Déguisement

par Halipacha

Titre : Self-control - Déguisement

Disclaimer : La seule chose qui m'appartienne, dans tout ça, sont les tomes 1 à 21 de Reborn. L'histoire, le joli coup de crayon et la commercialisation n'est pas de mon fait mais d'Akira Amano-sama, Shueisha Inc., les studios Artland j'imagine (pour l'anime), je ne sais quelle entreprise pour les OST et je n'évoque même pas les droits de traduction propre à chaque pays.

Genre : Fan-service =D, humour, Tsunaze life, allusions très légères à du shônen-ai (mais j'ai bien dit allusions).

Note : Ici, j'utilise les suffixes japonais mais uniquement dans les dialogues.

Note bis : Tasso signifierait blaireau mais ayant paumé mon dico français italien en rangeant ma chambre (cherchez l'erreur), je ne suis sure de rien étant donné que la traduction vient d'un site.

J'espère que vous apprécierez la lecture :-) !

 

 

Self-control : Déguisement

 

Le boss ne partait presque jamais en mission d'infiltration, et encore moins seul.

Tsuna n'en crut pas ses oreilles lorsque Timoteo lui apprit Quelques règles de savoir vivre du bon parrain d'une famille mafieuse influente et importante, chapitre Vongola ("de toute façon, il n'y qu'elle puisque les autres familles sont de la gnognottes", avait rajouté Reborn à son élève adoré, hyper sérieux).

Ce n'était pas vraiment crédible après les entrainements de la mort de Reborn, dont la plupart le projetait vers une mort certaine si sa super intuition ne le sauvait pas in extremis. Ou que l'un de ses gardiens intervienne directement, indirectement ou encore sans le faire exprès.

Ou alors lorsqu'il s'en sortait tout seul, sans l'aide de personne et Dieu seul savait comment.

 

 

Comme la fois où, sous prétexte qu'il fallait défendre "l'honneur bafoué" de Kyôko lorsqu'un groupe de "jeunes caïds" l'avait bousculée malencontreusement dans la rue commerçante, Reborn lui avait ordonné de "mettre une raclée de l'autre monde" à ces "bad boys" pour débuter son ascension en tant que futur parrain des Vongola au sein du Japon, à commencer par Namimori. Bien évidemment, Reborn savait que ce genre d'argument ne marchait pas sur son élève, il dramatisa l'incident de Kyôko.

"Tu-tu es bien sûr qu'ils ont b-balafré de visage de Kyôko-chan à un tel point qu'elle est défigurée à vie ? déglutit Tsuna, mi effrayé, mi sceptique.

- Ryohei ne s'en remet toujours pas, mentit Reborn comme un arracheur de dent, dissimulant avec classe le sourire moqueur qui menaçait de sortir à tout moment."

Reborn avait juste omis de dire que les "jeunes caïds aux regards ultra menaçants" avaient aidé son premier amour de jeunesse à ramasser ses courses, à les trier et à les ordonner dans tous les sacs et l'avaient raccompagnée chez les Sasagawa pour se faire pardonner de leur maladresse.

"T-tu en es vraiment certain qu-qu'ils ont saccagé le supermarché où Ky-kyôko-chan a fait ses courses ? s'assura Tsuna, ne croyant qu'à moitié ce que lui relatait son prof.

- Hibari les recherche encore, affirma Reborn, l'air grave menaçant d'éclater comme un château de cartes."

Enfin, Reborn avait aussi oublié de révéler à son élève de seize printemps que ces "jeunes caïds aux regards ultra menaçants et à la dégaine de racaille avec leur tatouage de partout" étaient, en fait, des yakusas, de bas étages certes, des quartiers mal fréquentés de Namimori.

"Mais, s-s'ils faisaient partis d'un groupe rival du comité de discipline d'Hibari-san, Hi-Hibari-san les aurait mordu à mort ! s'écria à moitié Tsuna, réaliste et un tantinet paniqué.

- Hibari a d'autres chats à fouetter, je lui ai certifié que tu t'en occuperais comme le futur bon parrain que tu deviendras, termina avec un sourire Reborn, sans prendre en compte la mine dégoûté de son élève (enfin, si, il le réprimanda en lui lançant la grenade rose de Lambo qui lui arrivait dessus)."

Tsuna ne dut son salue qu'à sa ressemblance fortuite au petit frère décédé du chef de ce gang de "caïds peu fréquentables" et à sa gueule de bois due à la cuite de la veille.

