Neuf

par elane

Teiko

2 ans plus tôt

 

-          Kurokocchi !

Trempé de sueur après un entraînement particulièrement difficile, Kise n’est visiblement pas assez fatigué pour ne pas voir que Kuroko est à deux doigts de s’effondrer de fatigue et accourir à temps. Il glisse son bras sous ses épaules aussi doucement que l’urgence de la situation le lui permet.

Kuroko est trop hors d’haleine pour protester et pour une fois personne n’empêche Kise d’en profiter un peu. Mais même cette pensée ne le réjouit pas vraiment. S’il n’y avait personne c’est parce qu’ils avaient tous finis par faire comme Murasakibara et déserter l’entraînement. Seul Midorima s’entraînait encore mais toujours seul.

Alors lorsque le coach lui demande de l’accompagner aux vestiaires et d’écourter leur entraînement, il force Kuroko à s’appuyer un peu plus sur lui et ne se fait pas prier. Le tout avec un sourire qui a lui seul lui avait valu quelques couvertures de magazines.

Et quand il sent le petit passeur relâcher son bras autour de ses épaules, sa tête tombant sur ses épaules, il s’inquiète :

-          Kurokocchi ?!

Encore incapable de lui répondre, il est à deux doigts de s’évanouir. Ou de vomir. A ce stade, il n’est pas sûr et décide de prendre un risque en faisant passer son bras droit sous ses jambes et il raffermit son emprise sur ses épaules, le soulevant si facilement malgré sa fatigue.

-          Kise kun, murmure-t-il à bout de force.

-          On est presque arrivé Kurokocchi, il faut tenir encore un peu, dit Kise.

Sentant à quel point Kise est préoccupé par son état, Kuroko renonce à protester d’être ainsi transporté à travers le collège sous les regards de tous. Parce que contrairement à lui, quoi que fasse Kise, il attire toujours l’attention.

Une fois aux vestiaires, Kise l’installe du mieux qu’il peut sur le banc et s’assoit à ses côtés sans relâcher la pression de son bras sur ses épaules.

-          Ça va mieux Kise kun, merci.

Il lui retourne un grand sourire sans pour autant le lâcher. Kuroko constate que sa subtile allusion au fait qu’il pouvait le laisser se tenir seul sur le banc lui est complètement passée à côté.

-          T’es mal en point et trempé, Kurokocchi. Il faut que tu te douches et que tu te changes, sinon tu vas vraiment tomber malade, dit Kise en lui faisant passer son t-shirt par-dessus la tête.

Kuroko devient tout d’un coup cramoisi en voyant Kise se baisser pour lui enlever son pantalon.

-          Kise kun, je…

-          Je ne vais pas te laisser t’évanouir sous la douche Kurokocchi comme la dernière fois.

-          Je vais bien…

-          Kurokocchi, dit-il soudain avec le plus grand sérieux, je me trompe où depuis qu’Aominecchi ne vient plus, tu fais un peu trop à l’entraînement ?

Kuroko baisse les yeux.

-          Toi aussi, dit-il. Je vois à quel point tu tentes tous les jours de t’améliorer pour maintenir son intérêt dans vos un contre un.

-          Et je suis encore loin d’être au niveau, dit amèrement Kise en enlevant ses propres habits.

-          Kise kun, demande Kuroko un peu affolé, tu fais quoi là ?

-          Je vais prendre ma douche avec toi parce que tu ne tiens pas debout et la dernière fois tu es tombé dans la douche, tu m’as fait la peur de ma vie.

Kuroko rougit un peu plus parce qu’entre le moment où tout avait commencé à tourner et celui où il était allongé sur un banc, enveloppé dans une serviette et les bras d’un grand blond inquiet comme rarement, il n’avait aucun souvenir.

-          Me dit pas que t’es timide Kurokocchi, c’est pas comme si je t’avais pas déjà vu plus d’une fois sous la douche, dit-il en glissant son bras sous ses épaules.

-          Kise kun, proteste-t-il faiblement.

Bien sûr qu’ils avaient déjà pris des douches en même temps que ses équipiers. Mais il était suffisamment pudique pour ne pas regarder les autres. Et c’est surtout la gêne qu’il éprouvait à se voir si différent qui le forçait à ne pas trop lever la tête.

