Cinquante-et-un

par elane

Etats-Unis/ Japon

105-106

 

 

 

Le Japon vient de gagner.

 

Face aux ultra-favoris, face aux meilleurs joueurs du monde, face à un défi impossible, le Japon vient de gagner !

 

Ils sont champions du monde !

 

Sur le terrain, dans les tribunes, c'est l'explosion de joie. Tout le banc se lève, comme un seul homme, pour sauter dans les bras des joueurs sur le terrain sous le regard d'Aomine, qui a encore l'impression de vivre la scène au ralenti.

 

Il cherche des yeux Tetsu, perdu dans l'étreinte de ses équipiers. Sans lui, rien n'aurait été possible. Son contre face au capitaine américain avait allumé une étincelle qui avait tout emporté sur son passage.

 

Il regarde Akashi. Sans sa vision unique du jeu, jamais il n'aurait pu anticiper le jeu comme il l'avait fait. Sans Kise ni Midorima qui avaient accaparé Johnson et Lasalle, il n'aurait pas pu voler ce dernier ballon. Sans Kagami, ils n'auraient pas mis ce dernier panier...

 

Cette partie, ils l'avaient gagnée ensemble.

 

Cette coupe, ils l'avaient gagnée ensemble.

 

Mon Dieu, ils ont gagné !

 

Il n'a même pas la force de sursauter quand il sent une poigne puissante le remettre debout. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il était à terre...

 

Kagami, tout sourire, le remet sur pied comme s'il n'était pas plus lourd que Tetsu.... Mais d'où pouvait-il sortir autant d'énergie, ce grand idiot ?!

 

-C'était une sacrée passe, dit Kagami en le forçant à prendre appui sur lui.

 

D'ordinaire, il refuserait son aide ou aurait, au moins, une réflexion sarcastique sur le bout des lèvres, une façon de se moquer gentiment de l'enthousiasme débordant de Kagami... Mais là, alors qu'il accepte son aide, la seule chose qui envahit son esprit, c'est un bonheur sans pareil.

 

Il s'en fout d'avoir mis en lumière un autre que lui pour un buzzer beater de fou.

 

Ils ont gagné !

 

A ses côtés, Akashi sait qu'il ne tient debout que grâce à la décharge d'adrénaline qui coule à flot dans ses veines. Il regarde ses équipiers en train de faire éclater leur joie et jamais il n'avait goûté une telle euphorie.

 

Il regarde Kuroko se faire littéralement étouffer par les bras de la moitié des joueurs encore capables d'une telle débauche d'énergie !

Pour Akashi, si leur victoire est l'aboutissement de leur travail d'équipe, une victoire collective où tous avaient joué leur rôle, c'est avant tout grâce à Kuroko qu'ils avaient réussi à tous se dépasser face à des adversaires plus forts qu'eux !

 

Des adversaires plus forts qu'eux...

 

Son regard se tourne vers leurs adversaires, encore choqués par le dernier panier de Kagami. Et leur défaite. Davis et Lasalle ont le regard dans le vague et c'est bien la première fois qu'il ressent une telle empathie pour ceux qu'il vient de battre.

 

Il s'avance vers Davis pour lui tendre la main en tentant de réprimer, au maximum, l'immense sourire qui lui envahit le visage.

 

Davis soupire, en se mordant les lèvres nerveusement, avant de prendre la main offerte.

 

-C'est la première fois, dit Akashi, que je me mesure face à un meneur qui me surclasse autant. Sans le plan de ma coach et mes équipiers sur le terrain, je n'aurai même pas pu relever la tête du match.

 

Akashi sait bien que ses compliments ne peuvent pas l'atteindre, pas maintenant, pas juste après avoir perdu. Mais il sait aussi que ses mots finiraient par faire leur chemin dans l'esprit du meneur qui l'écoute en silence.

 

-J'espère vraiment qu'on aura la chance de se retrouver sur un même parquet.