En effet, la famille Sawada avait fêté les vingt ans de mariage de Nana et Iemitsu et ce dernier voulait faire découvrir quelques alcools à son mignon fils. Ledit mignon fils qui n'avait pas consenti à boire de l'alcool mais avec la prise de catch beurré de son père, la présence malsaine de Reborn et d'un entonnoir, Tsuna n'eut pas d'autre choix que de goûter les quelques alcools que proposait Nana, toute pompette. Puis, Reborn avait mystérieusement disparu au cours de la soirée car il devait aller voir le Dr Shamal en quatrième vitesse : Léon ne créait plus ses balles spéciales (quant aux pilules, elles avaient disparu, comme de par hasard).

Face aux yakusas que Reborn avait délibérément provoqué, Tsuna titubait, se tenait contre un mur crade et essayait de rester conscient. Exercice difficile car ses neurones provoquaient sans cesse des erreurs 404, probablement trop inhibés par l'alcool encore présent dans son organisme (des pensées cohérentes formulaient des phrases du type : comment j'ai pu arriver ici ?). D'ailleurs, il ne savait pas comment il s'était retrouvé de "Ennemi à abattre" à "Il est trop mignon, on dirait Manobu-chan ! Vite, on le papouille !" mais toujours était-il que ces mêmes "caïds" avaient pris soin de lui en l'aidant à décuver. Enfin, ça, c'est ce qu'il supposait, Tsuna n'était plus en état de comprendre quoique ce soit.

C'était Hibari Kyoya qui l'avait ramené à la maison en fin de journée, dans un état comateux. Lorsqu'il fut en état de comprendre ce qu'on lui racontait (après avoir, préalablement, vérifié que Tsuna confirmait bien que 2 + 2 = 4 et pas 5 comme il l'affirmait avec force les fois précédentes), on lui raconta que ses amis s'étaient fait du souci durant toute la journée, surtout Gokudera qui était à deux doigts d'exploser toutes les petites mafias locales. Le chef du comité de Discipline de Namimori, pour le bien et l'intégrité de la ville, avait décidé de le ramener. On lui conta aussi que Gokudera eut une explosion sanguinolente nasale en le voyant, s'évanouissant sur Yamamoto, lui même retenant avec un mouchoir le sang qui s'écoulait de son nez. Quant à Ryohei, il n'eut d'autre choix que de réceptionner un Tsuna balancé par Hibari, les joues rosies.

Tsuna ne put raconter comment il s'était retrouvé habillé en maid japonaise.

Quant aux yakusas qui s'étaient occupés de lui, ils n'eurent pas d'autres choix que de rejoindre le comité de Discipline… après une distribution de coups de tonfas qui avait eu lieu lorsqu'un adolescent à la tête d'alouette avait ramassé un autre adolescent à moitié dans le coaltar.

 

 

Cette mésaventure avait donné de drôles d'idées à Reborn.

Comme la fois où le tuteur démoniaque avait forcé Tsuna à se déguiser en fille pour une promotion de sous-vêtements féminins dans tous les magasins de lingeries féminines du plus gros centre commercial de Namimori. Le motif : protéger Kyôko et Haru, entrainant par la même occasion Chrome dans leur mission Shopping Soldes, qui profitaient d'une telle aubaine car les prix étaient tout à fait intéressant pour une période de crise économique qui touchait le Japon de plein fouet.

C'était Bianchi qui l'avait transformé en demoiselle de seize ans et le résultat fut mitigé : jolie n'était pas le terme adéquat mais mignon accolait très bien à la bouille gênée, aux grands yeux marrons, à la taille fine et à la plate poitrine de Tsuya. Bianchi avait jugé bon de faire enfiler une robe orange de mi-saison à Tsuna, avec des manches bouffantes d'un ton un peu plus clair. Une fois la perruque mise, de long cheveux châtains foncés avec une frange bombée qui tombait sur ses sourcils, Bianchi rajouta un peu de maquillage, juste de quoi faire rosir les joues du travesti et un peu de gloss sur les lèvres. À peine Bianchi eut-elle terminé avec le bâtonnet de gloss qu'Haru débarqua dans la chambre. Elle ne reconnut pas Tsuna, même si elle remarqua qu'il y avait une ressemblance entre l'élu de son cœur et la jeune inconnue. Reborn expliqua alors que Tsuya (Tsuna s'étrangla) était une cousine éloignée de Tsuna et qu'elle voulait accompagner les filles mais étant d'un naturel timide, celle-ci n'osait pas le demander. Le Léon-pistolet qui le visait ne l'avait absolument pas convaincu de n'émettre aucune protestation, non, non !

