De nouveaux sommets...

par Keysapocalypses

Chapitre 14 : De nouveaux sommets…

« Shirou-kun~, laisse-moi te laver le dos ! » Réclama une certaine princesse vampire d’un ton excessivement joyeux.

« A-Altrouge-chan ! » S’exclama le garçon en question, sursautant de surprise en utilisant toute sa maîtrise de soi pour ne pas se retourner par réflexe. « Qu’est-ce que tu fais là ? »

L’Emiya était actuellement assis sur un petit tabouret en bois, lavant et purifiant son corps avant de prendre un long bain relaxant. Naturellement, en raison de cela, il était évidemment nu. Par chance, il avait été dos à la porte de la salle de bain au moment où la Brunestud avait fait irruption. Cela lui avait ainsi permis d’éviter plusieurs situations embarrassantes et pseudo-compromettantes. Il savait, par instinct et connaissance le caractère de la jeune femme, qu’elle n’était pas plus vêtue que lui, dissimulant tout juste son corps derrière une serviette, mais d’une manière sensuelle et érotique plutôt que pudique. Pour cette raison, il était très content de regarder le mur en face de lui. Dans le cas contraire, son corps aurait été plus qu’enthousiaste à l’idée de lui rappeler qu’il était un homme en pleine santé. Au moins, il était suffisamment habitué à ce genre de situations qu’il n’en rougissait plus… Il n’en était pas vraiment fier.

« Qu’est-ce que tu racontes, Shirou-kun ? » Demanda Altrouge, d’une voix faussement confuse. « Je viens de te dire que je comptais te laver le dos… Tu es si distrait, parfois. » Commenta-t-elle en riant légèrement.

« Je ne te demandais pas ce que tu faisais dans ma salle de bain. » Répliqua l’Emiya, en soupirant d’avance. « Je me doute très bien de ce que tu comptes faire. Je te demande ce que tu fais ici, dans mon appartement. Tu m’as dit il y a moins d’une heure que tu étais en Sibérie. »

« C’était le cas. » Lui assura la princesse vampire, en s’approchant de lui. « J’ai simplement décidé de passer par chez toi pour te laver le dos. »

« … » Le garçon n’essaya même pas de cacher son incrédulité à cette déclaration. « Tu as fait un détour de 4500 kilomètres juste pour me laver le dos ? »

« Tu ne me crois pas ? » Murmura la Brunestud d’un ton faussement peiné.

« Malheureusement, aussi étrange, incongru et ridicule que cela puisse sembler, je te crois totalement. » Avoua Shirou, en passant une main lasse sur son visage. « Mais comment as-tu su que j’allais prendre ma douche à ce moment précis ? »

« Tout simplement parce que tu es aussi précis et routinier qu’un métronome lorsque tu agis comme une personne ordinaire. » Expliqua Altrouge, en posant sa tête sur l’épaule du garçon, qui sentit la chair ferme d’une paire de seins pressée contre son dos, ce qui lui indiqua qu’en réalité elle n’avait pas utilisé de serviette. « Je trouve ça assez étonnant et amusant, en réalité. Dans la bataille, tu es exactement le contraire, imprévisible et insaisissable, mais pourtant étrangement gracieux. »

« Si tu le dis… » Marmonna l’Emiya, sachant néanmoins qu’il s’agissait de la vérité.

C’était un phénomène assez surprenant et franchement perturbant pour ceux qui ne le connaissaient pas bien. Shirou avait deux facettes. La première était la partie « ordinaire » de lui-même, qui se manifestait dans la vie normale, lorsqu’il n’était pas en formation ou en étude de sujets  plus ou moins surnaturels. Comme la princesse vampire l’avait judicieusement fait remarquer, il était extrêmement prévisible, suivant un rythme routinier extrêmement précis, pratiquement mécanique lorsqu’il n’était pas pleinement concentré sur ce qu’il faisait. C’était une façon pour lui de rester familier avec la vie de simple étudiant qu’il était censé être, et serait si la magie n’avait pas existé.

La seconde était la partie « guerrière » de lui-même, qui se manifestait automatiquement au moindre signe de danger. Cette facette était tranchante, impitoyable, insaisissable et imprévisible, capable d’évoluer et de s’adapter au rythme et au flux dans une bataille, peu importe à quelle échelle celle-ci se déroulait. Il devait remercier Eye of the Mind pour cela, aussi bien la version Fake que la version True. Combiné ensemble, cela donnait à l’Emiya de toutes nouvelles perspectives d’actions.

« Passons. » Poursuivit Shirou, avec un petit soupir. « Comment as-tu fait pour arriver aussi… Non, ne me dis rien. Je blâme Zelretch pour cela. » Affirma-t-il ensuite, récoltant un sourire de la princesse vampire.

« Tout à fait. » Confirma-t-elle joyeusement. « Zelretch-jiji m’a informé que je pouvais à tout moment le solliciter pour venir te rendre visite. Il a dit et je le cite : Nous ne voudrions pas que ce cher Shirou-chan se sente si seul qu’il commence à rechercher de l’affection ailleurs… »

« Cette espèce de… » Grogna l’Emiya, avant de s’interrompre et de soupirer une fois de plus. « Peu importe. »

Honnêtement, le garçon n’arrivait toujours pas à savoir si le 4ème Ancêtre était au courant de l’existence de Musume ou s’il ne faisait que des suppositions éclairées, mais en tout cas, il aimait l’embarrasser. La Brunestud était évidemment consciente de cela, il le savait, mais jouait le jeu pour son propre bénéfice personnel. Au moins son interaction avec Zelretch avait suffisamment évolué pour qu’elle puisse l’appeler « jiji ». Shirou était très heureux de cette évolution, même s’il aurait préféré qu’une situation comme celle qu’il vivait actuellement soit moins récurrente.

« Altrouge-chan… » Commença-t-il ensuite, faisant de son mieux pour ne pas soupirer… Encore une fois. « Qu’est-ce que tu fais ? »

« Je te lave le dos ? » Expliqua-t-elle, formulant sa phrase de telle façon qu’elle ressemblait davantage à une question incertaine et innocente.

« Oui, j’ai remarqué. » Répondit sèchement l’Emiya. « Ce que je voulais savoir, c’est pourquoi tu utilises tes seins pour me laver le dos ! »

« Oh, ça ? » Fit-elle, d’un ton négligeant. « Je n’ai rien trouvé pour te frotter le dos, donc il fallait bien que je trouve un substitut. »

« Tu n’as même pas cherché… » Répliqua Shirou, en roulant des yeux.

« Ce qui ne change pas le fait que je n’ai rien trouvé. » Conclut-elle fièrement.

« Je n’ai pas de mot pour cela… » Murmura le garçon, incrédule.

« N’est-ce pas ? » Déclara-t-elle jovialement.

« Quoi qu’il en soit, je suis propre maintenant. » Affirma l’Emiya, décidant plus judicieux de renoncer au bain qu’il avait prévu par la suite.

« Quoi ? » S’exclama Altrouge, avec une petite moue. « Je n’ai pas encore terminé. » Protesta-t-elle. « Et je dois encore te laver le ventre après ça… »

L’ignorant, Shirou se leva et prit une serviette, avant de commencer à se sécher. Il n’essaya même pas de se dissimuler ou d’être prude à ce sujet, sachant pertinemment que cela ne ferait qu’inciter la Brunestud à continuer ses taquineries. Pas qu’agir ainsi l’arrêtait de toute façon, mais elle avait moins de matière à travailler de cette façon. Si on lui avait dit il y avait quelques années à quel point bizarre sa vie deviendrait par la suite, l’Emiya ne l’aurait pas cru… Il avait toujours du mal à y croire, cela dit.

