Vingt

par elane

Mardi

Salle commune

7h42

 

Aomine est en train de s’arracher difficilement de sa tasse de café et balaye la salle d’un regard fatigué. Le réveil avait été rude pour tout le monde, les entraînements de parkour, c’est pas une promenade de santé ! Ce que Belle leur avait fait faire n’avait pas grand-chose à voir avec ce que Takao leur avait montré hier sur ces vidéos complétement dingues sur son portable, ce qui est plutôt rassurant sur l’état mental de leur coach. Et elle avait décidé que le matin serait réservé à Belle et l’après-midi au terrain.

Mais contre toute attente, il avait adoré tout ce que le français leur avait fait faire et il a hâte de continuer à explorer cette étrange discipline. Il n’est pas très grand ce Belle, mais c’est un monstre d’endurance et d’agilité. Suivre son rythme avait été une sacrée épreuve.

En moins d’une heure, il avait compris tout ce qu’était l’essence du parkour et il s’était donné à fond sur chaque nouvel exercice que lui avait présenté Belle. Kagami et Kise s’étaient amusés au moins autant que lui.

Aomine sourit en pensant à sa journée qui s’annonce, parce qu’après les exercices étranges avec Belle, ils allaient jouer avec des pros et contre des pros. Hier, il avait fait une partie où il s’était retrouvé dans la même équipe que Lucas face à Jonas et jouer avec l’ailier de LeBron James, c’est une sensation incroyable.

Lucas à ses côtés alors qu’il avait le même poste que l’as américain sur le terrain, pendant une seconde, il avait eu l’impression de flotter sur le parquet !

Il lève de nouveau la tête de sa tasse de café avec un sourire idiot lorsqu’il se rend compte qu’il y a définitivement quelque chose qui cloche.

Lentement, il passe en revue la scène, cherchant ce petit truc qui le dérange.

Les français parlent entre eux comme tous les matins en se moquant de leur coach qui n’a pas eu encore son premier café. Pas besoin de parler le français pour comprendre ! Il remarque sans peine que Stéphane aimerait paraître offusqué par l’attitude de Lucas et Jonas mais qu’en fait ça l’amuse autant que les autres.

Hyuga, Nijimura, Akashi et Midorima sont plongés dans leurs tasses de thé en discutant calmement comme chaque matin, Murasakibara avale tout ce qui lui tombe sous la main sous l’œil amusé d’Himuro, les deux idiots rigolent sous cape parce qu’ils avaient un humour aussi foireux l’un que l’autre. Kise sur sa gauche sourit comme un idiot à côté de Kuroko qui a l’air d’être tombé du lit.

Aomine se prend la tête, il n’arrive toujours pas à trouver lorsque soudain ça lui saute aux yeux !

            - Tetsu tes cheveux !

Lorsque Kuroko se tourne vers lui les yeux à peine ouverts, il n’y a pas de doute dans l’esprit d’Aomine, il vient juste de se lever. Et pourtant… Il passe sa main dans ses cheveux un peu rudement comme s’il était en train de rêver.

Tetsu n’a pas le temps de s’en offusquer, il est visiblement pas assez réveillé pour ça.

            - Ils sont pas… Enfin, je veux dire, ils sont normaux.

Rien à voir avec l’explosion apocalyptique qui part dans tous les sens sur la tête de Tetsu lorsqu’il tombe du lit.

Et oui, il y a définitivement quelque chose qui lui échappe.

 

Siège du groupe Akashi

10h23

 

Levant les yeux sur la tour immense qui se dresse devant elle et dont les vitres brillent de mille éclats sous le soleil froid du matin, Akiko détourne difficilement les yeux pour regarder sa montre.

10h23

Elle a rendez-vous au siège du groupe Akashi à trente pour des changements de dernières minutes dans son contrat et elle garde comme un stigmate d’une blessure ouverte la lettre close de son père au fond de son sac.

Elle n’avait pas osé l’ouvrir ni la détruire. Ni en parler à qui que ce soit ou ne serait-ce que la regarder depuis qu’elle n’avait mis dans son sac.

