Chapitre 8 : Évolution

par Maggie31

Chapitre 8 :


Évolution



- « Réveille-toi ! » cria une voix.

La jeune femme n'arrivait pas à reconnaître la personne. Elle s'agitait dans tout les sens alors que l'ombre essayait de l'immobiliser. La lumière qui passait par la fenêtre n'éclairait pas bien son visage et lui donnait un air encore plus effrayant. Les genoux de la voyageuse atteignirent le ventre de l'individu violemment et le propulsèrent au sol. Elle se redressa. Grâce à la lune, la jeune femme put voir les cheveux d'un garçon puis alors qu'il relevait la tête, elle reconnu son frère qui se massait l'endroit endoloris.

- « T'es pas bien ou quoi ?

- Jun ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? S'étonna la jeune femme.

- Tu criais, répondit le garçon.

- Quoi ? Comment ça ? S'étonna-t-elle encore plus.

- Quand tu dormais, tu n'as pas arrêté de pleurer et crier des noms, expliqua son frère.

- Ah bon ? Je disais autre chose ? s'inquiéta la voyageuse.

- T'as parlé d'un Temple, de monstres, de fantôme, d'une petite fille, d'un truc hanté, je crois et d'un certain Aoi Shizumizu, énuméra-t-il.

- Aoi Shizumizu ? Répéta la jeune femme.

- Pourquoi tu m'as frappé ? Je voulais juste te réveiller » demanda le plus jeune.

La voyageuse ne l'entendit pas, elle réfléchissait. Ce nom lui disait vaguement quelque chose.

- « Arina ? Tu m'écoutes quand je te parle ?

- Hein ? Se réveilla-t-elle puis prenant soudainement conscience de la question de son frère elle répondit. Oui, bien sûr.

- On ne dirait pas.

- Si, c'est bon. Tu disais que je criais, répondit la jeune femme.

- Oui. Mais je t'ai aussi demandé pourquoi tu m'avait frappé alors que je voulais te réveiller ? Alors ? Insista son frère.

- J'ai eu peur c'est tout. Bon alors qu'est-ce que j'ai dis d'autre ?

- Je t'ai tout dis. En fait, tu criais deux noms : Aoi machin et Saki mais ça c'est pas important. Dis moi, pourquoi tu parles de fantômes dans tes rêves ? Déblatéra-t-il.

- Euh ... J-je ... » bafouilla la plus vieille. Elle ne voulait pas lui dire ou plutôt elle avait peur de lui en parler. Après tout, et si quelque chose lui arrivait à cause d'elle ou si cela se retournait contre elle ? La voyageuse ne pouvait être sûr de rien.

Pendant qu'elle se torturait l'esprit avec des questions auxquelles elle n'avait pas de réponse sans qu'elle soit obligée d'agir pour les connaître, son frère la fixa avec un regard caractéristique à sa personnalité. En effet, l'entourage du garçon savaient que lorsqu'il faisait cela c'était qu'il cachait quelque chose ou qu'il était préoccupé.

- « Qu'est-ce qu'il y a ? demanda la jeune femme.

- Rien, répondit son frère.

- Arrête de mentir. Je te connais.

- Bon d'accord ... Je ne sais pas comment te le dire mais il s'est passé un truc bizarre, hésita son interlocuteur.

- Un truc bizarre ?

- Oui. Pendant que tu criais dans ton sommeil, quelqu'un d'autre t'accompagnait.

- M'accompagnait ? Comment ça ? Sois plus clair, Jun, insista la jeune femme.

- Eh bien, quelqu'un d'autre criait en même temps que toi. Un homme ou une femme je ne saurait te le dire. J'avais l'impression que ça venait de nulle part, répondit son frère. Tu crois qu'il y a des fantômes dans la maison et que tu les ressens ? Demanda-t-il après avoir réfléchit, prenant de court sa soeur qui venait de se lever en boitant pour allumer la lumière.

- Je ... » commença-t-elle alors qu'elle avait déclenché l'interrupteur.

La voyageuse s'était arrêtée puisqu'une écriture rouge était inscrite sur tout le mur de sa chambre en face d'elle. La porte, les posters et tableaux n'y avaient pas échappés. Son frère se leva lui aussi et s'approcha lentement. Blanc comme un linge, il regarda sa frangine.