« Hey ! » Protesta Altrouge une fois de plus. « Tu pourrais au moins me laver le dos en retour ! »

« J’ai encore du travail à faire. » Lui dit-il, en retenant un nouveau soupir.

« Très bien… » Marmonna-t-elle, cédant finalement. « Mais la prochaine fois, tu ne devras pas te défiler lorsque je te laverais le dos ! »

« Je suppose que je peux accepter cela. » Acquiesça Shirou, grimaçant légèrement en songeant au fait qu’il y aurait effectivement une prochaine fois.

« Et cette fois-là, j’utiliserai les petites sœurs pour te frotter le dos. » Déclara-t-elle d’un ton qui n’admettait aucune objection.

Cette fois-ci, l’Emiya broncha, une infime rougeur se répandant sur ses joues. Altrouge avait affectueusement nommé certaines parties de son corps dans le cadre de ses taquineries « ludiques ». Ce fut ainsi que, dans cette optique, ses seins avaient été appelées les « grandes sœurs ». De la même manière, les « petites sœurs » étaient… Ses fesses. Oui, réellement. Quelque chose à voir avec les formes et les proportions…

Shirou ne voulait pas savoir.

Grognant, il jugea préférable de ne pas dire quoi que ce soit à ce sujet. Il refuserait d’accepter et elle n’accepterait pas son refus. Ainsi, le silence était la meilleure solution. A court terme en tout cas. Cependant, il allait devoir redoubler de prudence chaque fois qu’il irait prendre une douche à partir de maintenant. Dans le cas contraire, il pourrait bien se faire violer… Accidentellement, bien sûr.

Au moins, s’il y avait une chose que Shirou pouvait bénir, c’était le fait que Zelretch était d’une utilité limitée pour renseigner Altrouge concernant les actions de l’Emiya. Certes, il pouvait toujours l’espionner en temps réel grâce à Kaleidoscope, mais il ne pouvait pas prédire les mouvements de l’apprenti mage. Cela semblait d’ailleurs fasciner le 4ème Ancêtre au-delà de ce que pouvait en percevoir le garçon.

Zelretch pouvait utiliser sa Vraie Magie pour observer voir un monde parallèle identique au leur, mais plus ou moins avancé dans le temps, afin d’anticiper les événements dans leur propre monde. En théorie, cette capacité était omnipotente et infaillible, tant que l’utilisateur savait ce qu’il faisait. En pratique, il se trouvait qu’il existait quelques minuscules restrictions, à peine une gêne, mais suffisamment importante dans le cas de Shirou pour devoir être mentionnées.

Kaleidoscope était basé sur le principe que chaque choix, de chaque être vivant, à chaque instant temporel, générait un nouvel ensemble de futurs alternatifs, déclinable à l’infini. Il existait un nombre infini de « futurs potentiels », de « futurs existants déjà », de « futur n’existants pas encore », de « futurs ne pouvant pas exister », de « non-futurs »… Et chacun de ces « futurs » était lui-même déclinable un nombre infini de fois. Naturellement, il ne s’agissait ici que d’une explication confuse, grossière et imprécise de ce qu’était réellement la seconde Vraie Magie, mais c’était suffisant pour comprendre ce qui importait actuellement.

Zelretch pouvait voyager vers, ou même simplement observer, un monde parallèle avec le « futur » souhaité et ainsi prédire comment telle ou telle action provoquerait un changement de direction pour atteindre ledit « futur ». Et le processus, comme le procédé, pouvait être répété à l’infini. Cependant, il y avait une limite, la seule en tout cas qui méritait d’être prise en compte dans le cas de Shirou, à ce que pouvait « prédire » le vieux vampire.

Pour chaque « infini » donné, il devait forcément y avoir eu un « premier » à un moment donné. Et cette première ligne temporelle… Ce premier monde parallèle… Zelretch ne pouvait pas le prédire, tout simplement parce qu’il n’y avait pas encore de futur qu’il pouvait visionner. Ces « premiers » existaient donc en une seule fois mais, parce qu’il existait un nombre infini de branche différentes de « futurs », il y avait donc un nombre infini de « premiers ». Cependant, il s’agissait d’un « petit infini » si l’on devait comparer à « l’infinité d’infinis infiniment infinis » existants déjà dans le Multiverse/Omniverse.

Shirou était dans une situation similaire… Enfin plus ou moins. Dans son cas, Zelretch ne pouvait plus prédire l’avenir de leur monde depuis que l’Emiya était revenu dans le temps en raison de l’intervention du Saint Graal. Cependant, contrairement aux autres, sa ligne temporelle n’était plus seulement la « première »… Elle était « l’unique » existante. C’était confus à expliquer, y compris pour lui-même.

Pour essayer de faire court et précis, ce qui n’était pas si simple lorsqu’on parlait de Kaleidoscope, on pourrait dire que, contrairement aux autres mondes parallèles, l’une des constantes de base du principe des « futurs » infinis, à savoir le fait que chaque choix, de chaque être vivant, à chaque instant temporel, générait un nouvel ensemble de futurs alternatifs, n’était plus viable. Eh bien, ce n’était pas tout à fait exact. La constante était toujours viable pour tous les êtres vivants du monde, bien qu’il serait peut-être plus juste de parler d’êtres conscients, tous n’étant pas forcément vivants…

Sauf pour Shirou.

Chaque choix, chaque décision, chaque action, ne générait pas de nouvel ensemble de futurs alternatifs, mais un unique futur défini, non-déclinable à l’infini. L’exact opposé de chaque autre « personne » au monde. En raison de cela, non seulement l’Emiya traçait son propre chemin à travers la chronologie du temps, mais il le faisait de telle manière que ledit chemin ne serait parcouru qu’une unique fois à travers le Multiverse. Aucun autre Emiya Shirou, dans un monde parallèle, ne suivrait ses traces. Le paradoxe de l’existence d’Archer ne pourrait jamais s’appliquer à lui. Mais surtout, c’était pour cela que Zelretch ne pouvait pas prévoir ce qui se passait dans cette ligne temporelle particulière. Chaque action de l’apprenti mage décalait la chronologie existante loin des sentiers battus, vers une zone inconnue même au 4ème Ancêtre, raison plus que probable de sa fascination pour la chose.

Personnellement, Shirou pensait simplement que son Origine « Gaïa » était juste responsable de cela. Naturellement, il n’avait pas de preuve, mais ce serait logique, en quelque sorte. Par définition, il ne pouvait exister qu’un seul Emiya Shirou. Son empreinte sur le monde, imprégné de son Origine « Gaïa » s’assure donc de ce fait en « corrigeant » le Temps lui-même, ou quelque chose comme ça… En gros, son Origine « Gaïa » empêchait la création de futurs alternatifs, et donc la création d’autres Emiya Shirou disposant d’une Origine « Gaïa » à travers le Multiverse.

Oui, traiter avec Kaleidoscope avait tendance à être extrêmement confus, répétitif et ridiculement complexe, tout en conservant un côté stupidement aléatoire. Pas étonnant que Zelretch ne soit pas complètement sain d’esprit. N’importe qui soumis à la seconde Vraie Magie finirait pas être frappé de folie, même après une courte exposition. Et le 4ème Ancêtre l’avait été pendant des siècles.