Et dans un coin sombre de son esprit sa présence se matérialise sous la forme d’une petite forme noire et hérissée qui menace de la paralyser à chaque minute.

Alors elle avait fait ce qu’elle faisait toujours dans ce genre de situation, se noyer dans le travail jusqu’à s’y perdre.

Et elle avait de quoi faire. Ses cours et l’étude de parties la plongeaient dans un monde d’une complexité à la fois si proche et si éloignée de celle de la vie réelle, un monde qui monopolisait toute son attention, tout son esprit, suffisamment du moins pour lui faire oublier un temps cette lettre qu’elle vit comme une menace.

Arrivée à l’accueil de l’immense tour, elle est prise en charge par une jeune femme qui l’informe que Monsieur Akashi souhaite la voir en personne. Et qu’il serait bientôt disponible.

Monsieur Akashi veut la voir en personne

Alors qu’elle attend dans une sorte d’antichambre aussi moderne et classe que froide et impersonnelle, elle se demande bien pourquoi et se prépare mentalement à la confrontation comme elle l’aurait fait pour une partie officielle.

Parce qu’il ne lui avait pas fallu plus d’un seul regard pour comprendre à quel point le père d’Akashi est un homme craint.

Mais depuis qu’elle était devenue pro, elle avait l’habitude de se confronter à ce genre de fortes personnalités ce qui ne l’empêche pas de ressentir une décharge d’adrénaline qui lui fait trembler les mains lorsque la porte s’ouvre.

Le secrétaire particulier du père d’Akashi lui montre la voie d’un hochement de tête et elle entre dans l’immense bureau avant de la laisser en tête à tête avec cet homme que tous craignaient.

Monsieur Akashi reste assis à son bureau, encore occupé par un coup de téléphone auquel il répond dans un coréen parfait tout en lui montrant une chaise qui se trouve en face de son bureau.

Alors que la conversation entre Monsieur Akashi et son interlocuteur absent continue, Akiko droite comme un i sur sa chaise se sent déplacée. Sur l’immense bureau de bois sombre, elle voit son contrat signé sur le bureau et un autre presque identique mais avec une clause supplémentaire.

Elle n’ose pas y jeter plus d’un coup d’œil, attendant qu’on ne l’y autorise.

Il pose enfin son portable et tourne toute son attention vers la jeune fille.

Et Akiko retient son souffle le temps d’un battement de cœur. Physiquement, Seijuro tenait de sa mère mais ce regard et cette intensité froide dans le regard, c’est définitivement celle de l’autre.

            - Kise sensei, je suis désolé de vous avoir fait attendre. J’ai reçu une demande qui devrait nous être mutuellement bénéfique pendant votre voyage en Corée.

Il lui tend le nouveau contrat pour parcourir cette nouvelle clause.

Igoshogi TV, l’une des chaînes de télévision de Go japonaise, qui retransmettait les matchs entre Lee Sedol et l’intelligence artificielle, lui demandait d’assister et de commenter le quatrième match en Corée.

Akiko n’est pas vraiment ravie de ce que beaucoup auraient vu comme un grand honneur. Les commentaires de pro sur les grandes parties sont toujours basés sur le même modèle, un pro 9ème dan qui porte toute la sagesse de ce jeu millénaire et en face une jeune pro inexpérimentée qui est là pour poser les questions les plus évidentes avec une fausse naïveté.

Un vieux sage et la belle écervelée…

Non, ça ne lui plait pas.

Mais pour commenter sur place une telle partie, elle était prête à mettre sa fierté de côté. Et face au regard de Monsieur Akashi, elle n’est pas sûre d’avoir le choix.

Elle accepte donc cette nouvelle clause avec le moins de mots possibles, ayant peur de montrer qu’elle avait des sentiments mitigés sur cette soi-disant largesse.

            - Je pense que cela vous fera plaisir de savoir que l’autre pro choisi pour commenter la partie est Takemiya sensei et qu’il a souhaité que ce soit vous et personne d’autre qui l’assiste.

