Situation and explanations…

par Keysapocalypses

Chapitre 2 : Situation and explanations…

« … » Harry resta debout, immobile et complètement ahuri.

Il ne comprenait pas, était incapable de comprendre, ce qui se passait actuellement. L’instant d’avant, il s’énervait contre la Coupe de Feu dans une remarquable démonstration de puérilité et, l’instant suivant, le monde s’était illuminé d’une lumière si intense qu’elle aurait pu le rendre aveugle. Et voilà maintenant que se tenait devant lui une femme blonde, vêtue d’une armure ornée de bleue, qui s’agenouillait devant lui. Elle n’était visiblement pas beaucoup plus âgée que lui, mais cela ne faisait que soulever une question supplémentaire. Le fils Potter ne la reconnaissait pas. Elle ne pouvait donc pas être de Hogwarts. D’où venait-elle, dans ce cas ? De Beauxbâtons ou de Durmstrang ? Non, son anglais était trop parfait pour cela. Les élèves de ces deux écoles avaient tous un très fort accent lorsqu’ils parlaient. Harry le savait, il les avait entendus à plus d’une reprise.

Et il ne se souvenait pas non plus avoir vu le visage de cette femme parmi eux…

« … ! » Le cerveau d’Harry redémarra soudainement et il commença à paniquer. « Q-Que faîtes-vous ? » S’exclama-t-il soudainement en voyant la jeune femme toujours agenouillée devant lui et qui ne semblait pas décidée à se relever. Il parlait inconsciemment d’une manière formelle en raison de l’aura de noblesse qui émanait de cette personne, ce qui rendait sa position servile d’autant plus perturbante pour lui. « S’il vous plaît, redressez-vous… »

« Êtes-vous mon Master ? » Répéta la jeune femme, ignorant les demandes du garçon.

« N-Ne plaisantez pas, s’il vous plaît. » Nia immédiatement Harry d’une voix tremblante. « Il faut vraiment vous relever. C-Ce n’est vraiment pas convenable pour vous de… »

« Êtes-vous mon Master ? » Insista la dénommée Saber pour la troisième fois, imperturbable.

« N-Non je ne le suis pas ! » Affirma le fils Potter, espérant que cela réglerait le problème. Il continuait de jeter des coups d’œil frénétiques dans tous les sens, espérant vainement pouvoir résoudre cette situation irréelle à ses yeux. « Vous devez vous tromper de personne, donc s’il vous plaît, relevez-vous… »

« … » Pour la première fois, la jeune femme releva la tête et observa le garçon, le balayant du regard avec une intensité qui le mit encore plus mal à l’aise. « Je ne me trompe pas. Vous êtes porteur des Sceaux de commandement, prouvant ainsi que vous êtes mon Master. A présent, achevons le rite traditionnel et répondez à la question. Êtes-vous mon Master ? »

« Les quoi ? » Demanda Harry, confus. « De quoi est-ce que vous… Urgh ! » Le fils Potter grimaça soudainement à la brusque sensation de chaleur qu’il ressentit provenir de ses deux bras. La douleur, heureusement à peine plus qu’un picotement particulièrement désagréable, ne dura pas plus de quelques secondes, mais le garçon n’osa bouger qu’une fois qu’il fut sûr que cet étrange sentiment avait totalement disparu, après quoi il releva brusquement les manches de sa robe « Qu’est-ce que c’est que ça ? » S’exclama-t-il, choqué.

Il y avait là ce qui ressemblait à un tatouage tribal formé de ce qui ressemblait vaguement à trois éclairs commençant, s’il le jugeait correctement à partir de la chaleur de plus tôt, au niveau du coude et se terminant sur le dos de la main, recouvrant ainsi tout l’avant-bras. Et cet étrange motif était présent sur les deux bras d’Harry, l’un étant le reflet symétrique de l’autre. Alors que leur apparence était assez sympa, et même plutôt cool, leur apparition soudaine l’était beaucoup moins.

« … » Le regard de la jeune femme alternait également entre les deux bras d’Harry et une lueur de surprise brilla brièvement dans ses yeux avant de disparaître soudainement. « Ce sont vos Sceaux de commandement. Ils sont la preuve que vous êtes mon Master. A présent, pouvons-nous compléter le rite ? »

« Non ! » S’écria soudainement le fils Potter, son visage devenant très blanc. « Certainement pas ! »

Il commençait plus ou moins à comprendre ce qui se passait et ses conclusions sur la situation actuelle étaient très mauvaises. Et encore, le dire ainsi était un euphémisme. C’était une véritable catastrophe ! Il ne voulait pas… Il n’avait pas voulu… Ce n’était certainement pas de sa faute ! Il n’avait rien fait de mal, il ne savait même pas comment cela avait pu se produire ! Il allait rapidement trouver un moyen de résoudre ce problème et tout rentrait dans l’ordre. Avec un peu de chance, Harry pourrait même faire comme si rien de tout cela n’était arrivé ! Premièrement, prévenir Dumbledore. Peut-être qu’il saurait ce qu’il se passait et aurait une solution. Deuxièmement, prévenir Hermione. Elle allait évidemment être horrifiée, et allait surement le sermonner pendant de bonnes heures pour ce qu’il avait fait, mais elle l’aiderait sans aucun doute à réparer ses torts ! Ensuite…

« Master ? » Appela Saber, voyant que le garçon commençait à hyperventiler. « Est-ce que vous allez bien ? »

« Non… Non, je ne vais pas bien. » Murmura le fils Potter, toujours aussi pâle et haletant. « Et tu ne devrais pas être si décontractée avec cette situation non plus… Pas après ce que je vous ai fait… »

« Ce que vous m’avez fait ? » Répéta la jeune femme, penchant la tête sur le côté de confusion. « Je ne comprends pas… Que m’avez-vous fait ? Master… Quel est le problème ? »

« Le problème ? » Harry semblait presque hystérique. « Le problème ? Je vais te dire quel est le problème ! Regarde-toi ! Regarde mes bras ! » Déclara-t-il, abandonnant son formalisme dans sa panique.

« Et donc… ? » Hésita Saber, ne comprenant toujours pas ce qui mettait le garçon dans de tels états.

« Et donc ? » Les mots de la jeune femme ne firent que renforcer la frustration du fils Potter, qui semblait prêt à s’arracher les cheveux à tout instant. « J’ai fait de toi un esclave ! Voilà le problème ! »

Après tout, c’était ce qu’elle était, n’est-ce pas ? Elle l’appelait Master. Il possédait désormais ces… Ces… Sceaux de commandement. Avec un nom pareil, il n’était même pas difficile de comprendre à quoi ils pourraient servir. Ajouté à cela son attitude servile et soumise, que pourrait-elle être d’autre qu’un esclave ? Elle n’était de toute évidence pas un elfe de maison, dont le comportement et l’attitude n’étaient pas si différents de ce qu’elle affichait actuellement. En fait, s’il se souvenait de ce qu’avait dit Winky, l’affichage actuel de Saber était à peu près exactement ce qui était attendu d’un elfe de maison… Sauf que pour un humain, cela s’appelait de l’esclavage. Et à moins que cela ne soit différent dans le monde magique, auquel cas cela dégouterait énormément Harry, c’était quelque chose de hautement illégal !