Soupirant, Shirou s’habilla et quitta la salle de bain. Passant une main dans ses cheveux, il se rendit ensuite dans le salon et inspecta les environs. Sur la table se trouvait de nombreux manuels de chirurgie. L’Emiya avait décidé d’étudier la discipline en question pour pouvoir extraire facilement les vers du corps de Sakura, le moment venu. Grâce à son Analyse Structurelle, une simple touche des livres lui permettaient de connaitre par-cœur leur contenu, mais il répétait le processus chaque fois qu’il quittait le Soul Translator, voulant être certain de ne rien oublier. De plus, même s’il maitrisait actuellement la théorie, il n’en restait pas moins qu’en pratique, il n’avait aucune expérience…

Shirou avait déjà commencé à envisager de se procurer une grande quantité d’anciens matériels de chirurgie pour compenser ce problème. Grâce à son impressionnante maîtrise de l’Analyse Structurelle, l’Emiya pouvait connaitre l’histoire et directement apprendre la pratique de l’instrument lui-même, tout comme il le faisait avec ses Noble Phantasms. La seule difficulté serait d’obtenir le matériel en question… Il allait devoir errer dans quelques hôpitaux une fois sa formation terminée.

Naturellement, les livres de chirurgie n’étaient pas la seule chose que Shirou « étudiait ». Ce dernier possédait également une grande quantité de manuels scolaire, afin de ne pas régresser ans ses connaissances académiques. Après tout, il réintègrerait l’école une fois de retour à Fuyuki. Certes, il n’en avait pas réellement besoin, son niveau étant largement supérieur dans la plupart des domaines, mais c’était pour des raisons pratiques. Une partie de la cinquième guerre du Graal y aurait lieu… C’était pratiquement là qu’elle avait commencé, à bien y réfléchir. Rin l’étriperait très probablement si elle venait par la suite à découvrir ses méthodes d’apprentissage, mais il n’avait pas le luxe de s’en soucier pour le moment. Il avait des priorités plus importantes.

Il était également possible de voir un grand nombre de manuels traitant de la programmation, des différents langages informatiques, du codage, du cryptage et décryptage… Shirou essayait toujours de réussir à projeté une épée de SAO dans le monde réel, mais n’avait pas obtenu beaucoup de résultats depuis qu’il avait commencé. Il lui manquait trop de données, et la technologie qu’il étudiait était de vingt ans plus développée que les livres qu’il étudiait.

Ainsi, bien que les bases soient globalement les mêmes, dès que l’Emiya sortait du domaine des généralités vers quelque chose de plus spécifique, il peinait à suivre. Il ne pouvait tout simplement pas utiliser l’ingénierie inversée pour le moment. D’une part, le matériel n’était pas à sa portée, et d’autre part, l’Analyse Structurelle du jeu lui-même depuis l’intérieure était encore trop pour lui, même s’il y avait quelques progrès dans ce sens depuis qu’il comprenait mieux le fonctionnement informatique en général. Cela dit, Shirou restait optimiste sur le fait qu’il parviendrait à reproduire les épées de SAO dans la réalité avant la fin de sa formation.

Aujourd’hui, cependant, l’Emiya n’étudiait ni la chirurgie, ni ses cours scolaires, ni sa thaumaturgie technologique, ou techno-magie. A la place, il avait commencé un petit projet indépendant depuis peu et expérimentait de nouvelles applications de ses autres capacités. En raison de sa combinaison Elément/Origine « Epée », Shirou était surspécialisé dans ce domaine, mais il comptait pour l’instant s’intéresser à autre chose. Actuellement, il travaillait sur son Renforcement. Il avait totalement maitrisée la [Compétence] en question dans SAO et avait voulu voir jusqu’à quel point il avait progressé dans la réalité.

Il ouvrit une armoire et en sortit une grosse malle en bois d’apparence ancienne, qu’il posa au pied de la table du salon, ainsi qu’une mallette relativement ordinaire, qu’il plaça sur ladite table. S’installant à une chaise, il ouvrit la valise, révélant son contenu, une multitude de cailloux d’un gris acier, noir par endroit, et à l’éclat métallique. Certains étaient à peine de la taille d’une bille, tandis que d’autres étaient aussi gros que le poing de Shirou.

L’Emiya prit l’un d’eux et utilisa son Analyse Structurelle dessus. Il s’agissait de morceaux de graphite, chacun d’entre eux. Celui-ci en particulier pesait 386,748 grammes. Roche sédimentaire combustible. En provenance de Chine. Système cristallin hexagonal. Opaque. Composé à 99,999999999999% de carbone. Traces d’hydrogène, d’azote, d’oxygène, de silicium, d’aluminium et de fer. Insoluble dans l’eau. Température de fusion à 3652°C. Biréfringence uniaxiale. Aucune fluorescence ultraviolette. Dureté de 1,89 sur l’échelle de Mohs. Masse volumique…

Shirou cligna des yeux et cessa son Analyse Structurelle. C’était plus d’information qu’il n’en avait besoin. Il était temps de commencer… Le fragment de graphite au creux de sa main, il plaça la seconde par-dessus, recouvrant entièrement le caillou et le dissimulant à sa vue, avant d’inspirer légèrement. L’Emiya ferma ensuite les yeux, puis expira en douceur. Alors seulement, il activa ses circuits magiques. Trois devraient suffire pour ce qu’il était sur le point de faire, c’était même largement plus que nécessaire.

« Trace… On ! » Incanta-t-il d’une voix douce.

Aussitôt, une petite lueur bleutée apparut au centre de ses mains jointes, tout juste visible dans la lumière du jour parce qu’elle filtrait entre les doigts de Shirou, tandis que de petits volutes de vapeur s’en échappaient. Après quelques secondes, tout s’arrêta finalement, et l’Emiya rouvrit les yeux, avant de commencer à inspecter son travail. Dans sa paume se trouvait désormais un caillou cristallin incolore et transparent, d’une grande beauté. L’apprenti mage sourit légèrement en contemplant son œuvre, avant de se retourner lorsqu’il entendit un sifflement d’appréciation.

« Est-ce ce que je pense que c’est ? » Demanda Altrouge, qui était finalement sortie de la salle de bain, avec curiosité et excitation, n’ayant pas vu ce qui venait de se produire.

« Peut-être… » Fit lentement Shirou, amusé par sa réaction. « Qu’est-ce, selon toi ? » Interrogea-t-il à son tour, en présentant le caillou à la Brunestud.

La princesse vampire s’approcha et le prit dans sa main. Elle l’inspecta dans tous les sens, soupesa son poids, puis la soumit à un rayon de soleil, qui se refléta, se réfracta et se dispersa dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Elle procéda à divers autres tests, avant de finalement pousser un soupir langoureux. Apparemment, elle avait trouvé la réponse à sa question.

« Un diamant… » Murmura-t-elle, émerveillée, avant de reporter son attention sur Shirou. « Où l’as-tu trouvé ? »

« Je l’ai fabriqué. »  Corrigea celui-ci, toujours amusé, avant de lever un sourcil en la voyant se raidir légèrement.

« Tu l’as… Fabriqué ? » Répéta-t-elle, incrédule.

« Oui. » Confirma l’Emiya, confus par sa réaction. « Un problème ? »

« C-Comment ? » Demanda-t-elle, encore sous le choc.

« J’ai simplement utilisé Renforcement sur du graphite. » Expliqua Shirou, en lui montrant la mallette sur la table, qui était remplie de morceaux de ladite roche.

« Simplement utilisé Renforcement sur du graphite... » Répéta une fois de plus Altrouge, sa voix légèrement teintée d’hystérie. « Te rends-tu seulement compte à quel point ce que tu viens de faire est ridicule et extraordinaire ? »

« Euh… » Fut la seule réponse de l’Emiya, incapable de savoir s’il devait effectivement répondre à cette question qui semblait purement rhétorique.