 

Le regard que Davis lui retourne est d'une telle intensité qu'il lui coupe le souffle un instant et Lasalle arrive pour lui serrer à la main à son tour :

 

-On se retrouvera définitivement, sur le même parquet, un jour.

 

Perplexe, Akashi regarde Lasalle épauler son ami et rejoindre ses équipiers. Et, pour la première fois de sa vie, il se dit que quelque chose lui échappe et que cela l'intrigue autant que ça l'amuse.

 

Seule sur le banc, Louise reste en retrait, car elle sait que ce moment unique n'appartient qu'aux joueurs.

 

Toute la pression et la fatigue qu'elle avait accumulées lui tombent dessus brusquement, mais elle sourit autant de bonheur que de soulagement en regardant la joie de ses joueurs qui envahit tout le terrain.

 

Ils ont gagné!

 

Toute la préparation, tout leur travail, leur jeu d'équipe, toute leur volonté avait payé et alors que le public applaudit encore à tout rompre, debout depuis cinq minutes, Louise voit les spectateurs dérouler une immense banderole dans les tribunes avec un seul mot en lettres noires.

 

En français.

 

MERCI

 

Touchée, Louise laisse échapper une larme d'émotion pure au coin de son œil.

 

Banc des Etats-Unis

 

Miller rassemble ses joueurs, encore trop choqués pour parler. Il croise les bras, contrarié au plus haut point. Il avait plus ou moins prévu que ce serait sa dernière année en tant que coach de l'équipe nationale. Avec une cinquième coupe en poche, il aurait pu se retirer la tête haute en passant le relais à un petit jeune.

 

Cette retraite lui paraît bien lointaine maintenant, car il n’a qu’une seule idée, remonter une équipe et reprendre ce qui lui est dû !

 

Il se tourne vers le banc du Japon où la coach est assise sur le banc, sûrement trop épuisée pour se tenir debout alors que lui est encore plein d'énergie nerveuse. Est-ce qu'il aurait dû se donner plus à fond pour son équipe ? Est-ce que leur défaite est de sa faute ? Cette équipe qu'il a coachée est l'une des meilleures qu'il ait jamais eue. Leur défaite face à l'Argentine les avait forcés à se remettre en question et Davis est une vraie trouvaille.

 

Miller soupire devant ce fait qu'une partie de son être refuse encore.

 

-On a perdu.

 

Cette fois, l'impensable vient d'éclater dans l'esprit de ses joueurs, comme une fatalité implacable et glaçante. Davis est le plus affecté et Lasalle, le plus calme devant l'inéluctable nouvelle.

 

-Vous n'avez pas à vous reprocher quoi que ce soit, dit Miller. Vous avez joué votre meilleur basket, vous avez tour à tour montrés de quoi vous étiez capable sur le terrain et c'est le plus grand match que vous ayez jamais joué.

 

Tous les regards se voilent. Leur coach a raison, c'est le meilleur match qu'ils aient jamais joué et ce match, ils l'avaient perdu.

 

-Mais en face, ils étaient encore plus affamés que nous, continue Miller. Au moment le plus crucial, ils ont fini par nous surpasser et ils ont gagné.

 

Miller ferme les yeux un instant. Il n'a pas l'habitude de perdre et il déteste ça.

 

-C'est une défaite, répète Miller. Et personne n'aime perdre. Mais ce qui compte aujourd'hui,, ce n'est pas cette défaite mais les leçons que vous allez en tirer.

 

Il se tourne vers les tribunes :

 

-Regardez dans les tribunes, dit Miller, les cinq Français qui accompagnent LeBron James et Stephen Curry.

 

Tous les regards se tournent instinctivement vers les deux stars dans les tribunes avant de glisser sur les Français dans leur ombre.

 

-Il y a deux ans, ces cinq Français étaient à votre place. Ils venaient de perdre face à moi et ils avaient tout donné sur le terrain. Le meilleur match qu'ils avaient jamais joué, ils l'avaient perdu. Et regardez où ils sont aujourd'hui. Ils jouent pour les meilleures équipes au monde, sur les plus grands parquets. Croyez-moi, si je vous ai choisi pour faire partie de mon équipe, c'est que vous avez au moins autant de potentiel que ces cinq joueurs.