Surtout que les filles qu'il était sensé protéger étaient accompagnées par presque l'ensemble de ses gardiens. En effet, Gokudera, Yamamoto et le grand-frère de Kyôko étaient présents !

"À quoi rime tout ça, pensa Tsuna, affligé. Je suis sûr que c'est un des sals coups de Reborn !"

Tsuya joua les intimidés jusqu'au bout (Tsuna paniquait qu'un des garçons le reconnaissent) mais Haru et Kyôko l'entrainèrent de force. Heureusement pour le parrain Vongola, personne, à l'exception de Chrome, ne le reconnut. Gokudera se montrait même serviable car Tsuya était la "cousine du Dixième du nom", il lui avait juré de la protéger des malfrats qui oseraient l'aborder tout en se disputant avec Haru. Chrome n'avait rien révélé quant à la supercherie, elle avait sans doute compris qu'il s'agissait probablement d'un entrainement lorsque Tsuna lui fit un rapide signe de la tête en direction de Reborn.

Tsuna eut donc l'une des hontes de sa vie lorsqu'il pénétra dans les magasins de lingeries féminines. Outre le fait qu'il rougissait à en ressembler à une tomate bien mûre, voir toutes ces filles qui s'extasiaient devant des lingeries provoqua en lui un étrange sentiment d'excitation mélangée à de la gêne pure. Il maudissait Reborn de l'avoir entrainé là-dedans tout en refusant net d'essayer le moindre vêtement (heureusement, Chrome l'aidait). Par contre, il ne put réfréner la frénésie de Haru à lui faire enfiler un vêtement qu'elle avait trouvé soldé à moins quatre-vingt dix pourcents. La jeune fille eut un argument de poids : si Tsuya refusait d'enfiler ledit vêtement, Haru la déshabillait sur place !

Ainsi, Tsuya fit fureur en se promenant toute la journée en Wa-Lolita. Elle portait un Yukata blanc court constellé de motifs de roses noires, la ceinture également noire se terminait en un énorme nœud. De la dentelle blanche dépassait de la jupe noire bouffante, située sous le vêtement traditionnel. Kyôko lui avait déniché des chaussettes hautes noires et Chrome, amusée par la situation, avait dégoté des chaussures à talon. Tsuna avait vraiment honte et maudissait une fois encore son précepteur sadique.

La réaction des garçons, qui attendaient dehors, ne se fit pas attendre. Ils regardaient Tsuya comme s'ils n'en croyaient pas leurs yeux. Ils se réveillèrent lorsque Kyôko et Haru s'exclamèrent à l'unisson, sous le rire discret de Chrome :

"Elle n'est pas mignonne comme ça ?

- Ahaha, on peut dire que tu as un charme dévastateur habillée comme ça, Tsuya-chan, la complimenta Yamamoto."

Tsuna prit une teinte cramoisie et remercia du bout des lèvres le joueur de baseball. Il n'arrivait pas à les regarder en face. La honte qu'il éprouvait le clouait sur place et il faisait tous les efforts du monde pour ne pas s'enfuir en courant en pleurant. De toute façon, il n'allait pas fait trois mètres qu'il se rétamerait à cause des talons de ses chaussures, se disait-il, miséreux.

Les garçons eurent un sentiment de déjà vu, un soir où ils avaient retrouvé leur Boss/ami/futur membre du club de Boxe déguisé en maid.

Il ne se passa aucun incident notable, si ce n'était que tout le monde se retournait pour regarder Tsuya, que Gokudera menaçait d'explorer tout ceux qui s'approchaient dans un rayon de cinq mètres de Tsuya et que les garçons agissaient étrangement. Un peu trop protecteurs, comme lorsque Tsuna était en danger face à des ennemis particulièrement dangereux.

Reborn souriait de contentement.

 

 

Cette tenue l'avait beaucoup amusé et marqué car il réussit à rhabiller Tsuna de ce cadeau commun des trois filles à l'occasion d'une bataille qui s'annonçait violente, sanglante, barbare, meurtrière, sanguinolente, féroce, bestiale, sanguinaire, brutale, démesurée, belliqueuse, terrible et bien évidemment provoquée par Reborn. Bien sûr.

