La lettre

par The-Nalu-chan



Waiting to the End

Prologue







« Tu veux que je te dise un secret, Natsu?

Je t'ai toujours envié. Je t'ai toujours détesté. J'ai toujours haï ta façon de foncer, de prendre ton destin en main, de toujours faire ce que tu voulais sans une once d'hésitation. Ta façon de courir, de hurler, de rire, de parler...comme si tu ne réfléchissais pas au lendemain. Comme si tu savais que ce que l'avenir te réservait était une longue et belle vie remplie d'aventures. Tu es tellement insouciant, et ta naïveté stupidement touchante me fait grincer des dents à chaque fois que je te vois. Tu crois en tes amis, en ta famille plus que personne d'autre ne pourrait jamais y croire, tu as une confiance aveugle en eux. En moi.

Oui, Natsu, je te déteste. Je te hais. Je t'envie, toi, ce garçon aux ridicules cheveux roses qui recherche toujours la bagarre, toi ce brave garçon aux cheveux roses qui possède une force incomparable, qui a suffisamment de courage pour tenir tête aux ennemis les plus sinistres et effroyables. Je te déteste parce que tu es si beau, tu es si grand et si fort, tellement sûr de toi, tellement plus que je ne pourrais jamais l'être. Je te déteste vraiment, beaucoup, un peu trop, mais pas autant que je me déteste.

Pas autant que je me déteste de t'écrire ces mots, ces phrases, ces lignes.

Pas autant que je me déteste de te haïr aussi égoïstement, de ne penser qu'à moi et rien qu'à moi.

Pas autant que je me déteste de garder un secret aussi horrible en moi, de te le cacher, à toi, meilleur ami se trouvant au centre de tout ceci.

J'aimerais trouver un jour la force nécessaire pour me lever et te dire ces mots en face. Tout comme j'aimerais pouvoir te laisser cette lettre et tout simplement partir. Partir le plus loin possible de toi, m'effacer de ton chemin et te laisser vivre ta vie comme il se doit.

Hélas, ce n'est pas aussi simple que ça.»





Je reposais ma plume sur la table.

La posais dans un grand mouvement de lassitude, de colère mais surtout de peur.

Regardant le papier blanc couvert de mots noirs encore une fois, relisant tout ce que j'avais écrit encore et encore et encore, les mains tremblantes, le souffle court, le cœur défaillant, sur le bord de l'évanouissement.

Je restais ainsi, cabrée, les muscles raides et tendus, pendant un bon moment. Je restais ainsi en sentant les secondes et les minutes couler et glisser sur ma peau, se poser sur ma poitrine effrayée et l'écraser sous leur incessante pression. Je restais ainsi, sans bouger le moindre doigt, puis, enfin, alors qu'une éternité semblait être passée, je me relevais.

Je me relevais, saisis la lettre, ouvrit le dernier petit tiroir de ma table, pris une boite noire.

Et je la scellais, dans un mouvement d'experte habituée au geste, parmi une dizaine d'autres lettres.