 

Miller regarde chacun de ses joueurs longuement.

 

-Cette défaite n'est que la première étape de tout ce qui vous attend.

 

 

Banc du Japon

 

 

Louise regarde les journalistes envahir le terrain et chercher le moindre mot de la part de ses joueurs. Cette fois, elle leur laisse exprimer toute leur joie face aux caméras et elle n'est pas sûre de pouvoir se lever du banc, sans s'affaler lourdement sur le parquet. Ce qui ne serait pas du meilleur effet devant les caméras.

 

Et lorsqu'un journaliste japonais arrive vers elle pour recueillir ses impressions sur le match, elle réunit toutes ses forces pour se lever, vacille une seconde et affronte les questions de la presse.

 

-Ils étaient meilleurs en face, dit Louise, plus grands, plus forts, plus puissants. Plus expérimentés. Mais parfois, ce ne sont pas les meilleurs qui gagnent sur le terrain, parfois, des choses improbables peuvent se produire, pendant un court moment, tout ce qui se joue sur et en dehors du terrain s'assemble parfaitement pour créer un de ces moments magiques que seul le basket peut créer, un moment de grâce où tout a une place unique pour créer la différence face à un adversaire qui vous pousse à vous dépasser.

 

Elle se tourne vers ses joueurs :

 

-Soudain, le soutien du public, l'étincelle d'espoir, qu'un joueur a ravivé sur une action un peu folle, la confiance absolue que l'on place dans ses équipiers, tout s'assemble parfaitement pour donner tout son sens à toutes ses heures passées à l'entraînement, à tous nos plans et à toute l'énergie que l'on a mise dans le match.

 

Louise se tourne de nouveau vers le journaliste avec un immense sourire :

 

-Et à ce moment tout devient possible, même un miracle.

 

 

Vestiaires de l'équipe du Japon

 

 

Louise observe ses joueurs avec un immense sourire.

 

Dans les tribunes, la cérémonie de remise des prix était en train de s'organiser alors que les Argentins venaient d'arriver pour la cérémonie. Dans les tribunes, les spectateurs sont encore en train d'applaudir.

 

-Le premier jour où votre capitaine est venu me chercher pour m'occuper de vous, je me suis dit que vous aviez du potentiel. Après vous avoir vu progresser à l'entraînement et former un groupe de plus en plus solide, de plus en plus soudé collectivement, j'ai su que, malgré un tirage au sort défavorable, malgré le fait que vous alliez affronter les plus fortes équipes au monde dès le premier tour, vous aviez la possibilité d'aller loin, très loin. Et à chaque nouveau match, vous m'avez montré vos incroyables qualités individuelles et tout ce que vous étiez capable d'accomplir pour l'équipe.

 

Tous les moments les plus tendus des matchs leur reviennent en mémoire. La confrontation entre Akashi et le meneur espagnol, le jeu détestable des Français pour lequel Izuki avait payé le prix fort, l'incroyable duel des joueurs de l'ombre entre Vitoria et Kuroko et ce match incroyable qu'ils viennent de jouer... qu'ils viennent de gagner !

 

Tout leur paraît si irréel.

 

-Sur ce match, de la première à la dernière seconde, vous m'avez prouvé que j'avais vu juste, vous m'avez montré que vous êtes des grands du Basket et …

 

Tous les regards qui se tournent vers elles sont si chargés d'émotions que Louise en perd ses mots :

 

-        … je suis terriblement fière d'avoir été votre coach.

 

 

Cérémonie de la remise des prix

 

 

Alors que les grands pontes de la FIBA se lancent dans un petit discours que personne n'écoute vraiment, les trois équipes qui composent le podium attendent la remise des prix devant un public fébrile et toutes les caméras se braquent sur le terrain.

