Chapitre 5

par Jayisha


Chapitre 5


Kyô eut beau retourner, retourner et encore retourner cette déclaration dans sa tête, il ne comprit toujours pas. Non pas le sens de la phrase en elle même, ça il avait fini par saisir, mais la raison pour laquelle elle avait été proférée. Yûki et lui? Un couple? Quelle bonne blague! Quelle que soit la façon dont il abordait les choses, au final, les paroles de Momiji lui paraissaient toujours inadéquates. Impromptues. Insensées. Dérangeantes aussi. En clair, aucunement logiques.


Le roux jeta un rapide coup d'oeil à la silhouette de Yûki. Il soupira. Stupide. C'était définitivement ridicule. Comme si... Un deuxième soupir lui échappa. Kyô décida de reléguer ces propos agaçants dans un coin reculé de sa mémoire. Il n'allait pas s'embarrasser avec ce genre de pensées parasites.

Le maudit du chat reprit son chemin à destination du salon et une fois arrivé, il se hâta d'annoncer le dîner. Ceci fait, il fit précipitamment demi tour. Yûki était capable de saboter involontairement le repas....


La soirée s'écoula lentement, sous les rires de certains et sous les marmonnements d'autres.


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Kyô poussa un juron et chiffonna sa énième feuille de papier. C'était la cinquième fois qu'il recommençait son mémoire. Il avait pourtant toutes les infos pour démarrer, un plan qui avait été validé par le professeur qui leur avait demandé ce travail et de la bonne volonté! Malheureusement, chaque fois qu'il commençait à rédiger, quelque chose ne lui plaisait pas. C'était un comble! Tout était là! Les idées, la détermination... Il avait même déjà en tête des passages qu'il comptait mettre dans ce fichu devoir! Le professeur qui le suivait comptait jeter un coup d'oeil à son travail dans à peu près une semaine. Il avait encore le temps. Mais entre ses autres matières, son travail personnel, les tâches ménagères et les cours de cuisine de Yûki, son délai serait fini avant qu'il ne l'ait vu venir. Il était dans de beaux draps. Mais surtout, il était profondément agacé de n'arriver à rien. Son irritation s'accentua lorsqu'une voix demanda :

« Kyô, t'es prêt pour ma leçon? »


Le dénommé serra des dents pour s'empêcher de gueuler avec véhémence contre Yûki qui venait de l'interrompre dans son apitoiement intérieur. Il ne dit rien, et face à cela, l'argenté s'assit en face de lui et planta ses yeux métalliques dans les siens. Kyô se sentit un peu plus apte à répondre lorsqu'il constata qu'une froideur agacée commençait à prendre place dans les pupilles de son cousin. C'était étrange mais lorsque le maudit de la souris le toisait ainsi, l'air de dire « Je ne serai pas capable de supporter un autre de tes stupides actes d'ignorance. Si tu ne me réponds pas ça va barder. », il ne pouvait s'empêcher d'être amusé. En général il préférait ignorer la mise en garde, s'exposant ainsi à la fureur vengeresse d'un jeune homme enragé, mais aujourd'hui, il n'avait pas de temps à perdre en bagarres futiles. Il respira donc calmement avant de souffler :

« Je peux pas aujourd'hui. Je sais pas si t'as remarqué mais je bosse. »

« Parce que tu appelles balancer des boules de papiers dans une poubelle, bosser? »

L'ironie mordante du ton n'échappa pas à Kyô. Cependant, il n'était vraiment pas d'humeur à rentrer dans le jeu de l'argenté. Il articula donc :

« Si tu veux... Bon maintenant, j'aimerais bien bosser tranquille donc si tu pouvais- »

« Fais voir. »

« ... Hein? »

« Laisse moi voir ce que tu fais crétin. »

« ... Ne me dis pas que- »

« Je vais t'aider. »

