Bienvenue à Central City !

par Jill Kuchiwa

De ses yeux bleus, l’adolescente regardait distraitement par la fenêtre pour essayer de calmer son excitation. Elle avait tellement hâte d’arriver à Central City ! Elle adorait découvrir de nouvelles choses et visiter de nouveaux endroits… Sûrement dû au fait qu’elle en avait rarement l’occasion. Et puis, ce n’était pas rien, Central City… C’était LA plus grande ville de tout Amestris !

Au bout de quelques minutes, le train ralentit pour finir par se stabiliser complètement. L’adolescente bondit de son siège et fut une des premières à sortir. Sans attendre, elle accourut pour sortir de la gare en faisant attention à bousculer le moins de personnes possible. Une fois dehors, elle inspira l’air à plein poumon, le cœur léger et remplit d’euphorie puis regarda autour d’elle. Elle remonta son jean et réajusta son débardeur bleu marine avant d’enfiler une veste marrons courte (s’arrêtant après la poitrine) mais aux manches longues. Quand elle passa une main dans sa chevelure blonde, elle se rappela soudainement qu’elle n’avait pas eu le temps de se coiffer, étant partit trop rapidement. Elle rassembla alors sa tignasse en une queue-de-cheval haute avant de les tresser. C’était sa coiffure habituelle.

Elle tenait à être présentable pour ce grand jour !

-Bon, il n’y a plus qu’à trouver où est le…

Elle s’interrompit lorsqu’elle vit deux garçons, qui devaient avoir son âge, sortir précipitamment d’un magasin.

-Arrêtez-les ! s’écria la gérante du magasin en essayant de les suivre. Ils m’ont volé plusieurs choses de valeur !

L’adolescente commença un mouvement en avant pour intervenir avant de se raviser. Elle ne voulait pas trop se faire remarquer juste après son arrivée… Surtout que lorsqu’elle s’y mettait, elle n’y allait pas de main morte ! Elle préférait donc aussi éviter de détruire tout de suite la ville… Mais c’était s’il fallait bien avouer que c’était tentant d’intervenir…

Finalement, elle pivota sur ses talons.

« Non. Tu as bien vu ce que ça a fait la dernière fois que tu as voulu mettre ton grain de sel dans ce genre d’histoire ! Et de toute façon, cette ville regorge de soldats ! Ils vont vite se faire arrêter. » se dit-elle, résignée.

Comme pour confirmer ses propos, deux hommes en tenue militaire arrivèrent en courant face à elle et la dépassèrent pour arrêter les adolescents. Mais elle dût ensuite s’empêcher de se retourner pour regarder la scène… Si elle le faisait, elle ne pourrait définitivement plus s’empêcher de participer… Elle adorait l’action !

« Stop ! Tu dois prouver à ta famille que tu es capable de faire preuve de sang-froid et que tu sais rester à ta place ! Et que tu sais aussi être quelque part sans attirer l’attention sur toi… Et aussi que… »

Tout à coup, venant de derrière elle, ce fut l’un des deux voleurs qui la dépassa, en la repoussant violemment. Il fut si rapide que l’adolescente n’eut le temps que de remarquer ses cheveux blonds foncés, presque châtains.

-Pousses-toi, gamine ! s’exclama le deuxième voleur, un brun, en imitant son collègue.

-Gamine ? répéta l’adolescente en grognant.

-Petite ! Ne reste pas ici ! fit un soldat en passant à côté d’elle.

-Pe…

Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. La jeune blonde sortit une paire de gant de ses poches et les enfila. Puis, elle partit à la poursuite des voleurs et soldats. Dés qu’elle fut à proximité des personnes de l’armée, elle tapa ses mains l’une contre l’autre et les posa au sol. Une sorte de cage fut créée et emprisonna les deux soldats.

-Ça, c’est pour m’avoir traité de minus !

-De l’alchimie ? marmonna un des soldats en examinant la cage de terre.

C’était celui qui avait appelé l’adolescente « petite ». Il était assez imposant et semblait avoir un certain sang-froid puisque lorsque l’adolescente repartit à la poursuite des voleurs, il se tourna vers son collègue et ordonna d’une voix calme mais autoritaire.