- « J'avais raison ? Demanda-t-il en tremblant légèrement.

- Oublis ce que tu as vu et retourne dans ta chambre. Je nettoie tout ça avant que quelqu'un d'autre le voit, répondit la jeune femme alors qu'elle ouvrait la porte pour le pousser dehors.

- Non, Arina. Je ne peux pas oublier. C'est impossible. Et puis c'est grave ce qui arrive. Dit son frère tout en fermant le panneau de bois. Il avait plus de force que la voyageuse et avait donc réussit à revenir dans la chambre. C'est du sang ?

- Je ne sais pas, soupira la jeune femme. Je ne veux pas te mêler à ça.

- C'est trop tard de toute façon » répondit le jeune homme.

Jusqu'au levé du jour, ils effacèrent le message sur le mur en silence. Chacun était plongé dans leurs pensées.

Puis, le jeune homme regagna sa chambre lorsqu'ils eurent terminés pour ne pas alerter les parents. Ce qui était bien c'était que les enfants dormaient assez loin d'eux et donc ils n'avaient rien entendu. Un bureau, une salle de jeux et deux chambres d'amis avaient été aménagés entre eux. Ils avaient déménagés dans cette maison alors que la jeune femme avait sept ans et son frère six ans. Ils étaient donc assez grands pour se prendre en charge tout seuls la nuit.

Le matin, lorsque le petit déjeuné fut servit dans la cuisine, ils firent comme si rien ne s'était passé. La voyageuse demanda ce qu'allait faire sa mère, l'après-midi, et fut heureuse de savoir qu'elle allait se retrouver seule avec son frère. Ils pourront alors avoir une petite conversation à tête reposée. Elle le regarda discrètement. Il hocha la tête, signe qu'il avait comprit à quoi elle faisait allusion.

La jeune femme alla se doucher, non sans avoir une petite appréhension après ce qui s'était passé auparavant. Cependant, rien d'anormal ne se produisit. Elle revint dans la cuisine et aida sa mère à préparer son sac pour partir l'après-midi. Elle allait à la piscine couverte avec ses amies qu'elle n'avait pas vu depuis deux mois.

Lorsqu'elles eurent terminés, chacune vaquèrent à leur occupation habituelle, c'est-à-dire, pour la jeune femme, à lire son livre. Cependant, elle se rendit rapidement compte qu'il était pratiquement fini. Elle décida donc d'aller acheter la suite le lendemain.

Sa mère et elle allèrent chez le docteur quelques minutes plus tard. Il lui mit une atèle et lui demanda de se reposer un peu.

A midi, le repas fut silencieux. La mère des deux jeunes gens partit rapidement, laissant ses enfants seuls. Ils se regardèrent longuement, réfléchissant à ce qu'ils allait dire. Ce fut le jeune homme qui commença :

- « Tu crois qu'il faut en parler à quelqu'un ?

- Tu dis ça comme si c'était une maladie grave, remarqua la plus vieille.

- Non mais plus je pense à ça plus je me dis qu'on arrivera à rien sans l'aide de quelqu'un, répondit son interlocuteur.

- Tu penses à une personne en particulier ? Demanda la voyageuse.

- Non. Mais peut être que ce serait mieux d'avoir un avis extérieur à nous ou un expert.

- Ils ne vont pas nous prendre au sérieux. À qui veux-tu ... commença la jeune femme.

- Si ! J'ai une idée ! Il y a bien quelqu'un qui pourrait te croire sur parole, coupa son frère.

- Qui donc ? Demanda la soeur perplexe.

- Ichiro, déclara le jeune homme.

- Quoi ?! S'étrangla-t-elle. Tu veux rire ? »

Soudain, la sonnette retentit. Ils se regardèrent et se levèrent pour ouvrir au visiteur. À sa vue, la jeune femme resta scotchée sur place. Son frère à côté d'elle ria doucement et murmura :

- « Quel timing »

Ichiro sourit timidement et s'approcha d'eux. Il ouvrit la bouche mais fut coupé dans son élan par la jeune femme qui s'était tournée brusquement vers son frère.

- « Tu lui as demandé de venir ? T'avais tout préparé à l'avance ?

