Chapitre 1 : Visite par un Mini Guide

par Maggie31

Chapitre 1 :


Visite par un mini guide



Quelques jours plus tard, la jeune femme et la fillette avaient fait connaissance et ne se quittaient pratiquement plus. La plus jeune avait promit à la voyageuse de lui faire visiter le village chose à laquelle cette dernière n'osa refuser.

C'est alors qu'elles partirent un matin, toutes les deux à la découverte du hameau enfin pour la petite fille c'était une promenade amusante et rare puisqu'il n'y avait pas grand monde dans ce village. La jeune femme put faire la rencontre de la mère de son guide improvisé qui travaillait dans un commerce proche et ainsi elle en apprit un peu plus sur la petite. Le restaurant dans lequel elle était rentré et l'avait vu pour la première, était en fait l'endroit où elle allait jouer avec une petite voisine. Mais par manque de clientèle la famille de cette dernière avait préféré déménager et s'installer dans une ville à vingt-mille kilomètre d'ici. Autant dire que cela avait attristé la fillette mais grâce à la jeune femme qui était devenu sa nouvelle amie, elle avait reprit du poil de la bête comme le disait sa mère.

Après une longue inspection des commerces et du restaurant, elles allèrent « explorer » les rues les plus tristes et sombres du village. D'ailleurs, la jeune femme avait déjà eux l'occasion d'en parcourir quelques unes lors de son arrivée. Sa curiosité avait été si intense ce jour-là qu'elle avait décidé de jeter un coup d'oeil le plus rapidement possible.

La petite fille la mena à un homme qui les saluèrent avec gentillesse. Il leur raconta le jour de la disparition de sa femme non sans effrayer la plus jeune. En effet, la maladie si caractéristique des disparus s'était déclarée juste après leur déjeuné un jour d'été. La vieille femme s'était renversées de sa chaise prise de convulsions, ses cheveux étaient tombés d'un seul coup et ses yeux et ses ongles avaient pris la fameuse teinte de la maladie. De plus, dans sa chute, elle s'était cassé les dents de devant. Le vieil homme, prit de panique, avait crié dans tous le village en quête d'une quelconque aide. Mais lorsqu'il était revenu auprès de sa femme, elle avait disparu.

Ce témoignage était la preuve que la maladie pouvait toucher n'importe quand et n'importe qui. La jeune femme avait demandé au vieil homme si il était possible qu'elle infecte aussi les animaux, se sentant idiote il lui fit comprendre qu'il ne savait pas à travers ses larmes. Puis quelques minutes plus tard, elles reprirent leur chemin en silence.

Vers midi, la petite lui proposa de venir manger chez elle mais la jeune femme refusa gentiment et lui donna rendez-vous devant la mairie du village. Déçu mais heureuse qu'elle lui demande de la revoir après le déjeuné, elle trottina jusqu'au commerce où travaillait sa mère.

La jeune femme retourna à l'auberge qu'elle avait quitté tôt ce matin-là. Elle s'installa à une table et se fit servir à manger. Dès qu'elle eu fini, elle l'indiqua au cuisinier et monta dans sa chambre. Elle regarda son portable et vit qu'elle avait quatre messages. Sa mère et une de ses amies lui demandaient si elle allait bien et si tout se passait comme elle le voulait. La jeune femme ne leur avait pas dit la raison de sa venue dans ce village, enfin, la véritable raison. Elle leur avait parlé d'un voyage qu'elle avait envie de faire pour se changer les idées mais son père n'avait pas été d'accord alors elle était parti du jour au lendemain sans leur indiquer où elle allait. La jeune femme savait que lorsqu'elle rentrerait elle se ferait punir mais elle n'en avait rien à faire. Elle avait quand même dix-huit ans.