Soudainement, le fils Potter voyait l’obsession d’Hermione pour libérer les elfes de maison d’une toute autre manière…

« … » La jeune femme regarda le garçon avec incrédulité. Puis, ce fut plus fort qu’elle, elle éclata de rire.

« Il n’y a rien d’amusant ! » S’exclama Harry, frustré. « Je ne trouve vraiment pas ça drôle du tout ! »

« Je vous prie de me pardonner, Master… » S’excusa immédiatement Saber, conservant malgré tout un léger sourire. « Il semblerait que j’aie outrepassé mes limites… »

« Non, ce n’est pas ce que je voulais dire… » Soupira le fils Potter, sentant que la situation n’avançait pas. « Je trouve simplement que l’esclavagisme n’est pas un sujet sur lequel nous devrions pouvoir rire. »

« Non, en effet, ça ne l’est pas. » Acquiesça la jeune femme en hochant la tête avec approbation. « Cependant, il semblerait que vous vous mépreniez sur quelque chose, Master. »

« Ah, quoi donc ? » Demanda le garçon, confus. « Et arrête de m’appeler Master ! »

« Je ne suis pas une esclave. » Répondit Saber avec fermeté.

« … » Harry la regarda, sceptique. « Vraiment ? »

« Vraiment. » Confirma la Servant.

« Pas une esclave ? » Insista-t-il, ses yeux se plissant.

« Pas une esclave. » Répéta-t-elle.

« … » Le fils Potter la regarda fixement pendant quelques secondes. « Corrige-moi si je me trompe… Tu es bien liée à moi par ces Sceaux de commandement, n’est-ce pas ? »

« Correct. » Admit Saber, levant un sourcil.

« Et je suis ton Master ? » Enchaîna le garçon, poursuivant sa pensée.

« C’est en effet le cas. » Confirma la jeune femme, avant de cligner des yeux. « Ah, je commence à comprendre… C’est une méprise ! Une simple méprise. »

« Dans ce cas, éclaire-moi s’il te plait. » Pria Harry, toujours agité. « En quoi cette situation fait que tu n’es pas mon esclave ? »

« C’est parce que je suis votre Servant que vous êtes mon Master… » Disant ces mots, Saber sembla hésiter un instant. « Vous… Savez ce qu’est un Servant… N’est-ce pas ? »

« Euh… Non ? » Répondit le fils Potter, soudain incertain. Il devait bien admettre qu’il savait toujours très peu de choses à propos du monde magique. Ce ne serait pas la première fois qu’il se rendait ridicule en faisant preuve d’ignorance.

« … » La jeune femme regarda le garçon avec une légère lassitude. « Pas encore… » Murmura-t-elle, faisant de son mieux pour ne pas gémir.

« Ai-je dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? » Demanda Harry avec inquiétude.

« Non, Master. Absolument pas. » Lui assura Saber. « C’est juste que ce n’est pas la première fois que je me retrouve dans une situation qui ressemble à celle-ci. »

« Oh… » Le fils Potter soupira de soulagement. « Donc c’est déjà arrivé auparavant ? »

C’était bon à savoir. Harry n’avait pas vraiment eu le temps de vérifier en profondeur les annales des précédents tournois, raison pour laquelle il avait paniqué lorsque les événements étaient devenus hors de contrôle. La réaction de la Coupe de Feu avait tout simplement été trop étrange pour lui sur le moment mais, s’il y avait des précédents, alors peut-être qu’il n’avait pas fait quelque chose de mal, finalement… Comprenant cela, le fils Potter eut l’impression qu’un poids venait de lui être retiré des épaules.

« Eh bien… Plus ou moins. » Avoua Saber avec réticence. « D’ordinaire, lorsque un Master invoque un Servant, il sait ce qu’il fait. Votre cas n’est cependant pas sans précédent, juste très rare… »

« Je vois… » Fit le garçon en soupirant à nouveau. C’était toujours mieux que rien. « Donc, je suppose que tu es là pour le tournoi ? »

« C’est exact. » Confirma la jeune femme avec un hochement de tête. « Cependant, pour appeler ça un simple tournoi… C’est une guerre, Master, donc ne prenez pas cela à la légère. »

« Il ne faut pas exagérer… » Essaya de l’apaiser Harry. « Je sais bien qu’il y a eu des morts par le passé, mais de là à l’appeler une guerre… N’est-ce pas un peu trop ? »

« Si vous voulez survivre jusqu’à la fin, rien ne sera de trop. » Déclara fermement Saber.

« Ce n’est pas comme si je ne prenais pas la situation au sérieux… » Le fils Potter soupira une nouvelle fois. « J’ai bien l’intention de survivre à tout ce que j’aurai à affronter. »

« Mon Master n’aura rien à affronter tant que je serais à ses côtés. » Déclara fermement la jeune femme.

« Si tu le dis… » Déclara Harry, sceptique. « Donc, pour en revenir au sujet de départ… Qu’est-ce qu’un Servant ? »

« C’est en fait assez simple. » Affirma Saber d’une voix douce. « Un Servant est un Esprit Héroïque ou un Esprit Divin convoqué par le Saint Graal dans le but de concourir sous un Master dans la Guerre du Saint Graal. »

« … » Harry se contenta de regarder la jeune femme avec un visage impassible, ce qui la fit soupirer.

« Basiquement, un Servant est une sorte de familier glorifié qui se lie à un Master dans le but de combattre en son nom. » Simplifia la jeune femme.

« Oh, je comprends maintenant. » S’exclama le fils Potter avant de froncer les sourcils. « Cependant, je ne crois pas que je sois autorisé à laisser quelqu’un me représenter durant le tournoi. Il faudra que je vérifie, bien sûr, étant donné que je n’ai pas encore pris pleinement connaissance des règles, mais je doute que cela soit possible. »

« Pourquoi cela ne serait-il pas possible ? » Répliqua Saber, fronçant les sourcils. « Un jeune magus tel que vous, Master, n’aurait aucune chance de vaincre un autre Servant. »

« Euh… Je ne suis pas un magus… Je suis un sorcier… » Déclara timidement Harry. Puis, voyant qu’elle ne semblait pas réagir immédiatement au terme, il essaya de l’expliquer avec ses propres mots. « Une sorte de magicien, si tu préfères… »

« … ! » Entendant cela, la jeune femme se figea, une lueur de surprise, ou de choc, dans le regard. Après un instant, elle inclina humblement la tête. « Mes excuses pour cette nouvelle méprise. Je ne savais pas que mon Master était une personne aussi exceptionnelle. Effectivement, dans ces circonstances, il vous serait probablement possible de vaincre un Servant, mais je recommande de l’éviter à moins qu’il n’y ait pas d’autre choix. »

« Je… Je ne suis pas exceptionnel… » Marmonna le garçon, semblant légèrement tendu. « Je suis… Je suis juste Harry. »