La réaction de Shirou fut tout ce qu’il fallut à la Brunestud pour comprendre ce qu’il en était. Le garçon n’avait absolument aucune idée de ce qu’il venait de faire. Ce fut plus fort qu’elle, elle éclata de rire… Un rire qui se faisait de plus en plus hystérique. Après une longue minute, peut-être deux, Altrouge parvint enfin à se calmer suffisamment pour lui expliquer les choses telles qu’elles étaient censées être.

« Tu as changé du graphite en diamant. » Dit-elle, parlant lentement pour lui faire comprendre le ridicule de son exploit. « Tu as transformé une matière en une autre, totalement différente. Tu ne peux pas faire cela avec la thaumaturgie, seulement avec l’alchimie ! Et pourtant, il est évident que ce n’est pas ce que tu as fait, car d’une part tu ne connais pratiquement rien à ce sujet, et que d’autre part tu ne disposes d’absolument aucun préparatif de base pour effectuer un rituel alchimique. Donc, s’il te plait, dis-moi comment tu as fait ce que tu as fait. »

« C’est assez simple… » Affirma l’Emiya, avant de commencer à lui expliquer comment il s’y était pris.

Le graphite. Une roche cristalline charbonneuse composée pratiquement à 100% de carbone…

Le diamant. Un cristal également composé pratiquement à 100% de carbone…

Renforcement. Une thaumaturgie destiné à améliorer un élément physique…

A première vue, il était difficile de comprendre le lien entre ces trois éléments. Pourtant, celui-ci était très simple. Une capacité intermédiaire entre Projection et Renforcement était nommée Altération, et permettait d’ajouter, de soustraire ou de modifier une propriété ou un effet à un objet qu’il n’avait pas à l’origine.

Tout ce qu’avait fait Shirou avait donc été de prendre un morceau de graphite et d’y appliquer Renforcement. Grâce à son incroyable maîtrise de ladite thaumaturgie, il avait été facile pour lui d’user de la capacité d’Altération afin de purger la roche de tout l’hydrogène, l’azote, l’oxygène, le silicium, l’aluminium et le fer qu’il contenait. Les volutes de vapeur s’échappant du caillou n’étaient que la manifestation visible de ce phénomène.

L’Emiya, n’ayant plus qu’un gros morceau de carbone pur dans les mains, avait utilisé Altération une fois de plus pour en réarranger la structure moléculaire, et plus précisément les liaisons entre les atomes de carbone, de façon à ce que celle-ci prenne la forme la plus résistante naturellement existante dans la nature : le diamant. Pour ce dernier point, son Origine « Gaïa » pourrait ne pas y être pour rien… Surtout qu’elle rendait la transformation permanente, alors qu’un Renforcement ordinaire était seulement temporaire.

A l’origine, Shirou avait pensé à utiliser du graphite principalement parce qu’il s’agissait de la forme la plus stable du carbone cristallisé. Or, le diamant était une autre forme de carbone cristallisé, qui se transformait spontanément en graphite si exposé suffisamment longtemps à l’atmosphère dans les conditions habituelles de température et de pression. Certes, il s’agissait d’une durée de quelques milliards d’années, mais le phénomène existait. Or, si la réaction était possible dans un sens, n’était-elle pas également possible dans l’autre ?

Il avait eu cette idée après une Analyse Structurelle de ses livres de Chimie…

« … » Altrouge regardait le garçon, toujours aussi incrédule. « Je n’ai pas de mot pour exprimer mes sentiments à l’heure actuelle… »

« Désolé ? » Tenta l’Emiya, incertain de savoir quoi dire.

« J’essaye de faire une liste mentale du nombre d’organisations à travers le monde qui seraient prêt à te kidnapper pour cette capacité, si jamais celle-ci devait être découverte, mais je crois que je devrais dire qu’elles sont toutes susceptibles de le faire… » Commenta la Brunestud. « Et je n’incluais pas les individus isolés, donc tu deviendrais potentiellement la personne la plus intéressante du monde pour tous ceux qui sont avides de richesses, d’autant plus que le procédé ne semble pas particulièrement couteux en prana, contrairement à l’alchimie. »

« Ah… Ok. » Se contenta de dire Shirou, pas plus affecté que cela par cette nouvelle information.

« Je te trouve plutôt décontracté… » Fit remarquer Altrouge, en levant un sourcil face à son manque de réaction.

« Je commence à être habitué à ce genre de choses… » Expliqua vaguement l’Emiya. « Au point où j’en suis, tout ce que je peux faire est de hausser les épaules et de continuer ma vie telle qu’elle est. »

« Je comprends. » Admit la Brunestud, ayant elle-même ses propres problèmes assez atypiques, avant de soupirer légèrement. « Cela dit, il vaudrait mieux que tu évites de recommencer cela pour le moment. Tu as réussi une fois à transformer du graphite en diamant sans avoir recours à l’alchimie. Cet exploit seul est digne d’éloge. On ignore cependant si le procédé est fiable. Il ne pourrait s’agir que d’une coïncidence. Pour ce que l’on en sait, il y avait probablement une chance sur cent milliards pour que cela réussisse, et tu y es parvenu ce coup-ci, voilà tout. Je recommande d’étudier ce phénomène dans un environnement contrôlé avant de réessayer une seconde fois… »

« Ouais… Une seconde fois… » Répéta Shirou maladroitement, son ton attirant immédiatement l’attention d’Altrouge.

« C’était la première fois que tu essayais cela… N’est-ce pas ? » Vérifia-t-elle, se sentant soudainement incertaine.

« Hum… Non ? » Déclara le garçon, mal à l’aise sous le regard de son amie.

« … » La Brunestud se frotta une tempe en prévision. « Combien de fois exactement as-tu tenté de fabriquer des diamants, exactement ? Dis-moi seulement le nombre de réussites… »

Passant une main dans ses cheveux avec embarras, l’Emiya ne répondit pas. A la place, il préféra lui montrer directement. Cela rendrait les choses beaucoup plus parlantes. Sans un mot, il se leva de sa chaise, et s’agenouilla à côté de la malle, rangée au pied de la table, avant de l’ouvrir. Altrouge observa le contenu et gémit. Des diamants. Plein de diamants. Le coffre de bois en était rempli. Il y en avait facilement des centaines. La plupart étaient relativement petits, mais quelques-uns étaient de taille plus que respectable. Il devait y en avoir pour une véritable fortune… Le tout rangé négligemment sans la moindre protection magique.

……

………

C’était Shirou…

« Tu sais quoi ? » Déclara soudainement la princesse vampire. « Je ne veux même pas savoir pourquoi tu as décidé d’accumuler une telle quantité de diamants. »

« Je ne pouvais pas leur faire reprendre leur forme d’origine. » Expliqua tout de même l’Emiya.

« Evidemment tu ne pouvais pas… Quoi ? » S’exclama bêtement Altrouge, son attention une nouvelle fois sur le garçon en face d’elle.

« Les diamants. » Précisa Shirou. « Parce que j’ai artificiellement retiré les impuretés du graphite, et avec elles l’hydrogène, l’azote, l’oxygène, le silicium, l’aluminium et le fer, je ne peux plus leur faire reprendre leur forme d’origine pour le moment. Et à cause de ma seconde Origine, l’existence des diamants a été reconnue par Gaïa. »

« Autrement dit, ils sont devenu des existences réelles indépendantes, ce qui les a stabilisés. » Conclut Altrouge, en passant une main sur sa figure.

Denial of Nothingness... Chaque fois que la Brunestud revoyait Shirou, celui-ci était un peu plus proche de cette Vraie Magie, la première des cinq connues à ce jour. C’en était ridicule. Elle ne comptait plus le nombre de lois universelles que l’Emiya avait déjà transgressé à ce jour. Elle n’était pas Zelretch, son esprit pourrait ne pas supporter le constat. C’était… Assez perturbant en fait.

