Tsuna vs les Ancêtres

par Halipacha

Titre : Self-control : Tsuna vs les Ancêtres

Disclaimer : La seule chose qui m'appartient, dans tout ça, est les tomes 1 à 15 de Reborn. L'histoire, le joli coup de crayon et la commercialisation n'est pas de mon fait mais d'Akira Amano-sama, Shueisha Inc., les studios Artland j'imagine (pour l'anime) et je n'évoque même pas les droits de traduction.

Genre : Mm, humour, général, la bonne étoile de Tsuna doit être profondément cachée quelque part dans la galaxie. Insultes de vieux qui ne devraient choquer personnes je suppute.

Note I : Des mots italiens sont présents dans cet OS. Pour ne pas encombrer la lecture, je vous mets la traduction maintenant :

(il) Signor X/signori : monsieur X/messieurs. Fuggifuggi, de l'Italien fuggi fuggi : cache-cache. Topicida : mort-aux-rats. Offesa : outrage. Groviera : gruyère. Canceroso : cancéreux. Nullità : nullité. Saccone : paillasse. Ampollosità : boursouflure. Antenato : ancêtre.

Note II : Je remercie chaleureusement (parce qu'en ce moment, on se les pèle dans le sud ¬¬°) Kimin-san et Lascka pour leur commentaire. Merci beaucoup :-) !

Note III : M'achetant au fur et à mesure les mangas (bien que je suis en parallèle les scans et l'anime), je me suis habituée à la traduction (pourave) Glénat. En d'autres termes, je n'utilise pas les préfixes japonais ce qui peut perturber la lecture.

J'espère que vous apprécierez la lecture :-) !

 

Self-control : Tsuna vs les Ancêtres

 

Tsuna savait que gérer la famille Vongola n'allait pas être une tâche aisée. D'une part, parce qu'il n'avait pas prévu d'être à la tête d'une famille mafieuse (mais on insistait fortement pour qu'il reprenne les rennes du Neuvième). Et, d'autre part, il n'avait pas été au courant de l'existence d'un Conseil composé de membres hautement importants de la Famille et de vieux grigous… d'Anciens. Le Conseil était une entité qui avait la possibilité de mettre des bâtons dans les roues dans la vie et la politique du Boss. On avait omis de lui dire ça, que la moitié des assiégeants étaient particulièrement casse-couilles… pointilleux et qu'un Conseil pouvait être convoqué à tout moment. Tsuna, d'abord intimidé par tous ces grands pontes, ne cédait jamais aux caprices des vieux croutons.

À ce propos, la présence de Reborn dérangeait presque tout le monde, provoquant un débat d'au moins une bonne heure aux cinq premiers Conseils, jusqu'à ce que l'Arcobaleno réplique en tirant d'une balle rebond qui trancha un millimètre de joue de chaque contestataire. Puis, posément, Reborn répliqua d'une voix calme :

"Tsuna est encore un apprenti parrain sous ma formation."

Depuis, on ne disait plus rien (du moins, à haute voix). Quand Tsuna allait capituler (parce qu'ils étaient vraiment chiants !), Reborn le frappait à l'arrière de la tête et lui expliquait les intérêts des manœuvres des Anciens, sous les regards colériques et semi-comateux des vieux schnoques.

Comme Reborn avait aussi des obligations, il n'allait pas à tous les Conseils. Et Tsuna regrettait que son précepteur n'assistait pas à ce Conseil, il pressentait quelque chose de vraiment mauvais.

… Et il eut raison.

 

 

 

D'ailleurs, il ne se remettait pas actuellement du choc. Les Anciens, en face, jubilaient. Ils avaient prévu le coup, chuchota une voix en Tsuna.

Car ni Reborn, ni son père (le Conseiller Externe de la Famille), ni il Signor Fuggifuggi (un monsieur de quarante ans à l'allure paternel et sympathique qui l'épaulait) et ni il Signor Topicida (un homme assez jeune, très austère mais bon allié à Tsuna) n'étaient présents et pouvaient confirmer ou infirmer la nouvelle proposition des Anciens. Xanxus participait très peu aux réunions du Conseil. Quant à la Signorina Offesa, à l'autre bout de la table, elle semblait plus emballée par des rapports que par le débat qui prenait lieu (et Tsuna avait un peu – beaucoup – peur de la Corse au caractère sanguin).

"S'il vous plait, est-ce que vous… Vous pouvez me dire pour… Pourquoi je dois faire cela ?"

Tsuna avait du mal à assimiler pleinement la chose.

"Vous devez vous marier pour renforcer l'union de la Famille, argua avec une vivacité suspect l'Ancien Groviera.

- C'est vrai, c'est vrai, renchérit l'Ancien Nullità. Cela démotivera les familles ennemies d'envoyer de jeunes colombes dévergondées pour vous séduire et espionner la Famille.

