Les filles de leur père

par Jill Kuchiwa

-Vous êtes en retard, adjudant-chef, railla Rina lorsqu’Elizabeth entra dans la pièce. Nous commençons à 8h00 et il est 8h02… Si vous n’êtes pas capable d’être ponctuelle, ce n’est pas la peine d’espérer gravir les échelons !

Elle faisait référence à la fois où Rina était arrivé à peine en retard et qu’Elizabeth lui avait fait quasiment la même remarque. L’adjudant-chef Mustang lui lança un regard assassin, mais la jeune Elric ne cilla pas. La tension fut soudainement palpable et il y eut comme un courant d’air froid dans la salle. Jon retint à grande peine un soupir et observa ses collègues d’un air blasé. Décidemment, elles ne s’entendraient jamais, ces deux-là… Et comme l’adjudant avait balancée Rina, ça n’allait pas s’arranger !

Après quelques secondes d’échange silencieux, l’adjudant-chef se dirigea vers son bureau et se mit au travail.

-On commence par quoi ? demanda Rina en se désintéressant de sa supérieure.

Le colonel Jon avait accepté de prendre l’enquête.

-Déjà, il faudrait qu’on dresse le portrait des personnes qui ont agressé Darrick, répondit ce dernier en désignant l’adolescent du regard.

-D’accord, et c’est qui lui ?

L’adolescente blonde désignait un militaire qu’elle ne connaissait pas, assis à côté de son colonel. Il était très grand et très imposant. Seule une mèche blonde trônait sur son crâne chauve et une moustache cachait sa bouche. A tel point que lorsqu’il se mit à parler, seule sa moustache bougea :

-Pardonnez-moi, je ne me suis pas présenté, déclara-t-il en faisant le salut militaire. Je suis le général de brigade Armstrong.

-Enchanté, je suis Rina El…

Elle ne put terminer sa phrase car les deux puissants bras du général l’entravèrent et la serrèrent fort. Il avait agi si vite qu’elle ne l’avait pas vu venir ! D’ailleurs, elle constata qu’il avait même eut le temps de se mettre torse nu avant de lui sauter dessus !

-Je sais qui vous êtes, Rina Elric, digne fille d’Edward Elric ! s’exclama Armstrong, des larmes de joies ruisselants sur ses joues.

« C’est qui ce mec ?! » se demanda Rina.

Et vu le regard consterné de Darrick et Iyoko, ses amis devaient se poser la même question !

-Vous… me faite… mal… Général

Elle commençait à manquer de souffle et se sentait à deux doigts de tomber dans les pommes.

-Arrêtez ! Vous allez la tuer ! paniqua Iyoko en essayant de libérer Rina des bras musclés.

-Hum ? fit Armstrong en redescendant enfin sur terre.

Il regarda l’adolescente blonde en train d’agoniser dans ses bras et eut l’air de prendre enfin conscience de la situation puisqu’il la relâcha finalement.

-Qu’est-ce qu’il fait ici, ce fou-furieux ? s’énerva Darrick.

-C’est lui qui va réaliser les portraits de vos agresseurs, expliqua Jon.

-C’était donc vous dont le président m’a parler lorsque j’étais à l’hôpital, fit Rina tout en reprenant son souffle.

Elle comprenait mieux pourquoi Roy lui avait assuré qu’il valait mieux qu’elle se remette de ses blessures avant de le rencontrer…

-Commençons ! déclara Armstrong en attrapant un carnet de croquis et un crayon de papier.

Darrick entama une description. Rina se contenta de l’écouter, puisque c’était lui qui avait vu l’homme qui l’avait agressé en dernier. Ses souvenirs étaient donc plus récents et moins flous que ceux de Rina.

-Avez-vous des choses à rajouter, miss Elric ? lui demanda Armstrong.

-Non, je me souviens seulement qu’il était chauve et aussi grand et musclé que vous… Le reste, comme ses yeux et la forme de son visage, je ne m’en souviens pas…

-Est-ce que ce dessin vous dit quelque chose ?