-          Et franchement, t’as pas à avoir honte de quoi que ce soit, dit-il d’une voix si naturelle que Kuroko rougit un peu plus en se demandant si son embarras est si transparent.

Kuroko décide de se laisser faire parce que Kise avait raison. Il ne tenait pas sur ses jambes et il avait vraiment besoin d’une douche.

Kise pouvait être terriblement envahissant, énergique au point d’en être épuisant et d’un enthousiasme enfantin déroutant. Mais parfois, il était terriblement sérieux et tout autant attentionné. Il avait perçu sa gêne et l’avait balayé d’une phrase sincère.

Et un brin embarrassante.

Kise fait quand même une tentative en relâchant son emprise sur ses épaules et ses jambes flanchent. Mais il ne le laisse pas tomber et il se retrouve pressé contre son torse plein de sueur, le souffle coupé alors qu’il le rattrape de justesse.

-          Désolé Kurokocchi. Je voulais juste m’assurer que tu aies vraiment besoin d’aide. Je ne te lâcherai plus. Prêt ?

-          Oui, souffle-t-il.

Lorsque le jet d’eau froide balaye la sueur et apaise les muscles noués, Kuroko laisse Kise le manipuler comme une poupée désarticulée, trop épuisé pour argumenter quoi que ce soit lorsqu’il tire un tabouret du vestiaire pour l’asseoir et lui laver les cheveux avec des gestes si doux qu’il est soulagé de savoir que le soupir d’aise qui passe ses lèvres est couvert par l’eau qui coule.

Kise l’enveloppe dans une serviette avant même de commencer à se sécher lui-même.

-          Tu veux que je t’aide à t’habiller, demande Kise inquiet.

-          Non, ça va déjà mieux. Rien de telle qu’une douche glacée pour vous remettre d’aplomb, dit-il en tentant un sourire.

-          Bien, je suis à côté si t’as besoin et je te raccompagne chez toi.

-          Ça ira mieux dans quelques minutes tu sais, tu n’as pas besoin de …

-          C’est le seul avantage que j’ai réussi à trouver à la situation, dit-il, alors tu ne me l’enlèveras pas si facilement, dit-il soudain un peu trop sérieusement.

-          Quel avantage ?

Parce qu’à ce moment, il ne voyait pas comment la situation dans laquelle était plongé le club présentait un quelconque avantage.

-          Passer plus de temps seul avec Kurokocchi, avec une sincérité désarmante.

Oui, pense Kuroko, Kise kun est définitivement capable de dire les choses les plus embarrassantes avec un naturel incroyable.

 

Présent

Terrain d’entraînement de Kaijo

 

Kuroko observe avec grande attention l’équipe de Kaijo s’entraîner. Il est surpris de voir autant de lycéens regarder un simple entraînement et n’a aucun mal à se fondre dans la masse, même avec son uniforme de Seirin.

D’un regard, il jauge l’entraînement de Kaijo. Kasamatsu avait organisé un petit match où il dirige la première équipe et Kise la deuxième. L’ancien capitaine est en train de tester le potentiel du futur capitaine.

Et pour le moment si le score est équilibré, c’est avant tout grâce aux tirs de Kise plutôt qu’une belle démonstration de ses qualités de meneur.

Y a encore du boulot, constate-t-il en voyant que les actions de l’équipe de Kise ne réussissent que parce qu’il est là pour pallier à toutes les petites erreurs de ses équipiers. Il est partout et a bien du mal à déléguer les rôles. Et Kasamatsu, dont les équipiers répondent au doigt et à l’œil, compensent l’absence d’un as dans leur équipe par une coordination exemplaire.

Le score penche cependant à la faveur de l’équipe de Kise grâce à un de ses dunks puissants et il en profite pour réajuster un peu ses indications.

Soudain Kise lève les yeux, cherchant visiblement quelque chose et tombe sur lui.

Oui, face à Kise, ses dons pour s’effacer marchent de moins en moins. Et le sourire qu’il lui adresse est si éclatant que tous se retournent sur lui, se rendant soudain compte de la présence d’un élève d’un autre lycée dans leur rang.

