Quarante-cinq

par elane

Deux jours avant la finale

Hôtel Okura

 

La promesse d’un très bon repas et des chambres libres qui les attendaient déjà au dernier étage ne mirent pas longtemps à convaincre les deux invités extraordinaires de Lucas et Joël à s’installer dans l’hôtel des Japonais.

Tous les joueurs purent ainsi se rendre compte qu’Akashi avait vraiment compris ce qu’était cet entraînement particulier…

A table, à la même table que LeBron James, Lucas et Jonas, Aomine s’en fout de ne comprendre qu’un mot sur deux de la conversation. Il est juste heureux d’être là au point qu’il en oublie son assiette devant lui.

Au bout d’un moment, il finit quand même par se pencher vers Kagami à sa droite pour avoir une idée de ce que les trois joueurs peuvent bien se dire…

Le sourire idiot qu’il lui retourne lui prouve qu’il y a longtemps qu’il a décroché.

Le pire dans tout ça, c’est qu’il doit avoir le même sourire. Exactement le même.

Et il s’en fout !

Sur la table d’à côté, Stephen Curry et Joël parlent avec Midorima et Louise pour mettre en place leur petit concours à trois points. Après s’être assuré d’abord que cela ne perturbe pas l’entraînement…

Louise se demande un instant si c’est Joël qui déteint sur Stephen Curry ou c’est parce qu’ils se ressemblent beaucoup qu’ils s’entendent si bien ?

            - Je pense que Kise et Hyuga seraient ravis d’y participer aussi, dit-elle.

Kise est terriblement enthousiaste alors que Hyuga a un peu peur de se mesurer à de tels joueurs. Mais Akashi le rassure d’un mot et aussi bien Curry que Joël acquiescent avec enthousiasme la concurrence.

            - J’ai une revanche à prendre, dit Curry à Joël.

Joël avait gagné d’un rien devant son équipier au dernier concours de trois points officiel de la NBA. Une défaite qui l’avait rendu fier puisque Joël est son équipier et que ce concours regroupait les meilleurs shooters de toute la NBA. Mais une défaite quand même !

            - Mr Curry, commence timidement Midorima …

            - Steph’, le reprend Curry, Mr Curry, c’est mon père.

Midorima, qui avait déjà dû rassembler une bonne partie de sa volonté pour trouver le courage de lui adresser directement la parole, en perd ses mots …

            - Faut le comprendre, explique Joël, au Japon, on ne s’appelle pas par son prénom. Même entre eux, dit-il en désignant les joueurs, ils ne s’appellent pas par leur prénom.

            - Pourtant, lui, dit-il en montrant Takao, il l’appelle comme toi, Shin ?

            - Ils sont dans la même équipe au lycée, explique Joël, et j’ai comme l’impression que c’est un droit qu’il s’est un peu approprié tout seul.

Takao sourit de toutes ses dents en acquiesçant pendant que Midorima n’arrive même pas à prendre un air désabusé.

La conversation continue entre un Joël qui se demande un instant s’il n’a pas fait un peu comme Takao en s’appropriant tout seul le droit d’appeler Midorima par son prénom et quelques souvenirs échangés entre les pros que tous écoutent avec ferveur.

 

Chambre de Kagami

 

Kagami regarde Aomine affalé sur son lit. Faudrait pas que ça devienne une habitude, pense-t-il un brin moqueur.

            - Aomine ?

            - Faut que je te demande un truc, Kagami.

Après avoir passé une telle journée, il est prêt à tout entendre. Même ça ! Il s’allonge à son tour à ses côtés sur son lit, trop fatigué pour rester debout une seconde de plus.

            - Faut vraiment que j’améliore mon anglais, dit Aomine.

Kagami rigole un instant. Aomine était resté à ses côtés toute la journée, écoutant attentivement toutes ses traductions.

            - Akashi ou Midorima sont bien meilleurs que moi.

            - Plutôt mourir que de leur demander de l’aide ! s’exclame Aomine.

Kagami se sent flatté, sans trop savoir pourquoi.

            - Qu’est-ce que j’y gagne ? demande Kagami qui ne s’attend pas vraiment à une contrepartie.

            - Autant de un contre un que tu veux ?

            - Et un tour au Maji Burger de temps en temps ?