Akiko est un peu décontenancée par la nouvelle. Takemiya, le joueur qu’elle avait toujours copié, le joueur qui l’avait humilié pendant la finale du Meijin.

Mais depuis sa finale perdue, ils faisaient une partie par mois au club Tengen, une partie toujours très attendue par les habitués du club. Et pour l’instant, elle n’avait fait que mesurer l’écart de niveau entre eux. Mais ses défaites l’avaient vraiment poussé à s’améliorer.

Le jour de la quatrième partie de Lee Sedol c’était le jour de leur partie.

Soudain, jouer les potiches à la télévision japonaise ne l’ennuie pas tant que ça.

            - Je dois aussi me rendre en Corée pour un rendez-vous, continue le père d’Akashi, nous partirons en même temps. J’en profiterai pour régler les détails avec vous dans l’avion…

Formidable, pense avec une ironie grinçante Akiko, qui imagine déjà les longues heures d’avion côte à côte avec Monsieur Akashi pour aller en Corée.

Au moins, ils voyageraient en business class…

Après s’être inclinée respectueusement, Akiko allait prendre enfin congé de cette entrevue qui la met mal à l’aise lorsque le père d’Akashi la retient de quelques mots :

            - Je…

Et pour la première fois depuis sûrement bien longtemps, Monsieur Akashi hésite, cherche ses mots. Cela ne dure que le temps d’un battement de cœur mais sa voix vacille un instant.

- J’ai hâte de voir votre partie contre ce jeune Coréen, se reprend-il.

Akiko met une seconde avant de se remettre de sa surprise et le remercie sans être dupe le moins du monde.

Il ne l’avait pas arrêté pour lui parler de sa future partie.

Elle en aurait presque oublié cette lettre encore cachetée dans son sac.

 

Salle commune

13h02

 

Louise tourne et retourne dans sa main le DVD du match d’entraînement de l’Espagne face à la Russie, un choc entre deux des grands favoris du tournoi que leurs futurs adversaires avaient gagné d’une courte avance.

Un match qui démontre à nouveau les qualités du déroutant style de l’Espagne et de son meneur Sanchez. Elle l’avait déjà vu et revu. Et l’entraînement de Kuroko pour ses contres allaient être un atout déterminant dans cette bataille.

Elle a déjà une solide idée du plan qu’elle allait mettre en place pour ce match. Mais la question qui lui occupe l’esprit en ce moment, c’est la place qu’elle doit réserver à Akashi dans ce travail de préparation.

Pendant le match d’entraînement, elle avait d’abord été enthousiasmé par la vision unique de son capitaine. Il avait été jusqu’à contrer une passe de Stéphane avant de l’avoir poussé à sortir son meilleur jeu. Un jeu digne d’une partie de NBA, d’une de ses meilleures parties.

Et quelques minutes plus tard, quand elle avait compris ce qu’il se passait réellement, elle avait senti son sang se figer dans ses veines.

Il y a deux Akashi. Littéralement.

Elle l’avait vu en regardant les vidéos de matchs de Teiko et de Rakuzan. Elle avait senti que le switch s’était passé pendant cette finale perdue face à Seirin.

Elle avait compris mais elle n’avait pas réalisé la situation.

Il y a vraiment deux Akashi.

Elle avait eu tout le week end pour peser le plus et le contre sur les deux options qui se présentent à elle. Mais elle n’avait pas réussi à faire pencher la balance pour l’une ou l’autre de ses deux solutions.

Et lorsque Louise regarde le jeune capitaine discuter calmement avec Stéphane et Joël pendant le repas sur leur entraînement au parkour, elle a presque l’impression que cette scène sur le parquet, elle avait dû la rêver. Puis elle soupire lorsqu’elle se rend compte que ses deux amis sont en train de lui lister avec une mauvaise foi évidente tous les soi-disant entraînements farfelus auxquels elle les aurait soumis, n’importe quoi, un étalage qu’Akashi écoute sans s’emporter, ni se moquer, définitivement un bon point pour lui pense Louise.