« Master… » Les yeux de Saber se plissèrent légèrement tandis qu’elle regardait pensivement son contractant. Un doute s’insinua soudainement dans son esprit. « Se pourrait-il que vous ne sachiez pas ce que signifie être un sorcier ? »

« Bien sûr que je le sais ! » S’exclama le fils Potter, légèrement offensé. « Un sorcier est une personne capable d’utiliser la magie. »

« En effet, un sorcier est une existence capable de l’exploit extraordinaire d’utiliser une Vraie Magie. » Déclara la jeune femme en hochant la tête. « Pardonnez mon impertinence pour avoir osé douter de vos connaissances. Je trouve simplement étrange, quoique respectable, le fait qu’en dépit d’être un sorcier vous ne vous considériez pas comme différent des autres, d’autant plus que vous êtes extrêmement jeune pour être devenu un sorcier. Je me serai attendu à plus d’arrogance de votre part, sans vouloir vous manquer de respect. »

« … » Harry fronça les sourcils une fois de plus. « Devenir un sorcier ? Je ne comprends pas. Ne nait-on pas sorcier ? »

Ce que disait Saber n’avait aucun sens ! Comment pouvait-on devenir un sorcier ? Harry savait qu’il n’avait pas une grande connaissance du monde magique, la situation actuelle en était une excellente preuve, mais du peu dont il avait conscience il savait que les sorciers l’étaient depuis l’instant de leur naissance. Qu’ils viennent d’une famille de sorciers, d’une famille moldue ou d’une famille mixte, il était possible de déterminer si un enfant était un sorcier relativement tôt, pratiquement dès la naissance. Eh bien, un peu plus tard chez les familles moldues, parce qu’ils ne savaient vraiment pas ce qu’il fallait chercher.

Mais le fait demeurait, on naissait sorcier, on ne le devenait pas. Alors de quoi parlait Saber ?

« Tant qu’on y est, qu’est-ce qu’un Esprit Héroïque, un Esprit Divin, le Saint Graal et la Guerre du Saint Graal ? » Demanda Harry, se sentant un peu frustré. « Et qu’est-ce qu’un magus ? Depuis tout à l’heure, tu utilises des termes qui me sont inconnus et je ne disais rien parce que j’essayais de comprendre la situation, mais plus tu m’expliques des choses, moins je les comprends. Je ne vais donc poser cette question qu’une fois et j’attends une réponse claire… Qu’est-ce que c’est que ce non-sens ? »

« … » Saber resta silencieuse pendant plusieurs longues secondes, un éclair de doute naissant dans son regard. « Master… Avant de vous répondre, je voudrais vérifier quelque chose, si cela ne vous dérange pas… »

« Au point où on en est… » Soupira le fils Potter, avant de hocher la tête. « Très bien, je t’écoute. »

« Est-ce que le terme de circuit magique vous évoque quelque chose ? » Demanda la jeune femme.

« … Non, cela ne me dit rien. » Déclara le garçon après un instant de réflexion. « Qu’est-ce qu’un circuit magique ? »

« C’est un pseudo-système nerveux qui se propage à travers le corps d’une personne. » Expliqua brièvement la Servant. « Grossièrement, c’est à travers eux qu’un magus est capable de générer de l’énergie magique. »

« Non, j’ai beau y réfléchir, je ne crois pas avoir jamais entendu parler de ces circuits magiques. » Avoua Harry en se grattant la tempe. « En revanche, pour ce qui est de générer de l’énergie magique, il y aurait bien quelque chose de similaire… Ce serait le noyau magique. Tous les sorciers en ont un… »

« Un noyau magique ? » Répéta Saber, haussant involontairement le ton. « J’en possède un, moi aussi ! » Révéla-t-elle, presque sans y penser.

« Tu n’aurais pas été autorisé dans Hogwarts si cela n’avait pas été le cas. » Informa le garçon, juste au cas où.

« … » Le regard perdu dans le vide pendant plusieurs longues, son visage légèrement plus pâle, la jeune femme reporta finalement sa pleine attention sur son Master. « Je crois que je commence à comprendre, même si j’espère vraiment me tromper… Puis-je poser une dernière question ? »

« Bien sûr. » Accepta immédiatement Harry. Après tout, si cela pouvait aider Saber à comprendre ce qui se passait exactement, il n’allait certainement pas lui faire obstacle. Toute cette histoire était déjà bien assez compliquée comme cela.

« Le tournoi auquel vous participez… » Mentionna la Servant, de plus en plus hésitante. « Comment s’appelle-t-il ? »

« Le Tournoi des Trois Sorciers. » Fut la réponse immédiate.

« … » La jeune femme passa une main sur son visage et Harry vit qu’une fine pellicule de sueur s’était formée sur son front. « Où sommes-nous ? Dans quel pays ? Quelle année ? »

« Ceci est le château de Hogwarts, situé en Ecosse. » Informa le fils Potter, décidant de ne pas commenter le fait qu’elle avait posé plus que juste une dernière question. « Nous sommes en 1994. »

« Je… Je vois… » Marmonna Saber, ses épaules s’affaissant. Son visage était vierge de toute émotion mais dans son regard brillait un mélange de crainte et de résignation. « Comment… Comment m’avez-vous invoqué, Master ? »

« A ce sujet… » Commença le garçon, en riant nerveusement. « Je ne l’ai pas fait… »

« … Quoi ? » La tête de Saber se releva brusquement. « Pourquoi serais-je ici si ce n’était pas le cas ? »

« Je ne sais pas non plus… » Avoua Harry, mal à l’aise. « Tout ce que je peux dire, c’est que ton invocation doit avoir à voir avec la Coupe de Feu, derrière toi. »

Avec un regard las mais reconnaissant, la jeune femme tourna la tête pour regarder dans la direction indiquée. Toutefois, lorsque ses yeux se posèrent sur la Coupe de Feu, elle se figea soudainement. Voyant sa réaction, Harry fronça les sourcils. Il observa la coupe en bois, puis Saber, puis la coupe encore une fois, pour revenir à Saber. Il recommença à alterner entre les deux à plusieurs reprises, essayant de comprendre ce qui se passait. La Servant n’avait pas bougé depuis qu’elle avait établi le contact visuel avec la Coupe de Feu. Elle semblait même ne pas respirer. Autant dire que cela inquiétait profondément le fils Potter.

« … » Pour la première fois depuis son apparition, Saber se leva, son corps faisant désormais face à la Coupe de Feu, toujours posée sur sol. « … Je n’arrive pas à y croire. » Murmura-t-elle avec une émotion indescriptible dans la voix.

« Qu’est-ce qui passe ? » Demanda Harry, inquiet.

