Trente

par elane

Japon/ Espagne

Quatrième quart temps

60-72

 

 

Cleveland

 

LeBron James tend presque distraitement une canette à Lucas qu’il prend dans la main sans même détourner la tête de l’écran. Et curieusement, il en ressent un petit pincement au cœur parce que depuis le premier jour où le français avait rejoint l’équipe, il n’avait jamais caché son admiration pour son jeu et à peu près tout ce qu’il pouvait faire.

Même lui tendre une boisson.

Il a presque l’impression de se faire voler la vedette par le match à l’écran.

Et oui, ça l’étonne car il avait toujours accueilli l’enthousiasme délirant de son équipier envers tout ce qu’il faisait avec un certain détachement amusé.

            - Douze points de retard, dit LeBron James. Ce n’est pas impossible mais ça ne va pas être facile à rattraper.

Il jette un regard en coin à Lucas, attendant sa réaction. Mais il se contente d’un simple hochement de tête.

            - Lucas, continue-t-il, vous aviez vingt points de retard et plus la volonté de vous battre avant le début du dernier quart temps. Alors comment vous avez pu gagner ?

Cette fois, tous les membres de l’équipe se tournent vers Lucas dans l’attente de sa réponse.

            - A l’époque, si Sanchez manœuvrait tout, il le faisait dans l’ombre. Mais Louise avait fini par comprendre que c’était lui qui tirait toutes les ficelles. Et quand elle nous a tout expliqué, je suis rentré dans une colère froide.

Lucas tremble encore en repensant à ce match.

            - Ce mec avait les mêmes capacités que moi et au lieu d’en faire un atout pour l’équipe et le jeu, il brisait ses adversaires et n’avait aucun respect ni pour ses équipiers ni pour le jeu.

Le regard clair de Lucas s’assombrit et il se perd à nouveau dans ses souvenirs.

            - Je suis rentré dans la zone dès la première seconde où j’ai remis un pied sur le terrain.

 

 Banc du Japon

 

Kagami est surpris de se sentir aussi fatigué après n’avoir joué qu’un seul quart temps. Le dernier panier de Midorima lui avait enlevé le poids énorme qu’il portait sur ses épaules sans même s’en rendre compte. Et il en ressent un contre coup effrayant.

Il n’ose imaginer la pression qu’avait dû ressentir Akashi qui s’est toujours retrouvé seul face à Sanchez. A quel point…

Il perd le fil de ses pensées en voyant Kuroko fixer un regard indéchiffrable vers Akashi.

Pour un œil non averti, personne n’aurait pu dire que Kuroko est mal à l’aise, énervé peut-être même en colère. Mais il n’y a que des gens qui le connaissent bien dans l’équipe. Même la coach devine que Kuroko n’aime pas la situation.

            - Aomine, Kuroko, vous remplacez Murasakibara et Huyga.

Louise observe avec attention Midorima pour évaluer sa condition.

            - Midorima, tu penses pouvoir continuer ?

Avec n’importe quel joueur, elle n’aurait pas posé la question aussi directement. Mais elle sait qu’il est un des rares de ses joueurs qui lui répondra honnêtement.

            - Ca ira.

            - Ce buzzer beater, continue Louise, nous ouvre une voie royale pour le dernier quart temps et tes techniques Kuroko. Sanchez commence à douter et je veux que tu nous sortes le grand jeu dès la première seconde.

Kuroko acquiesce en silence.

            - Puis avec Akashi, tu orienteras le jeu sur l’attaque. On a douze points à rattraper. En contre-attaque, vous privilégiez les trois points de Midorima et dans la raquette, Kuroko, tu utilises cette nouvelle passe avec Aomine et Kagami.

Ils s’apprêtent à retourner sur le terrain mais Louise les arrête une seconde :

            - Akashi, je suis désolée de t’avoir imposé ça.

            - C’était mon idée coach, je…

            - Et c’était ma décision de l’accepter, l’interrompt-elle abruptement.

Louise regarde ses joueurs :

            - Maintenant, gagnez-moi ce match !

 

Barcelone

 

 

A peine Kuroko a-t-il mis un pas sur le parquet que Jonas sourit en se tournant vers ses équipiers.