-Demandez des renforts, sous-lieutenant.

-Tout de suite… (Il porta son talkie-walkie à sa bouche.) Ici le sous-lieutenant Prell, nous avons besoin de renforts !


Une fois assez rapprochée des voleurs, la jeune blonde utilisa l’alchimie pour bloquer le voleur aux cheveux blonds sous la terre et l’immobiliser. L’objet qu’il tenait dans ses mains tomba au sol et l’adolescente se mordit la lèvre quand elle l’entendit éclater en mille morceaux.

« Rien n’est perdu, je le remettrai comme neuf quand j’en aurais fini avec ces deux-là ! »

-Ça, c’est pour ne pas être gênée quand je vais régler son compte à ton pote ! D’ailleurs, il est où ?

Quand elle se retourna, elle découvrit l’autre personne venait juste de dessiner quelque chose sur le sol.

-Un cercle de transmutation ! comprit l’adolescente.

Elle fit un bon sur le côté pour éviter l’attaque.

-Fais gaffe, Darrick ! râla l’adolescent blond, dont l’attaque l’avait presque effleuré. C’est pas passé loin de moi !

-Arrête de te plaindre !

Darrick sursauta lorsque l’adolescente passa à l’attaque. Il s’éloigna et voulut riposter mais l’attaque de la jeune blonde avait détruit son cercle de transmutation.

-Comment elle fait pour attaquer sans cercle de…

Il s’interrompit lorsqu’il découvrit des symboles formant des cercles de transmutations sur les gants de son adversaire.

-Pas bête…, admit-il dans un grognement.

Il n’eut pas le temps de s’attarder là-dessus, puisque qu’elle reprit ses attaques. Il se déplaçait tout en faisant attention au sac-à-dos derrière lui, dont une main le soutenait comme pour amortir le choc de ses esquives. Il devait y avoir des choses fragiles, dedans.

-Tu ne vas quand même pas te faire battre par une fille ? se moqua l’homme immobilisé.

-Tu vas la fermer, Hiro ? s’énerva Darrick.

Tout à coup, la terre s’ouvrit en deux sous ses pieds. Quand l’adolescente referma le trou, seule la tête de Darrick dépassait du sol… Mais la jeune blonde frissonna d’effroi lorsque, sous la pression de la terre, tout ce que contenait le sac-à-dos se brisa.

« Bon… j’aurai autre chose à réparer… »

Ensuite, elle s’accroupit devant lui, ravie de le toiser ainsi et se délectant de la fureur qui se lisait sur son visage.

-On dirait bien que tu t’es fait battre par une fille ! minauda-t-elle. C’est pour m’avoir traité de morveuse…

-Espèce de…

Mais l’adolescente n’eut pas le temps de savourer sa victoire et Darrick de finir sa phrase, puisqu’une voiture arriva en trombe. Deux soldats, un homme et une femme en sortirent et pointèrent leurs armes sur l’adolescente. Ils étaient accompagnés de deux jeunes sergents.

-Ne bouge pas ! lui ordonna la femme.

La jeune adolescente fronça les sourcils, la femme devait être à peine plus âgée qu’elle. Elle avait des cheveux blonds mi-longs et des yeux noirs… Ses sourcils noirs contrastaient complètement avec sa chevelure… Une teinture ?

« C’est pas le moment de penser capillaire » se reprit l’adolescente.

-C’est comme ça que vous me remerciez d’avoir arrêté ces deux personnes ?

-On devrait te remercier d’avoir détruit la place et empêcher deux de nos collègues de remplir leur fonction ?

-Je n’aime pas être dérangée.

-Tu es une civile, tu n’avais pas à intervenir… Emmenez-là ! ordonna-t-elle aux sergents.

-Pardon ? s’étrangla la blonde.

-Nous allons te mettre en garde à vue, expliqua l’homme, silencieux jusque-là. Tu…

-Je n’ai pas le temps, je dois avoir un entretien avec le généralissime, tout de suite !

La jeune femme haussa un sourcil.

-Le président ? Tu avais rendez-vous avec lui ?

-Euh… Ben… Pas tellement mais il doit me recevoir !

