Douze

par elane

Vendredi

18h38

Grand Gymnase de Tokyo

 

Les premiers invités du match venaient d’arriver il y a quelques minutes et Louise constate que s’ils étaient presque tous venus, ils semblent perdus dans les immenses tribunes du gymnase. Les équipes de Shutoku et de Kaijo sont arrivées en même temps, suivies de celles de Tôô et de Seirin. Louise s’amuse de voir chaque équipe prendre un peu ses distances. Et lorsque l’équipe de Yosen s’avance, elle est plus que surprise de voir autant de joueurs imposants dans une équipe japonaise.

Puis, c’est au tour des familles. Un vigile à l’entrée vérifie les invitations données mais à vrai dire, ce n’était pas bien dur de deviner les liens de parenté. L’immense famille, dans les tous les sens du terme, de Murasakibara avait fait sensation. Toute la famille d’Izuki partage non seulement ses yeux mais son humour décalé et la mère de Kuroko avait bien failli passer le vigile sans qu’il la remarque. Quant aux parents de Midorima, Louise n’aurait pas su dire de qui son arrière tenait le plus. En tout cas, ils avaient tous les trois le même genre de lunettes. Elle voit avec étonnement que la sœur de Kise s’est jointe à eux avec un grand sourire et ils se dirigent vers elle apparemment.

Le père de Midorima lui tend la main pour saluer dans un français parfait avant de lui donner un immense sac rempli de pâtisseries bien françaises.

            - Quand je suis nerveux, je cuisine, dit-il en s’excusant. Ce sera soit pour fêter votre victoire, soit pour les réconforter.

            - Merci, dit-elle un peu décontenancée par l’attention.

            - Et nous faisons une petite réception à l’issue du match à la maison. Tout le monde est le bienvenu, les deux équipes et tous ceux qui voudront bien venir. J’ai cuisiné pour un régiment et ça me ferait tellement plaisir de parler français.

Sa femme lui donne un coup de coude peu discret en lui marmonnant « Lui met pas la pression, elle fera ce qu’elle veut… ».

            - Je transmettrais l’invitation, dit-elle en souriant.

Rapidement, elle regarde l’heure et sent l’excitation qui précède les grands matchs lui faire trembler les mains et elles se crispent sur le sac que lui a donné Monsieur Midorima.

Il est temps d’aller voir ses joueurs avant leur échauffement.

 

Vestiaires de l’équipe de France

 

Stéphane regarde ses joueurs avec la plus grande attention.

             - Je vais dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas, chacun de nous se sent encore coupable de cette finale perdue.

Toutes les têtes se tournent nerveusement vers le sol.

            - Nous nous sentons coupables parce qu’on était à deux doigts de l’exploit et surtout nous nous sentons coupables envers Louise parce qu’avant ce match, elle n’avait encore jamais perdu un match. Et que ce seul et unique faux pas, elle l’a payé très cher.

Il n’a pas besoin de les regarder pour voir la honte dans leurs regards.

            - J’ai longtemps cru que c’était à cause de cette défaite qu’elle avait abandonné le basket. Et j’ai mis longtemps à rassembler mon courage pour lui demander.

Plus de courage que tous les autres apparemment puisqu’ils écoutent avec une grande attention leur capitaine.

            - Mais ce n’est pas pour ça qu’elle a arrêté. C’est juste parce que le basket féminin n’avait plus aucun intérêt pour elle. A seize ans, elle était la plus jeune capitaine championne du monde et après, elle a tout gagné sans jamais vraiment se donner à fond. Le basket féminin lui était devenu ennuyeux et à part quelques exceptions les postes de coach dans les équipes masculines ne sont pas ouverts aux femmes.

Le recrutement de Becky Hammon, coach assistant chez les Spurs avait été un évènement suffisamment rare pour avoir fait la une de tous les journaux sportifs.

            - Alors j’ai passé un marché avec la fédération française et le coach des Cleveland Cavaliers…

Lucas avait bien vu que son ancien Capitaine avait discuté avec son coach à la fin de leur dernier match. Et oui, il est curieux.

            - Si le Japon gagne le championnat, la fédération française prendra Louise comme coach l’année prochaine pour la coupe du monde.