À quatorze heure, la voyageuse sortit de l'auberge et alla au point de rendez-vous où se tenait déjà la fillette. Lorsque elle la vit, elle lui sauta dessus. Après les retrouvailles « légèrement » bruyante, elles se remirent à explorer le village sous la directive de la petite. Elle se termina assez rapidement du fait de la petite superficie du hameau mais comme elles s'étaient arrêtée à plusieurs reprises pour discuter avec quelques habitants et commerciaux la « visite » avait durée plus longtemps que la jeune femme ne l'avait prévu. Cependant, les commerces n'étaient pas nombreux, en fait il y en avait trois : une boulangerie, une épicerie et une boucherie. Il n'y avait que les habitants qui les faisait marcher et quelques courageux voyageurs. Le seul restaurant qui restait, tenait tant bien que mal mais la jeune femme pensait que cela ne durerait pas.

Au bout d'un moment, les deux filles étaient arrivées près du bosquet où se trouverait le soit dit en temple des rumeurs alors que la jeune femme émergeait de ses pensées. Un frisson parcouru l'échine de cette dernière qui regardait la cime des arbres bouger au gré du vent. La petite lui expliqua qu'elle n'avait pas le droit de l'approcher et que personne ne viendrait chercher la jeune femme si elle s'y perdait. Cependant, cette dernière décida tout de même d'y jeter un coup d'oeil lorsque la petite fille ne serait pas avec elle.

Elles retournèrent au commerce où travaillait la mère de la fillette et mangèrent un goûter bien mérité. La jeune femme voulut la rembourser mais elle refusa et lui répondit qu'elle était heureuse de voir sa fille s'entendre aussi bien avec quelqu'un.

Les deux amies se retrouvèrent chez la plus jeune et cette dernière raconta à l'autre comment elle passait ses journées avant l'arrivée de la voyageuse. Ses poupées avait été sa seule compagnie après que son amie soit partie et elle en profita pour les lui présenter. Elles passèrent toute la fin de l'après-midi dans sa chambre et le soir venu la jeune femme mangea avec la petite famille. La mère de la fillette et la jeune femme papotèrent de tout et de rien et s'entendirent sur certains sujets d'actualité.

Lorsque l'heure du couché fut arrivé pour la petite, elle fit un caprice pour que la voyageuse reste dormir mais elle fut vite déçu puisque elle voulait retourner à l'auberge pour rassembler ses affaires. En effet, la jeune femme devait rentrer chez elle le lendemain soir et souhaitait profiter de la journée du lendemain pour flâner encore un peu dans le village alors elle préférait faire ses valises le plus vite possible.

La jeune femme avait terminé ses bagages lorsqu'elle prit son bain. Ainsi elle se prélassa dans l'eau puis elle se sécha et enfila un peignoir. Elle se vernit les ongles, se fit un masque de beauté et s'épila. Tout en se pouponnant, elle repensa à la petite fille et au court séjour qu'elle avait passé ici. Court mais agréable malgré l'ambiance étrange et morne. Sa rencontre avec la petite fille lui avait fait reprendre le goût de la vie. La voir tous les jours sourire dans ce village si mortuaire, sombre et oppressant soit-il, lui fit prendre conscience qu'elle pouvait être heureuse malgré les épreuves de la vie.

Soudain, elle entendit un cri de désespoir qui lui fit lever la tête. Elle se rhabilla en vitesse et sortit le plus rapidement possible de la vieille battisse.

Elle se dirigea vers le fond du village tout en suivant la direction du cri qui ne s'arrêtait pas. Plusieurs villageois étaient attroupés devant une maison qu'elle ne reconnu pas tout de suite. Puis tout en s'approchant de celle-ci, elle se rendit compte qu'elle y était déjà passé devant une fois : c'était celle du vieille homme qui avait perdu son épouse. La jeune femme se fraya un chemin parmi la petit foule et vit le propriétaire de la maisonnette tourné vers quelque chose qu'elle ne distingua pas.

- « Ma fille ! Ma petite fille ! » Sanglota une voix au sol.

La jeune femme se penchant en avant et put enfin voir de qui il était question. La mère de son amie était agenouillée par terre et pleurait de toutes les larmes de son corps. Elle prit soudain conscience de ce qu'elle venait de dire.

- « Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda-t-elle alors qu'elle avançait et bousculait un homme d'un âge avancé.

- Il se passe que vous ne devriez pas vous mêlez des affaires des autres, répondit ce dernier.