Il lui tendit son carnet et Rina fut stupéfaite du résultat.

-Mais… C’est ça, c’est tout à fait lui… Comment vous avez fait pour réussir à le reproduire aussi bien avec si peu d’informations ?? s’étonna-t-elle.

-C’est un art ancestral de la famille Armstrong !

-Vous m’en direz tant…

Darrick fut ensuite invité à dire tout ce qu’il pouvait sur la femme qui avait tué Hiro. Curieuse, Rina se pencha pour voir le résultat final du dessin d’Armstrong, et son cœur fit un bond dans sa poitrine.

-Je la connais ! s’exclama-t-elle soudainement. C’est la femme qu’on a rencontré avec Prell, celle qui s’était soi-disant fait kidnapper son bébé !

En entendant cela, le sous-lieutenant rejoignit le petit groupe et approuva les dires de Rina lorsqu’il vit le dessin.

-Donc, Hiro travaillait pour ces gens-là ? fit Iyoko en fronçant les sourcils.

-C’est ce que j’ai compris, en tout cas, dit Darrick.

-Vous croyez qu’il savait que j’allais me faire attaquer ? demanda Rina d’une voix tremblante.

-Je pense même que c’est pire que ça, murmura Jon, pensif.

Lorsque tous les regards se tournèrent vers lui, il détailla :

-Je pense que Rina ne s’est pas fait attaquer par cet homme par hasard… Cette histoire de bébé enlevé… Ça a juste été un prétexte pour éloigner Rina.

-Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? questionna Darrick.

Visiblement intéressée par la conversation, Elizabeth Mustang tendit l’oreille afin d’écouter attentivement ce qui se disait.

-Nos ennemis savaient qu’elle est impulsive et qu’elle n’hésiterait donc pas à foncer, expliqua le colonel. Mais pour qu’ils le sachent, quelqu’un à dû les renseigner sur elle…

-Et ce quelqu’un, ce serait Hiro ? voulut confirmer Prell.

-J’en ai bien peur… Tout est lié. Il travaillait pour eux et connaissait bien Rina…

Iyoko détourna les yeux, Rina vit des larmes briller dans ses yeux. L’Ishbal devait avoir le cœur complètement brisé…

-C’est ridicule ! s’opposa Darrick. Hiro n’était pas comme ça ! Dîtes tout de suite que c’était un traître, tant qu’on y est !

-Il faut être ouvert à toutes les possibilités.

-Après, peut-être qu’il n’a pas parlé d’elle avec de mauvaises pensées, tenta de relativiser Prell, toujours optimiste. Il aurait très bien pu parler de Rina, juste comme ça !

Mais personne ne fut totalement convaincu.

-Il faudrait d’abord chercher à comprendre pourquoi ils s’en sont pris à Rina et ce qu’ils lui veulent, dit Jon. Ils ne s’intéressent pas à elle par hasard…

-L’homme m’a dit quelque chose avant que je ne perde conscience, leur apprit Rina, mais je n’arrive pas à me souvenir de ses paroles, j’étais déjà quasiment dans les vapes…

Le colonel hocha la tête, compatissant, avant d’ajouter :

-Et ensuite, Darrick est intervenu pour l’aider et c’est peut-être pour ça qu’ils ont décidé de vous supprimer, Hiro, sa sœur et toi… Ils avaient peur que vous fassiez obstacle.

Rina se crispa. Si c’était vrai, alors leurs ennemis en avaient vraiment après elle… Mais pourquoi ? Qu’avait-elle fait pour ça ?

-N’importe quoi, grommela Darrick en se levant de sa chaise.

Peu après, il fermait la porte derrière lui. Personne ne le retint, sachant qu’il avait besoin d’être seul.

-Pourquoi voudrait-on me tuer ? réfléchit Rina à voix haute, tout en serrant ses mains. Je viens d’une campagne où il ne se passe jamais rien et je suis ici depuis peu temps… Et je ne crois pas avoir fait quelque chose de mal…

-Je ne sais pas s’ils veulent te tuer… Mais ce qui est sûr, c’est qu’ils cherchent quelque chose de précis avec toi, répondit Jon avec douceur.

