Chapitre 3

par Resha Tsubaki

Within Temptation - World of Make Believe : http://www.youtube.com/watch?v=lATeT9wXvfk



Roy se leva, pourtant sa tête le faisait atrocement souffrir, il lui fallut un certain nombre de minutes avant de parvenir à conserver un certain équilibre. Sa décision était prise, il exécuterait cette mission. Il mettrait fin aux jours de cet homme. De celui que Hawkeye aimait… Même avec sa lâcheté, il n'espérait pas la récupérer en contre-partie. Quand bien même elle lui ait menti, il ne pourrait jamais faire cela… Vraiment ?

On lui avait précisé à travers le téléphone qu'une personne avait été vue à ses côtés… Sans doute elle… Elle serait donc réellement coupable. Cette promesse, sa loyauté, tout n'aurait donc été que mensonge ? En réalité, c'était cela qui était le plus douloureux… Savoir qu'elle l'avait trompé depuis toujours. Que celle sur qui il s'était appuyée durant les périodes difficiles, comme à la mort de Maes, ne l'avait fait que pour accomplir sa mission initiale. Elle n'était même pas ne serait-ce qu'une amie.

Une réalité flagrante s'imposa face à lui : il était seul. Le colonel Roy Mustang était seul. Il ne pouvait compter sur personne, même pas celle qu'il aimait, puisqu'elle jouait avec sa foi, ses sentiments depuis le départ. Le monde était injuste. Et cruel. Ou bien étaient-ce les êtres humains ? Cela faisait partie de leur nature, de toutes façons, de tromper les autres pour leur seul intérêt. La valeur humaine n'existait pas, cela n'était qu'un leurre pour les plus faibles. Et dans la nature, seuls les forts survivaient. Cette vérité était tout simplement écrasante. Pourtant, Mustang n'avait pas envie de se faire écraser. Ou du moins pas par elle. Il retrouverait sa dignité, et à ce moment-là elle s'en mordrait les doigts.


La nuit était assez avancée, il devait être dans les environs de minuit, une heure du matin. Le grand brun ténébreux n'en savait rien, il n'avait pas songé à regarder l'heure, même s'il portait sa montre d'argent d'alchimiste d'Etat à son côté. Il n'avait pas envie de savoir l'heure. Il n'en avait pas besoin. Cela n'était qu'une invention futile de l'homme pour maîtriser le temps. Or, personne n'en avait la capacité. Peu importent nos efforts, il glisserait toujours à travers nos doigts. Les siens arboraient déjà ses éternels gants blancs brodés au fil rouge, lequel représentait un cercle de transmutation sur chaque dos de ses mains. Un petit frottement, et des flammes jaillissaient. En fonction de la vitesse, cela pouvait être une misérable étincelle autant qu'une immense explosion. Le tout était de garder le contrôle, plus que tout.

Une petite brise s'opposa à lui, glissa à travers ses cheveux d'ébène, il n'y fit pas attention. Seul son objectif occupait la totalité de son esprit à cet instant précis. Il avait décidé de se rendre à l'endroit désigné à pied, il ne savait pas très bien conduire, et avec son taux d'alcool dans le sang, il mourrait avant de tuer son assaillant. Quelle ironie, dirions-nous. Non, son heure n'avait pas encore sonné. Il comptait vivre encore longtemps.


Roy arriva enfin à la cachette de Gravier. C'était une petit maison dans un endroit plutôt vide, cela faisait des témoins en moins. Les choses lui étaient facilitées, il se trouvait devant le seuil de la porte, avec elle. Ils s'embrassaient. Il ravala une bouffée de colère puis s'approcha d'eux, silencieusement.



Riza savait, à présent. François tentait de déstabiliser des membres haut-placés corrompus. Ceux-ci s'en prenaient à lui en lui attribuant l'étiquette de terroriste. Il n'était donc pas quelqu'un de mauvais… Comment avait-elle pu douter, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, de lui ? Comment avait-elle pu laisser ces membres de l'armée tromper son jugement ? Elle seule devrait pouvoir en décider…

Elle l'aimait. Plus que tout. Elle se demandait tout le temps comment elle avait pu vivre deux ans sans lui. Malheureusement, elle ne pouvait pas disparaître à son tour pour l'aider. Il avait précisé que si elle souhaitait lui venir en aide, le mieux serait qu'elle conserve son poste, et puisse surveiller les choses de l'intérieur. Bien sûr, elle avait accepté.