Le match reprend et la différence est tellement visible sur le terrain que Kuroko ne peut s’empêcher de rougir un peu. Kise est devenu mortellement sérieux et plus aucun ballon, aucun tir, aucune passe ne lui échappe.

Et alors qu’il se perd dans le spectacle qu’il lui offre, il entend des murmures dans son dos.

-          Hé, le mec là. C’est le joueur de Seirin.

-          Non ! C’est lui le joueur de l’ombre ?

-          Incroyable. Il a l’air si ordinaire alors que sur un terrain c’est un vrai monstre.

Les murmures se multiplient et une distance commence à se créer autour de lui. Kuroko ne sait pas trop comment accueillir cette soudaine reconnaissance.

Et lorsqu’un grand brun aux yeux noirs se plante devant lui, il est à deux doigts de reculer instinctivement.

-          Hé c’est toi l’ombre de Seirin ?

-          Heu oui, dit-il un peu sur la défensive.

-          C’était une belle victoire à la Winter Cup.

-          Merci, dit-il encore pas vraiment habitué à être reconnu, encore moins être à recevoir des compliments.

-          T’es un joueur vraiment intéressant, dit-il, et j’ai hâte de voir votre prochaine partie contre Kaijo, dit-il en lui tendant la main. Parce qu’on est fin prêt à prendre notre revanche, dit-il avec un grand sourire fier plein de défi.

Ses amis qui se trouvent derrière lui hochent la tête alors que Kuroko saisit la main tendue avec un petit sourire.

-          Moi aussi j’ai hâte, dit-il avec le plus grand sérieux.

Il retourne toute son attention vers la partie où l’écart entre les deux équipes se creuse un peu plus.

Kuroko sourit en voyant le grand brun à qui il venait de parler se tordre les doigts. Surpris par la situation, il n’y avait pas été de main morte. Et s’il n’était pas vraiment impressionnant physiquement, ses talents pour les passes lui avaient donné suffisamment de force dans les bras et les mains pour donner une vraie poignée de main.

-          Hey Minami, ça va ?

-          Il m’a détruit la main ce mec. Il est vraiment impressionnant.

Kuroko constate que les murmures et les regards à son sujet s’amplifient. Mais il préfère les ignorer et se concentrer sur les dernières minutes du match. L’écart s’est encore creusé mais Kasamatsu ne baisse pas les bras, loin de là.

Mais au coup de sifflet final, le score est sans appel et le sourire de Kise encore plus grand.

Lentement, il descend des gradins et se prépare mentalement à ce qui allait naturellement suivre.

-          Kurokocchi ! s’exclame Kise dont les yeux s’enflamment alors qu’il s’élance vers lui en l’entourant de ses bras.

Sous l’étreinte de Kise, Kuroko entend Kasamatsu ordonner à tous ses joueurs d’aller aux vestiaires et de terminer sur un « je crois qu’il vaut mieux les laisser tous les deux ». Mais au final, il reste, trop curieux d’entendre la raison de la présence de l’ombre de Seirin entre leurs murs. Avait-il vraiment trouvé une idée pour aider Kise à trouver une technique à lui ?

Alors que le gymnase se vide rapidement, Kise desserre son étreinte à contre cœur et Kuroko remarque qu’encore une fois Kise niche sa tête dans son cou avant de la quitter à regret.

-          Kurokocchi ! Tu as vraiment une idée pour m’aider !

-          Je crois oui. Mais on en parlera tout à l’heure …

-          Ah non, ça c’est notre rendez-vous ! On ne va pas parler basket à notre premier rendez-vous !

Alors on va parler de quoi, pense dans un moment de panique Kuroko. Parce que là, à part le basket, il doute d’avoir un seul sujet de conversation suffisamment passionnant pour occuper tout un diner.

Il ne voit pas Kasamatsu qui manque de s’étouffer aux mots « premier rendez-vous ».

-          Je suis vraiment impatient de savoir ce que tu as trouvé pour m’aider, dit Kise.

-          Ne t’emballe pas trop quand même, dit Kuroko. C’est pas une technique que je te propose, plus une direction.

-          Pour trouver ma voie ?

-          Tu peux vraiment l’aider ? demande Kasamatsu.

-          Je pense que oui, dit Kuroko.