« Se pourrait-il que… » Continuait de marmonner la jeune femme, inconsciente du regard concerné du garçon sur elle. « Est-ce le… Saint Graal ? »

« Le Saint Graal ? » Répéta le fils Potter, se souvenant qu’elle avait mentionné cela un peu plus tôt. « Non, ça c’est la Coupe de Feu. Cette fichue chose est responsable de tous mes problèmes récents, mais il est peu probable que ce soit ce Saint Graal dont tu parles… »

« Le Saint Graal est une sainte relique chrétienne qui a reçu le sang du Christ. » Expliqua distraitement Saber, ses yeux toujours fixés sur la Coupe de Feu. « L’original a disparu depuis de nombreux siècles, mais de nombreuses copies sont apparues par la suite. Chaque Saint Graal recensé est prétendument capable d’accorder toute volonté à qui parvient à le réclamer. »

« Je ne vois pas le rapport avec la Coupe de Feu… » Admit Harry, confus.

« Master, vous avez dit que ce… Cette Coupe de Feu était responsable de mon invocation. » Rappela la jeune femme. « Quelles étaient vos pensées à ce moment-là ? »

« Mes pensées ? » Répéta le garçon, rougissant légèrement de honte. « J’étais en colère… Je ne savais plus vraiment sur quoi passer ma frustration… J’ai… J’ai hurlé sur la Coupe de Feu, disant des choses stupides. »

« Pourquoi ? » Demanda Saber, honnêtement curieuse.

« En raison du Tournoi des Trois Sorciers. » Marmonna le fils Potter, se sentant toujours un peu irrité au fait d’y penser. « Il s’agit d’une compétition amicale entre trois écoles de magie européenne. Le candidat de chaque école se présente en soumettant son nom à la Coupe de Feu qui soi-disant désignera le plus apte de chaque école pour la représenter, devenant ainsi son champion. Sauf que cette année, quelqu’un a trafiqué la Coupe, lui faisant croire que quatre écoles participaient. Mon nom est le quatrième à avoir été choisi… » Résuma-t-il brièvement.

« D’où votre colère envers la Coupe de Feu… » Comprit Saber. « Mais qu’est-ce que vous avez dit exactement ? Master, cela pourrait être important. »

« Une seconde ! » Grimaça Harry devant l’impatience de son Servant. Après tout, ce n’était pas comme s’il avait vraiment fait attention à ce qu’il disait à ce moment-là. Il ne faisait vraiment qu’évacuer sa frustration… « Je reprochais à la Coupe de Feu mon implication dans le Tournoi des Trois Sorciers et lui ai demandé, ordonné, de trouver une solution pour m’aider à survivre à ce que j’allais devoir affronter. » Résuma-t-il dans les grandes lignes.

« Et je suis apparue ? » Vérifia Saber, fronçant les sourcils.

« Dans un grand flash de lumière dorée. » Confirma le fils Potter. « Sur le coup, j’ai bien cru devenir aveugle. »

« Je vois… » Déclara pensivement la jeune femme, reportant son attention sur l’artefact magique. « Donc, vous avez involontairement formulé un vœu, et la Coupe de Feu a réagi en m’invoquant. »

« Peut-être ? » Répondit le garçon, incertain.

« J’en suis persuadée. » Affirma Saber, sans la moindre hésitation. « Cette Coupe de Feu est définitivement un Saint Graal… Cependant, il y a quelque chose que je ne comprends pas. Pour une raison quelconque, le Graal a accumulé une grande quantité d’énergie magique au fil du temps mais jamais un vœu n’a été formulé jusqu’à maintenant… Je me demande pourquoi… »

« Sans doute parce que personne n’était au courant ! » Comprit soudainement Harry. « Il n’y a que deux récompenses connues pour le gagnant du Tournoi des Trois Sorciers : une bourse de 1000 Gallions et une soi-disant gloire éternelle. Il n’a jamais été mention d’un vœu. »

« Je vois… » Fit distraitement la jeune femme avant de cligner des yeux. « Gloire éternelle ? » Répéta-t-elle, semblant surprise.

« Oui, mais il s’agir d’une simple arnaque, de la publicité mensongère. » Déclara le fils Potter, avec quelque chose proche du dégoût dans la voix.

« Publicité mensongère ? Non… Certainement pas… » Murmura Saber d’une voix douce, semblant presque refuser de croire ce qu’elle voyait.

« Quoi d’autre ? » Riposta Harry, haussant les épaules. « J’ai vérifié, même le professeur Dumbledore n’a pas reconnu le nom de plusieurs vainqueurs après les avoir entendu. C’est définitivement de la publicité mensongère. »

« Non. » Réitéra la Servant, d’une voix légèrement plus assurée, quoique toujours perturbée. « Cette gloire éternelle existe réellement. C’est juste qu’il ne s’agit pas d’une simple forme de célébrité… »

« Ah ? » Fit le garçon, perplexe. « Qu’est-ce que ce serait, dans ce cas ? »

« Quelque chose de plus mystique, beaucoup plus mystique ! » Informa la jeune femme avec une légère insistance. « Remporter ce… Ce Tournoi des Trois Sorciers… Cela permet d’accéder à un tout nouveau plan d’existence : le Throne of Heroes ! Voilà ce que signifie gloire éternelle. »

« Le… Throne of Heroes ? » Répéta Harry, fronçant les sourcils de confusion. « Qu’est-ce que c’est ? Et comment sais-tu que c’est la signification derrière gloire éternelle ? »

« Je le sais parce que je peux sentir une connexion qui m’y relie à travers cette… Coupe de Feu. » Expliqua brièvement la Servant. « Quant à ce qu’est le Throne of Heroes. Cela risque d’être un concept difficile à appréhender pour vous, Master. Surtout compte tenu de votre manque de connaissance sur l’ensemble de la situation. »

« Dis toujours… » Soupira le fils Potter.

« Si vous insistez. » Accepta Saber. « Le Throne of Heroes est… Ailleurs. C’est un lieu en dehors du monde et de l’axe du temps existant. Pour faire simple, c’est là que ceux dont le nom a marqué l’histoire sont transférés après leur mort. Là, ils sont libérés des contraintes du temps lui-même et retirés du cycle de la réincarnation. Bien ou mal, le Throne of Heroes ne fait aucune différence. »

« Je… Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris. » Avoua finalement le garçon avec un sourire penaud.

« Disons simplement que c’est là que l’âme des plus grands héros et méchants résident après leur mort, et ce pour l’éternité. » Résuma la Servant en termes profanes. « Cela dit, le Throne of Heroes relié à la Coupe de Feu possède une différence majeure avec le Throne of Heroes que je viens d’expliquer. »

« Ah bon ? » Fit Harry, d’un ton hébété.

« Oui. » Confirma Saber. « Ce Throne of Heroes est spécifique à la Coupe de Feu. Je suppose que cela veut dire que les seuls qui peuvent y accéder sont ceux qui remportent le Tournoi des Trois Sorciers. Je suppose qu’on peut dire qu’il s’agit d’une version miniature du véritable Throne of Heroes… »

« Alors… » Essaya de comprendre le garçon. « Ceux qui ont gagnés le Tournoi des Trois Sorciers voient leur âme immortalisée et stockée dans ce… Throne of Heroes ? »

« Une façon un peu brute de dire les choses, mais essentiellement correcte. » Approuva la jeune femme.

« … Wow ! » Fut la seule chose que parvint à dire le fils Potter.