Un « Hein!?! » choqué suivit ces paroles. Kyô ouvrit des yeux scandalisés lorsque le maudit de la souris saisit divers document qui jonchaient ça et là la table en bois avant de les consulter d'un regard aguerri. Le roux se reprit pourtant bien vite en reprenant possession des feuillets que son cousin lisait. Il grinça alors :

« Me fais pas chier Yûki. Je suis vraiment pas d'humeur. Si c'est une blague, elle est pas drôle du tout. »

« Qui te dit que je me moque? »

« Où t'as vu que j'accepterais que tu m'aides? »

« Je m'en fous. Et toute façon, c'est pour moi que je le fais. »

« Tu m'expliques ta logique? »

« Si je t'aide et bien je pourrai avoir ma leçon. »

« ... »

« Tu crois vraiment que je me serais abaissé à faire ça pour une autre raison? Me fais pas rire... Allez donne moi ça. »

Kyô fixa son regard sceptique sur Yûki. Il le dévisagea méthodiquement et longuement, cherchant une quelconque trace de fourberie dans ses pupilles cendres. Son examen dura bien quelques minutes. Au bout d'un moment il soupira, et il tendit les documents à un maudit de la souris plus que satisfait.


Le roux lui expliqua succinctement le but de son travail et commença alors une collaboration ardue. Ardue car un être studieux comme Yûki avait des objectifs de travail très ambitieux. Des objectifs comme la perfection ou la presque-perfection par exemple.... Lorsque Kyô argua que ce n'était pas justement SON travail et qu'il n'avait donc pas à se fouler autant, l'argenté le contredit en lui affirmant que comme il lui donnait un coup de main, il n'accepterait pas de faire dans le médiocre.


La coopération des deux cousins se solda par l'écriture de pas moins de huit pages, de la destruction partielle d'un document, de l'usure du dictionnaire d'insultes de Kyô ainsi que d'un mal de crâne carabiné pour chacun d'eux. La leçon de cuisine n'eut finalement pas lieu...


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Yûki aimait cuisiner. Il trouvait cela particulièrement apaisant. Ni la cocotte minute qui sifflait, ni l'odeur des aliments arrivant au terme de leur cuisson – cramés donc – et ni les blessures qu'il s'occasionnait en maniant les couteaux n'arrivaient à ternir la sensation de quiétude qui s'emparait de lui lorsqu'il s'échinait à cuisiner quelque chose de bon. Il était bien. Il s'était découvert une affection particulière à cette discipline. Il la considérait presque comme un hobbie. En gros, il aimait ça.


Cependant, en même temps, il appréhendait. Cette anxiété était très moindre comparée à la sensation de bien être général qu'il éprouvait en général. Pourtant elle était là. Elle ne naissait pas d'une peur de se blesser. Ses longs doigts parsemés de pansements étaient certes la preuve de sa maladresse mais ils étaient aussi la preuve de l'acharnement qu'il mettait à continuer à cuisiner – ou à s'esquinter les doigts – car ils ne se raréfiaient pas. Le jeune homme n'angoissait donc pas face aux lames effilées des couteaux, véritables objets de tortures des légumes et autres trucs bons à couper.


Alors quoi? Yûki n'était pas stupide. Il ne se voilait plus la face non plus. C'était une bonne chose qu'il avait acquise au contact de Kyô. Kyô.... Son problème. Car si l'argenté pouvait lui attribuer des bienfaits – tel que celui de ne plus jouer les autruches – , il pouvait aussi le considérer comme le responsable de tous ses problèmes.


Kyô était une plaie, un insecte emmerdant, un tas de merde bon à tabasser! C'était à cause de lui s'il ne pouvait profiter de sa passion culinaire en paix! Merde! Il croyait s'être trouvé une oasis de tranquillité! Pourquoi fallait-il toujours que quelqu'un lui démontre le contraire? Depuis peu, l'autre avait même cessé de le tourmenter lorsqu'il s'était rendu compte que ses paroles ne le touchaient plus. Enfin, c'était toujours douloureux d'être insulté sans cesse mais le fait d'être presque tout le temps en présence de Kyô détournait son attention de la petite voix nasillarde de l'autre. C'était comme à l'époque où Tohru habitait encore avec eux. A l'époque où ses paroles avaient un formidable impact qui mettait K.O. l'être mauvais qui le hantait depuis la manifestation de sa malédiction.