- Madame Shimizu ? Reprit-elle, ignorant le villageois mécontent de s'être fait pousser sans ménagement.

- Ma fille ... répéta la mère.

- Qu'est-ce qu'elle a ? Que lui est-il arrivé ? S'inquiéta la jeune femme.

Elle regarda autour d'elle. Les habitants du hameau la regardaient d'un air désolé, ce qui la fit paniquer légèrement.

- Madame Shimizu ! Si il est arrivé quelque chose à votre fille, dites-le moi !

- Vous n'êtes pas au courant de ce qui se passe dans ce village ? Des rumeurs ? Des disparitions ? Demanda un des villageois brusquement.

- Qu'est-ce qui vous prends ? Vous vous fichez du sort de cette petite fille ? De voir mourir une fillette ? Vous êtes aussi mou que des mollusques ! Vous êtes blasés par tout ces évènements étranges ou quoi ?!

- Calmez-vous, Mademoiselle ! Répondit un vieillards.

La jeune femme courut jusqu'à la maison de la petite fille et y entra. Derrière le canapé se trouvait des cheveux. De longs cheveux châtains. Ceux de la fillette. La panique lui broya les entrailles lorsqu'elle sortit, bredouille. Elle continua son chemin en croisant des villageois alertés par les cris de la mère. Lorsqu'elle arriva à la lisière du bosquet, elle s'arrêta net en espérant apercevoir la petite et donc de ne pas y entrer. Cependant, elle ne vit personne et observa la cime des arbres qui cette fois était immobile. La petite forêt était encore plus effrayant la nuit, ce qui provoqua de nouveau un frisson dans l'échine de la jeune femme. Puis, soudain, elle prit son courage à deux mains et se mit à courir à la recherche de la petite fille.

Elle avait l'impression qu'elle avait couru pendant des heures lorsqu'elle pensa à la mère de la fillette effondrée parterre. Les villageois avaient été complètement indifférent de leur sort, agités par une curiosité malsaine. Ce qui était étrange puisque lorsqu'ils racontaient le jour de la disparition d'un voyageur ou d'un proche ils avaient l'air touchés et émus enfin ce n'était peut être qu'un masque.

Le temps que la jeune femme trouve la mère de la petite fille et qu'elle arrive dans le bosquet lui avait pris pas loin d'un quart d'heure, ce qui l'inquiéta puisqu'il devait s'être écoulé au plus dix minutes jusqu'à ce que la mère découvre la petite, qu'elle sorte de sa torpeur et alerte les villageois. Donc la fillette devait sûrement être arrivée au temple de la rumeur si il existait.

Ses jambes commençaient à se fatiguer et sa respiration ne suivait pratiquement plus. Ses poumons étaient en feu mais elle résistait et ignorait son point de côté qui la tiraillait. Mais la racine qu'elle n'avait pas vu, l'acheva et lui fit faire un plongeon monumental.

Elle se retrouva parterre, sonnée. Son genou avait cogné un caillou plat et elle ne pouvait plus le bouger. Il était choqué. Le résultat serait le même que d'habitude : un hématome de plus cependant cette fois-ci elle avait plus de mal à ignorer la douleur. Elle leva quand même la tête et scruta l'obscurité. Il n'y avait que des arbres et des buissons aux allures inquiétantes.

Dans un effort surhumain, la jeune femme réussit tout de même à se relever. Elle s'appuya sur un arbre et reprit son chemin. D'arbres en arbres (non, pas comme Tarzan) elle avançait d'une extrême lenteur. Elle n'en pouvait plus.

La voyageuse se laissa tomber, complètement dépitée. Elle n'allait quand même pas abandonner son amie ! C'est une petite fille quand même ! Un bébé ! Elle se mit à quatre pattes et avança encore d'un mètre. Ses jambes et ses bras lâchèrent. Complètement vidée de son énergie elle resta une dizaine de minutes allongée sur le ventre pleurant son désespoir. Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle leva la tête au bout d'un long moment et s'aperçut qu'elle se trouvait devant le fameux temple de la rumeur.