Avec une telle explication, il comprenait désormais mieux le concept de « gloire éternelle ». Et quelle gloire éternelle ! La véritable signification derrière ces deux mots étaient en fait que le vainqueur du Tournoi des Trois Sorciers acquérait une sorte de pseudo-immortalité. C’était le genre de truc pour lequel des gens seraient prêts à mourir… Ou à tuer. Et dire que personne ne semblait être au courant de cela. C’était peut-être mieux ainsi. Harry avait des frissons d’horreur rien qu’à l’idée d’imaginer ce que ferait Voldemort s’il découvrait une telle information.

« … Je n’ai toujours pas toutes les réponses à mes interrogations, mais je pense avoir compris la plus grande partie. » Déclara soudainement Saber, quelques minutes de silence plus tard, avant de se redresser. « Je vous ai montré un côté inesthétique de moi-même en raison de ma confusion, Master, et j’en suis désolée. Je suis désormais prête à répondre à vos questions. »

« Oui, dans ce cas… Euh… » Pris de court, le fils Potter ne sut pas quoi demander. Réfléchissant furieusement, il pensa soudainement à quelque chose. « Tu as dit plus tôt que la Coupe de Feu était responsable de ton invocation ! »

« C’est exact. » Confirma la jeune femme en hochant la tête.

« Et la Coupe de Feu est relié au Throne of Heroes. » Continua Harry, pensant à haute voix. « C’est de là que tu viens, n’est-ce pas ? Est-ce que ça veut dire que tu es une ancienne gagnante du Tournoi des Trois Sorciers ? »

« Non, c’est un peu plus compliqué que cela. » Admit Saber. « Je ne suis pas issue de ce Throne of Heroes, mais de l’original. » Elle fit une pause, pensive. « Disons les choses autrement. Le Throne of Heroes relié à la Coupe de Feu est spécifique au Tournoi des Trois Sorciers et ne prendra en charge que les âmes des vainqueurs. Pour éviter les confusions, je l’appellerai désormais le Throne of Champions. Eh bien, ce n’est pas du Throne of Champions que j’ai été invoquée, mais bien du Throne of Heroes. »

« Mais comment est-ce possible ? » Marmonna le garçon, perplexe.

« Parce que le Throne of Champions est relié au Throne of Heroes. » Expliqua la Servant. « Ou plus exactement, le Throne of Champions est une infime partie du Throne of Heroes. Isolée, certes, mais totalement dépendante. Et, peut-être parce que la Coupe de Feu n’a pas trouvé de candidat avec une bonne affinité envers vous dans le Throne of Champions, il a étendu sa recherche au Throne of Heroes… Et me voilà. »

« … » Le fils Potter fronça les sourcils, digérant les nouvelles informations. « Tu as dit plus tôt que tu étais un Servant et qu’un Servant était un Esprit Héroïque ou un Esprit Divin. Qu’est-ce que signifient ces deux termes ? »

« Grossièrement, ils sont assez littéral. » Expliqua Saber, voulant simplifier les choses au maximum pour faciliter la compréhension de son Master. Un Esprit Héroïque est l’esprit d’une personne dont le nom a marqué l’histoire. Littéralement, un héros. Cependant, il faut prendre ce terme dans le sens le plus large. Un héros est quelqu’un qui a accompli de grandes choses, indistinctement du bien et du mal. Quant aux Esprit Divins, c’est encore plus simple. Il s’agit de dieux ou plus exactement de divinités, généralement le plus haut rang d’esprit de la nature. »

« … Et tu es quel type de Servant ? » Voulut savoir le garçon. « Un Esprit Héroïque ou un… »

« Un Esprit Héroïque. » Confirma la jeune femme.

« … » Harry fronça les sourcils une fois de plus. « Je n’ai jamais entendu parler d’un héros appelé Saber. »

« C’est parce que ce n’est pas mon véritable nom. » Informa la concernée. « Il s’agit d’une désignation afin de dissimuler la véritable identité d’un Servant lorsque celui-ci entre en contact avec l’ennemi… Eh bien, c’était ainsi dans la Guerre du Saint Graal… »

« Justement, parles-en-moi. » Demanda le fils Potter, fasciné malgré lui.

« La Guerre du Saint Graal est exactement ce que son nom indique : une guerre pour s’emparer du Saint Graal. » Expliqua la jeune femme, semblant désabusée. « Cette guerre se déroule normalement tous les 60 ans et met en scène une lutte entre sept paires de Master/Servant. Chaque Master invoque son Servant, soit à l’aide d’un catalyseur, soit en laissant le Saint Graal déterminer le Servant qui aura le plus d’affinité à ce Master. Chaque Servant dispose d’une classe spécifique ainsi que d’avantages spécifiques liés à cette classe. Ces sept classes sont : Saber, Lancer, Rider, Caster, Archer, Berserker et Assassin. Ma classification comme Saber indique que je manie l’épée. »

« … » Le regard d’Harry vacilla sur la jeune femme, mais il ne vit aucune épée. Cependant, pas pour la première fois, il remarqua qu’elle semblait tenir quelque chose dans une main. A la réflexion, il se pourrait bien que cela soit une épée… Une épée invisible. Le garçon secoua la tête pour chasser ces pensées. « Et le Saint Graal réalise le vœu de la paire Master/Servant gagnante, c’est bien ça ? »

« Oui. » confirma Saber, bien qu’une lueur sombre dans son regard indiquât qu’il y avait plus à cette histoire. Malheureusement, le fils Potter ne le remarqua pas. « A leur mort, les Servants invoqués sont consommés par le Saint Graal pour servir de carburant afin de réaliser le vœu des gagnants. »

« C’est… Horrible ! » S’exclama Harry, incapable de dire autre chose.

« Certains diront que c’est un sacrifice nécessaire. » Rectifia sobrement la jeune femme, sans pour autant donner son avis sur la question.

« Mais… » Le garçon hésita un instant, cherchant ses mots. « Si vous mourrez dans cette guerre… Je veux dire, tu m’as dit que vous aviez des âmes immortelles, donc… »

« C’est en effet le cas. » Confirma Saber en hochant la tête. « Il est fondamentalement impossible d’invoquer un véritable Esprit Héroïque car ceux-ci sont beaucoup trop puissants. Même le Saint Graal n’en est pas capable. Il lui est cependant possible de faire une copie de leur âme et de les invoquer dans l’un des sept réceptacles, correspondant aux sept classes de Servant. Un Servant n’est cependant rien de plus qu’une version affaiblie de sa version originale, dont la légende transcende le temps. »

« … Cela ne peut pas être si simple. » Fit remarquer Harry, repensant à l’explication. « Il doit forcément y avoir un hic. »

« Le hic… » Commença la jeune femme, reprenant le terme du fils Potter. « … Est qu’un Servant ne peut exister par lui-même. Pour maintenir son existence, il doit dépendre du prana de son contractant pour pouvoir perdurer. Ce prana est naturellement absorbé par le Servant à travers la connexion qu’il entretient avec son Master, bien que ce dernier puisse en réguler la quantité. »