- C'est qu'elles sont sacrément mignonnes de nos jours, ces jouvencelles effrontées, rit l'Ancien Hasbeen. Mais pas aussi joli que Mama !

- Laisse donc ton tas de rides de femme là où elle est, cria d'une voix faiblarde l'Ancien Saccone. On a plus important à faire !

- Espèce de petit bout blanc ! répliqua l'Ancien Hasbeen en accentuant chaque mot pour reprendre sa respiration après chaque mot. Italiano di Nord !

- Italiano di Sud ! Povero !

- Bande de dégénérés du trou de l'Italie ! Cessez donc vos gamineries de jeunes dévergondés ! hurla en s'étouffant à moitié l'Ancien Canceroso, son cancer de la gorge reprenant du vif de la bête.

- Pauvre de moi, gémit intérieurement Tsuna."

Il se massa l'arête du nez, un réflexe de stress depuis qu'il était à la tête officiellement de la Famille Vongola, qui fit cesser toute dispute. Les Ancêtres, l'œil bizarrement vif, le regardaient tels des corbeaux attendant qu'un animal crève pour aller à la becter.

"Pardonnez nos égarements, Signore Decimo, si nous en revenions au sujet qui nous préoccupe."

Le ton préoccupant de l'Antenato Nullità transpirait l'hypocrisie.

"Rassurez vos craintes, continua-t-il sur un ton gluant de miel de cire d'oreille. Nous avons sélectionné un échantillon de femmes exquises qui devraient vous plaire, una bella futura Mama.

- Par… Pardon ? lâcha Tsuna, de plus en plus largué et fatigué.

- Bien évidemment ! Vous devez songer à fonder un avenir pour la Famille."

La fenêtre, à demi-ouverte, était bien tentante. Même si sauter du deuxième étage n'encourait pas à une mort certaine pour lui (et un de ses gardiens pourrait le rattraper in extremis et songer à un attentat contre sa personne).

"Mais, je n'ai que vingt ans, argumenta vainement Tsuna, luttant contre ses instincts suicidaires montés à bloc.

- Justement, s'exclama l'Ancien Groviera. Vous êtes au cœur de la fertilité pour un homme, dans la fleur de l'âge pour avoir un héritier !

- La semence commence à tourner au vinaigre vers trente ans, il faut que vous en profitiez ! s'écria l'Ancien Hasbeen.

- C'est toi qui a été impuissant à partir de trente ans, couilles molles et flasques ! répliqua l'Ancien Saccone. À se demander pourquoi la Mama reste encore avec une épave !

- Signore Decimo ?

- Decimo !

- Hm ? fit la Signorina Offesa en relevant la tête."

Le commandant de la Branche Vongola européenne, la corse Signorina Offesa, vit son Boss, le Decimo Sawada, s'élancer vers la fenêtre derrière elle. Le visage désespéré, Tsuna ouvrit la grand fenêtre et se jeta dehors sous les cris effrayés des vieux croutons.

"Aurais-je raté quelque chose de croustillant ? se demanda-t-elle en retirant ses écouteurs."

 

 

 

Ce jour-là, les gardiens de la Tempête, de la Brune et du Soleil accompagnaient leur Boss. Les réunions du Conseil se déroulaient toujours dans l'annexe du QG Vongola. Ils avaient convenu que Chrome s'occupe de garder la porte de la salle du Conseil, Hayato Gokudera faisait des rondes dans l'aile du Château et Ryohei montait la garde devant la seule fenêtre de la salle. Bien sûr, l'effectif en terme d'hommes de main avait sensiblement augmenté pour assurer la protection de lieux. Kyoya Hibari avait même envoyé son adjoint, Kusakabe, et de deux ses moyens meilleurs hommes pour veiller sur l'endroit. Si une attaque survenait, elle aurait du mal à atteindre son objectif.

Les hommes étaient habitués aux cris poussés lors de réunions du Conseil, principalement des disputes entre les Éminents Ancêtres et entre les Anciens et le reste. Il arrivait parfois que des explosions minimes détruisaient le mobilier. Mais rien de bien sérieux.

Par contre, ils n'avaient pas prévu que le dixième parrain saute de la fenêtre. Ryohei ne réfléchit même pas une seconde et se lança vers le point de chute de Tsuna, celui-ci accueillait à bras ouverts les graviers du sol. Le boxeur fit un dérapage extrême, provoquant un nuage blanc de sable et atterrit contre le mur, Tsuna dans ses bras. Alors qu'une pagaille sans nom débuta dans laquelle la tempête Gokudera était sur le point d'exploser (pensez vous ! Le Dixième du Nom avait failli mourir !), Ryohei essayait de ranimer Tsuna dont l'âme semblait partie très loin.

"Hé ! Sawada ! appelait-il de sa voix profondément grave. Pourquoi as-tu fait quelque chose d'aussi extrêmement débile ?

- B… Boss ! Reprenez-vous, les Anciens ne sont pas ici, tentait de réconforter Chrome qui entendait à chaque fois les conversations des Conseils.