            - Je veux bien t’accompagner mais je paye pas pour toi. D’après Tetsu, tu manges encore plus que moi !

Kagami rigole un peu plus. C’est une façon un peu curieuse de définir les débuts d’une amitié mais ça lui convient.

            - Je suis encore en train de me demander si je n’ai pas rêvé toute cette journée, soupire comme un bienheureux Kagami.

            - Moi, je suis sûr que non, lui répond Aomine. Je n’ai pas assez d’imagination pour rêver un truc pareil. On a joué avec et contre les deux meilleurs joueurs de la NBA. Et je ne sais toujours pas laquelle des deux situations j’ai préférée.

            - Moi non plus, dit Kagami avec un grand sourire avant d’entamer un concours de « et tu as vu quand … » en se remémorant avec un grand sourire tous les moments fous qu’ils venaient de vivre.

 

Le lendemain matin

Salle commune de l’hôtel Okura

 

Kagami et Aomine ont à peine posé un pied dans la salle commune que Lucas leur fait signe assez peu discrètement de les rejoindre avec un regard inquiet.

Sur la table de droite, Jonas et LeBron James se retrouvent face à face et l’atmosphère est tendue. Vraiment tendue.

            - Alors comme ça, c’est toi, dit LeBron, l’Equipier de Lucas…

            - Alors comme ça, c’est toi, reprend Jonas sur le même ton, le Capitaine de Lucas.

 

Lucas ne sait plus où se mettre tandis que LeBron James et Jonas se dévisagent.

 

- Alors comme ça, souffle Stéphane qui se pose sagement à côté de Lucas, on a droit à une bataille d’ego…

            - Pas étonnant, murmure Stephen Curry qui les rejoint avec sa tasse de café. LeBron, c’est l’un des meilleurs du circuit de la NBA, votre ami, c’est un des meilleurs du circuit européen. Il y a toujours eu une compétition non avouée entre les deux ligues et cerise sur le gâteau, non seulement ils occupent le même poste mais d’une certaine façon, ils partagent le même équipier…

Lucas baisse la tête, gêné au plus haut point en voyant les deux personnes qu’il admire le plus sur un terrain à deux doigts de se sauter dessus.

 

Arrivant comme une fleur au milieu de la discussion, un ballon entre les mains qu’elle pose sur la table en levant un sourcil :

            - Il y a un moyen de régler ça rapidement …

Les deux joueurs, abasourdis par son audace, restent un temps sans voix.

            - … Mais après mon café, soupire-t-elle. Ca nous fera un spectacle intéressant.

Toute l’assemblée retient son souffle devant l’intervention de Louise. Mais Jonas répond d’un « Oui coach » qui sort comme un réflexe, et fait rire tout le monde, mais pas trop fort pour ne pas s’attirer les foudres de Louise.

Même Stephen Curry. Et LeBron James.

 

Terrain de street basket devant l’hôtel Okura

 

Le premier à cinq paniers gagne.

La règle est simple et ce duel n’a rien d’ordinaire.

D’un côté, il y a ce que la NBA produit de meilleur, un joueur extraordinaire qui arpente les meilleurs parquets depuis des années, qui a déjà tout remporté et qui n’a rien à gagner dans ce duel.

De l’autre, Jonas fait office de jeune loup affamé. Depuis deux ans, il représente la nouvelle génération de ce que l’Europe produit de mieux et il n’a rien à perdre dans ce duel.

Louise est prête à arbitrer le jeu pendant que tous les joueurs de son équipe se pressent sur les bords du terrain pour regarder le choc entre les deux titans.

Le seul qui regarde avec nervosité le premier échange se dérouler n’est autre que Lucas qui se recule nerveusement du terrain :

            - Je ne peux pas regarder ça, dit-il. Parce que je ne veux voir aucun des deux gagner ou perdre.

Bien sûr, il n’en fait rien mais n’ose pas prendre parti ni pour l’un ni pour l’autre.

Et le duel entre les deux joueurs remplit toutes ses promesses. Depuis presque trente secondes, aucun des deux n’arrivent à marquer. Chaque tentative est contrée, les dribbles s’enchaînent et au bout d’une minute l’équilibre bascule en faveur de l’Américain.

1-0

Mais Jonas ne lui laisse pas le temps de se reposer sur ses lauriers en marquant les deux paniers suivants.

