Je t'aime, bordel!

par keiko.42

Le Starlight était sur les eaux le ramenant lentement vers le port d’Harujion. Un soleil éclatant éclairait la mer et les clients qui profitaient de l’avant dernier jour sur le paquebot. Le soir même se déroulerait le bal tant attendu par tant de couples, mais pas par un chasseur de dragon, passablement énervé en ce début d’après-midi :

-c’est du foutage de gueule. Grommelait-il dans sa barbe, en arpentant les couloirs du navire, reniflant l’air ambiant.

Il essayait de suivre l’odeur de sa petite amie, qui l’avait laissé en plan après une de leur dispute habituelle. En passant devant la piscine principale du pont avant, il suivit sa trace jusqu’à un bar à cocktail où un jeune homme aux longs cheveux noir lui servait un apparemment un deuxième verre :

-T’as-t-il fait du mal, Lucy ?

-Mais non voyons, il ne lèverait jamais la main sur moi, enfin !

-j’espère bien ! répondit-il outré, ce n’est pas ce que je voulais dire…alors ?...

-pas vraiment….c’est ridicule maintenant que j’y pense : je lui ai montré ce qu’il devrait porter, et il a horreur des cravates, et des cols serrés, il a besoin de respirer, soit disant. Pfff. Enfin comme il n’était pas d’humeur et qu’on est aussi têtus l’un que l’autre, on s’est emportés. Débita –t-elle d’un seul coup, avant de reprendre son souffle en rougissant légèrement, et puis il s’est calmé un peu. Il m’a embrassé et comme j’étais toujours en colère je l’ai repoussé et…

-T’es obligé de raconter notre vie privé à ce type ? Grogna Sting en arrivant derrière eux.

-Vous avez un langage bien peu convenable, comte. Rétorqua Stan.

-Pardonnez-moi, mais j’ai du mal à me contenir quand je vous vois faire la cour à une femme engagée. Dit le dragon en s’approchant dangereusement du jeune homme.

-Oulà

-Engagée à un homme arrogant, lunatique et surtout dangereux ! Ajouta l’autre en se levant pour lui faire face.

Les deux hommes n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, uniquement séparés par la chaise où se trouvait encore Lucy, essayant de se faire oublier…

-Dangereux pour vous, si vous continuez à l’approcher, ça je peux vous l’assurer ! Finit le mage en dévoilant des canines acérées.

Stan trembla légèrement, mais ne fléchit pas :

-Vous avez le regard d’un homme qui a déjà tué, je le sens, et vous recommencerez peut être sur elle.

Une main se posa aussitôt sur sa joue droite et lui fit pivoter la tête d’un quart de tour.

La main se retira et il put voir les yeux embués de la constellationiste. On voyait plus dans ce regard de la  colère que de la tristesse. Le jeune homme massa doucement sa joue où une marque rougeâtre était apparue :

-Tu ?...
-Je vous défends de me tutoyer monsieur. Murmura-t-elle. Vous ne connaissez rien de la vie de Sting. Il a des défauts, mais c’est un homme de bien. Je le connais beaucoup mieux que vous !

-Mais, Lucy…

Elle lui tourna le dos en prenant par la main Sting qui souriait bêtement, encore surpris de la scène qui venait  de se dérouler.

-Dorénavant ce sera mademoiselle Dragnir pour vous. Finit-elle.

-Au moins jusqu’au mariage, ajouta Sting en souriant de toutes ses dents, avant de s’éclipser en compagnie de sa fiancée.

 

Arrivé à leur cabine, Lucy referma la porte derrière eux et se dirigea vers le bureau où elle griffonna sur un bout de papier. Le dragon s’approcha d’elle et enroula doucement ses bras autour de ses épaules. Elle les repoussa en soupirant.

Il essaya de l’embrasser, mais elle tourna le visage :

-Tsss.

-Quoi, « tsss » ?! Qu’est ce qui te prend, encore ?! grogna-t-il en s’agenouillant à ses côtés pour voir son visage.

Elle finit d’écrire et lui planta la feuille de papier sous le nez :

« Je ne t’ai pas encore pardonné, baka ! »

-Quoi ? Tu m’en veux encore ?...d’accord, je la porterai ta cravate à la noix…j’te jure !...