- Non, pas du tout. C'est juste une coïncidence, répondit-il sérieusement.

- T'es sur ? Demanda la jeune femme puis elle se tourna vers Ichiro et poursuivit. Alors pourquoi es-tu venu ?

- Eh bien, votre père m'a demandé de déposer ça chez vous, balbutia-t-il déconcerté en lui montrant un paquet.

- Bon, au lieu de l'agresser, tu devrais peut être le laisser entré, dit son frère en la tirant en arrière.

- Non, ne vous dérangez pas. Je suis juste passé poser le paquet et ... commença le visiteur.

- Si, tu entres. Nous avons quelque chose à te dire, coupa la jeune femme.

- Ah ! Tu es enfin convaincu ! » S'exclama son frère.

La voyageuse était finalement décidée à tout lui raconter. Si il les prenait pour des fous, tant pis pour lui et tant mieux pour elle, comme ça elle sera enfin débarrassée de lui. Cependant, la jeune femme espérait au fond d'elle-même, qu'il les croit.

La voyageuse referma la porte alors que le jeune homme venait d'entrer. Il les regardait surpris.

- « Viens. Tu peux t'asseoir ici, dit la jeune femme en lui désignant un fauteuil où il pourrait être installé en face des deux autres. Bien, alors maintenant nous avons une question à te poser »

Elle regarda son frère et continua.

- « Sais-tu garder un secret sans que tu juges les personnes concernées ?

- Oui, bien sûr, répondit le jeune homme en face.

- Tu vois ? Je te l'avais dis, intervint son frère.

- Ne sois pas convaincu aussi rapidement, lui répondit la jeune femme. Ce que nous allons te dire est quelque peu bizarre même légèrement farfelu cependant nous avons besoin que tu nous crois pour nous aider, poursuivit-elle en se tournant vers le garçon en face d'elle.

La voyageuse lui raconta tout depuis le début : le Temple, le village, les apparitions et les rêves. Lorsqu'elle eut terminé, elle attendit sa réaction mais elle ne vint pas.

- « Ichiro » l'appela-t-elle.

Il relave la tête. Il avait l'air de réfléchir.

- « Ichiro ? Ça va ? Demanda la jeune femme ce qui réveilla le jeune homme de sa léthargie face à son inquiétude inhabituelle et son attention subite.

- Euh ... Je ne sais pas comment vous aider. Je ne connais personne dans ce domaine. Je voudrais vraiment vous aider mais ...

- Au moins, tu ne nous prends pas pour des fous » répondit le frère de la jeune femme.

Cette dernière se leva brusquement et se mit à réfléchir. Comme sa cheville était blessée, elle ne put faire les cent pas comme elle le faisait souvent dans ces moments-là.

- « Comment peux-tu être aussi détendu ? Demanda-t-elle.

- Ce n'est qu'une façade. Au fond de moi, je suis terrifié.

- Ne te fous pas de moi, répondit la jeune femme.

- C'est la vérité. Et toi, Ichiro ? Comment te sens-tu ?

- Moi ? Je ... hésita-t-il sans répondre à sa question.

- Laisse tomber. Je trouverais un moyen toute seule. Tu peux rentrer chez toi. Toi aussi, tu as l'air d'avoir peur, dit la voyageuse qui comprit qu'il ne voulait pas le dire.

- Qu'est-ce que tu t'es fait à la cheville ? S'inquiéta le jeune homme en la voyant boiter.

- Elle est tomber dans les escaliers, répondit le frère à sa place. C'est encore à cause de cette histoire.

- Tu me fais rire. On viens de le te le dire, ajouta la jeune femme en rigolant doucement. J'ai l'impression que tu n'as rien écouté. Bref, de toute façon ce n'est pas grave. Il vaut mieux que tu oubli.

- Arina. Laisse le digérer tout ça.

- J'aurai voulu ne pas vous mêler à ça » dit-elle l'air pensive en regardant à travers la fenêtre.

L'après-midi se termina et le visiteur rentra chez lui. Ils avaient continués à parler et à essayer de trouver des solutions sans succès. La peur était omniprésente et la jeune femme se demandait si elle n'avait pas fait une bêtise de mettre au courant les garçons et surtout dans cette maison. Mais le problème c'était que les phénomènes étranges se produisaient partout où elle allait et donc cela ne servait à rien de partir d'ici pour discuter de cela. La voyageuse pensa tout de même qu'il était préférable d'en parler à l'extérieur. Sa conscience serait un peu plus tranquille.