1-2

Une situation qui donne un immense sourire à l’Américain qui s’élance et redouble d’effort avant de reprendre l’avantage coup sur coup.

3-2

Alors que le duel commence à trouver un certain équilibre, Stephen Curry observe avec intérêt le spectacle :

            - Il est impressionnant ton ancien équipier, Joël. Tenir tête ainsi à LeBron, même en NBA, il n’y en a pas tant que ça qui y arrivent.

Comme pour prouver ses dires, Jonas met un panier juste avant que LeBron ne lui rende la pareille, reprenant l’avantage.

4-3

            - Jonas ne peut pas gagner, dit Joël calmement. Il n’est pas encore au niveau. Mais …

Un verdict qui se confirme dans la seconde où LeBron James finit par l’emporter sur un 5/3 très disputé.

            - Mais ? reprend avec curiosité Stephen qui attend la fin de la phrase de son équipier.

            - En match, LeBron James n’utilise pas Lucas comme il devrait, pas comme Jonas sait le faire…

            - Je trouve pourtant qu’il est déjà suffisamment dangereux comme ça, dit Curry.

            - Crois-moi, on verra vite la différence…

Quand Louise rejoindra le staff des Cavaliers, pense Joël. Elle ne laissera pas aucun joueur, surtout pas Lucas, sous employé et les Cavaliers seront encore plus difficiles à gérer.

Un seul coup d’œil vers Stéphane lui prouve qu’il pense exactement la même chose.

Sur le terrain, Jonas admet bien volontiers sa défaite. Il avait tout donné et n’avait pas à rougir de sa prestation :

            - Vous êtes vraiment incroyable, dit-il à l’as américain.

            - Y en a pas beaucoup des joueurs qui peuvent me contrer aussi facilement, encore moins des joueurs aussi jeunes. Tu as une marge de progression qui donne le vertige.

Jonas sourit, avouant presque à contre cœur :

            - Si je tenais à ce défi, c’est en grande partie parce que j’en avais marre d’entendre tous les jours à quel point le grand LeBron James, dit-il en reprenant toute l’emphase de Lucas, est formidable !

LeBron rigole à son tour :

            - Tu me voles ma réplique ! Je connais tous tes matchs de l’Euroleague en détail !  C’est nous qui n’avons cessé d’entendre parler de toi, de toute ton équipe et de votre coach. En permanence !

            - Pour sa défense, se moque Jonas, il parle en permanence Lucas…

Lucas observe ses deux équipiers rigoler ensemble avec un grand sourire et se dit que c’est quelque chose qu’il n’est pas prêt de changer, si ça leur permet d’avoir un sujet à partager !

 

Petite Finale

Argentine/Serbie

 

Nathan Davis, le seul petit blanc de l’équipe américaine aurait pu paraître perdu au milieu de tous ces grands blacks de coéquipiers, qui assistent dans les tribunes au match, si une détermination sans faille ne brillait pas dans ses yeux.

L’immense Johnson le prend par les épaules en se moquant gentiment de lui :

            - Arrête de faire la tête, Nate, lui dit-il. Le coach veut qu’on se repose. Je te rappelle qu’on a un jour de moins que les Japonais pour récupérer et que c’est plutôt une bonne idée d’aller voir ce match.

            - J’aurai préféré continuer à analyser les anciens matchs des Japonais, souffle avec contrariété Davis.

Ce qui ne t’empêche pas, pense Lasalle, de dévorer des yeux les joueurs pendant que leur coach lui rappelle avec un petit sourire que « c’est son rôle ».

Son ami d’enfance est clairement celui qui aime le plus le basket dans toute l’équipe et il n’avait jamais regardé de haut ses adversaires. Parce que sur le petit terrain de basket du quartier où ils avaient grandi, c’était lui, le petit blanc rachitique, qu’on regardait de haut.

Et s’il n’avait pas vu comme tous les autres la fin du match Argentine/Japon, c’était parce qu’il était à deux cent pourcents dans sa préparation contre la Serbie. Et qu’il n’avait pas quitté l’entraînement, lui.

            - Voir l’écart au score entre l’Argentine et la Serbie nous donnera une idée plus précise de la valeur des Japonais, continue-t-il sans quitter des yeux l’échauffement des joueurs.