-Je ferais mieux de donner ces croquis au président, déclara Armstrong, resté silencieux jusque-là.

-Non, je vais y aller ! s’empressa de dire la jeune Elric. J’ai besoin de bouger, de faire quelque chose, là…

Elle attrapa les feuilles avec des mains tremblantes et s’empressa de sortir de la pièce.

-Elle a raison, elle n’a rien fait pour qu’on veuille l’attaquer ou carrément sa mort, fit remarquer Iyoko, il doit y avoir quelque chose d’autre.

-Entrez ! fit la voix de Roy, lorsque Rina toqua à la porte.

-Bonjour président, je vous apporte les portraits de…

Elle s’interrompit lorsque le regard d’une jeune femme en tenue militaire croisa son regard. L’étonnement se lut dans les deux paires d’yeux. L’une bleue et l’autre verte.

-Rina ?!

-Elysia ?! s’étonna la jeune Elric, ahurie. Qu-Qu’est-ce que vous faites là ?

-Eh bien… Je travaille ici…

Certes, question stupide vu ses habits…

-Et toi ? interrogea Elysia en fronçant les sourcils. Je ne savais pas que tu voulais entrer dans l’armée.

-Personne ne le savait, en fait, avoua piteusement Rina en se grattant nerveusement l’arrière de la tête.

S’en suivit d’un rire nerveux de l’adolescente.

-Tu voulais me voir, Rina ? glissa Roy.

-Euh… Oui !

La jeune Elric déposa sur son bureau les croquis, lui expliqua rapidement les liens entre eux et Hiro. Avec la présence d’Elysia, elle préféra ne pas trop rentrer dans les détails. Quand cela fut fait, elle ressortit sans demander son reste.

-Est-ce que tu peux voir si on a quelque chose sur eux dans les archives ? demanda Roy à Riza, en lui tendant les feuilles. Des photos, des profils qui correspondent aux leurs…

-Tout de suite.

Elle prit les dessins et sortit de la pièce.

-Ça alors… Je ne pensais pas qu’Ed accepterait qu’elle vienne là, dit Elysia, encore surprise.

-Il ne l’a pas très bien accepté, justement…

Roy raconta brièvement la réaction de son ex-collègue, lorsqu’il avait appris que sa fille faisait un essai. Un sourire amusé illumina le visage d’Elysia.

-Sacré Ed ! Ça ne m’étonne même pas !

-Et toi ? soupira tout à coup le Führer. Tu es vraiment sûre que tu veux revenir travailler ? Tu ne veux pas prendre encore quelques mois, voire années pour t’occuper de ton enfant ?

-Dîtes tout de suite que vous ne voulez plus de moi, pouffa Elysia.

-Tu sais ce que je veux dire.

-Président, en plus de mes quatre derniers mois de grossesse, vous m’avez déjà forcé à prendre six mois de congés parce que vous saviez que je comptais revenir juste après la naissance de mon fils… Vous comptez me tenir à l’écart combien de temps, au juste ?

-Le plus longtemps possible.

Ce n’était pas nouveau, Elysia et Roy avait très souvent cette conversation.

-Vous savez que je resterais, que ça vous plaise ou non, fit remarquer Elysia avec un petit sourire amusé.

-Ça ne doit pas plaire à ton père, en tout cas. Je ne pense pas que te savoir dans l’armée est ce qu’il aurait voulu…

-Ce n’est pas ce qu’il aurait voulu ou ce que vous n’auriez pas voulu ?

-Elysia… Tu sais que je comprends mieux que quiconque le fait que tu aies intégrer l’armée pour rendre hommage à ton père. Mais tu as un bébé maintenant et si tu veux mon avis, tu lui rends bien plus hommage ainsi, en fondant ta famille. C’est ce qu’il voulait.

-Ce n’est plus seulement une question d’hommage, j’aime ce métier et je ne me vois pas ailleurs… Ma mère l’a accepté et il serait temps que vous l’acceptiez, vous aussi.