François remarqua la présence de l'intrus avant Hawkeye, puis rompit leur baiser, gardant son air d'amant qu'il savait si bien exploiter, et qui s'avérait plus qu'utile envers elle… Décidément, qu'est-ce qu'elle était stupide, comme femme… Mais elle pouvait s'avérer être utile.

« Riza… Tu m'aideras ?

- Oui… Je ne veux plus être séparée de toi.

- Même si tu dois te salir les mains ?

- Les détails m'importent peu.

- Alors tue-le. »

La jeune femme aux yeux rouges se retourna et se pétrifia à la vue de son supérieur. Cependant, son cœur prit le dessus, et elle se positionna devant son amant, tout en brandissant son arme vers le colonel. Elle n'avait même pas réfléchi. Or, à présent qu'elle s'était arrêtée, l'homme aux yeux noirs en joue, elle ne parvenait pas à aller plus loin. Il le fallait, pourtant, sinon il le tuerait. Et elle se retrouverait à nouveau toute seule.

D'un autre côté, elle ne pourrait pas le tuer. Même s'il n'avait pas encore atteint le sommet de la hiérarchie suite à la défaite de Bradley et de Père, il le pouvait encore. Ce serait même plus facile dorénavant. Si elle le tuait, jamais on ne pourrait l'appeler führer ou généralissime. Il y aurait écrit sur sa tombe : Colonel Roy Mustang, 1884 – 1915. Y aurait-il le 'mort en service' ? Peut-être qu'il se trouvait en face d'eux suite à un ordre du quartier général de Central… Peut-être François avait-il été localisé. Peut-être l'avait-on envoyé pour le tuer. La dernière supposition était plus que probable. Mais elle ne le laisserait pas faire. Elle avait tout sacrifié pour lui, il pouvait bien lui laisser cela.

Le colonel Mustang était tout de même un ami, Riza tenait à lui. Elle ne désirait pas le tuer, même si François passait en premier à l'échelle de ses priorités. La situation s'avérait complexe : des deux, un seul survivrait. Le choix reposait entre ses mains. Lequel devait-elle sacrifier ? Avec lequel allait-elle bien avancer, à l'avenir ? Serait-elle la fiancée de François Gravier ou bien la subordonnée de Roy Mustang ? Elle ne savait pas… Elle avait des raisons très valables pour garder les deux en vie… La mort de n'importe lequel la détruirait. Elle le savait.


Une odeur vint lui chatouiller les narines. Une senteur d'alcool. Cela la pétrifia, avant de laisser un accès de colère lui remonter à travers la gorge. Voilà donc la raison pour laquelle elle n'avait pas vu l'alchimiste de flammes en sortant de la salle d'interrogatoire. Il s'était lâchement enfui et avait passé son après-midi à se bourrer la gueule tout en couchant avec des prostituées. Non mais c'était une blague ! Elle était en train de rêver, c'était cela ? Il se foutait d'elle ou quoi ? A cet instant précis, la femme tiraillée entre deux options fut presque à même de tirer. De choisir le talentueux colonel de l'armée d'Amestris. Or, elle fut interrompue par sa voix, qui se voulait méprisante, presque agressive, ce qui la choqua.

« Baissez votre arme, lieutenant. »

Riza écarquilla presque les yeux, tellement ce ton la surprit. Ce n'était pas lui qui parlait, n'est-ce pas ? Il ne s'agissait que du fruit de son imagination ? Elle remarqua que son regard avait changé : il semblait plus déterminé encore, presque haineux, puis il leva sa main gantée. Il comptait donc le tuer… Allait-il faire en sorte que les flammes l'emportent elle aussi ? D'un côté, ce choix n'était pas si mauvais. Autant mourir à ses côtés…


Derrière la belle jeune femme à la chevelure blonde, François souriait. Tous les obstacles allaient être éliminés, puis il pourrait reprendre son but, qui n'était pas bien joli à imaginer… Son sourire, qu'aucun des deux n'était dans la possibilité de voir, l'une car elle avait le dos tourné, le second en raison de l'obscurité de la nuit, reflétait son sadisme. Il utilisait les gens comme bon lui semblait, sans se soucier des conséquences.