-Et tu crois que tu peux venir le voir sur un coup de tête ? Surtout après le cirque que tu viens de faire ?

L’adolescente haussa les épaules. On lui passa les menottes.

-Quel est ton nom ? demanda l’homme tandis que les sergents entravaient les poignets de la jeune blonde. Nous devons prévenir tes parents.

-Je ne dirais ces informations qu’une fois devant le président.


**

L’adolescente regarda la petite pièce d’un air blasé.

-Au moins, j’ai trouvé le QG assez rapidement, relativisa-t-elle en soupirant.

Tout le long du trajet, elle avait refusé de répondre aux questions. Elle se contentait seulement de répéter qu’elle ne parlerait qu’en présence du Führer ce qui avait l’air de beaucoup agacer la jeune femme, qui était apparemment un adjudant-chef.

« Elle doit avoir à peine trois ou quatre ans de plus que moi et elle est déjà adjudant, tsss… »

-Je vais pouvoir sortir quand ? demanda-t-elle à l’homme qui la surveillait.

-Lorsque tu voudras enfin parler, ou quand tes parents finiront par s’inquiéter et lancer un avis de recherche.

Ils entendirent des pas se rapprochés. Lorsque la porte s’ouvrit, l’homme bondit sur ses pieds et s’empressa de se mettre au garde à vous, l’air nerveux tout d’un coup.

-C’est donc la fameuse héroïne anonyme ? lança une voix masculine.

-Oui, approuva une voix (l’adolescente reconnut l’adjudant qui l’avait fait arrêter) et elle refuse de parler tant qu’elle n’aura pas d’entretien avec vous.

-Je suis là, vous savez ! Vous pouvez me parler directement, grommela l’adolescente.

-Toutes mes excuses, j’en oublie mes bonnes manières !

L’homme s’avança vers elle. Il avait quelques cheveux gris qui contrastaient avec sa courte chevelure d’un noir de jais. Son manteau noir, par-dessus sa tenue bleue de l’armée, le rendait imposant.

-Tu as demandé à me voir, me voilà. Tu n’as plus qu’à parler.

-C’est vous, le président ? Hum… Rien ne me prouve que vous le soyez vraiment. Je ne vous croirais que lorsque nous serons dans votre bureau.

L’adjudant, agacé, posa sa main sur son arme.

-Calmez-vous, adjudant-chef ! gronda sévèrement le Führer.

-C’est vrai, adjudant-chef, calmez-vous, lança impertinemment l’adolescente. Mes mains sont menottées et vous avez mes gants, je suis inoffensive.

-Tes gants ?

-Elle utilise l’alchimie grâce à un cercle de transmutation dessiné sur des gants, expliqua l’adjudant-chef.

-Ce sont mes mains qui sont menottées, pas ma bouche. Je peux répondre par moi-même, râla l’adolescente.

Le président l’observa attentivement. L’adolescente eut la désagréable impression d’être analysée. Puis, une lueur amusée fit pétiller le regard du président et il éclata de rire.

-Mademoiselle à son caractère… Bien, ouvrez-lui la porte !

L’adjudant en sursauta.

-Président ! Vous n’allez pas…

-Vous trouvez qu’elle à l’air dangereuse, adjudant-chef ? Elle voudrait me tuer, je pense qu’elle s’y serait prise autrement qu’en se faisant ainsi remarquer !


**

-Es-tu satisfaite ? demanda le généralissime après s’être installé derrière son bureau.

L’adolescente hocha la tête. Le Führer remarqua que son regard était encore remplit de méfiance.

-Maintenant, j’aimerais que tu me dises ton nom.

Il ne put s’empêcher de sourire. En réalité, il avait deviné depuis un petit moment déjà l’identité de l’adolescente. Il l’avait deviné rien qu’au premier coup d’œil avec son physique, et cela s’était rapidement confirmer avec son caractère. Mais même malgré ça, il mourrait d’envie d’entendre la confirmation de la propre bouche de son interlocutrice. Cette dernière planta son regard dans celui du Führer, la tête haute. Le sourire du président s’élargit : Il ne connaissait que trop bien ce regard !

-Je suis Rina Elric, déclara-t-elle fièrement en bombant le torse. Et je viens vous faire une proposition.