 

La médaille de bronze qui revient aux Argentins déclenche un tonnerre d'applaudissements. Cette équipe avait bien failli battre le Japon en demi-finale, le duel entre les deux joueurs de l'ombre est dans toutes les mémoires et l'équipe d'Argentine avait su gagner le respect et le cœur du public japonais.

 

La médaille d'argent pour les Etats-Unis est aussi très applaudie mais la mine déconfite des joueurs américains empêche les Japonais de pousser les acclamations trop haut, des acclamations qui paraîtraient un peu hypocrite alors que leur équipe vient juste de les battre.

 

-Et sur un score incroyable de 106 à 105, pour la première fois de son histoire, le Japon, mené par son incroyable capitaine, Akashi Seijuro, devient champion du Monde des moins de dix-neuf ans !

 

Le capitaine japonais et tous ses équipiers, arborant leur médaille du plus beau des métaux, brandissent la coupe sous une ovation délirante qui fait trembler les murs du grand gymnase de Tokyo.

 

Maison des Midorima

 

 

Monsieur Midorima observe, béat, la scène.

 

Dans les tribunes, il s'était dit que, si son fils avait été capable de ravir le titre de champion du monde aux incroyables Américains, il était capable d'inviter tout le monde, même les deux stars américaines à sa petite fête.

 

Lucas avait facilement convaincu son capitaine en louant ses talents de cuisinier qu'il disait au moins aussi bons que ceux de sa tante. LeBron James avait regardé, avec une moue comique, son équipier avec un « Tu veux dire ta tante qui nous avait fait ce festin de fou pour le quatorze juillet l'année dernière pour toute l'équipe ? ».

L'image d'une petite française derrière ses fourneaux en train de régaler une assemblée de géants basketteurs enthousiastes l'avait fait presque rire.

Et lorsque Lucas avait acquiescé, d'un grand hochement de tête, LeBron James l'avait pris par le bras sur le trajet pour aligner une liste de plats français impressionnante pour savoir « Et ça, il y en aura aussi ? »... Et Stephen Curry, curieux avait suivi sans se faire prier.

 

Puis les Argentins, Manu Ginobili en tête n'avaient pas été difficiles à convaincre, ils étaient presque aussi heureux que lui de la victoire du Japon, saluant l'incroyable performance de chacun des joueurs.

 

Monsieur Midorima n'en revient toujours pas de voir autant de vedettes du basket autour de son buffet, accompagnés de la famille Murasakibara, plus que motivée par ses desserts, et le père de Kagami qui est encore plus expressif que son fils. Et ça, il ne pensait pas que c'était possible.

 

Quant à son propre fils, écoutant une discussion entre Stephen Curry et Joël, il est plus heureux qu'il ne l'avait jamais été.

 

Derrière lui, Monsieur Akashi observe avec attention son fils, qui parle avec les Argentins et ses amis. Il revit les semaines d’entraînements un peu folles, les matchs avec ses moments les plus tendus avec ses équipiers et ses anciens adversaires en souriant, rigolant, se moquant un peu parfois de ses propres équipiers, qui s'indignent un court instant avant d'en rire.

 

Il a changé.

 

Ou plutôt, il est redevenu celui qu'il était quand sa femme était encore en vie.

 

En un match, en une action, il était redevenu ce petit garçon fier, qui montrait tout sourire ce qu'il était capable d'accomplir sur un terrain.

 

Depuis quand n'avait-il pas regardé son propre fils ?

 

Il ne connaît que trop bien la réponse à cette question. Sa vie s'était arrêtée le jour où sa femme était morte, il s'était plongé dans le travail, fixant toujours un peu plus les exigences qu'il s'imposait, à lui comme à son fils. Dans sa douleur, il avait oublié une chose qui lui coupe le souffle.

 

Le jour où il avait perdu sa femme, son fils avait perdu sa mère. Et d'une certaine façon, il avait aussi perdu son père.

 

Après ce qu'il lui avait fait, arriverait-il un jour à renouer avec son fils ?

 

-Si votre propre fils est capable de mener le Japon aussi loin dans le monde du Basket, je ne vois pas ce qui pourrait vous résister?