Lorsqu’il avait appris qu’elle était entrée à l’école militaire, quelques années plus tôt, son monde s’était effondré. Depuis la mort de son meilleur ami, il avait tâché de continuer à soutenir Gracia et sa fille et ne les avaient jamais abandonnées… Elysia était devenue comme une nièce à ses yeux. Alors, quand il avait appris qu’elle voulait suivre le chemin de son père, cela lui avait certes mis du baume au cœur mais l’inquiétude avait fini par vite prendre le dessus. Dès son entrée au Q.G, il avait alors tout fait pour qu’elle intègre son équipe personnelle, afin d’être sûr de l’avoir toujours à l’œil et d’être prêt à la protéger s’il le fallait.

-Bon, finit par maugréer le Führer, de toute façon, tu auras toujours réponse à tout… Tu tiens décidément beaucoup de choses de ton père ! Mais ne crois pas que je vais te laisser aller tout de suite sur le terrain ! Tu sors quand même de six mois de congés, donc tu vas commencer par les dossiers…

-Je suis déçue, j’aurais aimé un peu de challenge pour mon retour !

Roy ne pût s’empêcher de sourire devant son regard rieur. Quoiqu’il arrive, elle gardait toujours sa bonne humeur… Elle ressemblait tellement à Maes !

-Ne t’inquiète pas, tu l’auras ton challenge avec l’immense tas qui t’attend sur ton bureau… Et à rendre dans deux heures !

-Encore de la paperasse en retard ?

-Tu as deviné.

-Il n’y a pas une minute à perdre, alors ! s’esclaffa-t-elle.

Elle salua son patron et sortit. Quelques minutes plus tard, Riza revint.

-Tu n’as rien trouvé ? devina-t-il en voyant l’air penaud de sa femme.

-Non… Même Scieska n’a jamais vu leur tête dans les archives. Je lui aie laissé les croquis, au cas où…

-Bien.

Puis, il soupira et soutint sa tête dans ses mains.

-Y a-t-il au moins une fille dans cet établissement qui va m’écouter et m’obéir, un jour ? marmonna-t-il.

Hawkeye comprit qu’il faisait allusion à Elysia et Elizabeth… Et peut-être même Rina, aussi.

-Que veux-tu, ça m’a l’air d’être une génération très déterminée ! Elles savent très bien ce qu’elles veulent.

-Ça doit être ça… Enfin, pour Ellie, j’ai surtout l’impression qu’elle est déterminée à me montrer chaque jour qu’elle me déteste de plus en plus.

Une voile de tristesse passa sur le visage de la garde du corps.

-Ne dis pas ça, murmura-t-elle.

-C’est pourtant la vérité. Pourquoi est-elle encore dans l’armée à ton avis ? Tu sais aussi bien que moi qu’elle n’est pas là parce qu’elle le veut.

-Laisse-lui le temps de comprendre.

-Ça fait des années qu’on lui laisse le temps de comprendre.

-Que veux-tu, c’est la fille de son père ! soupira Riza.

-Que… ? Qu’est-ce que tu insinue ? Que j’ai quelque chose à comprendre, moi aussi ? s’étonna Roy.

« Oui… Et des tas… » songea Hawkeye.

Mais elle ne répondit pas et se contenta d’un sourire mystérieux, même malgré le regard interrogateur de Roy.

« En fait, le nom de génération très déterminée ne convient pas assez… C’est plutôt génération filles de leur père ! » se dit-elle, ensuite.

Voilà qui résumait parfaitement la situation !


Le lendemain.

-Rina a appelée aujourd’hui ? demanda Winry à Ed, lorsqu’il entra dans l’atelier.

-Non, pas encore.

-Ou alors, elle est trop occupée à roucouler avec Darrick ! eut le malheur de dire Edwin.

Son père en sursauta.

-Ça ne va pas la tête ? Qu’est-ce qui te fais dire ça ?

-Ba c’est pas compliqué à deviner, en les regardant j’avais l’impression de vous voir, maman et toi !