Une occasion de prendre notre revanche, pensent tous les joueurs en tremblant d’excitation…

            - Et je sais que le coach de Lucas cherche un nouveau coach assistant. Je lui ai présenté moi-même la candidature de Louise. Et premièrement, il l’avait déjà envisagé, mais il a dit que si le Japon gagnait la compétition, il s’engageait à la prendre à l’essai…

Le cœur de Lucas est à deux doigts d’exploser dans sa poitrine et ne peut pas se retenir de sauter de joie en imaginant déjà Louise dans le rôle de son futur coach…  Le Japon, son équipe devait gagner, rien de plus qu’une formalité pour Louise, n’est-ce pas ? Il se sent prêt à rester le temps qu’il faut pour aider les joueurs de l’équipe du Japon et les entraînements de Louise, pourquoi organiser quelque chose avec sa nouvelle équipe… Il a tellement d’idées tout d’un coup…

            -  Louise nous connaît mieux que personne, elle nous a appris à jouer collectivement et à trouver chacun notre place dans l’équipe et comptez sur elle pour tout tenter et utiliser au mieux ses joueurs. Alors puisque c’est un test pour son équipe, on va jouer à fond dès la première minute, on va rien lâcher et on va lui présenter notre meilleur basket !

Stéphane a toujours été un joueur prudent, prenant au moins le premier quart temps pour observer ses adversaires. Alors oui, ils sont tous vraiment étonnés. Et impatients !

Et s’ils peuvent donner quelques leçons aux petits jeunes de Louise, ils ne s’en priveront pas !

 

Tribunes

 

Imayoshi regarde avec la plus grande attention les joueurs au maillot bleu entrer sur le terrain. Les adversaires de la meilleure équipe de basket du Japon. Le carton d’invitation n’avait donné aucun détail sur les joueurs que la nouvelle équipe du Japon allait affronter.

            - Oh mon Dieu ! s’exclame Sakuraï sur sa gauche. C’est l’Arrière des …

            - … Golden State Warriors, continue-t-il. Et leur capitaine, c’est le nouveau meneur des Spurs. Et le blond, c’est l’ailier des Cleveland Cavaliers !

            - Les deux autres, je les connais pas, dit Sakuraï.

            - Quelque chose me dit qu’ils sont du même niveau, dit Imayoshi.

            - Ils ont aucune chance, dit Sakuraï.

            - A peu près autant que Seirin en avait face à nous au premier tour de la Winter Cup, dit Imayoshi…

 

Terrain

19h12

 

Les joueurs s’échauffent depuis cinq bonnes minutes sur le terrain sous le regard de Momoi et Riko et il paraît clair que les deux équipes se prennent au sérieux, enchaînant les tirs et les dunks les uns derrières les autres.

Le calme avant la tempête.

Louise s’attendait à ce que son ancienne équipe ne les sous estiment pas. Mais là, c’est presque trop lorsqu’elle voit Joël enchaîner les trois points comme s’il cherchait à impressionner son capitaine ou Baptiste claquer quelques dunks avec plus d’énergie qu’il en montre pour les matchs les plus importants…

Il y a définitivement quelque chose qui lui échappe.

Elle fait signe à ses joueurs de se réunir pour ses derniers conseils. Alors que tous les joueurs se rassemblent autour d’elle, elle apprécie les regards sérieux et impatients qu’ils lui renvoient.

Quarante minutes.

Quatre quart temps d’une bataille acharnée entre deux équipes décidées à se battre pour la victoire.

Elle avait presque oublié à quel point elle aime ce sport !

            - Vous connaissez tous votre rôle alors je vais me permettre un dernier conseil.

Ils se rapprochent pour l’écouter.

            - Ne regardez pas le panneau d’affichage, jouez comme si on avait vingt ou trente points de retard et plus que quelques minutes à jouer, battez-vous sur chaque balle, chaque passe, chaque tir, donnez tout dès la première minute.

De l’huile sur le feu.

Voilà ce qu’elle venait de faire avec quelques mots.

Le coup d’envoi allait être lancé.

 

19h30

Premier quart temps

00 : 00

 

 

L’arbitre s’avance, prêt à lancer la balle.

Murasakibara n’a pas l’habitude de lever la tête devant un adversaire. Mais Baptiste est un peu plus grand et massif que lui. Et c’est bien la première fois qu’elle le voit se proposer pour le coup d’envoi.

Et pour une fois, Atsushi attend que la balle atteigne son point culminant pour s’élancer et gagne le duel du bout des doigts.

Il envoie la balle à Midorima qui se demande si la première prédiction de son coach pouvait réellement se réaliser alors qu’il voit Joël déjà sur lui.