            - Vous voyez ce gosse qui fait 1m12 et trente kilos tout mouillé qui s’avance…

Ces équipiers observent avec plus d’attention les joueurs pour voir ce petit japonais qui les intriguent. Jonas avait un peu exagéré mais c’est vrai qu’il n’est pas très imposant ce gamin. Avec douze points de retard, c’est un choix qui parait pour le moins étrange…

            - Il m’a contré moi, continue Jonas. En un contre un.

Tous ses équipiers se tournent vers lui incrédules. Parce que c’est un exploit qu’eux-mêmes n’avait jamais réussi. Et que ce gosse minuscule ait pu…

            - C’est un magicien alors, dit son capitaine en souriant.

Jonas acquiesce, ça lui va bien :

            - Oui, dit-il rêveusement.

Sur le terrain, Kuroko lance un regard glacé au capitaine espagnol.

- Un grand magicien.

 

Terrain

 

Juste avant le coup d’envoi, alors que Kuroko affronte du regard le meneur espagnol, l’espoir allumé par le dernier panier enflamme la foule qui scande le nom des joueurs.

Et pour une fois, la venue du passeur sur le terrain ne passe pas inaperçue.

Akashi s’avance à son tour et Takao le retient d’un mot qu’il ne lui avait encore jamais adressé.

            - Capitaine…

Il n’est d’ailleurs pas le seul à être surpris puisque Midorima se retourne aussi. Et comme dans un flash aveuglant, Takao se rappelle tous les regards méfiants, les paroles sèches, les attitudes blessantes qu’il avait eu à son égard pendant leurs trois semaines d’entraînement.

Il ne l’avait jamais considéré comme son capitaine ni même comme un équipier. Sous couvert de moqueries, de faux sourires et d’une distance raisonnable, il avait à peine caché la méfiance qu’il n’avait jamais réussi à museler face à lui.

Akashi ne s’en était jamais formalisé.

Midorima par contre, s’il n’avait jamais rien dit, en avait souffert.

            - On compte sur toi.

 

Tribunes

00 : 00

60-72

 

 

 

Le coup d’envoi vient d’être lancé et Imayoshi regarde Kuroko s’avancer avec un petit sourire énigmatique.

            - Maintenant je sais ce que les membres de Seirin ressentent juste avant que leur petit passeur ne dévoile une de ses nouvelles techniques.

Wakamatsu et Sakuraï se retournent vers lui en réfléchissant. Il a raison, les seuls qui connaissent le contre éclair de Kuroko sont ceux qui avaient pu assister à la partie contre les français. Autant dire que la première démonstration serait une surprise pour les spectateurs autant que pour les espagnols.

Une surprise au moins aussi grande que lorsque Kuroko leur avait dévoilé son overflow.

            - Ils n’ont aucune idée de ce qui les attend, les espagnols, dit Sakuraï pressé de voir le jeu recommencer.

 

Terrain

00 : 00

60-72

 

 

Sanchez fait un signe à son ailier et tente de retenir son envie d’accélérer le jeu et de faire baisser les yeux à cet insolent capitaine japonais qui se tient devant lui.

Il n’avait compris sa petite manœuvre que trop tard et ce dernier panier l’avait mis dans une rage folle. Il avait eu beaucoup de mal à reprendre son calme et sa stratégie habituelle.

Il meurt d’envie d’affronter à nouveau en un contre un le meneur japonais. Mais le risque est trop grand. S’il gagne, Louise n’aurait qu’à changer de meneur pour que la partie reprenne comme si rien ne s’était passé. Et s’il perd le duel, l’espoir soulevé par le buzzer beater ne ferait qu’enflammer la foule et les joueurs sur le terrain.

Il a tout à y perdre et rien à y gagner.

Avec douze points d’avance, il n’a qu’à temporiser et reprendre son style de jeu habituel.

Il a vu les techniques du petit passeur qui vient de mettre un pied sur le terrain. Il est dangereux mais il a déjà décortiqué tous ses tours de passe-passe et entraîné son ailier à le tenir au respect.

Il s’avance vers la raquette lorsque…

Le ballon !

A peine s’est-il rendu compte qu’il venait de perdre le ballon que le sifflet retentit.

Il se retourne, les mains tremblantes de colère sur Midorima qui vient de marquer un panier absurde alors qu’il est encore dans sa propre raquette.