- Les vieux schnoques ? releva Ryohei, fronçant des sourcils."

Chrome hocha de la tête.

"Ils veulent que le Boss se marie à une femme de leur choix et qu'ils… Qu'ils fassent un enfant, révéla Chrome, rougissante."

Tsuna, qui émergeait de son acte de folie passager, se doutait que sa tentative de se jeter du deuxième étage était un échec. Il entendit vaguement la voix douce mais hésitante de sa gardienne de la Brume, prit conscience du le pourquoi du comment de son acte de folie et tomba définitivement dans les pommes, contre le torse de Ryohei.

"Sawada !

- Boss !"

 

 

 

L'incident du Conseil fit le tour de toute la Famille Vongola. Exceptionnellement, Hibari abandonna le QG en construction de la Fondation pour venir dans un jet privé en Italie. Takeshi Yamamoto et Lambo, alors âgé de treize ans, revinrent de la visite trimestrielle de Lambo à sa famille, les Bovino. Hayato leur fit un résumé de ce qu'il s'était passé, aidé par Chrome qui relatait le déroulement de la réunion tandis que Ryohei aidait Tsuna à avaler ses cachets. Un silence accompagna la fin du récit de Chrome, puis Hibari sauta par la fenêtre sur laquelle il s'était accoudé et disparut le reste de la journée.

"Il faudrait contacter les autres membres du Conseil pour vérifier si ce que disent les Anciens est une étape importante ou pas, suggéra Takeshi.

- Sportif débile ! Il y avait bien cette femme Corse qui aurait pu répondre et aider le Dixième du Nom mais elle n'a rien fait !

- Si… Signorina Offesa affirme que le mariage du parrain est important pour l'évolution et le bien de la Famille mais ce n'est pas une chose si importante et à précipitée, informa Chrome.

- De toute façon, on ne peut pas joindre les Signori Fuggifuggi  et Topicida, ni le Neuvième du Nom, fit Hayato.

- Et il n'y aura pas d'autres réunions avant un moment, dit Ryohei. Les vieux sont à l'hosto pour brulures plus ou moins légères

- Eh ? C'est Gokudera qui…

- J'aurais voulu mais ce n'est pas moi, enragea le gardien de la Tempête. C'est l'autre folle.

- Quand les Anciens ont commencé par évoquer l'avenir marital de la Signorina Offesa, elle s'est mise en colère et leurs a envoyés une bombe et les a menacés de faire sauter leur maison de retraite.

- Ahahaha…"

Le rire de Yamamoto était gêné. Il avait eu affaire à la Signorina Offesa, enfin, il l'avait vu détruire massivement un groupuscule mafieux sur la Côte d'Azur, menacer un chef mafieux russe et macho, touriste, à un Casino de Monaco et défoncer la moitié des gens à Mafia Lande lors d'un entrainement spécial. L'amusement passé, Takeshi redevint sérieux et regarda le pauvre Tsuna, encore hagard.

 

 

 

On apprit le lendemain que l'hôpital dans lequel reposaient les six Anciens (l'Antenato Ampollosità y vivait dix mois sur douze) avait eu quelques soucis électriques (d'ailleurs, Lambo avait beaucoup pleuré à propos de tonfas menaçants de trancher ses cornes).

Lesdits Anciens firent des rêves communs atroces, où un jeune homme à la coiffure en forme d'ananas s'amusait à leur rendre visite en rêve et leur montrer des visions des différents enfers. Le dernier, l'enfer des hommes, mettait en scène le Vongola Decimo et ce même jeune homme dans des positions acrobatiques et pornographiques. Au bout d'un moment, toujours en rêve, l'Antenato Ampollosità demanda pourquoi le Decimo était toujours en dessous. Il sollicita plus d'action parce qu'il s'ennuyait dans son trou et que ça lui rappelait sa jeunesse avec le Neuvième. Mukuro, bien qu'il ne le montra pas, fut quelque peu décontenancé et nota dans un coin de son esprit cette information que personne ne devait connaître (excepté peut-être il Nono Vongola). Il verrait combien Mammon paierait pour obtenir ce genre d'information, kufufu~ !

Du côté de Tsuna, qui s'était remis du choc, le parrain fut rassuré que le mariage n'était pas obligatoire, du moins pas dans l'immédiat. Yamamoto lui avait certifié qu'on ne l'embêterait plus avec cette histoire. Maintenant, Tsuna devait gérer la protection rapprochée de ses six gardiens jour et nuit, inquiets qu'il fasse une quelconque rechute.

 

 

 

Autre part, perchés en haut d'une colline, deux bébés regardaient le soleil qui se couchait dans la mer.

"Tu savais que ça allait partir comme ça, Hey ? fit le bébé à la tétine bleu."

Son interlocuteur à la tétine jaune ne prit pas la peine de répondre, son sourire en coin le faisait pour lui.