« Et dire que je m’étais jurée de ne plus être surprise lorsqu’il s’agissait de toi… » Murmura Altrouge, avec un sourire hésitant.

« Tu as dit quelque chose ? » Demanda Shirou, curieux, l’ayant entendu marmonner.

« Ce n’est rien. » Le rassura la princesse vampire. « Donc, tu ne peux pas retransformer les diamants en graphite… Je suppose que si tu les as gardés, c’est que tu n’as pas trouvé d’autre alternative. »

« Ouais… » Confirma l’Emiya, penaud. « J’aurais pu les détruire, mais cela aurait été dommage. »

La Brunestud se contenta d’un reniflement amusé. Il possédait une véritable fortune en diamant, et il avait sérieusement envisagé de les détruire. S’il ne l’avait pas fait, c’était simplement parce que « cela aurait été dommage ». Shirou n’avait pas pensé comme une personne normale, qui aurait été ravi de les garder pour s’enrichir. Il n’avait pas non plus réagi comme un mage, qui aurait sauté sur l’occasion pour les analyser, les utiliser comme réserves de prana ou comme matériau de base à la thaumaturgie des bijoux, ou Jewelcraft. Là encore, pour les deux derniers points étaient relativement spécifiques à certaines familles de mages, comme les Tohsaka. Les autres auraient probablement juste cherché un moyen de reproduire leur fabrication et de les revendre. La cupidité était universelle, après tout.

« Du coup, j’ai décidé de les garder. » Poursuivit l’Emiya, en passant une main sur sa nuque. « Je pourrais toujours les donner à Rin le moment venu… »

« Si tu le dis… » Considéra Altrouge, dubitative.

Elle avait entendu parler de cette fille, naturellement. Shirou lui avait raconté ce qu’il savait d’elle au cours de la cinquième guerre du Graal. Elle était une Tohsaka, l’héritière de la famille ainsi qu’une spécialiste en thaumaturgie liée aux bijoux. Elle était également une Average One, autrement dit une mage ayant une affinité avec les cinq éléments existants, le feu, la terre, l’eau, le vent et l’éther. Cependant, la majorité de sa puissance était basée sur l’utilisation de pierres précieuses. Les diamants pourraient donc effectivement lui être utiles. Cela ne signifiait pas que la Brunestud accepterait que l’Emiya lui donne tout gratuitement. Même s’il n’était plus déformé, il restait encore beaucoup trop gentil pour son bien. Elle devrait veiller à ce qu’il ne se fasse pas trop généreux le moment venu.

« Est-ce que je peux… Garder celui-ci ? » Demanda timidement Altrouge en indiquant le diamant qu’elle avait encore dans la main.

« Bien sûr. » Accepta immédiatement l’apprenti mage, son front plissé de confusion. « Mais tu es une princesse… Tu dois avoir des centaines de pierres précieuses plus belles que celles-ci, non ? »

« Oh, des pierres précieuses, j’en ai. » Confirma la Brunestud d’un geste dédaigneux. « J’en ai même qui ont été créées spécialement pour moi. Cependant, je n’en ai aucune conçue par toi. »

« Je t’en ferais d’autres si tu veux. » Lui proposa l’Emiya.

Elle allait vraiment devoir lui apprendre à ne pas être trop généreux… Franchement, qui donnait des diamants ?

**********

Shirou se tenait dans la dernière salle du 50ème et dernier Etage du Reverse Aincrad. Cela faisait environ un mois depuis qu’il y avait accédé pour la première fois. L’Emiya n’avait pas tardé à le considérer comme un donjon à part entière. Il n’y avait que de petites Safe Zones, pas plus d’une par étage sans compter les Labyrinthes, pas de marchands, pas même de PNJ autres que les monstres. De plus, étant le seul joueur de SAO à connaitre l’emplacement de l’entrée et à posséder la clef permettant d’activer le portail d’entrée, il était le seul à pouvoir en bénéficier.

Cela dit, sa raison n’était pas réellement égoïste. Shirou savait que les joueurs sauteraient sur l’occasion pour s’améliorer. Après tout, qui n’en profiterait pas ? Les monstres de type Undead du Reverse Aincrad étaient en moyenne au même niveau que les mini-Boss de l’Aincrad présents 15 étages plus haut. De plus, la nuit, ils rapportaient encore plus d’expérience… Cela semblait donc être une formule alléchante. Pourtant, les avantages étaient accompagnés de plusieurs inconvénients.

Le premier était que, malgré leur quantité apparemment abondante, les monstres du Reverse Aincrad étaient ironiquement une ressource semi-finie. Après avoir été détruits, ils ne réapparaissaient pas. Il fallait retourner dans l’Aincrad et éliminer ceux de l’étage correspondant afin de renouveler le « stock » dans le Reverse Aincrad. Au début, si de nombreux joueurs avaient accès à ce donjon, il n’y aurait pas trop de problèmes, du moins pas tant que les créatures Undead étaient omniprésentes. Cependant, dès l’instant où ceux-ci se raréfieraient en raison de la forte demande, ce serait comme recommencer le premier mois de SAO, limité au 1er Etage de l’Aincrad. La coopération deviendrait extrêmement compliquée, même au sein d’une même guilde.

Le second était que les monstres étaient trop nombreux. Dans les étages plus bas, ce n’était pas réellement un problème, bien que le 1er Etage du Reverse Aincrad soit plutôt intimidant en raison du nombre en apparence abondant d’ennemis. Cependant, dans les dix derniers, les monstres avaient tous un niveau équivalant à un mini-Boss du 55ème au 65ème Etage, ou des monstres du 65ème au 75ème Etage. C’était largement au-dessus du niveau connu des monstres de l’Aincrad, dont le 59ème Etage venait juste d’être débloqué. En raison de cela, beaucoup de joueurs se montreraient imprudents s’ils avaient accès au Reverse Aincrad et mourraient stupidement.

Le troisième était sans doute le point le plus important. Le Reverse Aincrad était une terre bénie pour les Player Killers. Il s’agissait essentiellement d’un donjon sans loi, où le danger était omniprésent à un niveau beaucoup plus élevé que dans le reste du jeu. Pour les joueurs orange permanents, c’était un endroit idéal pour chasser et augmenter rapidement leurs niveaux, sans crainte d’être chassés et mis en prison. Pour cette raison, des guildes comme Laughing Coffin ne devaient pas découvrir ce lieu. Il devait rester secret à tout prix, au moins jusqu’à ce que le 75ème Etage de l’Aincrad soit débloqué, auquel cas la confidentialité deviendrait obsolète, le niveau des monstres « normaux » ayant rattrapé celui des « Undead ».

Soupirant, Shirou regarda autour de lui. La dernière salle du dernier Etage du Reverse Aincrad… La chambre du Boss du 50ème Etage du Reverse Aincrad… C’était le point le plus haut de ce « donjon ». En soi, c’était toute une réalisation de parvenir à se rendre jusqu’ici, en particulier à seulement deux personnes. Pourtant, l’Emiya ne s’en souciait pas. Il n’avait aucun intérêt pour tout cela. La seule chose dont il se souciait était ce qui se tenait actuellement devant ses yeux.

Il s’agissait d’une épée occidentale typique, long de quatre-vingt-dix centimètres et large de douze centimètres. Faite d’or, elle était plantée dans un bloc de pierre au milieu de la chambre du Boss. La première fois qu’il l’avait vu, deux semaines plus tôt, il avait été choqué. Pas par sa beauté, même si celle-ci était indubitable, mais par sa familiarité. En même temps, comment aurait-il pu ne pas la reconnaitre ? Cette arme existait dans le Marble Phtantasm d’Archer, Unlimited Blade Works. C’était la même, sans pour autant être la même. Il ne pouvait s’agir que d’elle, et pourtant il était évident qu’elle ne l’était pas vraiment. Mais cela ne changeait rien pour l’Emiya, car au final, cela ne changea rien à l’identité de l’arme…

Excalibur !