Dans les tribunes, derrière leurs écrans, tous les spectateurs qui n’avaient encore jamais vu cette nouvelle technique restent une seconde sans voix avant d’applaudir incrédules le tour de magie.

 

 

Banc du Japon

00 : 20

63-72

 

 

De nouveau, l’Espagne mène l’attaque.

Louise observe avec la plus grande attention la nouvelle stratégie d’attaque choisie par Sanchez.

Elle aurait aimé qu’il fasse l’erreur de vouloir continuer son jeu avec Akashi car elle est persuadée que le duel aurait tourné à l’avantage de son meneur. Mais Sanchez a plus de maîtrise que lors de leur dernier match.

Même après la technique de Kuroko.

Sanchez est devenu encore plus calculateur qu’il y a deux ans.

Par contre, il est toujours aussi imprévisible…

Tribunes

 

 

            - Une attaque en triangle ! s’étonne Miyaji. Alors là, je l’avoue, c’est un choix pour le moins curieux.

            - Oui, s’étonne Otsubo. Un peu comme si on passait d’une équipe ressemblant à Toô, basée sur la supériorité d’un seul as à une équipe du genre de Seirin, basée sur le collectif et les passes.

            - Une tactique qui multiplie les possibilités, la flexibilité de l’attaque et qui rend tout marquage individuel caduque.

Sur le terrain, Akashi a déjà réarrangé la défense avec un marquage de zone.

            - La nouvelle technique de Kuroko ne marchera plus aussi bien mais….

            - … c’est un spécialiste pour voler les passes.

 

Terrain

 01 : 02

63-74

 

 

 

Kuroko observe avec attention le jeu de passe des espagnols.

Avoir passé des heures et des heures à observer les copies de Kise de ces espagnols, il a une vision unique du jeu. Les possibilités de la technique en triangles sont nombreuses mais elles sont finies.

Trente-six combinaisons possibles, pas une de plus.

Les espagnols sont suffisamment consciencieux pour toutes les avoir testés à l’entraînement.

Et curieusement, c’est grâce à cette mécanique bien huilée que Kuroko arrive à comprendre.

Le joueur qui s’apprête à recevoir la balle fait un petit mouvement d’anticipation que personne d’autre n’aurait remarqué. Mais pour Kuroko qui a appris à observer le moindre des gestes de chacun des joueurs espagnols tout devient trop évident.

Profitant de sa faible présence, il accélère et fonce sur l’ailier fort qui allait recevoir la balle.

Il n’a qu’à tourner la tête pour voir que Midorima est déjà prêt.

A peine s’est-il élancé que tout semble se passer comme dans un rêve.

Un ballon volé.

Un trois points marqué.

01 : 02

66-74

 

Alors que la foule exulte, Kuroko sur le terrain a l’impression que le temps se dilate pour s’attacher à chacun des joueurs adverses.

Il devine chaque geste. Il sait.

Il voit tout.

Et à chaque nouvelle attaque des espagnols, Sanchez a beau changer de tactique, alterner les passes, les changements de rythmes, rien n’y fait.

Kuroko comprend.

Akashi aussi.

Pendant la finale de la Winter Cup, Kuroko avait réussi à développer sa propre version de son œil de l’empereur en anticipant les mouvements de ses propres équipiers, il était en train de faire la même chose sur tous les joueurs espagnols.

Cette fois, Sanchez a fait en sorte d’entraver Midorima. Mais sa combinaison avec Aomine et Kagami permet d’échapper sans problème à l’entrave espagnole.

Les paniers dans la raquette ne font pas progresser aussi vite le score que ceux de Midorima mais ils donnent un état de grâce aux japonais qui reprennent les rênes du match.

 

Cleveland

03 : 42

74-74

 

Alors qu’Aomine vient de mettre un ballon impossible en passant deux espagnols, Lucas a enfin repris son sourire.

Depuis le début du jeu, les espagnols n’ont réussi qu’à mettre un seul panier et voir Sanchez s’enfoncer un peu plus à chaque minute dans cet abîme qu’il impose d’ordinaire à ses propres adversaires le rend euphorique.

Sur le terrain, le meneur espagnol commence à perdre patience et vient d’enchaîner deux fautes qui redonnent la balle aux japonais.

Ses équipiers, LeBron James le premier, se sentent plus soulagés qu’ils ne veulent bien l’avouer.