La salle n’est pas aussi pleine que pendant leur match mais elle se remplit vite juste avant le coup d’envoi.

Le match n’a pas vraiment d’enjeu pour le public qui applaudit les deux camps de la même façon. Mais dès le premier quart-temps, la domination argentine est écrasante.

Campana est toujours aussi bon mais il est surtout complètement synchronisé sur leur sixième joueur. Et la défense serbe se fait complètement débordée par les Argentins. La démonstration est impressionnante et dès le début du troisième quart temps, l’issue du match semble déjà être scellée.

            - Ils sont bien meilleurs que lorsqu’ils ont gagné contre nous, dit le coach Miller.

Et pourtant, ils ont perdu … C’est à peu près ce qui traverse l’esprit de toute l’équipe au même moment.

            - Il y a deux équipes qui me faisaient vraiment peur, dit Johnson, l’Espagne et l’Argentine. Penser que le Japon a gagné contre ces deux équipes, c’est …

L’arrière cherche ses mots.

            -  … presque une anomalie dans le monde du basket, termine Davis.

Une anomalie comme moi, pense-t-il en regardant Marcus avec un petit sourire impatient.

 

Salle commune du Japon

 

Les Japonais et leurs invités n’avaient pas loupé une miette du spectacle.

            - Ce n’était pas un match, dit LeBron James, mais un chemin de croix pour les Serbes.

            - Manu, dit Stephen Curry, a une équipe impressionnante. Honnêtement, après le tirage au sort, j’avais parié sur une finale Argentine/ USA et une courte victoire des States.

LeBron James acquiesce, pour une fois, il est d’accord avec Curry.

            - Je ne peux pas imaginer Miller perdre la coupe, lui répond LeBron. Même si le Japon ne porte pas chance aux States, marmonne-t-il contrarié.

En 2006, lors de la coupe du monde organisée par le Japon, les USA tombèrent face à la Grèce en demi-finale et ne remportèrent que la troisième place face à l’Argentine pendant la petite finale. L’Espagne avait gagné dans les grandes largeurs sa première coupe du monde devant une équipe grecque épuisée par son exploit en demi-finale.

LeBron James faisait alors partie de l’équipe nationale.

            - Que vous gagniez ou perdiez, dit Curry à Louise, votre équipe a déjà prouvé sa valeur sur le terrain. Et je ne doute pas que dans deux ou trois ans, une bonne partie de vos joueurs se retrouve au plus haut niveau, sur les meilleurs parquets.

            - Moi-même, dit LeBron, j’ai fini troisième aux jeux olympiques de 2004 et j’ai perdu une coupe du monde en 2006 au Japon

            -Et la finale de la NBA de cette année, rajoute, moqueur, Stephen Curry….

LeBron James lui retourne un regard noir en reprenant du bout des lèvres :

            - Et la finale NBA face aux Warriors cette année …

Et dans son regard, on peut lire en toutes lettres, on prendra notre revanche plus vite que tu ne le crois.

            - Et ça ne m’a pas empêché, continue-t-il, de faire une belle carrière.

            - Je ne suis pas naïve, lui répond Louise, au point de ne pas voir à quel point l’équipe à laquelle nous allons nous mesurer en finale est formidable. Miller est un coach incroyable, chacun de ses joueurs a plus que mérité sa place au sein de l’équipe et je sais que, contrairement à nous, ils sont loin d’avoir dû dévoiler tous leurs atouts sur le terrain. Une défaite face à une telle équipe est bien sûr une possibilité. Mais la seule défaite acceptable pour moi est celle où on a tout tenté pour gagner et  …

Tous les Français partagent le même sourire, ils connaissent ce ton de leur ancienne coach.

            - … je ne joue pas pour perdre.

 

Terrain d’entraînement du gymnase de Tokyo

 

Midorima est anxieux mais pas autant que Hyuga qui regarde les préparatifs du concours de trois points avec une nervosité croissante.

Kise, par contre, jubile en sautillant dans tous les sens, en attendant avec impatience le début du concours.

Vingt-cinq ballons répartis à cinq points autour de la raquette, un point pour les vingt premiers et deux pour les cinq derniers et une seule minute pour en mettre un maximum.