Tu pourras tirer tranquillement ton premier panier parce que Joël a vraiment envie de voir tes trois points en plein match.

Et sous ses yeux incrédules, l’arrière se recule pour lui laisser tout loisir de tirer alors qu’il est encore au milieu du terrain. Alors il s’exécute sans attendre. La trajectoire est parfaite, la balle ne touche même pas l’arceau et le public bien que peu nombreux applaudit à tout rompre le premier panier.

00 : 03

3-0

Midorima voit le capitaine de l’équipe adverse s’avancer pour donner une tape sur la nuque de son arrière.

            - Idiot ! T’as pas pu t’en empêcher !

            - Ca valait le coup, capitaine. Maintenant, je sais que je peux y aller à fond, dit-il avec un grand sourire vers Midorima.

La remise en jeu est plus que rapide. D’une passe de Joël, Jonas s’empare du ballon, avale la distance jusqu’au panier adverse, passant Aomine sans même forcer et claque un dunk monstrueux sur le panier adverse qui pétrifie une seconde l’assemblée avant que les applaudissements retentissent.

00 : 10

3-2

Jonas se retourne vers Aomine, surpris. Il l’avait laissé passer. Délibérément. Et ça c’est clairement le début d’un plan bizarre de Louise. Il se tourne vers le banc adverse où Louise et le petit passeur le regardent avec beaucoup trop d’attention.

            - Je ne sais pas ce qu’elle prépare, dit Stéphane dans son dos, mais restons vigilants.

La remise en jeu est rapide et Akashi se retrouve assez vite balle en main à quelques mètres de la raquette. En face de lui, le pivot qui garde la raquette, Shintaro est pris dans l’étau des bras de Joël, Aomine est bloqué par Jonas quant à Kise, Lucas ne le lâche pas d’une semelle.

Il fait signe à Kise qui recule dans son dos en lâchant son marqueur et il lui fait la passe.

Kise qui s’est débarrassé du joueur qui le marquait en reculant se met à imiter le tir de Midorima aussi parfait que l’original.

01 : 05

6-2

Surpris, Lucas se retourne vers Kise avec clairement un « toi aussi » enthousiaste au fond des yeux.

            - Lucas ! Avoue que t’as pas regardé les matchs que je t’ai envoyés… dit Stéphane qui envoie une tape sur la nuque de son ailier.

            - Nope, pas eu le temps.

            - Kise Ryota c’est le copycat de l’équipe, il est capable de copier tous les autres…

            - Nooon…

            - Et comme t’as pas vu les matchs, ça t’avance pas beaucoup plus, murmure Stéphane les yeux au ciel.

            - Yep ! s’exclame Lucas avec un grand sourire.

Stéphane secoue la tête, désarmé devant son enthousiasme alors que Lucas regarde Kise comme un enfant qui rêverait devant un cadeau sous le sapin le jour de noël, impatient de savoir ce qu’il lui réserve comme surprise.

Jonas reprend vite les choses en main et se trouve de nouveau en face d’Aomine. Le ballon en main, il voit clairement sa manœuvre pour le passer sur la droite. Dans la raquette, Akashi est prêt à le prendre en tenaille alors il force son passage sur la gauche et saute pour un dunk lorsqu’il sait qu’il a fait une erreur.

Dans son dos en contre, Murasakibara s’élance et il sent le ballon lui échapper des mains.

Sur le banc, Louise est à deux doigts de se lever d’excitation. Son plan a fonctionné…

Lorsque Aomine voit Joël s’élancer à nouveau vers le panier, les mains vides sans comprendre.

Sur le banc, Louise a les poings crispés.

La balle retrouve naturellement sa place entre les mains de Jonas qui fait trembler l’arceau sous la puissance de son dunk.

01 : 54

6-4

La foule reste une seconde silencieuse avant d’applaudir à tout rompre l’enchaînement parfait, Lucas avait récupéré la balle perdue pour la passer avec la plus grande précision dans les mains de son équipier qui avait sauté vers le panier sans douter une seconde que la balle lui reviendrait.

Banc de l’équipe du Japon

Riko et Momoi sont encore sans voix et Louise se mord les lèvres nerveusement. Elle sait très bien de quoi est capable Lucas. Mais elle n’aurait pas imaginé que la synchronisation de Lucas et Jonas serait revenue aussi vite. Il y a moins de deux minutes de jeu au compteur.

