Une Triste Nouvelle

par Siegliend

Chapitre 1 : Une Triste Nouvelle




Ma mère, Setsu, la première femme de ma vie est sur le point de s'éteindre à jamais. Je me rends compte que je ne savais pas grand-chose de sa jeunesse, je me souviens qu'elle était souvent atteinte d'un mal étrange assez impressionnant et qu'elle ne me disait qu'il ne fallait pas que je me fasse du soucis.


Mais comme je la connais, elle n'osait jamais vraiment parler d'elle, je n'avais que des bribes ou de simples évocations. Quand je me trouvais en difficulté, elle me conseillait avec sagesse. Elle était toujours incommensurablement gentille et débordante de bienveillance.


Quand elle m'a envoyé une lettre expliquant que sa santé se dégradais, j'avais accouru dans ma région natale Hokkaido dans un petit village non loin de Sapporo. Quand j'ai vu la maison ou j'ai grandi avec ma mère, ça ma fait bizarre, j'avais la sensation que beaucoup d'années s'étaient écoulé sans que je n'en prenne compte.


Alors que je franchissais le pas de la porte pour me rendre dans le salon, il faisait très sombre et les volets étaient fermés. J'ouvris et je franchis la porte coulissante. Je vis ma mère allongée de tout son long, les bras levés sur un tas de coussins avec son porte-pipe allumé non loin de sa tête.


La fumée qui s'en échappait et les rayons du soleil qui s'immisçaient entre les volets rendaient l'atmosphère étrangement ensorcelante. Je m'étais assise prés d'elle sans faire de bruit. Elle dormait. Je la contemplais tandis qu'elle était allongée de tout son long. Elle ne portait qu'un kimono de soie noir, ma mère dormait d'un sommeil profond, mon regard parcourait son corps de haut en bas alors qu'elle semblait si jeune et encore débordante de vie. Si on n'est pas initié dans nôtre monde qui est celui de la sorcellerie, on ne peut pas deviner que ma mère en paraissait 38 alors qu'elle avait en réalité 120 ans, seul son teint livide la trahissait.


Je fût surprise quand elle se réveilla d'un seul coup. Je pense qu'elle avait sentie que je ne l'a regardais pas comme une fille devrait regarder sa mère. Par honte, je tournai la tête tandis que ma mère fit volte-face pour prendre sa longue pipe afin d'en rougir la braise du bout de ses lèvres. Dans l'embarras, en la regardant de nouveau, je pris compulsivement l'épaule de son kimono pour recouvrir son sein qui était totalement découvert, je manifesta ma mauvaise humeur:


- Tu ne devrais plus fumer comme tu le fais!


- Tu sais Miwong, à mon âge, ce n'est pas le fait d'arrêter qui me fera gagner le peu de temps qu'il me reste. Tu ne peux plus rien faire pour ma vieille carcasse. Répondait-elle en soufflant en l'air lascivement la fumée de son tabac aromatique.


Je pense qu'elle ne comprenait pas que inconsciemment je cherchais encore à la protéger même si je savais que l'inévitable arriverait. Les yeux perdu dans le vague, je n'avais pas remarqué la bassine en bronze encore remplie d'eau. Je demanda avec étonnement:


- Tu reçois encore des clients en divination?


Ma mère se mit à sourire puis me répondis:


Je pense que c'était mon tout dernier client... Souffla-t-elle d'ennui.


Puis elle reprit:


- Tu sais c'est Tamuna Yamashiro, le conseiller du shogun. C'est un ami...


Impressionnée je m'exclamai:


- Il a fait tout ce chemin de Edo pour venir jusqu'ici!


Ma mère s'assit mollement sur ses coussins:


- C'était très important, sinon il n'aurait pas fait tout ce chemin jusqu'ici. De toute façon, attends-toi à ce que des gens viennent me dire au revoir.


J'étais un peu surprise, que ma mère m'expliquait ça avec tant de légèreté dans sa voix. D'une certaine façon j'ai toujours eu du mal à accepter que ma mère soit la sorcière la plus puissante du Japon. Depuis que nos chemin se sont croisés pour la première fois, je l'ai toujours vue comme quelqu'un d'extraordinaire. Elle m'avait trouvée dans la rue, abandonnée de tous, misérable et sans défense et elle m'a pris sous son aile. Ma mère à changé considérablement ma vie et elle à fait de moi une exorciste, quelqu'un d'indépendant qui ne se laisse pas marcher sur pieds. Je lui dois énormément.


Tandis que je me remémorais mes plus beaux souvenirs d'enfance que j'ai eu avec elle, ma mère me secoua par la bras délicatement en m'interpellant:


- Tu pleures! Ne commence pas à pleurer ma Miwong, tu sais là où je vais c'est le commencement d'une nouvelle vie. Tu n'auras plus de soucis à te faire, je veillerai sur toi.


Surprise, j'essuyai la larme qui coulait le long de ma joue.


- Tu as toute la vie devant toi et je sais que trop bien que tu accompliras de grandes choses.


Ma mère qui était assise entrain de fumer me rassurait du mieux qu'elle pouvait, même si on commençait à voir les stigmates de l'étrange maladie qu'elle à contractée, elle tentait de le cacher au maximum. Ma mère me rassurait alors. Je savais qu'elle soufrait physiquement mais elle me disait que je ne pouvais rien faire pour la guérir.


Au plus loin que je me souvienne, maman n'a jamais vraiment osé expliquer l'origine où les causes de sa maladie. Petite, j'éprouvais le désir assez violent d'un père, que ma mère était dans l'incapacité de me fournir. Elles avait très rarement des petites histoires d'amour avec des hommes sans vraiment aboutir à un mariage. Tandis que je voyais le début d'un escarre noir sur sa clavicule, je l’interrogeais:


- 'Man, tu ne me l'as jamais dit, mais quelle est la cause de cette maladie?


Ma mère tapotai sa longue pipe pour retirer la cendre et le posa. Elle se leva et se déplaça jusqu'à sa chambre:


- Tu sais Miwong, c'est une très longue histoire.


Tout en la suivant je demanda en croisant les bras:


- Tu ne pense pas qu'il serait temps que tu m'explique pourquoi?


Ma mère se plaça derrière le paravent et commença à s'habiller puis elle constata:


- C'est vrai que je n'étais pas très causante sur mon passé Miwong, je m'en excuse. Je n'en tire aucun regret ni culpabilité pour autant. On à que ça à se raconter donc à la limite, ça fera passer le peu de temps qu'il me reste.


La réponse que j'espérais depuis tant d'années été enfin arrivée. A mon plus grand étonnement, je ne pensai absolument pas qu'un jour elle veuille bien me raconter ses aventures de jeunesses.