            - Je n’aurai pas pensé dire ça au début du dernier quart temps, dit le capitaine des Cavaliers, mais je ne vois pas ce qui pourrait arrêter les japonais maintenant.

 

 

Terrain

Temps mort pour l’Espagne

04 : 03

74-74

 

Banc du Japon

 

Takao se lève du banc d’un sursaut pour épauler Kuroko et lui donner sa place.

Tous peuvent constater à quel point son jeu l’épuise. Après seulement quatre minutes sur le terrain, il est en nage et a du mal à reprendre son souffle.

            - Je ne sais pas exactement comment tu t’y prends, dit Louise, mais le résultat est encore meilleur que tout ce que nous avions espéré. Par contre…

Louise jette un œil à tous ses jours sur le terrain :

            - Sanchez n’a pas encore perdu pied et je commence à douter que tu puisses tenir jusqu’à la fin à ce rythme.

            - J’y arriverai, souffle-t-il…

Même Kagami n’a pas l’air convaincu lorsque des éclats de voix violents leur font tous tourner la tête…

 

Barcelone

 

La caméra se tourne vers le banc de l’Espagne et tous les joueurs du Barça, même Jonas, rentrent instinctivement les épaules et détournent la tête.

Le coach est en colère. Leur coach est en colère.

Et la seule réaction à avoir quand le coach est en colère, c’est baisser les yeux et dire « Oui coach ».

Ils mettent une longue seconde à relever la tête pour regarder la scène.

Fernandez est hors de lui et le capitaine espagnol ne baisse pas la tête.

Dans un même mouvement, ils hochent la tête en pensant que c’est « mal joué ». Vraiment mal joué.

La caméra s’approche assez pour qu’ils captent les mots en espagnol de leur coach.

            - Tu sais pourquoi j’ai accepté ce poste ?! s’énerve-t-il. Pas parce que personne n’en voulait ou parce que c’est ce qu’il fallait faire. Non ! J’ai accepté ce poste parce que tes équipiers sont les meilleurs joueurs que l’Espagne n’ait jamais eus et que tu es le dernier des enfoirés. Il fallait quelqu’un pour eux et j’ai n’ai accepté que trop longtemps ton attitude envers tes propres équipiers !

Sanchez s’apprête à répondre mais le coach ne lui en laisse pas le temps.

            - Tu te rends comptes que si on en est là, à égalité au quatrième quart temps face au Japon, le Japon qui a jamais rien gagné, c’est parce que leur coach a joué sur tous tes petits travers et ta façon de gérer l’équipe dès la première minute !

Sanchez n’a toujours pas baissé les yeux et la colère le fait trembler de tous ses membres.

            - La seule raison pour laquelle on n’a pas quinze points de retard, c’est parce que le gosse qu’ils ont mis sur le parquet depuis le début du quart temps a l’endurance d’un collégien asthmatique !

Toute l’équipe du Barça étouffe un sursaut amusé devant les mots choisis par leur coach. La dernière fois qu’il s’était énervé comme ça, ils en avaient tous pris pour leur grade et leur coach avait toujours eu l’art de la formule… C’est presque une marque de reconnaissance de sa part.

            - Alors maintenant, tu vas rester sur le banc et tu vas prendre une leçon ! Une leçon de basket et tu vas peut-être enfin ouvrir les yeux sur le véritable potentiel de tes équipiers !

Jonas observe ses équipiers qui avaient soutenus en serrant les dents l’équipe d’Espagne sourire de toutes leurs dents en voyant Sanchez rester sur le banc, son remplaçant s’avancer sur le terrain pour la première fois et ses équipiers soudain soulagé d’un poids monstrueux le suivre.

Le nouveau meneur de l’équipe, un grand brun aux yeux clairs se pose devant Kuroko en souriant :

            - Il était temps que quelqu’un lui donne une leçon, dit-il en espagnol et bien conscient que le japonais ne le comprend pas.

Le nouveau capitaine se tourne vers ses équipiers et aussi bien leurs adversaires que les spectateurs dans les tribunes savent que non, la partie est loin d’être gagnée. Puis il ajoute d’un air plus que déterminé :

            - Pour ce que vous avez fait, je vous remercierai. Mais avant, je vais gagner ce match.

Jonas voit tous ses équipiers acquiescer.