Stephen Curry et Joël se défient du regard, lors du dernier concours organisé par la NBA, Joël avait gagné d’une courte tête le concours devant son capitaine. Et Curry compte bien prendre sa revanche.

Il regarde les ballons placés autour de la raquette avec un petit sourire :

            - Je propose qu’on fasse vraiment comme en NBA…

Il prend le premier bac rempli de ballons et le recule de quelques centimètres. Joël sourit en acquiesçant, la ligne des trois points est un peu plus éloignée du panier que celle de la FIBA.

            - Alors là, c’est sûr, pense tout haut Hyuga, je vais vraiment me ridiculiser.

Mais il s’avance quand même sans trembler sous les regards de tous.

            - Il n’a pas autant de style que les autres, dit Joël à Curry qui observe avec attention la concurrence mais il est efficace.

Un peu raide au début, Hyuga loupe ses deux premiers paniers. Mais il se rattrape assez vite en mettant les dix suivant sans fautes. Puis il en loupe quelques-uns avant de se reprendre pour obtenir un score plus qu’honorable de seize. Ce qui est vraiment impressionnant puisqu’il n’a pas eu le temps de lancer les derniers ballons.

LeBron acquiesce le score d’un hochement de tête :

            - La barre des qualifs en NBA est à quinze et lors du dernier concours, je ne me suis même pas qualifié moi-même.

            - Si, en plus, t’étais aussi bon en trois points, ironise Curry, plus personne n’aurait aucune chance.

Puis c’est au tour de Kise.

            - Est-ce que je rêve, dit LeBron James, ou est-ce qu’il est dans la zone ?

Le regard de Kise, comme avant chacune de ses copies d’un joueur de la génération miracle comme Midorima, s’enflamme littéralement.

            - Même pas, lui répond Louise amusée. Il est juste très concentré. Quand il est dans la zone, c’est encore un cran au-dessus…

Et pourtant la démonstration est impressionnante. Mais Joël constate que Kise reproduit le jeu parfait de Midorima et non le nouveau jeu de son ami.

Il ne met aucun ballon à côté du panier mais il est trop lent.

Il finit quand même par un très bon score de vingt qui impressionne les pros.

Puis Midorima s’avance et cette fois ni Curry ni Joël ne disent rien, curieux de voir l’arrière japonais en action.

Il loupe quelques tirs mais il joue beaucoup plus vite et ne loupe aucun des derniers ballons. Ceux qui valent deux points.

Vingt-cinq !

            - Impressionnant ! s’exclame Curry. Y a plein de pros qui n’arrivent pas à un tel score.

            - Moi le premier, souffle LeBron en hochant la tête.

            - Plein de pros dont les trois points sont la spécialité, rectifie Curry.

            - Je préfère, marmonne LeBron James.

Au tour de Joël, il détend ses bras en s’étirant en regardant Shintaro et son Capitaine :

            - Je suis en forme …

Une affirmation qu’il prouve avec maestria en ne loupant que deux ballons sur les vingt-cinq. Avec un score incroyable de vingt-sept, il prend la tête devant une assemblée médusée.

Et un capitaine fier.

            - Tu places la barre haut, Joël. Mais je n’en attendais pas moins de toi.

Stephen Curry se frotte les mains. Depuis sa défaite devant son propre équipier dans un concours officiel de la NBA, il s’était entraîné deux fois plus. Et il sait qu’il est capable d’un parcours parfait.

Il l’avait déjà réalisé plus d’une fois à l’entraînement.

Et là, il est plus que prêt à renouveler l’exploit. Il ferme les yeux un instant, concentrant toute son attention sur le ballon, prend une longue inspiration avant de se lancer.

Un à un, les ballons rentrent sans faillir avec une régularité incroyable.

            - C’est une vraie machine, murmure LeBron James sans chercher à cacher son admiration.

Et tout est si parfait que Stephen Curry met tous les paniers cinq secondes avant la fin du chrono.

Fier de sa prestation, il se tourne vers les joueurs pour se vanter un peu, après tout il l’avait bien mérité.

Mais tous les regards qui se tournent ne sont, non seulement, pas surpris mais impatients.

Impatients de l’atteindre et même de faire mieux.

Il ne vient pas d’accomplir un exploit mais de leur montrer un nouvel objectif. Et il se dit qu’avec une telle mentalité, aucun sommet n’est inaccessible.