Tel était son nom. Ce n’était pas le Last Phantasm ayant été exercé par Saber. Ce n’était même pas un Noble Phantasm. Même leur légende, bien qu’ayant des similitudes, était différente. Et, selon toute vraisemblance, son apparence dans le jeu n’était même pas la même que l’arme originale… Enfin, sauf pour Shirou. Parce qu’il utilisait un Soul Translator, l’appareil en question prélevait les éléments directement de ses souvenirs pour alimenter les images de la réalité virtuelle. Or, en dépit de « l’impossibilité » de la chose, il se trouvait que l’Emiya connaissait la vraie apparence d’Excalibur. C’était donc cette apparence qu’il voyait en regardant l’épée en question, bien que les autres joueurs verraient l’arme telle qu’elle avait été codée.

Excalibur, donc, avait été l’item rare, bonus de dernière attaque. Cependant, contrairement aux autres fois où l’item était automatiquement transféré dans l’inventaire après la mort du Boss, l’arme était apparue directement dans la salle, émergeant du sol après qu’un ensemble de dalles se soient illuminées d’une couleur dorée. Naturellement, cela avait été un spectacle intéressant, mais Shirou n’avait pas été pleinement satisfait.

En réalité, il avait assez confondu. Il ne savait pas trop comment il devait se sentir à l’idée qu’Excalibur existe dans SAO. Cela avait naturellement été une possibilité, étant donné que le Cardinal tirait son inspiration pour ses quêtes des mythes et légendes. Cependant, il ne s’était jamais attendu à effectivement la voir lui-même ou encore à se la voir attribuer. Et surtout, il ne comprenait pas pourquoi. Ou plutôt si, il ne le comprenait que trop bien. C’était évident, quand on repensait à qui lui avait donné la King’s Stone, item à l’origine de la quête qui l’avait conduit dans le Reverse Aincrad.

Gilgamesh avait nourrit une fascination pour Saber, aussi connue comme Arturia Pendragon, ou le Roi Arthur, pendant près de huit ans. Et Shirou qui, dans un futur passé, avait participé à la cinquième guerre du Graal, l’avait justement convoqué comme son Servant. Le message ne pouvait pas être plus clair. Le Roi des Héros était en attente et avait rappelé à l’Emiya, qu’il ne tolérerait aucune erreur de sa part. La King’s Stone, de par son nom, évoquait aussi bien le Roi d’Or que le Roi des Chevaliers.

Actuellement, Shirou ne pouvait que constater la confusion dans les légendes se manifester devant lui. Il n’était pas rare de confondre Caliburn et Excalibur. Leur apparence était assez similaire. Cependant, Caliburn était l’épée tirée de la pierre, tandis qu’Excalibur était l’épée qui avait été confiée au roi Arthur, par la dame du lac, en remplacement de Caliburn après que celle-ci ait été détruite dans une bataille précédente. Pourtant ici, dans le Reverse Aincrad, c’était Excalibur qui était l’épée à tirer de la pierre. Ce n’était qu’un détail, mais cela l’énervait légèrement, probablement parce qu’il était intimement lié à la légende de Saber, l’ayant invoqué durant la cinquième guerre du Graal…

Enfin bref ! Cela faisait donc deux semaines que Shirou avait vaincu le Boss du 50ème Etage, Undead Six-armed metallic Buddha statue. Pourtant, durant ce laps de temps, il n’avait toujours pas récupérer Excalibur. Il ne l’avait jamais sorti de la pierre. Il ne l’avait même jamais touché. Il y avait deux raisons à cela. L’une était pratique, tandis que l’autre était contextuelle.

La raison contextuelle était simple. L’Emiya ne pouvait tout simplement pas s’approcher d’Excalibur. L’épée était actuellement protégée par un champ de force. S’il posait la main dessus, le garçon était simplement repoussé, mais s’il forçait, il commencerait à perdre de la santé. Il le savait, il avait essayé. Shirou soupçonnait qu’il fallait un item spécifique pour passer au travers, qu’il ne possédait actuellement pas. La King’s Stone n’avait été que la clé pour se rendre à Excalibur, mais il lui en fallait une autre pour s’en emparer. Cela ne le gênait cependant pas, car il était raisonnablement certain qu’il pourrait forcer le passage jusqu’à l’arme, s’il en avait besoin.

La raison pratique n’était pas compliquée non plus. L’Emiya pouvait pratiquement prédire le fait que, dès qu’Excalibur serait retiré de la pierre, l’accès au Revers Aincrad serait condamné. Or, pour le moment, il s’agissait de la meilleure zone accessible pour acquérir rapidement de l’expérience. C’était là où les monstres y étaient les plus forts, eh bien, en dehors des Boss et mini-Boss de l’Aincrad, mais eux étaient une ressource réellement finie. La logique voulait donc qu’il profite autant que possible de ce terrain d’entrainement, au moins jusqu’à ce qu’il trouve une meilleure alternative. Alors seulement il s’emparerait de l’épée.

« Master, le soleil est sur le point de se lever dans l’Aincrad. » Avertit Musume par télépathie.

« Compris. » Répondit Shirou. « Dès qu’il fera jour, rejoins-moi et nous poursuivrons la chasse ensemble. »

« Ok ! » Fit la Shadow Girl, l’enthousiasme clairement perceptible dans son ton.

L’Emiya retint un grognement amusé. Son familier était toujours aussi étrange. Au moins, sa soif de tuer des monstres semblaient s’être calmé. Elle ne s’était pas vraiment lassée, mais presque. En tout cas, elle avait perdu une partie de son intérêt qui la rendait presque obsédée à ce sujet. Shirou était presque certain que c’était une bonne chose. Malheureusement, elle avait compensé cela en augmentant le nombre et la fréquence de ses taquineries.

« Et quand on aura fini, pourrons-nous prendre un bain ensemble ? » Demanda soudainement Musume. « Je pourrais te laver le dos… »

Cette dernière proposition fit se crisper l’Emiya. C’était la deuxième fois en une journée qu’on lui proposait cela. A bien y réfléchir, il n’était pas rare que la Shadow Girl déclare des choses de ce genre apparemment aléatoirement. Pourtant, avec du recul, il y avait une constante. C’était toujours peu de temps après qu’Altrouge ait dit exactement la même chose dans le monde réel. Honnêtement, Shirou ne savait pas comment son familier faisait cela, mais il soupçonnait que cela devait avoir un lien avec le Soul Translator. Après tout, le Soul Translator liait directement l’âme du garçon à SAO. Or, Musume partageait un lien mental avec lui. Sans doute pouvait-elle capter des pensées parasites ou persistantes lorsqu’il ne faisait pas attention. Peut-être était-ce à cause de cela qu’elle avait compris que l’Aincrad n’était pas réel…

« Une raison particulière pour me proposer cela ? » Tenta Shirou, essayant de glaner quelques informations.

« Musume est une bonne fille, donc Musume pense qu’elle mérite une récompense~ ! » Expliqua la Shadow Girl d’une voix enfantine.

« D’accord… Mais pourquoi un bain ? » Demanda l’Emiya, en se frottant une temps avec deux doigts, las et désireux de ne pas chercher pourquoi elle parlait d’elle-même à la troisième personne.

« Ça a l’air amusant ! » Expliqua le familier avec enthousiasme.