-          Bien, dit Kasamatsu. Je vous laisse discuter entre vous. Kise tu fermeras les vestiaires et tu m’expliqueras demain les idées du petit génie, en s’éloignant.

Alors que Kasamatsu disparaît, Kuroko se rend compte qu’ils sont assez vite seuls dans le gymnase et vu le regard brûlant que lui lance Kise, il se sent son souffle se couper.

Il se concentre sur ses paroles pour masquer son trouble que Kise n’a pas encore remarqué car il est trop impatient d’en savoir plus.

-          En fait l’idée m’est venue ce matin après mon cours de chimie.

Pour Kuroko qui n’avait pas l’habitude que l’on prête vraiment attention à lui, le regard de Kise le déstabilise au plus haut point. Il tente de remettre ses idées en place en expliquant comment l’idée lui était venue à l’esprit.

-          Hier, je me suis fait prendre en train de dormir en plein cours de chimie, le prof s’est énervé et m’a donné des exercices bien au-dessus de mon niveau en me promettant que si je n’y arrivai pas, je serai collé toute la semaine.

-          Alors c’est pour ça que tu faisais tes exercices avec tant d’application hier.

-          Oui, si j’avais été collé, j’aurai pas pu assister aux entraînements juste avant notre match.

 Kise hoche la tête, comprenant tout à fait les enjeux.

-          Soyons honnête, je ne comprenais rien à mes exercices avant que tu me les expliques. En quelques minutes, tu t’es mis à ma place, tu as compris mon erreur et tu m’as permis de le comprendre aussi alors que j’ai jamais été doué en chimie.

-          Je ne suis pas sûr de voir où tu veux en venir, dit Kise.

-          Ce que je veux dire, c’est que t’es pas seulement quelqu’un qui apprend vite parce que tu arrives à comprendre comment les choses s’enchaînent naturellement, t’es aussi capable de les transmettre.

-          Je vois toujours pas…

-          Réfléchis. Tu es capable de copier n’importe qui au basket parce que tu es capable de décomposer presque instantanément tout ce qui fait le style d’une personne. Lorsque tu seras le capitaine de l’équipe, tu pourras réfléchir non pas au niveau d’une personne mais de l’équipe entière parce que tu maîtrises parfaitement le style de chacun de tes joueurs. Je pense que tu as non seulement les capacités d’utiliser au mieux tes joueurs parce que tu les maîtrises mais que tu es en plus capable de voir comment ils pourraient évoluer.

-          Un peu comme le fait Momoi avec ses prédictions.

-          Non, beaucoup mieux en fait. Parce que toi tu pourras réellement orienter les capacités de tes joueurs en fonction des besoins de ton équipe.

Kise sourit. Oui, Kuroko n’a pas changé même en pensant à un style pour les autres, il met l’intérêt de l’équipe au-dessus de tout.

Mais il réfléchit sérieusement à ce que lui dit Kuroko. Il passe en revue ses équipiers.

Il pense à la façon si singulière dont Moriyama fait ses tirs et qui ne ressemble à aucune autre. Il avait mis un certain temps à comprendre comment il s’y prenait et à bien y réfléchir, il s’était dit que cette façon de lancer une balle pouvait avoir un effet intéressant pour une passe. Il n’avait pas poussé la réflexion plus loin lorsqu’il avait réussi à le copier.

La capacité d’Hayakawa à ne louper aucun rebond démontre un impressionnant talent dans le saut. Une chose qu’il pourrait facilement développer pour le tir.

Et soudain, l’infinité des possibilités qu’il n’avait fait qu’effleurer en ne faisant que copier les techniques lui donne le vertige.

-          Je pense que tu peux devenir un capitaine de la trempe d’Akashi parce que tu vas pouvoir non seulement connaître et faire évoluer toutes les pièces dont tu disposes sur le terrain mais tu vas pouvoir combiner leurs capacités d’une façon unique.

Tous les éléments se mettent lentement en place dans l’esprit de Kise.

Ça lui prendrait du temps, beaucoup de temps, mais il s’en sent capable. Et pour la première fois, il sait qu’il a enfin l’étoffe pour devenir un vrai capitaine.

Et pas qu’un capitaine, un bon Capitaine.