 

Monsieur Akashi étouffe un sursaut en reportant toute son attention sur Madame Kuroko, qui devait l'observer depuis au moins cinq bonnes minutes.

 

-Vous êtes comme votre fils, dit-il, capable de lire dans le cœur des gens.

 

La mère de Kuroko esquisse un petit sourire :

 

-Quand les gens vous oublient, ils se révèlent facilement si vous savez observer.

-Que croyez-vous que je devrais faire ?

 

Et dans la seconde, il se demande bien ce qu'il lui prend. Jamais il n'avait demandé d'aide à qui que ce soit. Surtout pas pour un sujet aussi personnel.

 

-Votre fils est un garçon exceptionnel. Il peut tout accomplir, dit-elle. Alors aidez-le à devenir ce qu'il a vraiment envie de devenir et vous retrouverez votre vraie place dans sa vie.

 

De l'autre côté de la pièce, Madame Aomine regarde de loin son fils sourire au milieu de ses amis et des Argentins alors qu'ils communiquent dans un mélange d'anglais, d'espagnol et surtout de gestes dans un coin de la pièce, repassant, avec beaucoup d'énergie, toutes les phases de leur dernier match. Campana fait un peu la tête devant Kise, il avait osé copier sa meilleure technique. Mais Kise le rassure en disant que si les Américains l'avaient contré si facilement, c'est que sa copie était loin d'être à la hauteur de l'original et Campana n'est pas du genre à se vexer bien longtemps.

 

Puis chaque groupe met beaucoup d’énergie pour tenter de gagner le prix du « coach le plus excentrique ». Akashi admet bien volontiers que les Argentins ont quelques arguments convaincants. Mais les descriptions des entraînements de parkour finissent par donner le titre de façon indiscutable aux Japonais! En fait, le seul qui ne participe pas à la surenchère, entre les deux équipes, n’est autre que Kuroko qui écoute, des étoiles dans les yeux, toutes les anecdotes qui touchent de près ou de loin son joueur préféré, le coach des Argentins, le grand Manu Ginobili.

 

-Votre fils a été extraordinaire, lui dit Louise.

 

A ses côtés, Stéphane, Jonas et Lucas, qui n'ont pas besoin de traduction pour comprendre acquiescent avec enthousiasme et Madame Aomine commence enfin à prendre conscience de l'importance du basket dans la vie de son fils et surtout à quel point il est bon.

 

Non pas bon, extraordinaire.

 

Louise lui donne sa carte.

 

-Le jour où il devra faire un choix, dit-elle, appelez-moi.

 

Louise sait que la mère d’Aomine est la seule qui avait besoin d’entendre cette simple vérité, les autres parents avaient déjà compris la valeur de leurs enfants. Puis elle lance un regard en coin à ses amis.

 

-Vous allez me le dire maintenant ce que vous me cachez depuis un bout de temps ?

 

Stéphane sourit un peu gêné. Bien sûr que Louise n'était pas dupe. C'est de Louise dont on parle.

 

-J'aimerais que tu répondes à ma question avant, dit Stéphane.

 

Louise fronce les sourcils. Elle avait, plus ou moins, imaginé qu'ils avaient organisé une surprise pour elle et son équipe dans l'hypothèse qu'ils gagnent, et qu'ils n'avaient pas voulu lui rajouter un stress supplémentaire en le lui disant.

 

Mais elle sait maintenant qu'elle se trompe, c'est sérieux.

 

-Est-ce que tu veux vraiment arrêter le basket ?

 

Louise ferme les yeux. Elle avait décidé de faire ses adieux au basket après cette coupe. Elle avait gagné sa place pour une grande école en France et fait d'autres projets.

 

Et en un mois, l'ivresse de la compétition, se retrouver en charge de ses petits Japonais qui découvraient un monde qu'elle connaissait déjà bien, se confronter à tant d'équipes, voir ses joueurs tant évoluer de match en match...