« Si tu le dis… » Soupira Shirou, sentant qu’il allait le regretter, peu importe sa réponse. Très bien, une fois que cette chasse sera terminée, nous prendrons un bain ensemble. Mais tu ne me laveras pas le dos. »

« D’accord… » Marmonna mentalement la Shadow Girl, en faisant une petite moue.

« Bien. » Fit l’Outside System Gamer, soulagé que la situation ait été résolue sas difficulté.

« Donc, cela signifie que Shirou-kun va laver le dos de Musume ? » Demanda-t-elle, sonnant beaucoup trop innocente pour être honnête.

« Quoi ? Non ! » S’exclama l’Emiya, se rendant compte que cela avait été son plan depuis le début. « Personne ne lavera le dos de personne ! »

« Dommage… » Soupira la Shadow Girl. « La prochaine fois, peut-être… »

« Peut-être. » Convint le garçon à contrecœur.

Il savait qu’il ne pourrait pas éternellement repousser ce genre d’avances. Musume et Altrouge étaient simplement trop persistantes pour qu’il en soit autrement. Pour le moment, elles toléraient le non, car cela faisait partie du cadre du jeu, mais cela ne durerait pas indéfiniment. La limite se rapprochait, et Shirou savait qu’il devrait céder avant qu’elles ne prennent les choses en main… Dans le cas contraire, il risquait de se faire violer « accidentellement » pendant que son corps, physique ou virtuel selon la fille concernée, dormirait. Et puis, ce n’était qu’un lavage de dos… Que risquait-il ?

Grognant, l’Emiya décida de se distraire de ses pensées actuelles en songeant à comment les choses avaient évolué au cours du dernier mois. Les 57ème et 58ème Etages de l’Aincrad avaient finalement été conquis, et le 59ème n’allait pas tarder non plus. Pour la plupart des joueurs, peu avait changé. Seul le groupe des conquérants voyait une réelle différence. Plus de la moitié du jeu avait été conquis, ce n’était plus qu’une question de temps pour qu’ils soient tous libre. L’espoir était d’autant plus fort que le nombre de morts avait drastiquement diminué. Malheureusement, la majorité des décès actuels étaient des assassinats de guildes orange ou de Laughing Coffin, la guilde rouge.

Concernant le Reverse Aincrad, il n’y avait pas grand-chose à signaler non plus. Enfin si, une seule chose… Le Boss du 40ème Etage s’était révélé… Particulier. Il, ou plutôt elle, s’était nommée Shoujo, the Light Girl. Cela avait été le seul Boss, et le seul monstre en général du Reverse Aincrad, à ne pas être un Undead. Comme son nom l’indiquait, ce Boss avait eu un corps entièrement composé de lumière. Pour une raison quelconque, Musume avait tenu à l’affronter seule, disant quelque chose à propos de déterminer qui était le meilleur Boss du 40ème Etage.

Personnellement, Shirou pensait surtout qu’elle n’avait pas voulu courir le risque qu’elle aussi devienne son familier, même si c’était censé être impossible. Un joueur ne pouvait au maximum posséder qu’un unique familier. Mais au vu de l’efficacité des impossibilités lorsqu’elles étaient confrontées à l’Emiya, la Shadow Girl avait préféré ne pas laisser son Beast Tamer s’approcher de l’adversaire, juste au cas où.

Cela avait été un combat intéressant à regarder. Effrayant, mais intéressant. Ombre contre lumière. Ce devait être une sorte de blague cosmique, surtout que c’était l’ombre qui avait gagné. Cependant, pour une raison quelconque, Shirou s’était senti menacé, comme s’il avait été un morceau de viande que n’avaient pas voulu se partager deux prédateurs. Naturellement, c’était une sensation ridicule… N’est-ce pas ?

Concernant la formation de l’Emiya, celle-ci avait également bien progressé au cours de ce mois. Il avait atteint le niveau 124, et acquis deux nouvelles [Compétences], à savoir [Trap Dismantling] et [Hawk Eye]. La première était une capacité active, permettant comme son nom l’indiquait de désactiver manuellement les différents pièges. Shirou espérait que cela aurait une incidence dans la réalité, en particulier contre Caster lors de la cinquième guerre du Graal. La seconde était une capacité visuelle dérivée, bien qu’indépendante, de [Reinforcement], et subtilement différente de [Searching], qui permettait d’améliorer sa vue afin de réduire l’effet de distance et d’augmenter le taux visuel d’identification. L’Outside System Gamer avait fait ce choix car cela s’adaptait parfaitement à sa technique à l’arc, ainsi qu’améliorait les effets de son Analyse Structurelle…

Shirou avait également atteint le niveau 1000 de [Familiar Recovery], [Familiar Communication], [Arc], [One-handed Rapier], [Katana], [Two-handed Curved Blade Forging] et [One-handed Curved Dagger Forging]. Grâce à cette réalisation, il avait désormais totalement maitrisé l’intégralité des [Compétences] d’armes provenant d’Unlimited Blade Works. Seules quelques [Compétences] de forges restaient à améliorer, ce qui ne prendrait plus trop longtemps.

Et enfin, l’Emiya était enfin parvenu à trouver le parfait équilibre entre son style et celui d’Archer. Là où le Counter Guardian avait privilégié une combinaison de deux épées de type [One-handed Curved Blade] en mode [Dual Blade] Shirou, pour sa part, avait privilégié dans SAO une combinaison entre une [One-handed Sword] et une [Two-handed Straight Sword], également en mode [Dual Blade], même si le système le reconnaissait comme [Dual Blade (False)]. La fusion de ces deux styles avait donné un mode [Dual Blade] utilisant une [One-handed Curved Blade] et une [Two-handed Curved Blade].

Il s’agissait du mélange stable entre le style anti-unité et antihumain d’Archer, et du style anti-armée et anti-monstre de Shirou. Le côté « courbé » des armes provenait du Counter Guardian, tandis que la mixité entre « une main » et « deux mains » des armes provenait de Shirou. L’équilibre avait été difficile à atteindre, mais avait finalement été possible lorsqu’il avait su totalement maitriser et combiner efficacement [Eye of the Mind (False)] et [Eye of the Mind (True)].

Musume, pour sa part, avait atteint le niveau 116. Après avoir atteint le niveau 100, elle avait également débloqué un emplacement de [Compétence], qu’elle avait utilisé pour apprendre [Shadow Invocation]. Cette capacité lui permettait de manipuler des ombres à proximité, même si elle n’était pas connectée à elles, et de les utiliser pour attaquer. A un niveau suffisamment élevé, elle pourrait même littéralement créer des ombres là où il n’y en avait pas et où il ne devrait pas y en avoir. Elle avait également atteint le niveau 1000 de [Shadow Travel], [Shadow Hiding] et [Shapeshifting].

La Shadow Girl avait également expliqué qu’en raison d’avoir maximisé [Shapeshifting], son apparence humaine s’était définitivement stabilisée et était devenue une seconde nature pour elle, contrairement à avant où elle devait faire un effort conscient pour conserver sa forme matérielle. De même, passer d’humaine à ombre et d’ombre à humaine ne nécessitait plus de consommation de mana, tout comme maintenir l’une de ces formes. Bien sûr, si Musume voulait prendre une forme différente de ses deux formes de base, cela consommerait de nouveau son mana.

Ainsi, le duo avait développé une nouvelle routine, ou peut-être serait-il plus juste de dire qu’ils avaient adaptés leur ancienne. Désormais, du lundi au jeudi, la journée était consacrée à la chasse aux monstres dans le Reverse Aincrad, car le système jour/nuit y était inversé par rapport à l’Aincrad ou à la réalité. Or, Shirou combattait principalement la nuit, où les monstres étaient plus forts et rapportaient plus d’expérience, et accessoirement de meilleurs items. La nuit, à l’heure de l’Aincrad, l’Emiya louait une forge, comme à son habitude, pour continuer à créer de nouvelles armes et à améliorer ses dernières [Compétences] associées.