-Tu veux dire que j’avais mon futur-gendre sous les yeux et que je ne l’ai même pas remarqué ?! s’étonna Winry en ouvrant grand les yeux.

Vexé, Ed frappa son poing contre sa paume.

-L’enfoiré ! Je lui ai pourtant dit de garder ses distances avec elle !

Winry et Edwin éclatèrent de rire.

-On dirait que Papa-poule n’est pas encore prêt à partager sa petite fille avec un autre homme ! se moqua gentiment la mécanicienne.

-Parce que toi tu serais prête à partager ton fils chéri avec une autre femme ? répliqua Ed.

Le visage de Winry se fit plus dur.

-Il faudra me passer sur le corps, d’abord.

Edwin en haussa un sourcil.

« Eh bé… La sœurette et moi, on n’est pas prêt de partir faire nos vies ! » soupira-t-il intérieurement.


**

A l’heure du déjeuner, Rina retrouva Darrick à l’extérieur du bâtiment du Q.G, adossé contre le mur.

-Des nouvelles ? grommela-t-il.

-Rien de nouveau, non.

Ils n'avaient toujours aucune idée de l'identité de la femme aux yeux violets et de l'homme qu'avait tué Hiro. Le matin même, guidés par Darrick, ils avaient fait une expédition dans l'entrepôt où avait travaillé Hiro. Malheureusement, l’entrepôt était complètement vide. Leurs ennemis avaient dû partir faire leur base ailleurs. Tout était à recommencer depuis le début.

Elle eut un court temps de réflexion avant d’ajouter :

-Si ces personnes en ont vraiment après moi, je préférerais faire le plus gros de l’enquête de mon côté. Je n’ai pas vraiment envie d’emmener Iyoko et les autres dans cette histoire, pas tant qu’on n’aura pas la confirmation de leurs réels intentions, en tout cas…

-Ne crois pas que je vais te laisser faire ça toute seule. Hiro était mon frère, je veux aussi comprendre ce qu’il s’est passé.

-Bon, alors allons-y, lâcha Rina en s'éloignant déjà.

Darrick mit un certain moment avant de comprendre ce qu

-Attends... Tu veux y retourner ?

-Ben oui, on ne devrait pas arrêter d'ailler fouiller là-bas juste sous-prétexte que l'entrepôt est vide ! On trouvera peut-être quelque chose cette fois.

-C’est se jeter dans la gueule du loup ! On ne sait même pas combien ils sont au total et je ne suis pas encore assez en forme pour combattre des gens comme eux. Il vaudrait mieux y aller avec ton équipe, au moins qu’ils puissent nous couvrir le temps qu’on mène notre combat de notre côté.

-Je viens juste de dire que je préfère les laisser hors de ça…,rappela Rina.

-Je comprends mais si tu veux vraiment retourner dans leur Q.G, là tu n’as pas le choix.

Vexée, Rina détourna la tête et croisa ses bras avec un air boudeur.

-De toute façon, quoiqu'il en soit, nous ne sommes pas assez fort, fit ensuite remarquer Darrick. On a besoin de s'entraîner.

-On ne peut pas se permettre de partir maintenant, nos ennemis risqueraient d’en profiter pour s’en prendre à l’équipe ! On devrait plutôt s’entraîner en se battant l’un contre l’autre.

-On ne progresserait pas assez vite, il nous faut un entraînement intensif.

-Bon… Je crois qu’il va falloir que je demande à mon père de se déplacer jusqu’ici pour nous entraîner, soupira Rina.

-Ce serait le plus judicieux.

-Je l’appellerai tout à l’heure… Il…

Elle s’interrompit lorsqu’elle remarqua l’agitation qui régnait autour d’eux. Elle tourna alors la tête et vit qu’un nuage de fumée noir s’élevait dans le ciel, au loin. Le visage de Darrick blêmit. C’était là où se situait sa cabane.


Quand ils arrivèrent, le feu avait déjà ravagé la moitié de la cabane et la végétation tout autour.