Elle se remit à écrire à toute vitesse sur la même feuille et la lui montra ensuite avec un regard furieux :

« BAKA ? BAKA ? BAKA ? BAKA ? BAKA ? BAKAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »

Elle reposa le papier sur la table dans un geste brusque:

-Aïeuh. Marmonna –t-elle.

-C’est malin, dit-il en prenant sa main pour l’examiner, tu vas avoir un bleu et on va encore dire que c’est de ma faute !

-C’est de ta faute ! S’emporta Lucy en se levant d’un coup.

-Tiens, tu as retrouvé l’usage de la parole ?...s’amusa-t-il. Bon, si tu  m’expliquais pourquoi tu es encore en rogne, princesse ?

Elle rougit et voulu le fuir, mais il l’emprisonna dans ses bras et lui releva le menton pour qu’elle le regarde dans les yeux. Elle finit par céder :

-Tu as voulu me calmer en m’embrassant tout à l’heure…

-En général ça marche plutôt bien, murmura-t-il en approchant ses lèvres des siennes, mais elle l’arrêta encore.

-je n’ai pas fini, grogna-t-elle, après, je t’ai dit que je t’aimais et tu m’as encore embrassé...
-Et tu m’as engueulé en me traitant d’idiot ! Lucy, depuis le temps, tu dois savoir que la patience n’est pas vraiment un de mes points forts…

-Tu ne me réponds jamais…murmura –t-elle en baissant la tête.

-Ah…C’est donc ça le problème…

-Oui ça ! S’énerva-t-elle, ce n’est sans doute rien pour un crétin arrogant comme toi, mais pour n’importe qu’elle femme, c’est important de savoir si les sentiments que l’on éprouve sont récip

Les lèvres de Sting prirent sauvagement possession de celles de la gardienne des clés. Il la serra encore plus dans ses bras, jusqu’à ce qu’elle cède et qu’elle y réponde. Il s’écarta ensuite légèrement et la regarda reprendre son souffle dans un regard d’incompréhension, puis il posa délicatement sa bouche sur la sienne en lui caressant doucement la joue gauche. Puis il se dirigea vers son oreille, soufflant sur son cou :

-As-tu vraiment besoin de mots ? Tu devrais savoir ce que je ressens, non ?...murmura-t-il en baladant ses mains dans le dos de la jeune femme.

-Je …Je crois savoir… mais je veux t’entendre le dire. dit –elle catégorique.

-Alors tu devras attendre, je ne suis pas encore prêt pour ce genre de mièvreries…

Ses lèvres arpentaient son cou, laissant quelques baisers brulants sur la peau de la mage, et ses mains se posèrent enfin sur ses hanches où il essaya de les passer sous le pantalon de la jeune femme avant qu’elle ne l’arrête :

-Dans ce cas, tu devras aussi attendre pour ça ! Finit-elle en l’éjectant sur le lit avant de claquer la porte de leur cabine, le laissant, pour la deuxième fois de la journée, sur sa faim !

Il lui aurait bien couru après, une fois de plus, mais à quoi bon, elle reviendrait d’ici deux  heures pour se préparer et il aurait le loisir de l’entendre lui hurler dessus, encore…

Il s’allongea en soupirant, le regard posé sur le baldaquin du lit

(« C’est pas évident à dire…quoi que…ce serait normal, non ? après tout elle l’a fait si facilement, elle, pourquoi j’en serais incapable ?.. ».) pensa-t-il en se retournant dans le lit, fermant les yeux.

(« J’entends déjà l’autre abruti me sortir qu’un homme doit être honnête, bla, bla, mais qu’est-ce qu’il y connait, Elfman ? Pfff. Ça me soule ! Je devrais la retrouver ? Oh et puis merde, ça lui fera les pieds pour une fois ! Et si il lui arrive quelque chose ?Non…y’a des gardes et des domestiques partout sur ce rafiot… En même temps, elle a pas tort… moi aussi je voulais savoir ce qu’elle ressentais… »)

Après s’être retourné dans tous les sens, il s’assoupit, emmêlé dans les draps en grognant dans son sommeil.

