Adolescence difficile

par Siegliend

Chapitre 2: Adolescence Difficile


Toute excitée, je pris deux coussins que je disposai face à face dans le salon et je fis du thé. Ma mère pénétra dans le salon vêtue d’un kimono vert émeraude. Ont s’assit toute les deux et je me mis à écouter très attentivement ma mère.


- Je ne sais pas vraiment par ou commencer tu sais, tout comme toi je n’ai pas eu un début de vie très facile. Je suis née à Otari dans la région du Chubu, dans la campagne sertie de montagnes et rizières à perte de vue. Mon père, Reiji, était un samouraï, pendant qu’il s’en allait guerroyer, ma mère prenait les reines du village. Elle s’occupait de la gestion des récoltes pour qu’on n’ait pas à souffrir de la faim.

Mon père je l’aimais énormément même si je ne le voyais pas beaucoup, je sais qu’il a toujours fait son possible pour me consacrer un peu de temps pour lui et moi. Je montais toujours en haut d’une falaise pour guetter son éventuel retour au village, que j’attendais toujours avec impatience.

Aussi loin que je me souvienne, je me rappelle que mon père avait en sa possession un sabre magnifique fait par un forgeron légendaire renommé dans tout le Japon. Ce sabre, pour le peu qu’il était à la maison, me mettait très mal à l’aise pour une raison étrange dont je n’avais pas d’explications à l’époque.

Je me souviens que je voulais être capable de prendre les armes au côtés de mon père, mais il avait refusé, même avec l’enthousiasme que je lui témoignait. Sans doute, je pense, pour me protéger. Mais frustrée de ne pas pouvoir me rendre utile de quelque manière que se soit, je me suis mise à apprendre la médecine afin de pouvoir guérir mon père et ses braves hommes.

Ma mère, Hikage, quant à elle, pensait que ce n’était que des enfantillages alors que j’étais très sérieuse. Elle, contrairement à mon père, elle était beaucoup trop occupée pour pouvoir me consacrer un peu de temps. Ma mère était égoïste envers moi, obnubilée par le pouvoir que lui confiait mon père, au point qu’un jour je l’avais surprise en train de séduire un autre samouraï. Comme mon père n’étaient pas là, elle se croyait à l’abri de tout.

Mais quand j’ai eu 12 ans, le début d’un très long cauchemar allait commencer et de la pire façon qui soit.

Depuis des mois on attendait le retour de mon père et ses hommes dans notre village et contre toute attente, le cortège martial se pointa. Il pleuvait des cordes ce jours-là. Le cortège avançait très lentement. Trop à mon goût. En moi naissait un sentiment d’angoisse débordant.

Ma mère m’avait retenue auprès d’elle par mes épaules alors que je n’avais qu’une envie, celle d’aller à la rencontre de mon père. Je cherchais nerveusement du regard mon père que je ne vit pas, pendant que le stratège de mon père s’en allait déjà à la rencontre de ma mère et moi, le visage extrêmement grave.

Ma mère commençait déjà à pleurer alors que je moi j’étais dans l’incompréhension totale. Je compris seulement lorsque je vis sur une charrette un corps allongé recouvert d’une couverture. À cause des trépidations de la charrettes, un bras ensanglanté s’était mis à pendre dans le vide. Ce théâtre me pétrifia. Quand je regardais autour de moi, je voyais plein d’hommes blessés. Ce jour avait un goût amer de défaite.

Tout se chamboula pendant les obsèques. Je me sentais comme emportée par le courant de la tristesse que m’affligeait la mort de mon père. Ma mère me répétait sans cesse que je devais me montrer forte et digne mais j’en étais incapable. Je l’aimais trop pour ça. Je m’étais murée dans le deuil et la tristesse des mois durant.

Quelques mois plus tard, ce fut pire. Alors que la période de deuil n’étais même pas encore finie, j’avais encore surprise ma mère avec son amant. Le même que la première fois. À mon plus grand regret, ma mère m’avait vu en train de les épier. S’en est suivi une très grosse dispute dans notre maison. Ma mère me reprochait de me mêler de choses qui, selon elle, ne me regardait pas. J’ai même reçu une gifle pour ça.

Je ne supportais pas l’idée qu’elle insulte la mémoire de mon père de cette façon. C’est à partir de ce moment-là qu’on s’est haït pendant des années. Pour me punir et me réduire au silence, elle m’enfermait dans la maison et me faisait faire les tâches ménagères.

Le plus souvent que je pouvais, j’allais sur l’autel pour brûler de l’encens pour mon père. Il vint un moment où je ne sortais presque plus et que je ne faisais principalement que les tâches ménagères. Les disputes entre ma mère et moi se faisaient de plus en plus violentes dues à son alcoolisme. Ses paroles vexantes se sont transformées en une pluie de coups.

Ma condition se dégradait, je ne dormais plus que dans une toute petite pièce avec le strict minimum.

J’étais désespérée. La maison était devenue une prison et le sabre de mon père qui trônait sur un autel renforçait le sentiment d’insécurité constant.