 

Elle était retombée dedans avec une telle force que non, bien sûr que non, elle ne veut pas arrêter le basket. Elle aurait même envie de rejouer. Pourquoi pas ?

 

Et ses amis n'ont pas besoin d'entendre le moindre mot de sa part, ils savent.

 

-En cas de victoire du Japon, j'avais conclu deux deals que tu ne pourras pas refuser.

-Deux deals ? Répète-t-elle avec suspicion.

 

LeBron James et Stephen Curry se rapprochent. Ils ont beau parler en français, ils ont tous les deux compris de quoi il s'agit et la conversation passe naturellement en anglais.

 

-Le premier avec la fédération française. Si tu es partante, tu seras notre coach pour la prochaine Coupe du Monde.

 

Les yeux de Louise s'agrandissent sous l'effet de la nouvelle. C'est une proposition qu'elle ne peut pas refuser.

 

Revivre tout ça avec ses amis...

 

Ses amis, qui avaient beaucoup progressé, pense-t-elle avec un sourire, qui aurait fait reculer les plus braves alors qu'elle imagine les nouvelles possibilités de ses futures pièces.

 

Et LeBron James et Stephen Curry se rendent doucement compte que, pour la prochaine coupe du monde, ils se retrouveront sûrement face à leurs équipiers sur le parquet, coachés par une gamine capable de faire gagner le Japon en finale de la coupe du monde.

 

Définitivement dangereux.

 

-Le deuxième deal, dit Stéphane...

 

Il prend une chaise et force son amie à s'asseoir avant d'apprendre la nouvelle. Il s'apprête à parler mais LeBron James l'arrête d'un geste alors que Lucas trépigne d'impatience à ses côtés.

 

-Nous cherchons un nouveau coach assistant depuis presque deux mois maintenant, dit simplement LeBron James. Si vous êtes partante, le poste est à vous.

 

L'as américain lui tend la main et Louise l'observe comme si elle n'avait pas compris ses paroles. Elle papillonne des yeux un instant avant de prendre sa main avec enthousiasme, perdant un instant son anglais alors qu'elle imagine toutes les possibilités qu'elle allait pouvoir explorer avec de tels joueurs...

 

-Et comment que j'accepte !

 

 

Akashi écoute ses amis raconter, dans les détails, les entraînements que leur coach leur avait fait subir et toutes les phases de jeu de leur compétition, un immense sourire sur les lèvres. Il n'avait jamais été aussi fatigué de sa vie. Il n'avait jamais été aussi heureux non plus. Les Argentins qu'ils avaient battus d'un tout petit point sont réellement ravis de leur victoire et ils partagent comme eux une victoire sur les Etats-Unis.

 

Un point commun qui leur donne l'impression d'appartenir à un groupe unique.

 

Mais le temps file à toute vitesse et les Argentins finissent par prendre congé car ils ont un avion très tôt, le lendemain, laissant les Japonais entre eux.

 

Encore euphorique de leur victoire, Kuroko rigole. Et même si cela est arrivé quelque fois dans la soirée, Vitoria n'ayant eu aucun mal à lui arracher quelques éclats de rire que Kise avait regardé d'un œil blanc, ils ne se sont pas encore habitués au spectacle.

 

-Je pensais, dit Kuroko sur le ton d’une excuse, que la Winter Cup allait être bien tendue cette année.

 

Tous se regardent avec stupeur.

 

Ils avaient joué et progressé de façon incroyable pour gagner cette Coupe.

Ils avaient tous montré leur meilleur basket sur le terrain, face aux meilleurs.

Et pour la prochaine Winter Cup, ils se retrouveraient tous en compétition. Et dans chacune de leurs équipes, il y aurait des membres de l'équipe qui avaient gagné la Coupe du Monde.

 

-Et cette année, ajoute Akashi avec un grand sourire en passant un bras sur les épaules de son ami, l'équipe à abattre, ce sera Seirin !

 

Oui, cette prochaine Winter Cup allait être sanglante et ils allaient adorer ça !