« Prana ? » Répéta le garçon, penchant la tête sur le côté de confusion. « Qu’est-ce que c’est ? »

« … » Saber le regarda un instant puis soupira. « Evidemment, vous ne savez pas… Le prana est le nom donné à l’énergie magique une fois celle-ci raffinée. Non-raffinée, elle existe sous deux formes. La première est générée en quantité variable par les organismes vivants et se nomme Od. La seconde est générée par le monde et existe en très grande quantité et se nomme Mana. Le Mana, contrairement à l’Od, est beaucoup plus lent à se reconstituer naturellement. Outre ce détail, il n’y a pas beaucoup de différences entre les deux. »

« J-Je vois… » Marmonna Harry, se sentant un peu honteux. Il n’avait jamais vraiment pris la peine de se demander comment s’appelait l’énergie magique qu’il utilisait. Il s’était toujours référé à la magie en termes génériques, sans chercher à approfondir… Maintenant qu’il y pensait, il ne se souvenait pas non plus avoir entendu Hermione mentionner quelque chose à ce sujet. D’une manière tordue, cela le soulagea un peu. Son regard se posa alors sur son bras. « Qu’en est-il de ces sceaux de commandement ? »

Il n’était toujours pas convaincu qu’elle n’était pas une esclave et attendait qu’elle lui prouve le contraire.

« Ils sont une mesure de sécurité. » Informa Saber, son ton soigneusement neutre. « Tous les Servants ne se montrent pas coopératifs après leur invocation. Certains tentent même parfois d’éliminer leur Master, sans se soucier des conséquences. Les sceaux de commandement, ou sorts de commandement, permettent d’éviter ce genre de situation de se produire. »

« Comment ça ? » Demanda le fils Potter, ne voyant pas le rapport.

« Ces sceaux de commandement sont des revendications de l’obéissance absolue. » Déclara la jeune femme. « L’utilisation de l’un d’eux permet à un Master de donner un ordre absolu à son Servant, un ordre qui ne peut être désobéi. Avant que vous ne disiez quoi que ce soit, je sais que cela ressemble à de l’esclavagisme, mais ce n’en est pas, pas vraiment. Sauf pour l’utilisation d’un sceau de commandement, un Servant est totalement capable d’agir selon son propre libre arbitre. »

« Cela n’en fait pas pour autant quelque chose de bien. » Déclara Harry dans un rare moment de sagesse.

« Certes, mais cela n’en fait pas non plus quelque chose de mal. » Tempéra Saber. « Les sceaux de commandement ne sont de mauvaises choses qu’entre les mains de mauvaises personnes. En outre, ils peuvent être utilisés de façon mutuellement bénéfique, en particulier dans des situations d’urgence. Un sceau de commandement est un ordre d’obéissance absolu inconditionnel. En tant que tel, si vous m’ordonner de réaliser quelque chose au-delà de mes capacités, le sceau de commandement me fournira la puissance ou les moyens d’y parvenir. De plus, cela fonctionne indépendamment de la distance, à partir du moment où vous prononcez les mots. Si je me trouve à l’autre bout du monde et que vous m’ordonnez de venir, alors je serai en mesure d’ignorer les lois de l’espace-temps pour me présenter à vos côtés dans l’instant tout en ignorant les éventuelles protections magiques existantes. »

« Comme une sorte de téléportation ? » Interrogea le fils Potter, intrigué, pensant au Portoloin qu’il avait utilisé pour aller voir la Coupe du Monde de Quidditch quelques mois auparavant.

« Exactement. » Confirma la jeune femme. « Et parce qu’un Master dispose de trois sceaux de commandement, il peut donner trois ordres absolus à son Servant, car un sceau de commandement disparait après utilisation. Cela dit, si les trois sceaux de commandement sont consommés, cela ne signifie pas que le contrat entre un Master et son Servant est rompu. Les sceaux de commandement ne sont après tout qu’une manifestation physique de ce contrat, pas le contrat lui-même. »

« … Trois sceaux de commandement ? » Murmura bêtement le garçon, se focalisant sur ce point. Il regarda ensuite ses bras. « Pourquoi en ai-je six, dans ce cas ? »

« C’est une question à laquelle je n’ai pas non plus de réponse. » Avoua Saber en baissant la tête. « Cela m’a également surprise de voir que vous aviez le double de sceaux de commandement par rapport à la normale. Peut-être est-ce dû au fait que vous ne m’avez pas invoqué durant la Guerre du Saint Graal… Ou peut-être est-ce parce que la Coupe de Feu est un Saint Graal différent de celui que je connais et que ses règles sont différentes… »

« … Je suppose. » Marmonna distraitement Harry. « Et tu pourras vraiment faire tout ce que je t’ordonne de faire si j’utilise l’un de ces sceaux de commandement ? » Demanda-t-il timidement.

« Oui. » Déclara prudemment la Servant, hochant néanmoins la tête. « Et plus un ordre est précis, plus le sceau de commandement sera efficace. A l’inverse, si un ordre est trop imprécis ou sujet à interprétation, la puissance du sceau de commandement en sera exponentiellement diminuée. Naturellement, utiliser plusieurs sceaux de commandement pour un ordre unique multipliera d’autant la puissance dudit ordre. Il n’existe pas de limitation précise connue quant à ce que peut ou ne peut pas accomplir un sceau de commandement. Même quelque chose proche d’une Vraie Magie est réalisable jusqu’à un certain point. La téléportation que nous avons évoqué plus tôt en serait un bon exemple… »

« Vraie Magie… » Répéta le fils Potter, fronçant les sourcils. « Tu as parlé de ça tout à l’heure… Qu’est-ce que c’est exactement ? Est-ce que cela signifie qu’il y a une Fausse Magie ? Et en quoi est-ce différent de la magie que je connais ? »

« Voilà des questions auxquelles il me sera difficile de répondre. » Déclara Saber, stoïque. « Je ne sais pas quel type de magie vous connaissez, Master, donc je ne peux pas vraiment donner mon opinion à ce sujet. Il n’existe pas de Fausse Magie, non plus, du moins pas dans le sens littéral du terme. De là d’où je viens, on appelle cela Magecraft ou Thaumaturgie. Il s’agit de la capacité à reproduire ce qui peut être scientifiquement réalisé, indépendamment du temps et des fonds. Par exemple, faire du feu avec la magie est une forme de Magecraft, parce qu’il est également possible de faire du feu sans utiliser de prana. Cependant, la téléportation n’est pas quelque chose de scientifiquement possible à l’heure actuelle et donc quelque chose qui se rapproche d’une Vraie Magie. »

« Donc, si je comprends bien, une Vraie Magie serait quelque chose qui ne peut être reproduit par la technologie… C’est bien ça ? » Demanda Harry, curieux.