Ce qu'il s'était passé ?

Il se trouvait que la famille italienne Tasso, une alliance entre une branche de la famille Cavallone (celle qui s'opposait à la politique du parrain Dino) et la famille Carcassa, avait fêté la cérémonie de succession du second parrain (le premier étant mort dans d'étranges circonstances). Tout en martyrisant Skull, Reborn glissa l'air de rien que la famille Vongola les écraserait jusqu'aux derniers si elle en avait envie et que le Dixième parrain Vongola était le Boss le plus puissant de tous les parrains existants. Bien évidemment, la réputation des Vongola était bien connue, certains avaient frissonné de peur en murmurant une prière au Godfather. D'autres, plus impulsifs, avaient pris la provocation de Reborn au pied de la lettre et avaient promit de tuer l'héritier Vongola dans les plus brefs délais.

Décision prise par le tout nouveau Secondo Tasso.

"Qu'est-ce que tu es allé faire là-bas ? s'écria Tsuna, lorsque Reborn lui apprit la déclaration de guerre.

- Tu n'as pas à le savoir, répliqua le bébé ultime, en faisant une clé de bras douloureuse à son élève."

Cependant, tous n'en crurent pas leurs yeux lorsque Reborn leur présenta le Dixième parrain Vongola, celui qu'ils devaient combattre et tuer impitoyablement : Sawada Tsunayoshi… Ou plutôt Sawada Tsuya. Surtout lorsque celui-ci (ou celle-ci), éjecté(e) brutalement par son sadique et malsain de précepteur, tomba au sol, dévoilant ce que Reborn lui avait acheté le jour des Shopping Soldes : une lingerie légère aux tons rosées et munie de dentelle.

Il eut une hémorragie nasale abondante du côté des italiens, le Boss Tasso fut hospitalisé d'urgence car perdre du sang alors qu'on était en fin de vie était mauvais signe.

De l'autre côté, chez les Vongola et alliés (Dino et ses hommes s'étaient déplacés, prétextant des "vacances"), les garçons Vongola n'en crurent pas leur yeux lorsqu'ils découvrirent que Tsuya et Tsuna n'était qu'une seule et même personne. Hibari était sur le point de "mordre à mort" Tsuna pour port de vêtements indécents dans des lieux publics, cachant comme il pouvait les rougeurs de ses joues. Kusakabe Tetsuya restait fidèle à son chef, même s'il devait avoué que le bébé avait du goût en matière de travestissement.

Du côté Cavallone, on ressentait plus de la nostalgie du temps où Reborn s'occupait de Dino. Ce dernier avait dû être métamorphosé en Dina pour infiltrer une maison close d'une famille ennemie afin de récupérer une preuve compromettante contre un député influent italien qui voulait compromettre la famille Cavallone. La mission fut une réussite dans l'ensemble, les hommes de main avaient été séduits par le côté (surtout) maladroit et terriblement mignon de Dina, alors à peine âgée de dix-sept ans.

Dino compatissait au sort de Tsuna.

"Dire que je suis passé par là, soupira Dino.

- Vous vous en êtes bien sorti, Boss, le consola Romario."

Seul le gang Kokuyô (les deux tiers présents ne se considéraient pas comme "alliés aux Vongola") et Reborn semblaient amusés par la situation. Chrome riait, Ken se moquait allègrement de Tsuna, Chikusa soupirait d'ennuie mais avait un nano-sourire aux lèvres et Reborn affichait son sourire spécial n°3 : "entrainement accompli".

 

 

Vingt-sept ans au compteur, Tsuna réfléchissait à ce que lui avait dit Lambo.

"Boss Vongola, pourquoi gardes-tu ce vêtement de fille ? lui avait fait remarquer le gardien de la Foudre, fouillant dans la placard de Tsuna à la recherche de l'une de ses deux cornes (à défaut de se cacher de Bianchi)."

Certainement parce que, malgré les malheurs que lui avait fait subir Reborn avec ledit vêtement, cela lui rappelait l'époque de son apprentissage, des sacrés souvenirs en perspectives !

… Même si, lorsque son regard se posait sur le vêtement en question, son corps ne pouvait réprimer un frisson d'horreur.