Épilogue : Surprise !

par Maggie31

Épilogue :


De Surprise en Surprise



La voyageuse était allongée sur un lit d'hôpital. Les médecins voulaient la garder en observation. Il devait être 18 heures et la SPR et les deux jeunes hommes lui rendaient visite. Ils parlaient de tout et de rien, lorsque le patron les interrompit en se raclant la gorge.

- « J'ai effectué des recherches complémentaires.

- Tu veux dire que c'est Madoka qui s'est coltiné le sale boulot, laça alors la jeune employée qui reçut un regard noir.

- Comme je le disais, des recherches complémentaires ont été effectuées. Et nous avons découvert que certains phénomènes paranormaux auraient eu des explications scientifiques »

Grâce à cette déclaration, il avait réussi à captiver tout le monde. La jeune femme sur le lit, le regardait complètement subjuguée.

- « En effet, il se trouve que la maladie qui les infectait n'était pas dû à la malédiction mais à un produit chimique. Une entreprise versait ce liquide dans le lac à proximité. Leur émanation venait jusqu'au village. Cependant, on ne sais toujours pas pourquoi elle touchait les habitants aussi aléatoirement.

- Et cette entreprise- , que fait-elle maintenant ? Je veux dire, est-ce qu'elle continu toujours ce manège ? Demanda le moine, une main derrière la tête.

- Non. Elle a fait faillite, il y a de cela plusieurs années maintenant, répondit le boss qui sondait son « public » avec ces yeux glacial. De plus, cette maladie, qui est en fait une mutation des gènes, n'est qu'une coïncidence. La femme qui a enfermé les esprits haineux dans le Temple ne l'avait donc pas prévu. C'est aussi pour cela qu'il y avait autant d'âmes. Sinon le nombre aurait été bien inférieur.

- Mais, Naru, il y a quelque chose que je ne comprends pas. Comment se fait-il que les rumeurs décrivent aussi bien les monstres alors que les villageois disent ne les avoir jamais vu ? Demanda la jeune femme au cheveux châtains, légèrement hésitante.

- Madoka a trouvé dans les archives du village quelque chose à ce sujet. De très vieux écrits racontaient que les monstres, comme tu dis, ont envahis le hameau et ont tout ruinés. Ils étaient incontrôlables. Ce devait être juste après qu'ils soient maudit. Mais ce qui me tracasse, c'est surtout le fait qu'ils aient réussi à s'échapper du Temple alors que pendant des siècles, ils n'ont pas pu sortir »

Soudain, la porte s'ouvrit et laissa entrer une rouquine. Elle sourit et s'avança avec un paquet de feuilles dans les mains.

- « Je crois avoir compris !

- Compris quoi ? Demanda le patron, irrité de s'être fait, encore une fois, interrompre.

- Les esprits ont pu partir du lieu sacré puisque la malédiction n'avait pas encore pu être activée. La femme qui les a scellé, avait besoin de la pleine lune pour effectuer son rituel. Regarde, c'est écrit ici, expliqua-t-elle en lui fourrant sous le nez, les papiers qu'elle tenait dans ses mains. Voila, le mode d'emploi qui détaille les manipulations et prières qu'elle a utilisées »

Elle fit le tour de la pièce afin que tout le monde puisse y jeter un coup d'oeil. Puis le jeune homme égocentrique, agacé par son comportement coupa court à la discution.

- « Voilà l'affaire est close. Rétablissez-vous bien et bonne continuation.

- Merci. Bonne continuation à vous aussi » répondit poliment la voyageuse quelque peu surprise.

Sur ces mots, il sortit de la pièce. Son secrétaire le suivit en adressant un discret signe d'au revoir de la tête avant de partir. Lorsque la porte fut fermée, la jeune employée se tourna vers la jeune femme allongée sur le lit et lui sourit gentiment.

- « Bon, je crois que je vais devoir m'en aller, moi aussi, dit-elle alors. Gardons contact ! D'accord ? Vous pourrez toujours nous rendre visite à l'agence ou nous passer un coup de fil et vice versa, reprit-elle et continua sans lui laisser le temps de réagir : Rétablissez-vous bien ! »

Les autres lui souhaitèrent la même chose et la jeune femme les remercièrent, étonnée de ces rapides adieux ou simples au revoir pour certains. Désormais, il ne restait plus que son frère et l'employé de son père. Ce dernier la dévorait des yeux. La voyageuse, gênée, n'osait pas le regarder. Se sentant de trop, le plus jeune inventa une excuse et sortit.

Le jeune homme s'assit sur le bord du lit.

- « Regarde-moi » dit-il après un moment.

Elle rougit et fixa un point invisible le plus loin possible du garçon. Cependant, elle sentit la main de ce dernier pendre son menton pour la tourner vers lui. Elle n'arrivait pas à soutenir son regard.

- « Arina. Il va falloir mettre les choses au clair.

- De quoi tu parles ? Demanda innocemment la voyageuse.

- Ne le fais pas exprès, s'il-te-plaît.

- Laisse-moi tranquille, Ichiro, répondit agressivement la jeune femme tellement mal-à-l'aise.

- Non, Arina ! Maintenant, écoute-moi. Ça fait quelques années que je suis amoureux de toi et tu le sais. Je te l'ai même dis dans le Temple. Mais je voudrais savoir ce que, toi, tu ressens »

Il y eut un silence de plomb. La jeune femme était paralysée. Rien n'y personne ne la forçait à dire quelque chose qu'elle ne voulait pas. Ainsi, elle le repoussa. Cependant, alors qu'elle se redressait pour se lever, le garçon la plaqua contre le lit. Elle ne pouvait plus bouger. Ses yeux accrochèrent ceux du jeune homme. De la détermination s'y lisait.

- « Ichiro ...

- Alors ? »

La réponse restait coincée dans sa gorge. Quelques minutes passèrent sans qu'ils ne prononcent un mot ou qu'ils ne fassent un mouvement. La jeune femme leva lentement le tête et embrassa le garçon en guise de réponse. Elle était décidément lâche.

Puis brusquement, la porte s'ouvrit et le frère de la voyageuse entra.

- « Oh ! Pardon ! Je ne voulais pas vous déranger mais Ichiro, c'est la fin des visites »

Les deux jeunes gens, rouges de honte, (enfin surtout la jeune femme) se séparèrent.

- « Au revoir, Arina. À demain ! »

Elle ne répondit pas trop choquée. Mais alors que le plus jeune sortait de la pièce, le plus vieux se pencha sur elle et lui vola un baiser. Puis il lui sourit en sortant.

Sa vie allait désormais être plus heureuse. C'est sur cette pensée qu'elle ferma les yeux. Mais elle les rouvrit bien vite. Elle avait entendu un bruit. Ce fut alors avec stupeur qu'elle vit face à elle, un vieil homme, aussi surpris qu'elle qui la regardait.

- « Vous pouvez me voir ? »

Un don de médium lui avait été accordé à son plus grand malheur !