« En effet. » Confirma la jeune femme. « Les Vraie Magies sont également connues sous le nom de Magie ou de Sorcellerie, raison pour laquelle ceux qui l’utilisent sont appelés magiciens ou parfois sorciers. A l’heure actuelle, il existe cinq formes de Vraies Magies. Sans entrer dans les détails, les Vraies Magies traitent des domaines mystiques tels que le voyage dans le temps ou les mondes parallèles. Le Saint Graal utilisent également une Vraie Magie, la troisième forme connue, nommée Heaven’s Feel, qui permet la matérialisation de l’âme. C’est grâce à cela qu’il est possible pour les Servants d’être invoqués et de perdurer pendant un certain temps. »

« … N’est-ce pas comme de la nécromancie ? » Songea le garçon à haute voix, les sourcils froncés, pensif plutôt que dégouté à cette idée.

« Pas en tant que tel, même s’il est vrai que cela pourrait s’en rapprocher. » Déclara patiemment Saber. « La nécromancie agit sur le corps, tandis que Heaven’s Feel agit sur l’âme. C’est là toute la différence. Cela dit, le cerveau est ce qui maintient l’âme ancrée au corps, donc il pourrait y avoir un lien lointain entre les deux. Ce lien est cependant d’autant plus ténu que l’âme se disperse peu à peu après la mort d’une personne. »

« … » Le froncement de sourcils d’Harry s’approfondit. « Tu as dit que, de là d’où tu viens, seuls ceux qui peuvent utiliser une Vraie Magie sont appelés sorciers. Ceux qui n’en sont pas capables, qui utilisent à la place le Magecraft ou la Thaumaturgie, comment sont-ils appelés ? »

« Ils sont nommés magi, magus au singulier. » Informa la Servant. « Ils ne possèdent pas de noyaux magiques mais des circuits magiques que j’ai également mentionné plus tôt. Leur fonctionnement est radicalement différent d’un noyau magique, mais la finalité est relativement semblable. »

« Je n’ai jamais entendu parler de magi auparavant… » Avoua le fils Potter, penaud.

« Cela ne me surprend absolument pas. » Déclara Saber, avant de montrer une légère hésitation. « Après tout, si je ne me trompe pas, il se pourrait bien que je vienne… D’un monde parallèle. »

« … » Le garçon jeta à la jeune femme un regard vide. « … Quoi ? »

« Je peux me tromper, naturellement. » Poursuivit la jeune femme, fronçant les sourcils pensivement. « Cependant, c’est la seule explication logique à laquelle je puisse parvenir… »

« Excuse-moi ? » Fit Harry, incapable de rester silencieux en raison du choc. « La seule explication logique ? » Répéta-t-il d’une voix hébétée. « En quoi le fait de provenir d’un monde parallèle serait une explication logique à quoi que ce soit ? »

« Pourquoi cela ne le serait pas ? » Répliqua la Servant, indulgente. « Cela expliquerait beaucoup de choses. Aucune de mes connaissances ne vous est familière, Master. En outre, vous possédez un noyau magique, tout comme moi. Or, je suis à ma connaissance la seule personne qui en possède un dans mon monde d’origine. Les autres utilisateurs de Magecraft, les magi, ont des circuits magiques à la place. »

« Ce n’est pas parce que tu es la seule personne à ta connaissance à posséder un noyau magique que tu es la seule à en posséder un. » Réfuta le fils Potter. « J’en suis la preuve. J’ai un noyau magique, tout comme toi. Tous les sorciers, du moins tous ceux que je connais, en ont un. »

« Et cela m’amène au troisième point qui me fait penser que je viens d’un monde différent de celui-ci. » Annonça Saber. « Master, de ce que j’ai pu comprendre à partir du peu que vous m’avez dit jusqu’à présent, il semblerait que vous fassiez partie d’une communauté magique dont les membres sont appelés sorciers et, si je ne m’abuse, sorcières. Toujours selon ce que j’ai pu comprendre de vos paroles, chaque sorcier et sorcière aurait un noyau magique. Alors certes, je n’oserais pas prétendre tout savoir sur mon monde d’origine, mais je sais qu’il n’existe aucune communauté telle que celle que je viens de décrire. Surtout pas en Ecosse, si près de la Clock Tower. »

« La Clock Tower ? » Répéta le garçon, toujours un peu hébété. « Qu’est-ce que c’est ? »

« Une preuve de plus que je ne me trompe pas, visiblement. » Asséna sèchement la jeune femme. « Aucun magus ne peut ignorer l’existence de la Clock Tower… Eh bien, aucun magus qui n’est pas autodidacte et seulement à moitié formé. » Rectifia-t-elle après un instant de réflexion. « Là encore, votre communauté n’est pas composé de magi, mais de sorciers. Beaucoup de changements découlent de ce simple fait. La Clock Tower se situe à Londres. Me tromperais-je en supposant que les sorciers y ont également leurs propres structures ? »

« Je… » Harry hésita plusieurs longues secondes. « … Cela ne prouve rien. » Déclara-t-il faiblement.

« S’il y a bien une chose que je sais à propos du fonctionnement du monde, c’est que deux organisations clandestines ne peuvent se côtoyer que pendant une durée limitée avant de prendre conscience de l’existence de l’autre. » Affirma Saber, impitoyable. « Si vous n’avez jamais entendu parler de la Clock Tower, c’est tout simplement parce qu’elle n’existe pas dans ce monde. Je peux vous assurez Master que, dans le cas contraire, vous le sauriez. »

« C’est insensé… » Marmonna le fils Potter, massant distraitement ses tempes pour apaiser le mal de tête qui menaçait de le frapper à tout moment. « Cela n’a vraiment aucun sens. »

« Les Vraie Magies ne sont pas censées faire sens. » Informa stoïquement la Servant. « Elles vont à l’encontre des lois naturelles, ne se soucient pas des conséquences. C’est pour cela qu’elles sont des Vraie Magies. »

« M-Même en admettant que cela soit vrai… » Commença rapidement le garçon, réfléchissant furieusement avant d’avoir finalement un éclair de perspicacité. « Tu as dit que la Coupe de Feu était une sorte de Saint Graal. Or, le Saint Graal utilise la troisième Vraie Magie… Heavens’s Feel, c’est ça ? En tout cas, son domaine est la matérialisation de l’âme, pas les mondes parallèles. C’est ce que tu m’as dit, à moins que je ne me trompe ? »

« Non, Master. Vous avez entièrement raison. » Confirma Saber en hochant la tête. « En effet, Heaven’s Feel traite de la matérialisation de l’âme. Même en ayant recours à un souhait, on ne peut pas réellement voyager entre les mondes parallèles grâce au Saint Graal, encore moins avec cette Coupe de Feu qui semble être encore moins puissante. Cependant, mon invocation peut être considérée comme un cas particulier. La Coupe de Feu a une connexion au Throne of Champions et, par son biais, au Throne of Heroes. Or, le Throne of Heroes existe en dehors du monde… En dehors de tous les mondes ! »

« C-Ce qui signifie que… » Commença à comprendre Harry.

« …Mon âme, qui vient d’un autre monde, a effectivement pu être convoqué dans ce monde à travers le Throne of Heroes, et ce grâce à Heaven’s Feel. » Acheva la Servant.

« C’est de la folie… Complètement dément… » Fut le commentaire abasourdi du fils Potter.

