing.

 

Le jeune Maoh déglutit bruyamment en entendant les remontrances du jeune blond. Il ouvrit la bouche dans le but de s’expliquer, lorsqu’un léger courant d’air lui rappela un petit détail. Le rouge lui monta brusquement aux joues.

 

« Sortez, sortez, sortez ! » s’écria Yuuri en se rasseyant brusquement dans le bain pour se cacher.

 

« Mais, Yuuri, c’est pas grave. Après tout, je suis ton fian-, » tenta le blond.

 

« Dehors ! » recommença le Maoh.

 

Suivant la demande du jeune Maoh, Conrad attrapa Gunther et Wolfram par le bras avant de sortir rapidement, ayant cependant prit un certain temps avant de finir par déverrouiller la porte de la salle de bain.

 

Lorsqu’ils furent finalement sortis, Yuuri poussa un long soupir de soulagement avant de se laisser glisser contre le mur. Il se passa une main dans les cheveux en les replaçant contre son crâne avant de lever les yeux au plafond, le fixant en se demandant bien ce qui lui avait prit de réagir si brusquement. Quoique, ce n’était pas vraiment si excessif vu leur arrivé soudaine et imprévisible dans son bain alors qu’il tentait de se relaxer.

 

« Pourquoi ça m’a tant gêné… ? C’est pas comme si j’étais une fille, ni eux.  »

 

Il se frappa légèrement la tête contre le mur, se faisant mal sans faire exprès, pour ensuite se relever. Il enfila rapidement ses vêtements après s’être essuyé sommairement, prêt à aller voir les autres pour exiger quelques explications, se demandant ce qui pouvait bien se passer pour qu’ils viennent dans son monde sans attendre son retour. Peut-être quelque chose de grave était arrivée.