La journée du vendredi, Shirou continuait de se présenter à l’arène, de 8h à 20h, et à accepter tous les défis qu’il recevait. En dépit du fait d’être invaincu depuis ses débuts à Noël, beaucoup de personnes persistaient à vouloir l’affronter, ce qui était une bonne chose pour tout le monde. D’une part, ils acquéraient de l’expérience de lutte réelle contre d’autres humains, indispensables en raison du nombre persistant de joueurs orange, et d’autre part le garçon peaufinait son nouveau style, et le testait contre celui d’un grand nombre d’opposant différents, parfois plusieurs en même temps. La nuit, l’Emiya reprenait son travail de forge, tout comme il le faisait le reste de la semaine.

Le samedi et le dimanche était le changement le plus drastique par rapport à l’ancienne routine. Désormais, alors qu’il passait ses journées dans le Reverse Aincrad pour chasser des monstres, il quittait cependant SAO la nuit pour revenir dans le monde réel, expérimenter sur sa thaumaturgie et se préparer à son retour à Fuyuki. Il approchait doucement de la fin de ses deux années de formation, qui se traduisait par la fin du jeu… C’était en fait assez étrange, en y repensant, car seulement un peu plus de la moitié des étages de l’Aincrad avaient été conquis jusqu’à présent. Shirou savait qu’il devait lui manquer une donnée cruciale, mais il ignorait quoi, et Zelretch avait refusé de lui donner des informations en dehors du strict minimum. Eh bien, cela ne le concernait pas vraiment…

De plus, il y avait une autre raison qui avait poussé l’Emiya à prendre ses week-ends, pour ainsi dire, plutôt que de les consacrer à la forge. C’était le fait qu’il avait atteint le niveau 1000 de toute les [Compétences] importées d’Unlimited Blade Works, à l’exception de [One-handed Rapier Forging] et de [Katana Forging], et les deux étaient bientôt totalement maitrisées, de toute façon. Lorsque ce moment arriverait, il pourrait cesser de forger des armes et se consacrer pleinement au reste de l’entrainement. Cela n’aurait pas vraiment d’importance, car il n’avait plus rien à apprendre du jeu une fois atteint le niveau 1000 d’une [Compétence]. Et de toute façon…

I have created over of thousand blades

Il s’agissait de la troisième ligne de l’aria d’Unlimited Blade Workd. Ces mots avaient finalement pris sens pour lui quelques jours plus tôt, lorsque le garçon s’était demandé combien d’arme il avait forgé depuis le début de sa formation. Sa réponse avait été ce fragment d’incantation. Autant dire, il en avait créé beaucoup…

Pendant ce temps-là, la routine de Musume était beaucoup plus simple. Pour elle, les sept jours de la semaine suivaient le même schéma, contrairement à Shirou. La journée, elle suivait son Master dans le Reverse Aincrad, et abattait avec lui tous les monstres s’y trouvant. Il s’agissait principalement de ceux du 50ème Etage, mais également de ceux du 49ème et, plus occasionnellement, du 48ème Etage, si les ennemis venaient à manquer. La nuit, elle consacrait son temps à éliminer les créatures du 50ème Etage de l’Aincrad, mais également celles du 49ème Etage si leur temps de réapparition était trop lent, afin de refaire le plein d’Undeads dans les étages correspondants du Reverse Aincrad.

« Le jour s’est levé, Master. » Annonça la Shadow Girl par télépathie, tirant l’Emiya de ses pensées. « J’arrive ! »

« Compris ! » L’informa Shirou, avant de se déplacer dans une zone ombragée de façon à ce que son familier puisse se téléporter dans son ombre. « Bon, retour, Musume-chan. » Murmura-t-il doucement lorsque la concernée en émergea.

« Encore à regarder cette épée… » Constata-t-elle, en levant un sourcil après avoir repris forme humaine. « Je ne comprends vraiment pas ta fascination pour cette arme. Je veux dire, elle est légendaire, et probablement la meilleure arme de l’Aincrad, mais ce n’est pas la raison pour laquelle tu continues de l’observer. Je te connais, il y a forcément quelque chose de plus. Quelque chose que je ne comprends pas… »

« … » L’Emiya soupira. « Disons juste que cette épée me rend nostalgique… »

« Je vois… » Fit la Shadow Girl, pensive.

« … » Shirou se tourna vers son familier. « On commence la chasse ? »

« Evidemment ! » Confirma Musume, avec un sourire.

**********

Avatar :

Nom : Shirou.

Niveau : 124.

PV max : 5900.

Mana max : 18250.

Familier : Musume.

Statistiques :

Points non distribués : 0.

[Strenght] : 48 (A).

[Endurance] : 59 (A).

[Agility] : 70 (A).

[Luck] : 54 (A).

[Mana] : 365 (A+++).

[Skills] Sword Art Online :

[Battle Healing] : 1000.

[Parry] : 1000.

[Blade Throwing] : 1000.

[Martial Arts] : 1000.

[Hiding] : 1000.

[Meditation] : 1000.

[Searching] : 1000.

[Sprint] : 1000.

[Acrobatics] : 1000.

[Extended Weight Limit] : 1000.

[Familiar Recovery] : 1000.

[Familiar Communication] : 1000.

[Arc] : 1000.

[Copying] : 989.

[Dual Blade (False)] : 977.

[Straining] : 571.

[Hawk Eye] : 363.

[Trap Dismantling] : 158.

[Skills] Unlimited Blade Works :

[Weapon] : 1000.

[Slash Weapon] : 1000.

[Sword] : 1000.

[One-handed Sword] : 1000.

[Two-handed Straight Sword] : 1000.

[One-handed Curved Blade] : 1000.

[Two-handed Curved Blade] : 1000.

[One-handed Straight Dagger] : 1000.

[One-handed Curved Dagger] : 1000.

[One-handed Rapier] : 1000.

[Katana] : 1000.

[Weapon Forging] : 1000.

[Slash Weapon Forging] : 1000.

[Sword Forging] : 1000.

[One-handed Sword Forging] : 1000.

[Two-handed Straight Sword Forging] : 1000.

[One-handed Curved Blade Forging] : 1000.

[Two-handed Curved Blade Forging] : 1000.

[One-handed Straight Dagger Forging] : 1000.

[One-handed Curved Dagger Forging] : 1000.

[One-handed Rapier Forging] : 916.

[Katana Forging] : 894.

[Projection] : 1000.

[Reinforcement] : 1000.

Outside System [Skill] :

[Prana Burst] : 1000.

[Eye of the Mind (False)] : 1000.

[Eye of the Mind (True)] : 1000.

[Skill] Soul Translator :

[Fluctlight Acceleration] : 997.

Avatar :

Nom : Musume.

Espèce : Shadow Girl.

Niveau : 116.

PV max : 19000.

Mana max : 2150.

Maître : Shirou.

Répartition Expérience : 50%.

Statistiques :

Points non distribués : 0.

[Strenght] : 79 (A).

[Endurance] : 190 (A++).

[Agility] : 108 (A+).

[Luck] : 14 (E).

[Mana] : 43 (B).

Skills :

[Mana Link] : 1000.

[Shadow Possession] : 1000.

[Shadow Travel] : 1000.

[Shadow Hiding] : 1000.

[Shapeshifting] : 1000.

[Shadow Clone] : 685.

[Shadow Invocation] : 239.