« Tue-le, Riza. »

Il savait utiliser le ton auquel elle n'était jamais capable de refuser. Son ancienne fiancée était forte aux yeux de tous, toutefois il savait comment s'y prendre pour la manipuler… Qu'elle soit amoureuse de lui était vraiment un avantage à ne pas négliger. Avec cela, il avancerait encore plus vite dans ses projets. Elle pouvait faire preuve d'une telle naïveté… Elle ne s'était pas doutée un seul instant que tout n'était que mensonge. Quelle idiote…


Riza eut la conviction que le monde s'arrêta au moment où elle tomba à la renverse suite à une attaque de Roy. Celui-ci n'eut pas l'objectif de la blesser, seulement de l'écarter du chemin. A présent, le disciple de son père avait le champ libre en direction de François. Elle ne parvenait pas à bouger, elle était pétrifiée. Elle ne parvenait plus à bouger le moindre doigt. Toutes ses pensées affluaient en masse.


Ce fut dans l'impuissance qu'elle vit le feu s'abattre sur son ancien fiancé.


D'abord tremblante, incapable de réaliser ce qu'il venait de se passer, Hawkeye s'approcha du corps calciné au bout de plusieurs instants, puis elle pleura, hurla. Elle l'appela en vain, comme si prononcer son prénom avait la faculté de le ramener. L'univers s'écroula pour elle. Elle aurait souhaité pouvoir vivre une vie normale avec lui. Loin de l'armée. Loin de tout. Puis connaître cette notion du bonheur…


Roy regarda son premier lieutenant se lamenter au-dessus du cadavre non reconnaissable de sa récente victime. Il savait au fond de lui-même qu'elle ne pleurerait jamais ainsi pour lui. Elle contiendrait ses larmes qui n'auraient jamais eu l'ombre de l'idée de couler. A présent, la femme qui faisait battre son organe vital souffrait, par sa faute. Néanmoins, il lui avait semblé avoir vu cet homme sourire, tandis qu'il se trouvait derrière elle.

Il tourna les talons pour partir, la laisser ainsi, lorsqu'un déclic qu'il reconnaitrait entre mille résonna dans ses oreilles. Il arrêta le pas, sans pour autant se retourner.

« Navrée, colonel, mais je ne peux pas vous laisser partir ainsi. Je dois tenir ma promesse. »


Riza faisait pitié à voir, des larmes coulaient, son corps était secoué de spasmes. Elle tenait tant bien que mal son revolver en direction de l'assassin de son fiancé. A présent qu'il l'avait tué, elle ne pouvait pas lui pardonner. Oui, elle pourrait tirer, cette fois. Le laisser reposer dans le néant. Puis se donner la mort par la suite. Ainsi se serait achevée la vie de trois personnes au même endroit, à quelques minutes d'intervalle.

« Je n'ai fait qu'obéir aux ordres. Je suis une arme, lieutenant. Vous n'en êtes pas une. »

Ces paroles résonnèrent dans sa tête. Qu'est-ce qu'il en savait, de ce qu'elle ressentait ? De ce qu'elle allait devoir traverser dès à présent ?! Il se foutait d'elle. Elle ne le laisserait pas faire. Sa main trembla, elle finit par lâcher son arme. Même avec toute sa volonté, elle n'y arrivait pas. Pourquoi ne pourrait-elle donc jamais tuer Mustang ? Pourquoi était-elle si faible ?


Lorsque le pistolet rencontra le sol, il continua son chemin, la laissant seule. Elle pleura toutes les larmes de son corps, avant de rentrer chez elle. On n'entendit plus parler d'elle durant les deux semaines qui suivirent.



Roy s'était torturé l'esprit pendant ces deux semaines. Une question l'obsédait : pourquoi avait-elle hésité, à ce moment-là ? Pourquoi ne l'avait-elle pas tué ? Il représentait un obstacle à cet instant précis, dans leur parcours. Serait-il possible qu'elle fût innocente depuis le début ? Qu'il s'était ainsi trompé ? Tout cela ne serait donc qu'une machination, un complot ?

Décidé à trouver le fin mot de cette histoire, il s'était concentré sur cette affaire, et était bien déterminé à faire éclater la vérité, une fois qu'il l'aurait découverte. Ce fut ainsi qu'il arrêta de boire et de fréquenter ces bordels. Ce fut dur, au début, mais l'idée de lui venir en aide l'aidait à avancer.