En quelques mots, ce jeune meneur que personne n’avait encore jamais vu évoluer sur le terrain avait soulevé l’enthousiasme de son équipe sur le terrain, de ses équipiers du Barça et même du public qui applaudit l’énergie et la volonté qui se dégagent de cette équipe qu’ils ont l’impression de voir évoluer pour la première fois.

Le souffle euphorique de la petite révolution qui vient de se jouer rend les espagnols plus rapides, plus agiles et précis dans leurs manœuvres. Et pour la première fois depuis le début de la partie, les deux équipes s’affrontent sans plan compliqué, ni ruses élaborées. Rapidement, Kuroko retourne sur le banc et Kise qui s’était suffisamment reposé pour rejouer reprend sa place sur le terrain.

Assis sur le banc, Takao se rapproche de Kuroko pour observer les actions s’enchaîner à toute allure. Une course aux points qui embrase le parquet et les spectateurs où l’écart ne dépasse jamais deux points entre les deux équipes.

Un vrai match.

Un grand match où seuls s’affrontent des joueurs qui aiment le basket et se donnent à fond sur le parquet.

Chaque prise de balle est une bataille, chaque action une balance délicate entre l’attaque et la défense et tous les joueurs se donnent à fond, un œil sur le compteur et l’autre le jeu.

Et sous les applaudissements d’un public conquis par le spectacle, à trois secondes de la fin, les espagnols marquent un panier dans la raquette leur donnant deux points d’avance.

Le public prend soudain conscience que malgré la beauté du jeu, leur équipe est en train de perdre.

Les espagnols sont déjà en train de s’imaginer victorieux lorsque…

Kise récupère la balle et la passe à Midorima qui avait compris dès la dernière attaque le plan d’Akashi.

De nouveau, sous les yeux horrifiés des espagnols, le ballon poursuit sa course incroyable à travers tout le terrain.

Cette fois, si Midorima est aussi sûr de lui qu’il peut l’être, il suit des yeux le ballon.

Le sifflet de la fin du match retentit.

Et dans la seconde, le ballon franchit l’arceau.

Sous l’ovation délirante de la foule, sur un score de 103 à 102, face à un des plus grands favoris du tournoi, alors que Louise se précipite sur le terrain pour prendre le bras de son capitaine et le présenter à la foule, alors que tous les doutes se fondent dans les cris et applaudissements des spectateurs debout, le Japon gagne son premier match en coupe du monde.

 

Oakland

 

Joël se tourne vers son coach avec un grand sourire :

            - Le deuxième match, c’est demain à la même heure.

Et dire qu’il avait failli gentiment se moquer de son arrière quand il lui avait annoncé que « si le Japon gagnait, toute l’équipe regarderait le prochain match ».

Non seulement le Japon avait gagné mais le match était du niveau d’une demi voire même d’une finale, tendu et riche en actions et rebondissements. Et oui, il a hâte de voir France/ Japon.

            - En tout cas, j’avais raison, dit Stephen Curry.

Joël se tourne vers lui, curieux :

            - C’est le numéro 5 qui a gagné le match.

 

Extra scene

 

LeBron James jette un œil à droite, à gauche sous le regard de ses équipiers un peu surpris.

            - Lucas n’est pas là ?

Ses équipiers secouent la tête, le français s’est isolé pour passer quelques coups de fil.

            - Les mecs, continue LeBron James, j’ai récupéré le fameux match France/ Espagne…

Toute l’équipe s’approche, des étincelles dans les yeux. Dire qu’ils sont curieux est un euphémisme. Les français avaient remonté vingt points en un quart temps et la seule explication que leur avait donné Lucas, c’est qu’ « il était entré dans la zone ».

Et ils n’avaient jamais vu Lucas dans la zone.

LeBron James s’empare de la télécommande fait passer à toute vitesse les trois premiers quarts temps et les actions se succèdent dans un ballet saccadé jusqu’au dernier quart temps.

Il arrête l’image, s’assoit avec les autres et se prépare à regarder son ailier rentrer dans la zone…

Dix minutes plus tard

Le silence règne dans la salle alors que tous les visages sont tournés, les yeux écarquillés vers l’écran.

Alors c’est ça la zone de Lucas…

            - Même moi, je ne suis pas sûr de faire le poids face à ça… souffle LeBron James.