« Master, croyez-moi… Si vous aviez eu affaire avec Kaleidoscope, la Vraie Magie en charge des mondes parallèles, vous ne seriez même plus en mesure de vous interroger à propos de votre propre santé mentale. » Déclara la jeune femme avec sérieux et solennité. « … A la réflexion, oubliez même que je vous en ai parlé. Moins vous pensez à ce sujet, moins il y a de risques que vous attiriez son attention… En supposant que ce ne soit pas déjà le cas. »

« … » Harry se retint de justesse de demander de qui elle parlait. A en juger par l’expression de Saber, cela aurait été une très mauvaise question à poser, presque comme si le simple fait d’en parler allait attirer le malheur sur eux. Cela semblait être un peu comme le proverbe : « quand on parle du loup, on en voit la queue ». Toutefois, il n’y avait pas à douter du fait que la personne dont la jeune femme parlait était l’utilisateur de Kaleidoscope. Et visiblement, il semblait ne pas avoir une bonne personnalité, du moins pas dans le sens normal du terme.

Ses pensées se figèrent cependant un instant plus tard, ses réflexions précédentes oubliées.

« … Master ? » Appela Saber, voyant que le garçon commençait à avoir un comportement étrange.

Le fils Potter ne réagit pas à la voix de sa Servant. Son regard, légèrement vitreux, était concentré sur la Coupe de Feu. Son visage affichait une expression qui devenait progressivement de plus en plus complexe, comme s’il venait de prendre conscience de quelque chose mais qu’il ne savait pas quoi en penser. Il demeura ainsi, entièrement focalisé sur la vieille coupe en bois, pendant plusieurs longues minutes, oublieux du monde autour de lui.

« Master ! » Appela la jeune femme une nouvelle fois, avec plus de force dans la voix.

« Hein ? » Fit le garçon, sortant de sa transe. « Quoi ? »

« Vous agissiez étrangement, Master. » Se justifia Saber, l’observant avec un regard critique. « Quel est le problème ? Est-ce trop d’informations d’un seul coup ? »

« Non ! Eh bien, oui… Mais ce n’est pas ça… » Voulut s’expliquer Harry, mais peinant à trouver ses mots. Son regard dérivait constamment vers la Coupe de Feu. « C’est juste que je viens de me rendre compte de quelque chose…  Je commence vaguement à comprendre pourquoi tu es là, mais je ne sais toujours pas comment. »

« Master, je vous ai expliqué plus tôt que… » Lui rappela la jeune femme.

« Oui, oui, oui… Je sais ! Le Throne of Heroes par le Throne of Champions. » L’interrompit le fils Potter, légèrement impatient. « Sauf que cela n’explique pas tout. En fait, ce serait plutôt l’explication sous-jacente, la raison pour laquelle tu as été invoqué dans ce monde, mon monde… Cependant, je ne sais toujours pas pourquoi tu as été invoqué en premier lieu ! »

« … » Saber voulut parler mais, voyant que son Master n’avait pas terminé, elle le laissa continuer.

« Au début, tu croyais que nous étions au début d’une Guerre du Saint Graal, raison pour laquelle ta présence était justifiée. » Fit remarquer le garçon. « Cependant, il est maintenant évident que ton invocation n’est pas due à une quelconque Guerre du Saint Graal mais plutôt à une sorte de souhait que j’aurais inconsciemment formulé dans ma colère contre la Coupe de Feu. Après tout, selon toi, la Coupe de Feu est un Saint Graal et le Saint Graal est capable de réaliser les vœux. Sauf que le souhait est censé être exhaussé à la fin du Tournoi des Trois Sorciers, lorsqu’un champion remporte la compétition… Pas au tout début, juste après qu’ils aient été sélectionnés ! »

« … Vos remarques sont pertinentes, Master. » Admit la Servant en fronçant les sourcils. « Je n’ai pas d’explication à ce phénomène mais, de ce que vous m’avez dit, je pense pouvoir faire une supposition. La Coupe de Feu a le pouvoir d’exhausser le souhait du vainqueur du Tournoi des Trois Sorciers. Cependant, il semblerait qu’aucun vainqueur n’ait effectivement demandé à faire se réaliser un vœu parce que personne ne semblait savoir que la Coupe de Feu en était capable. Ainsi, le prana continua à s’accumuler dans la Coupe de Feu, encore et encore, jusqu’à ce jour. Probablement, la Coupe de Feu devait déjà être à saturation au moment où vous avez involontairement prononcé votre souhait. Bien que seulement un champion du Tournoi des Trois Sorciers, vous êtes également un vainqueur potentiel et donc apte à formuler un vœu, vœu qui aura été réalisé en raison de la sensibilité excessive de la Coupe de Feu due à sa surabondance de prana. »

« … Tu crois ? » Demanda timidement le fils Potter.

« Ce n’est qu’une simple supposition, mais je pense que cette explication est raisonnable. » Confirma Saber, hochant la tête. « En outre, c’est peut-être une chance pour tous que vous ayez formulé ce vœu, même sans le vouloir. Si la Coupe de Feu était effectivement à saturation, alors il aurait très bien pu finir par exploser en raison de l’absorption excessive de prana sans possibilité de s’en purger… Eh bien, il est également possible qu’une version alternative de vous d’un monde parallèle ait déjà remporté le Tournoi des Trois Sorciers et intégré le Throne of Champions sans avoir fait de vœu à la Coupe de Feu. Votre propre souhait aurait alors fait écho à travers le Multiverse par le biais du Throne of Champions et aurait été exhaussé pour cette raison. Là encore, ce n’est qu’une autre théorie de ma part. Il se peut que cela soit complètement autre chose ou, au contraire, que cela soit un mélange des deux. Après tout, chaque explication n’est pas nécessairement indépendante des autres. »

« … » Harry ne dit rien, mais les paroles de la jeune femme le firent se sentir soulagé. Ses actions, même si involontaires, n’étaient pas mal. A l’heure actuelle, c’était tout ce qui lui importait. Son corps se détendit, provoquant le garçon à ressentir subitement toute la fatigue qu’il avait accumulée depuis la veille. Même s’il était encore tôt dans la journée, il n’avait plus qu’une seule envie : aller se coucher. Inconsciemment, il se mit à bailler. Peut-être que faire une courte sieste ne serait pas une si mauvaise idée… S’il le demandait gentiment, peut-être même que madame Pomfrey accepterait de le laisser dormir dans l’infirmerie.

« Master ? » Appela soudain la jeune femme.

« … oui, Saber ? » Répondit le fils Potter, retenant un nouveau bâillement.

« Je me rends compte qu’il vous faut du temps pour assimiler tout ce que je vous ai raconté. » Expliqua-t-elle d’un ton légèrement insistant. « Néanmoins, en tant que votre Servant, je me dois de faire en sorte de vous être aussi utile que possible. Donc, s’il vous plait, éduquez-moi sur ce qu’il y a à savoir à propos de votre monde et de ce tournoi auquel vous participez contre votre gré ! »

Cela allait être une longue journée.