Elle se lève pour mettre fin à leur liste idiote avec un regard noir et invite Akashi à la suivre dans une des pièces attenantes, son DVD à la main.

Akashi s’exécute et s’il est nerveux, pense Louise, il cache bien son jeu. Elle garde nerveusement le DVD dans ses mains et se retourne vers Akashi qui s’est calmement assis en face d’elle et de l’écran.

            - Je sais ce que vous voulez me dire, dit-il.

Alors là, elle est presque curieuse d’entendre la suite parce qu’elle-même ne savait pas trop ce qu’elle s’apprêtait à lui dire.

            - Je n’ai pas respecté notre accord, dit-il, et je suis prêt à céder ma place de capitaine sans discuter si vous me laissez jouer pendant les matchs.

Leur marché. Oui, elle lui avait dit que tant que l’Akashi qui était devant elle serait là, elle lui confierait la place de capitaine.

Louise tire une chaise sur laquelle elle s’assoit à califourchon, posant ses mains et sa tête sur le dossier pour regarder droit dans les yeux Akashi.

            - Ce marché est caduque car je n’avais pas vraiment compris la situation, dit-elle en sondant ses yeux comme pour savoir ce qui pouvait bien se passer derrière ce regard impassible.

Et l’espace d’un instant, elle voit son regard vaciller. Il craint qu’elle ne l’autorise plus à jouer et cette peur est suffisante pour faire apparaître des failles dans cette façade si lisse qu’il lui offre.

            - Je vous l’ai déjà dit, le pourquoi du comment tout cela est arrivé ne m’intéresse pas. Je sais très bien jusqu’à quelles extrémités ce que le besoin impérieux de gagner peut vous perdre. Tout ce que je veux savoir maintenant, c’est comment ça marche ?

            - Comment ça marche, reprend Akashi sans comprendre.

            - Est-ce que l’Autre est toujours là ? demande-t-elle en posant un doigt sur le front d’Akashi lentement.

Seijuro a du mal à ne pas étouffer un mouvement de recul alors que Louise semble chercher à scruter les noirs recoins de son esprit.

            - Oui, dit-il simplement.

            - Est-ce qu’il entend tout ce que l’on se dit ?

            - Oui.

            - Est-ce qu’il peut à tout moment prendre le pas sur vous ?

            - Non. Je l’ai laissé faire pendant le match.

            - Alors c’est comme ça que ça marche, dit-elle en relâchant lentement la pression de son doigt sur son front, dès que vous sentez la situation vous échappe, il prend l’ascendant sur vous. Parce qu’au fond, vous êtes persuadé qu’il est le seul à être vraiment capable de faire face, qu’il est plus fort que vous.

            - Individuellement, il l’est.

            - Je l’avoue, ses capacités d’analyses sont impressionnantes. Mais sa plus grande force est aussi sa plus grande faiblesse. C’est parce qu’il est persuadé que rien ne peut l’arrêter qu’il est capable de voir plus loin. Lorsque l’on pense que rien est impossible, on s’affranchit de limites que l’on ignorait jusque-là s’imposer. Mais c’est aussi sa plus grande faiblesse puisqu’il est incapable de gérer le moindre échec.

Akashi a bien du mal à ne pas détourner le regard lorsqu’il se souvient de la façon dont Kuroko avait réussi à déjouer ses yeux de l’empereur.

            - Tout système qui se croit parfait n’est voué qu’à s’effondrer sous son propre poids, continue Louise. Vous par contre, vos capacités d’analyse ne sont peut-être pas aussi poussées mais vous savez évoluer, vous adapter et faire confiance à vos équipiers. Vous ne cherchez pas à vaincre aveuglement tout ce qui ce qui se trouve devant vous parce que votre ego ne supporterait pas un tel affront.

            - Et nous avons perdu, dit amèrement Akashi.

Un instant, Louise se demande à qui son « nous » fait référence.

            - Personne n’arrive à votre niveau sans avoir cette rage de vaincre vissée aux entrailles, dit Louise.