Malheureusement, alors que l'autre avait consenti à lui donner un peu de répit, c'était Kyô qui s'était emparé de la fonction de tortionnaire! Ce crétin qui vous soufflait des envies de meurtres ne devait même pas s'en rendre compte! Merde, merde et merde! Yûki avait prié pour que l'inquiétude qui lui taraudait les entrailles disparaisse. Mais pire, elle avait pris de l'ampleur ! Plus le temps passait, plus il en était conscient. Kami sama.... L'argenté observa furtivement la nuque dégagée de Kyô qui baissait la tête tout en hachant sa salade. Yûki déglutit difficilement. Il psalmodia inintelligiblement des « Kami samaaaa!! » désespérés mais il devait se résigner. Au fond de lui il le savait très bien.


Il crevait de trouille parce que Kyô le troublait. Plus que d'habitude. Plus que lorsque la vague s'éclatait en des ressacs brûlants en lui. C'était beaucoup plus intense.


Lorsque Kyô lui enseignait l'art de la cuisine, sa voix prenait des tons doux et indulgents qu'elle n'avait jamais lorsqu'il lui parlait en dehors de l'aire culinaire. Il sentait une confusion désarmante atteindre toutes les parcelles de son corps lorsque le roux se positionnait à ses côtés, en le frôlant, pour lui montrer un geste ou une façon de faire. Il se sentait rougir lorsque le maudit du chat passait ses bras de part et d'autre de son corps pour corriger ce qu'il faisait mal. La senteur entêtante de ses cheveux roux qui caressaient sa nuque ou sa joue se gravait encore plus dans sa mémoire olfactive. Ses sens s'emballaient et alors, il mourrait d'envie de se retourner et d'empoigner ces mèches volcaniques qui tourneboulaient toutes ses pensées. Mais toujours, le charme se rompait. Kyô s'éloignait. Et Yûki lui en voulait profondément. Non seulement pour s'être éloigné, mais aussi pour provoquer tout cela en lui.


A ce stade, le trouble et le désir qu'il ressentait étaient si violents que la lutte intérieure qu'il menait le laissait ravagé. Ce n'était plus une vague. C'était un raz-de-marée.


Il s'était fait à la vague. Il s'y était habitué et avait appris à l'accepter. Mais le raz-de-marée... Il ne croyait pas qu'il pourrait longtemps y résister....


Les doigts de l'argenté tapaient régulièrement le plan de travail. Extérieurement il avait l'air de surveiller les poissons qui cuisaient sur la poêle. Kyô savait cependant que ce n'était pas le cas. Yûki tapotait toujours quelque chose lorsqu'il réfléchissait intensément sur quelque chose qui le préoccupait.


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Yûki descendit nonchalamment les escaliers. Ses pieds le menèrent au salon où il se laissa tomber. Bientôt le haut de son corps vint s'affaler sur la table basse comme il en avait pris l'habitude. Il venait d'achever ses devoirs et l'épuisement, en même temps que la satisfaction, l'avaient envahi. Ses paupières se fermèrent et une esquisse de sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'une délicieuse odeur de chocolat nargua ses narines. Il rouvrit ses yeux et il ne fut pas surpris de tomber sur les orbes rubis de son cousin qui l'observaient. A côté de lui trônaient deux petites assiettes qui contenaient chacune une large part de fondant au chocolat et une petite cuillère. L'argenté se redressa et se saisit d'une assiette qui lui était visiblement destinée en demandant :

« Tu t'essaies à la cuisine française Kyô? Tu aurais du m'en informer, je me serais arrangé pour venir t'aider. »

« Justement! C'est pour ça que je t'ai rien dit. Tu aurais plus été une gêne qu'autre chose. »