Elle avait tablé sur au moins trois minutes alors qu’ils n’avaient pas joué ensemble depuis deux ans.

Mais le match ne fait que commencer et elle a beaucoup d’autre choses en réserve.

 

Tribunes

Imayoshi regarde le troisième duel entre Jonas et Aomine ballon à la main avec de grands yeux. Il est rarement étonné mais là, il n’en revient pas.

            - Je me demande bien qui c’est ce type, dit Sakuraï, formulant tout haut sa question.

Oui, lui aussi. Parce qu’un joueur qui surclasse aussi facilement Aomine, c’est pas n’importe qui. Mais c’est pas ça qui l’étonne le plus…

            - C’est Joffre, répond une voix au-dessus de lui. Le meilleur joueur du championnat espagnol depuis deux ans.

Il jette un regard en coin à Kasamatsu qui se trouve deux rangées au-dessus de lui sur sa gauche.

            - J’ai l’impression qu’on vous a fait un vrai topo, contrairement à nous, dit-il.

Kasamatsu soupire.

            - Kise, c’est une vraie pipelette. On connait tout sur leurs adversaires, même des détails dont on se serait bien passé.

Et Aomine c’est plutôt l’exact opposé. A cet instant, il se demande bien ce qui est le plus dur des deux à supporter et il n’est pas sûr d’avoir une réponse à cette question.

Voyant qu’il ne pourrait pas gagner le duel, Aomine vient de passer à Akashi.

Aomine vient de passer…

Nooon !

            - Sakuraï, dit moi que je rêve…

 

2 : 23

6-4

Malgré la passe à Akashi, l’accès à la raquette est encore inaccessible. L’immense pivot du CSP est plus qu’imposant et sa défense semble impénétrable. Heureusement, Lucas n’est pas encore habitué au style de Kise et il lui lance le ballon. Les yeux flamboyants, il change brutalement de rythme en imitant Aomine et laisse sur place son adversaire une fraction de seconde, fonce sous le panier et saute.

C’est sans compter Baptiste qui passe Murasakibara et balaye d’un geste son attaque.

Le ballon perdu atterrit dans les mains de Lucas qui s’élance à toute vitesse ver le panier adverse pour un simple lay-up, simple et efficace.

2 : 53

6-6

Balle en main, Midorima se surprend à déjà être en sueur alors que le match vient juste de commencer. Le marquage de Joël ne lui laisse aucune liberté et il commence à comprendre pourquoi il l’avait laissé tirer au début du match.

Il pense qu’il n’arrivera pas à marquer un autre trois points tant qu’il le marquera. Et il commence à croire que sans les plans de son coach, il n’a peut-être pas tort.

Et contrairement à ce qu’il aurait cru, cela le rend presque euphorique d’avoir un adversaire de cette trempe en face, rien de moins que le coéquipier de Stephen Curry qui en plus d’être un véritable amateur de trois points le prend vraiment au sérieux.

Tribunes

Miyaji se penche instinctivement vers le terrain comme pour être au plus près du spectacle qui le cloue sur place.

Ce sourire.

Ce regard qui s’enflamme.

Il sait que les joueurs de la génération miracle sont sûrement tous capables d’une telle chose. Mais leur as ne leur avait encore jamais fait une démonstration.

Ses yeux verts s’illuminant d’éclairs, Midorima entre profondément dans la zone.

Et tire un trois points sans même esquisser le moindre geste de préparation, prenant pour la première fois Joël de court.

3 : 43

9-6

Akiko, assise entre les parents de Shintaro, n’arrive pas à se détacher du spectacle. Sur le terrain, Shintaro et son adversaire sont tous les deux en train de se livrer à un duel terrifiant, enchaînant les trois points les plus invraisemblables, tirant dans des positions improbables.

Et surtout, ce qui attire le plus son regard, c’est le sourire irrésistible qui se forme sur les lèvres de Shintaro. Un sourire qui lui ravit ses pensées une bonne minute avant qu’elle ne se reprenne.

Elle jette un regard discret sur les parents de Shin qui avaient tenu gentiment mais fermement à l’accompagner, sa mère ne lui avait pas vraiment laisser le choix, et voit le même sourire illuminer leurs visages. La nervosité a fait place à la fierté dans le regard des deux parents.

Akiko se demande une seconde quel sentiment cela lui procurerait d’avoir un tel soutien de la part de ses propres parents. Elle ressent une pointe glacée lui enserrer le cœur et elle a un peu honte de cette pensée si mesquine.