Akashi voit la même lueur briller dans les yeux de Louise que celle qui brille au fond des siens, elle parle autant pour lui que pour elle.

            - Alors nous allons revoir les termes de notre accord, dit Louise.

Akashi se prépare à tout entendre et à tout accepter si cela lui permet de continuer à jouer.

            - Je vais écouter votre avis et vos conseils sur mes futurs plans, qu’ils viennent de vous ou de l’Autre. Par contre, sur le terrain, c’est vous et personne d’autre que je veux voir jouer en tant que capitaine.

Akashi acquiesce d’un léger hochement de tête.

            - Si dans un cas extrême faire jouer l’Autre nous permet d’avoir un avantage sur nos adversaires et que vos équipiers n’y sont pas opposés d’une quelconque manière, j’y réfléchirai sur le moment comme je l’ai fait pour notre match d’entraînement.

Akashi pense que ce sont des conditions plus que raisonnables.

            - Akashi, je ne prétends en rien comprendre mieux que ceux qui vous entourent depuis toujours cette situation. Mais je pense que si vos propres faiblesses portent les fondements de la force de l’Autre, l’inverse est aussi vrai. L’Autre fait partie de vous, il n’est ni meilleur ni plus faible, c’est juste une autre facette de vous sur laquelle vous vous êtes appuyé devant des situations qui vous paraissaient insolubles.

Louise se rapproche un peu plus de lui :

            - Je pense que c’est le jour où vous l’aurez vraiment compris que cet Autre reprendra la place qui lui est due et que j’aurai un capitaine digne du plus grand respect aussi bien de la part de ses équipiers que de ses adversaires et de gagner ce championnat en face de moi.

Elle se lève, replace sa chaise dans le bon sens et la place à côté d’Akashi pour s’y assoir.

            - Alors on le regarde ce match !

 

Gymnase

17h35

 

Aomine s’étire longuement avant de s’assoir sur le banc après le match d’entraînement qu’ils venaient de faire.

Il avait été sceptique au premier abord devant le français qui leur avait amené leur coach. Le parkour…Ça paraissait complètement dingue comme méthode d’entraînement. Et dangereux.

Mais il ne lui avait fallu que dix minutes sur le terrain pendant ce match pour comprendre. Le parkour n’avait rien changé à son jeu, ni à celui de Kise, Nijimura, Kagami, ou Murasakibara. Mais pour tous les autres, le changement est déjà sensible.

Cela avait réveillé quelque chose d’intangible dans leur façon de jouer qui les rendaient plus rapide, fluide et imprévisible. C’était presque invisible à un œil non averti mais le jeu de passe d’Akashi est légèrement différent, plus instinctif, le jeu d’Himuro moins propre mais plus incisif et Huyga avait gagné en vitesse.

Les deux rigolos aux yeux perçants semblent encore plus précis que d’habitude. Et ça, il ne pensait pas que c’était possible.

Même Tetsu semble avoir gagné en endurance. Un peu.

Midorima aussi est en train de changer. Mais ce n’est pas l’entraînement de Belle qui en est à l’origine. Non, c’est le petit concours de trois points avec Joël qui avait chamboulé l’as de Shutoku.

Il l’avait vu manquer un panier pendant leur match. Manquer un panier pendant un match, surtout un trois points, ça n’a rien d’extraordinaire. Sauf si on s’appelle Shintaro Midorima.

Il avait pris un risque en tirant. La défense de Baptiste et Joël ne lui avait laissé aucune autre possibilité que de tirer dans une position impossible. Et il l’avait pris ce risque, une chose qu’il n’aurait jamais fait avant.

Le ballon avait tourné pendant un temps qui leur avait semblé à tous infini autour de l’arceau avant de tomber du mauvais côté.

Mais il n’avait pas vu ce panier manqué comme un échec mais plutôt comme la promesse d’un changement.

Doucement mais sûrement tous sont en train d’évoluer.

Et c’est une équipe qui lui plait qui se dévoile sous ses yeux.