-Comment c’est possible ? s’écria Rina pendant que des personnes s’affairaient à éteindre les flammes. On a vu la fumée il n’y a que quelques minutes, à peine… Alors qu’on dirait que c’est en feu depuis une heure !

-Quelqu’un a dû mettre une tonne d’essence pour augmenter l’intensité des flammes, répondit Darrick. Et le composant majoritaire de cette cabane est du bois, ne l’oublie pas !

-Une chance que vous n’étiez pas dedans, fit Iyoko, le teint livide devant l’affreux spectacle qui se déroulait sous ses yeux.

-Au rythme où tout a pris feu, vous n’auriez même pas pu sortir à temps, constata Prell en remontant ses lunettes, nullement plus rassuré que sa collègue Ishbal.

-Heureusement qu’Ayame n’est pas là, surtout ! dit le frère adoptif de la fillette.

-A mon avis, le but n’était pas de vous tuer, dit Elizabeth Mustang après un instant de réflexion. Je pense qu’ils veulent seulement vous faire passer un message. Ils savaient que vous étiez en ville et que la petite est ailleurs… Et donc, que la maison était vide.

-Ils savent aussi que vous aidez à l’enquête, approuva Garray en hochant la tête.

-Et peut-être même qu'ils savent qu'on est allé à leur entrepôt ce matin, ajouta Elizabeth.

-Donc, veulent leur faire peur pour qu'ils arrêtiez tout ? demanda Prell.

-On ne va rien arrêter du tout, grogna Darrick.

-Mais vous, vous devriez, dit Rina. Ils vont forcément finir par s’en prendre à vous pour vous convaincre d’arrêter l’enquête, vous aussi… Je n’ai pas envie que quelqu’un meurt, surtout que ça à l’air de me concerner... Si rien que le premier jour finit avec un incendie imaginez ce que ça va être à la fin de la semaine !

-Si les menaces nous faisait peur, on n’aurait pas choisi ce métier ou on aurait arrêté depuis longtemps, fit remarquer Jon. Le sous-lieutenant Prell sait très bien de quoi je parle !

-On a plus le choix, Rina, on doit s’entraîner et à la dure, dit Darrick à l’adolescente.

-Et il ne vaut mieux pas vous entraîner ici, renchérit Garray, vos ennemis pourrait suivre vos progrès.

-Mais si on s’en va, ils profiteront de notre absence pour vous…, commença Rina.

-Nous sommes de grandes personnes, nous savons nous débrouiller, interrompit Jon. Et si ça peut te rassurer, nous allons clamer haut et fort que nous interrompons l’enquête pour le moment, d’accord ? Nous la reprendrons lors de votre retour.

-Vous me le promettez ?

-Oui… Mais en revanche, je veux que vous partiez avec une escorte.

-Pardon ? s’étranglèrent Darrick et Rina.

-Voyons voir…, fit Jon en parcourant son équipe du regard. Mustang et WindStorm, vous irez avec eux.

-Bien, chef, accepta tout de suite Iyoko.

Elizabeth, elle, ne préféra rien répondre.


~*Quelques heures plus tard*~


-Que je vous entraîne, hein ? répéta Ed d’un air songeur.

Rina, Darrick et leur escorte étaient arrivés à Resembool depuis quelques minutes et avaient déjà raconté le problème de l’incendie. Comme il y avait Ayame (qui, heureuse de revoir Darrick, était lovée contre ce dernier), ils avaient omis de préciser que c’était la cabane de Hiro qui avait pris feu, mais Ed avait compris le message.

-Oui, il faut qu’on passe à l’attaque, mais on est encore trop faible pour ça… On a vraiment besoin de s’entraîner, insista Rina.

-Ce serait avec plaisir mais je ne pense pas être celui qu’il vous faut.

-Pourquoi ça ?

-Tu avais raison l’autre jour, je te couve trop. Ce n’est plus avec moi que tu pourras progresser, tu as besoin de t’entraîner avec quelqu’un n’aura aucune hésitation à t’attaquer avec l’intention de te tuer… Et je connais la personne parfaite pour ça !