-          Kise kun ? demande Kuroko inquiet devant son silence inhabituel. Ce n’est peut-être pas ce que tu attendais. Ce n’est pas vraiment une technique mais…

-          Oh non, c’est bien mieux qu’une technique, dit Kise. C’est une porte ouverte sur tellement de possibilités que j’en ai le souffle coupé. Ça paraît si évident maintenant que je me demande comment je n’ai pas pu y penser avant.

-          Je suis soulagé, j’avais peur de m’être un peu emballé tout seul et que mon explication soit un peu confuse.

Kise prend les mains de Kuroko dans les siennes, une reconnaissance infinie dansant dans ses prunelles.

-          C’est encore mieux que tout ce que je pouvais espérer !

Et il l’entraîne dans son sillage jusqu’aux vestiaires qui étaient déserté depuis un bout de temps. Kuroko tente bien de se libérer de son emprise aux portes des vestiaires mais Kise l’en empêche sans même se rendre compte de sa tentative.

-          Je prends une douche, je me change, et je suis prêt pour notre rendez-vous ! s’exclame Kise avec un grand sourire alors qu’il commence à enlever rapidement ses habits.

Gêné, Kuroko détourne la tête ce qui n’échappe pas à Kise.

-          Kurokocchi, me dit pas que t’es gêné là. Tu m’as vu des centaines de fois sous la douche à Teiko.

Kuroko détourne la tête, les joues rouges.

-          J’ai jamais vraiment osé regarder, avoue Kuroko.

A ce moment, Kuroko se demande pourquoi il se sent si coupable de quelque chose de si normal.

-          Non, c’est vrai ?

-          Ben oui.

-          Moi, j’ai regardé, dit Kise avec un naturel si désarmant.

Kuroko s’empourpre un peu plus alors que Kise qui vient de finir de se débarrasser de tous ses vêtements le force à le regarder dans les yeux.

-          Et j’adore tout ce que j’ai vu. Absolument tout.

Le cœur de Kuroko rate un battement devant le regard si  direct de Kise.

-          Kurokocchi, regarde-moi.

Kuroko fait ce qu’il n’avait jamais osé faire. Par peur, par gène, par pudeur… que des raisons qui lui paraissent bien ridicules tout d’un coup. Parce que ce qu’il a en face des yeux n’est rien de moins que parfait.

Une goutte de sueur coule paresseusement le long de sa nuque et Kuroko reste une seconde hypnotisé par cette insolente qui se languit sur cette peau si blanche et lorsqu’il s’en détache enfin, son cœur s’emballe.

Kise aurait pu faire pâlir de jalousie ces statues grecques d’éphèbes aux corps fins et musclés qui peuplent les plus beaux musés du monde.

Sa peau claire ne fait que souligner les muscles impressionnants qui avaient eu la décence de se développer en restant parfaitement harmonieux, un corps qui parvient à paraître à la fois incroyablement masculin tout en gardant des lignes douces et fines que bien des femmes lui aurait enviées.

Magnifique.

-          Tu te souviens du jour où tu t’es effondré à l’entraînement, juste avant notre dernier tournoi à Teiko et que je t’ai raccompagné dans les vestiaires et que…

Pas besoin d’en rajouter, Kuroko lui fait signe qu’il s’en souvient très bien.

-          Je t’ai porté dans mes bras, tu étais tellement mal en point. Tu donnais tout aux entraînements dans l’espoir de faire revenir Aominecchi et je souffrais autant de voir l’équipe sombrer sous mes yeux que de voir à quel point tu t’enfonçais dans les ombres. Je ne savais pas quoi faire, je me sentais tellement inutile.

-          Tu en souffrais au moins autant que moi.

-          Non, pas de la même manière.

Kise se rapproche un peu plus de lui comme pour lui faire comprendre à quel point il était sincère.

-          Ce jour-là, je t’ai pris dans mes bras, je me suis occupé de toi, je t’ai déshabillé, j’allais t’amener à la douche quand j’ai compris.

-          Compris quoi ?

Kise se rapproche encore un peu plus pour se délecter du souffle court de Kuroko alors qu’il laisse ses lèvres effleurer la peau fine et blanche de son cou

-          Que je n’étais pas intéressé que par ton basket, lui souffle-t-il.