La jeune femme était reconnaissante au jeune homme de les avoir cru et de ne pas les avoir pris pour des ahuris. Même si elle s'en voulait de les avoir mêler à cela, elle était soulagée d'avoir du soutient. Ce n'était pas pour autant qu'elle considérer l'employé de son père comme un ami mais elle devait laisser tomber les hostilité pour le moment. La jeune femme se devait de rester tranquille et de le respecter. Elle était si égoïste parfois. Elle était gentille que lorsqu'elle avait quelque chose qui lui plaisait. Enfin cela dépendait des personnes ... En fait, peut être pas. Cela s'appliquait seulement avec le jeune homme. Elle se souvenait qu'un fois elle ne l'avait pas traité comme un moins que rien une journée entière puisqu'il ne l'avait pas dénoncée auprès de ses parents pour une bêtise qu'elle avait faîte. Il avait dit que c'était de sa faute et la jeune femme ne l'avait jamais aussi bien apprécié de toute sa vie.

Le soir, sa mère rentra toute émoustillée et raconta son après-midi à la voyageuse. Le père de cette dernière arriva quelque instant plus tard et comme il ne voulais pas écouter ce que disait sa femme, il s'éclipsa. Le repas fut préparé par la jeune femme qui écoutait sa mère alors que celle-ci étendait son linge mouillé sur un fil dans une pièce à côté. Lorsqu'elle eut fini son récit, la voyageuse prévint sa mère qu'elle sortirait le lendemain. À ce moment-là, son frère entra dans la cuisine.

- « C'est quand qu'on mange ?

- Lorsque tu te décideras à cuisiner, répondit la soeur du tac au tac.

- C'est vrai ça. Tu es le seul qui ne fais pas à manger dans cette maison, enchérie la mère.

- Bon, je m'en vais alors, dit le jeune homme de mauvaise foie.

- Jun, t'es nul ! S'exclama la voyageuse.

- Mouaiff.

- Allez, c'est bon c'est prêt. Emmenez les plats au lieu de vous chamailler » apaisa leur mère.

Ils s'exécutèrent. Le repas se passa tranquillement. Le frère de la jeune femme lui jetait parfois des regards. Il s'inquiétait pour elle ce qui l'énervait au plus haut point. Elle n'était pas en sucre quand même !

Le lendemain, la voyageuse se leva tard et prit un rapide petit déjeuné. Elle se doucha et prépara à manger puisque sa mère était de nouveau absente et son père au travail. Son frère était sur l'ordinateur à jouer à des jeux vidéos. Comme il ne voulait pas être tout seul à la maison (mais ça il ne voulait pas l'avouer), il allait passer son après-midi chez ces amis.

La jeune femme prit le bus pour aller dans la ville d'à côté qui était plus grande et plus attractive que la sienne. Lorsqu'elle marchait sa cheville ne lui faisait plus mal ce qui lui permettait de faire ce que bon lui semblait. Elle se dirigea vers la librairie mais s'arrêta bien vite. La voyageuse s'était soudainement souvenu qu'elle avait oublié d'acheter les cadeaux de Noël pour sa famille. Elle entra donc dans la boutique en face d'elle puis quelques minutes plus tard, elle sortit avec plusieurs paquets sous le bras. La jeune femme slaloma entre les nombreux passant et arriva devant la librairie. Elle trouva rapidement ce qu'elle était venu chercher et paya. La voyageuse était contente puisqu'elle avait fait ses achats de Noël et avait la suite de son livre préféré entre les mains.

Comme elle n'avait plus rien d'autre à faire, la jeune femme retourna à l'arrêt de bus. Cependant, le prochain devait arriver dans les dix prochaines minutes alors elle attendit. Son regard balaya les alentours. Puis soudain, quelque chose l'intrigua. Une enseigne plus exactement. « Shibuya Psychic Research ». Elle s'approcha et sortit son téléphone. Elle composa un numéro.

- «  Ça y est, je crois que j'ai trouvé une solution »