Avec le soutien de son équipe qui ne souffla mot à propos des accusations envers leur cher lieutenant, il découvrit la vérité en remontant sur les historiques des coups de fil, des lieux où François Gravier s'était rendu. Ce fut de cette manière qu'il repéra un lien entre lui et le général Milord, qui possédait une influence monstre. Ainsi donc, cela aurait été mis en scène par cette personne… Cette même personne qui l'avait mis en garde contre une éventuelle taupe quelques temps auparavant, peu de jours avant l'arrestation de sa chère subordonnée. Tout avait été préparé : le lien entre l'accusée et le criminel, les soupçons, les éventuelles preuves… Tout ceci aurait été préparé depuis longtemps, de ce fait, puisque Riza et Gravier se connaissaient depuis quatre ans… D'après les informations qu'il avait réussi à obtenir, il aurait reçu l'ordre d'éliminer celui-ci car sa présence devenait gênante pour le général…

Avec son meilleur charisme, le colonel Mustang fit éclater la vérité à tous le jour du procès, innocentant ainsi la jeune femme au regard de faucon. La nouvelle lui avait été transmise, et une demande de mutation lui avait été parvenu peu de temps par la suite… Cela n'était pas étonnant, suite à cette nuit… Elle lui en voulait plus que tout, il ne pouvait pas le lui reprocher. En revanche, il avait décidé d'aller la voir. Il devait lui parler. Savoir si elle savait quelque chose de toute cette affaire… Et aussi pour mettre les choses au point.



Riza Hawkeye n'avait quasiment pas bougé durant ces quinze derniers jours. Elle s'était assise contre un mur, et ne touchait que très peu à la nourriture, son poids en avait subi les conséquences, à présent elle avait bien maigri. Black Hayate lui-même endurait les contrecoups, il n'avait presque jamais de la pâté dans sa gamelle. Mais il n'en voulait pas à sa maîtresse pour autant, et tentait de la consoler en se pelotonnant contre elle.

Elle ne répondit pas en entendant les coups contre sa porte, ses yeux toujours perdus dans le vide. Pourtant, lorsqu'elle aperçut le colonel, après qu'il fut entré par lui-même, elle se leva brusquement, toujours collée au mur, en brandissant son arme à feu, qu'elle pointa sur lui. Elle ne pouvait pas lui pardonner.

« Qu'est-ce que vous faites ici ?! Cracha-t-elle.

- Je suis venu vous parler. Et comprendre ce qu'il s'est réellement produit. »

Elle le fixa d'un regard assassin lorsqu'elle nota qu'il n'avait pas bu. Sans doute depuis une certaine période, il paraissait tout à fait sobre, et pas en manque. Aucune odeur d'alcool ne flottait autour de lui. Elle se détendit un peu, sans pour autant faillir à son regard de feu.

La jeune femme blonde ne répondit rien, sans le quitter des yeux. Qu'est-ce qu'il voulait, à la fin ? Il avait vraisemblablement mené son enquête, il savait ce qui s'était produit, on l'avait accusée à tort. On lui avait uniquement précisé que Milord et François étaient en collaboration, elle avait deviné par elle-même que le premier avait décidé de s'en prendre à elle dans le but de s'affaiblir au second… Or, elle ne connaissait pas la vraie vérité…

« Je ne vous cache pas les doutes qui m'ont assailli pendant un certain temps… J'aimerais que vous me racontiez ce que vous sachez. Quelques personnes doutent toujours de votre innocence, je voudrais les faire taire. »

Comment parvenait-il à parler aussi calmement, après ce qu'il avait osé commettre ? S'il était si proche de ses subordonnés comme il le prétendait, alors pourquoi restait-il de marbre face à cet acte ? Pourquoi ne s'excusait-il pas uniquement ? Elle en avait assez…

« Et qu'est-ce qui vous dit que je suis innocente ? Répliqua-t-elle avec sarcasme. Vos preuves peuvent être fausses, après tout je suis la coupable idéale, ne l'oubliez pas. »

L'expression de Roy changea, il s'approcha vers elle et se positionna devant elle, puis plaqua ses mains de chaque côté de sa tête contre le mur, tout en la regardant dans les yeux. Elle se retint de dévoiler sa surprise en conséquence de ses gestes, qui étaient pour le moins inattendus. Riza jouait avec lui, il l'avait parfaitement compris. Elle ne voulait pas de son aide. Elle voulait qu'il disparaisse. Elle désirait être seule à nouveau, à ruminer ses pauvres pensées.

« Vous m'auriez donc menti pendant quinze ans ? » demanda-t-il.