Se morfondre sur une chose qui aurait pu être, voilà qui ne lui ressemble guère.

Le père de Shintaro lui tend son sac de pâtisseries délicieuses qu’il avait cuisiné lui-même et elle en prend une avec gratitude et se plonge à nouveau dans le spectacle.

Le public retient son souffle à chaque tir, passe, dribble. Le duel entre les deux joueurs qui se donnent à fond est magique. Mais Akiko n’est pas assez novice dans l’art du basket pour savoir qu’il tourne petit à petit en faveur de l’adversaire de Shin.

Mais son sourire ne disparaît pas, ravi de se donner à fond face à un adversaire qu’il respecte et qui le prend autant au sérieux.

Les minutes passent mais l’écart se creuse et le sifflet de la fin du premier quart temps la surprend presque autant que les spectateurs qui sont scotchés devant la démonstration.

10 : 00

30-39

Banc de l’équipe du Japon

Sur le banc, Midorima baisse la tête en tentant de retrouver son souffle.

Il sent la main du coach se poser sur sa tête.

            - Bien joué Midorima.

Il baisse un peu plus la tête.

            - Vous saviez que ça arriverait, dit-il.

            - Disons que j’avais bon espoir, dit-elle en lui tendant son livre à la couverture bleue, son porte bonheur du jour qu’il accepte avec gratitude.

            - J’étais à fond, j’ai tout donné et pourtant ça n’a pas suffi, dit-il avec un sourire désarmant.

Le chemin qui lui reste à accomplir pour se mesurer à des joueurs comme Joël le fait trembler d’impatience.

            - Tu nous as donné un énorme avantage, dit-elle. Joël est crevé et il ne pourra pas être d’une grande utilité pour l’équipe pendant au moins un quart temps. Huyga, tu prends la place de Midorima.

Un peu surpris, Huyga acquiesce. Il ne s’attendait pas à être sur le terrain aussi tôt.

            - Kise, continue-t-elle, tu as parfaitement joué ton rôle. Mais ça va commencer à devenir dangereux. Si Lucas n’a pas regardé les matchs que lui a donné Stéphane, c’est parce qu’il a besoin de ressentir les choses sur le terrain. Et lorsqu’il voit une fois une technique, il trouve tout de suite une parade. Je n’ai pas envie que tu ne lui dévoiles trop vite nos atouts et tu dois te reposer.

Elle jette un œil à Kagami qui bouillonne d’impatience depuis la première minute.

            - Kagami, tu remplaces Kise.

Puis elle fixe Izuki :

            - Izuki, est-ce que tu te sens prêt ? demande Louise.

Tous les regards qui se tournent vers lui le rendent vraiment nerveux. Mais ça fait bien cinq bonnes minutes qu’il est prêt.

Il acquiesce d’un hochement de tête de peur que sa voix ne le trahisse.

            - Izuki, tu prends la place d’Akashi

Alors ça, pense Izuki, c’est un truc que je n’aurai jamais cru entendre…

- … et on met en place notre plan. Sans Joël, l’attaque sera centrée sur Jonas et je crois qu’il est plus que clair qu’il est parfaitement synchronisé avec Lucas. Alors vous savez tous ce que vous avez à faire.

Tous acquiescent et se préparent à rejoindre le terrain et Akashi adresse un petit sourire confiant à Izuki qui lui enlève mystérieusement une bonne partie de ses doutes. Oh que oui, il est prêt.

 

Banc de l’équipe de France

Stéphane se lève face à ses joueurs :

            - Baptiste, comme d’habitude, ta défense est impeccable.

L’immense pivot accueille le compliment d’un léger hochement de tête.

- Joël, je sais ce que ça t’as coûté de ne pas rentrer dans la zone.

            - T’as pas idée, dit-il. Il a un potentiel monstrueux ce gosse, j’ai adoré notre duel. Mais je sais aussi que j’ai tout le match à jouer. Par contre, faudra pas trop compter sur moi pendant le prochain quart temps, je suis mort.

            - T’inquiète, dit Jonas, avec Lucas on est prêt à assurer.

            - Je compte sur vous, mais méfions-nous, reprend Stéphane.

Il se tourne vers le banc de l’équipe du Japon soutenant longuement le regard de Louise.

- Louise a encore beaucoup d’autres atouts dans son jeu.