La « gène » le foudroya du regard avant de dire :

« Je me suis amélioré. »

« ... Mouais... Si j'en juge par le nombre de pansements que tu as, on va dire que c'est vrai.... »

« Tu tiens vraiment à ce que je te balance mon poing dans la figure? Ou mieux ton magnifique chef d'oeuvre sûrement dégueulasse? »

« Tu n'accepterais pas que je te donne des cours si j'étais aussi nul que tu le laisses suggérer. »

« ... »

« Bien! Maintenant que tu t'es calmé, que dirais-tu de goûter à ce que j'ai fait? »

« Plutôt crever. »

« C'est cela oui. » articula Kyô d'un ton aristocrate et narquois, bizarrement ressemblant à celui de Yûki lorsqu'il méprisait quelqu'un, en l'occurrence lui.

« Parle pas comme ça. Ça te va pas du tout. »

« Comme si je le savais pas. Ce genre de parlé est réservé aux- »

Du chocolat macula soudain la joue de Kyô et un bruit de verre brisé se fit entendre. Il y eut comme une pause dans le temps. Une pause durant laquelle le maudit du chat se fit submerger par la stupéfaction. Juste avant qu'une colère brûlante et profonde ne teinte ses traits. Kyô serra des poings avant de gueuler :

« Putain tu fais chier! Pour une fois j'essaie de coller au foutu concept de « tolérance » dont du m'as si bien parlé y'a quelques semaines tu gâches tout!! Je fais des effort et je crois pas te demander la lune en te disant de goûter ce bordel de fondant de merde! Apparemment c'est trop pour un crétin condescendant et insignifiant comme toi! Ok! Ça me va! Je vais pas me casser le cul pour des gens de ton espèce! Considère que j'ai fait tout ce que je pouvais pour ton don à cuire de la merde et ne compte pas sur une prochaine leçon! Monsieur fait le con, monsieur- »

Le roux s'interrompit brusquement. Yûki mangeait son fondant.


L'argenté, se fichant pas mal de sa diatribe enflammée avait pris la deuxième assiette et était en train d'enfourner une bouchée de sa pâtisserie dans sa bouche. Kyô en eut une moue dégoûtée. C'était pire que du foutage de gueule! La mine moqueuse qu'eut le maudit de la souris en savourant le goût sucré du chocolat eut le don de faire exploser sa rage.

« Mais... TU TE FOUS DE MOI LA!! C'est quoi- »

« C'est pas mauvais. »

« -cette attitude de- »

« C'est même excellent. »

La phrase qui tue ou « comment faire taire un roux impulsif en pleine crise ». Prenez simplement un Yûki avec une mauvaise foi à faire fouetter un cheval et faites le complimenter sincèrement le roux en plein délire colérique. Résultats garantis.


Kyô était soufflé. Abasourdi même. Il le fut encore plus quand le maudit de la souris questionna :

« A quoi tu t'attendais? Je ne t'aurais pas laissé me donner des cours de cuisine si je doutais de ta réussite au moindre nouveau plat. Et puis franchement, n'importe qui est capable de réussir un vulgaire fondant au chocolat du premier coup! »

« ... »

« Même moi! »

« ...Heu... Là par contre... »

« Ne dis rien. Je ne voudrais pas casser une autre assiette. »

Kyô obéit. C'était dans son intérêt.


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Yûki hurla.