Elle soutint son regard, sans pour autant répondre. Il n'y avait rien à répliquer. Qu'il cherche la réponse lui-même, le graaand colonel Roy Mustang trouvait raison à tout, de toutes façons, n'est-ce pas ? De plus, là n'était pas la question. C'était ridicule qu'il soit venu ici exclusivement pour l'interroger sur ce fait-là. Il s'était débrouillé tout seul ces deux dernières semaines pour son procès, il n'y avait aucune raison pour que son point de vue soit utile maintenant.

Il y avait autre chose. Son supérieur officiel n'aborderait sans doute pas le sujet par lui-même, c'était donc à elle de le faire. De lui poser cette question. Elle avait énormément utilisé le mot 'pourquoi' récemment, pourtant celui-là lui paraissait plus important que les précédents. Comme si sa vie en dépendait, d'un côté. Cet aspect était certainement véridique. Si elle avait tenu entre ses mains la décision de vie et de mort entre le colonel et François peu de temps auparavant, à présent ce premier détenait la sienne. Qu'elle vive ou qu'elle meurt ne dépendait au final que de la réponse qu'il lui procurerait. Quel genre de réplique lui permettrait de survivre ? Quelle catégorie d'explication la précipiterait vers la mort ? C'était tout à fait stupide de s'imaginer ce genre de choses, si elle-même ne savait répondre à ces deux énigmes.

« Pourquoi ? » réussit-elle enfin à demander, d'une voix tremblante.

Une expression de stupéfaction se dessina sur son visage. Bien sûr, il aurait dû s'attendre à ce que cette question vienne. A présent qu'il avait tué son ancien fiancé, il se devait d'assumer les conséquences, quand bien même il ne le souhaitait assurément pas.

Le regard rouge de la jeune femme s'intensifia, tandis que le noir du jeune homme commençait à fuir. Elle ne le laisserait pas se défiler, il avait intérêt à répondre, il ne quitterait pas son appartement avant cela. Elle rassembla ses forces pour répéter sa question, cette fois d'un ton plus ferme, convaincant. Cela eut pour effet qu'il la regarde un instant dans les yeux, avant de marmonner quelque chose, il cherchait vraisemblablement ses mots. Eh bien qu'il les trouve, elle attendrait.

Hawkeye ne tenait plus son index au niveau de la gâchette du revolver, ses deux mains s'agrippaient au manche, l'objet meurtrier de métal butait contre le torse de Mustang, elle le conservait afin d'affirmer sa détermination, de ne pas perdre la face.

Celui-ci s'approcha d'elle. Elle s'attendait à tout, qu'il lui murmure à l'oreille, qu'il se cogne la tête contre le mur, vraiment à tout, sauf à ce qui était sur le point de se produire.

Ce fut avant qu'elle ait eu le temps de s'en rendre compte que leurs lèvres se rencontrèrent. Au lieu de parler, Roy l'embrassait. Sa surprise fut telle que ses yeux s'écarquillèrent, elle en lâcha son arme à feu qui tomba avec un bruit sec au moment où elle rencontra le sol. Étant plus massif qu'elle, elle eut du mal à le repousser, néanmoins, dans un élan, elle parvint à lui asséner une baffe sur la joue. Elle était hors d'elle.

« Je ne suis pas… Comme ces… Filles avec lesquelles vous sortez, et que vous jetez comme des mouchoirs ! »


L'alchimiste de flammes ne savait pas ce qui lui avait pris de commettre cet acte. Ils s'étaient retrouvés si près, et… Ceci était la seule réponse qu'il était en mesure de lui donner. Il resta un instant la tête tournée suite à la gifle qu'il avait reçue, puis se retourna pour sortir de l'habitation de celle qu'il désirait, avant de souffler, au passage :

« Maintenant, vous savez. »

Il referma la porte, son cœur était brisé, éparpillé en mille morceaux. Comment avait-il pu imaginer un seul instant qu'elle aussi l'aimait ? Le contraire était tout à fait évident. A trop jouer avec le feu, on finit par se brûler. Et sa brûlure était assez moche à voir. Cependant, il semblerait que ce fut l'unique moyen pour lui faire enfin comprendre la réalité…

Le poignard fut encore plus enfoncé dans la plaie toujours vive au moment où il entendit des pleurs. Il l'avait encore fait pleurer. Il n'était qu'une mauvaise influence pour elle… Où qu'il soit, quoi qu'il fasse, il la rendrait malheureuse… Alors le mieux serait qu'il s'éloigne.