« Putain de couvercle de merde à la con! »

L'argenté ouvrit en trombe le robinet d'eau froide où il glissa sa main droite en pestant sourdement contre les couvercles récalcitrants. Kyô lâcha un soupir avant de poser une question dont il connaissait déjà la réponse :

« ... Tu t'es encore brûlé, hein? »

« Ferme la. Tu m'énerves. »

Nouveau soupir du roux qui s'approcha de lui. Yûki sentit poindre aussitôt en lui les changements qui caractérisaient la proximité de Kyô. Celui ci sortit sa main du jet d'eau du robinet et l'examina avec attention. Le contact continu de leurs peaux électrisait Yûki qui se sentait progressivement perdre la tête. Sa respiration se bloqua le temps que le roux passa à observer sa main. Un soulagement ponctué de déception le parcourut quand son cousin le lâcha en disant :

« Tu fais tout un foin pour rien Yûki. T'as même pas de cloques. »

« Je suis sûr que t'aurais chialé à ma place! »

« C'est ça... A chaque fois tu dis la même chose... »


Kyô fit fi des protestations de Yûki. L'argenté jurait toujours sauvagement quand il avait mal. Et là, ça n'avait été qu'un simple « Putain de couvercle de merde à la con! ». Pas de quoi s'inquiéter...


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« Comment ils peuvent finir ensemble? C'est complètement stupide. »

« ... »

« Pamela se fiche royalement de lui. Elle en veut qu'à son argent. Même un enfant de cinq ans le verrait. »

« ... »

Le silence de Kyô était éloquent. D'ailleurs Yûki décida que c'était à son tour de morfler :

« Comment tu peux regarder des trucs aussi... Tu cherches à t'abrutir Kyô? »

« ... »

« Ouais c'est ça... Me réponds surtout pas! »

Un regard froid lui fut adressé. Un regard auquel Kyô répondit en prononçant des mots qu'il aurait mieux fait de garder pour lui :

« ... C'est toi qui as allumé le TV. »

Sous entendu : « C'est toi qui veut regarder ce genre de trucs. ». La réaction de Yûki ne tarda pas. La petite colonie de fourmis qui avait élu domicile dans un coin du salon put voir un roux valdinguer suite à un violent coup de poing. Rien de très inhabituel en somme...


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La voix de Kyô était plus basse que d'habitude. Plus grisante aussi. Yûki se maudit. Pourquoi avait-il cogné la joue de son cousin aussi fort? Le roux était désormais presque incapable d'ouvrir la bouche! Et paradoxalement, sa voix, qui sonnait plus gravement à cause de la lassitude dûe au combat, lui donnait encore plus de frissons.


Sa raison était au bord de l'asphyxie. Il était sur le point de céder. Il allait se faire engloutir puis il ne répondrait plus de rien. Il se sentait tendu. Douloureusement excité et affreusement conscient de la présence de Kyô. Les pas du maudit du chat se rapprochèrent de lui, faisant son rythme cardiaque s'accélérer. Son corps prenait feu devant cette diminution de distance et son cerveau chauffait tout aussi dangereusement, ses neurones risquant à tout instant d'être court-circuités. Un simple contact de sa hanche avec celle de Kyô suffit. Ce qui devait arriver arriva. Pendant que le roux battait ses oeufs avec insouciance, Yûki lui se noyait.


Enseveli sous le raz-de-marée, l'argenté doutait de ses actions à venir car jusqu'à maintenant, il n'avait jamais réussi à les prévoir. Il savait juste qu'en général, c'était les réminiscences de ses envies cachées qui remontaient. Une colère froide et une demande d'amitié avaient été les conséquence de la montée de la vague. Ce n'était rien de trop embarrassant. Du moins essayait-il de s'en convaincre. Cependant, les émotions que le maudit du chat suscitait en lui étaient beaucoup trop frénétiques et beaucoup trop puissantes pour que les conséquences soient moindres.


Le saisi brutal de la main de Kyô lui donna vite raison. Le maudit du chat le fixa d'un oeil étonné qui s'écarquilla lorsqu'il posa ses lèvres sur les siennes.

Yûki venait d'embrasser Kyô.

L'argenté empoigna les hanches du roux pour réduire définitivement la distance qui les séparait et un long frisson traversa son échine lorsque leur proximité fut décuplée. Des effluves musquées l'étourdirent totalement et il gémit sourdement. Il embrassait Kyô. Lui, Yûki Sôma était en train d'embrasser Kyô Sôma! Et il adorait ça... Oh Mon Dieu!



A suivre...