 

 

Il sentit une présence à ses côtés. Un souffle chaud effleura sa joue, puis il sentit quelque chose d’humide s’y poser délicatement avant de partir.

Sting se releva brusquement, ressentant comme un manque en lui, il avait encore besoin de cette présence et d’après les bruits qui s’échappait de la salle de bain, elle se préparait pour le bal à venir.

Il s’avança vers la porte et tenta de parler, de prononcer les mots que Lucy voulait entendre, mais ils étaient coincé dan sa gorge. Par fierté masculine, peut-être, ou par peur de ce que cela impliquait, ils n’arrivaient pas à franchir ses lèvres. Pourtant, il en était sûr, il avait besoin d’elle à ses côté, et pas seulement comme l’une des amies ou de sa famille…

Famille…il ne put empêcher une image assez étrange lui venir en tête : Lucy était dans ses bras, encore à grogner, puis souriait quand il posa ses mains sur son ventre largement arrondi. Ils riaient entourés de tous les membres de Fairy Tail qui amenaient une tonne de cadeaux destinés à un futur enfant.

Etrange…il n’y avait jamais pensé…Lui, père ? Il ne se sentait pas prêt, mais il pensa que s’il devait l’être un jour, ce serait avec elle. Définitivement.

Il s’était adossé contre la porte, tout en réfléchissant à tout ce qu’il ressentait pour la jeune femme quand celle-ci l’ouvrit à la volée.

Il tomba à ses pied dans un grand fracas et se releva aussitôt en jurant et se massant le crâne :

-Tu pourrais quand même faire gaffe à…

Il ne put finir sa phrase. Comment pouvait-elle être encore plus belle ? Mystère. Mais c’était le cas. Il la dévisagea de haut en bas en souriant bêtement.

-Loki m’a ramené des tenues assorties pour le bal, de son monde. Comme tu n’appréciait pas l’autre…

Sa robe beige avait des reflets d’or et d’ambre mélangé qui soulignait la couleur de ses yeux et de ses cheveux. Elle suivait la ligne de son corps et tombait jusqu’au sol.

-…merci…tu es …éblouissante. Dit-il en s’approchant d’elle pour l’embrasser.

Mais elle lui passa devant :

-Je t’ai dit que tu devrais attendre. Sourit-elle en le snobant. Je t’attends dans la salle de bal.

Et elle partit sur ses paroles le laissant se préparer. Il aperçut, avant qu’elle ne ferme la porte en lui tirant la langue, le décolleté plongeant de son dos et se pressa à prendre une douche froide.

Il finit par enfiler son costume : une simple chemise et un pantalon beige, sur lequel il avait ajouté un gilet sans manche que Loki avait dû lui ramené.il était de la même couleur que la tenue de sa petite amie et Sting rougi encore en repensant à la robe que l’esprit du lion avait osé lui donné. Elle mettait déjà des tenues sexy d’habitude, pas la peine d’en rajouté ! Quel idiot, maintenant tous les hommes allaient lui sauter dessus.

A cette pensée, le dragon se précipita dehors et huma l’air pour retrouver Lucy qui devait déjà se trouver au bal.

Il entra dans la grande salle dans un bruit tonitruant. La plupart des couples aux alentours se retournèrent sur lui un instant, puis revinrent à leurs conversations comme si de rien n’étaient.

Sting respira à fond et remit son gilet en place, puis avança la tête haute en saluant ici et là les quelques nobles avec qui il avait fait connaissance au cours de ces deux semaines.

En suivant le parfum sucré de la mage, il finit par tomber sur un attroupement d’hommes, plus ou moins âgés, qui se pavanaient. Il faillit exploser, mais se retint, et avec autant de tact qu’il put, s’approcha du groupe :

-Messieurs, vous devriez retournez auprès de vos femmes, je crois qu’elles vous attendent. Dit il simplement.

Tous se retournèrent et, sentant l’aura meurtrière qu’il dégageait malgré son sourire aimable affiché, ils partirent sans demander leurs restes.

Il se retrouva bientôt en face de Lucy qui l’observait à demi amusée :

-Quoi ?

-Rien. Juste que…tu avais raison…tu es sans doute mieux sans cravate. Rit-elle.

-Merci, je te sers un verre, princesse ? demanda-t-il en la prenant par la taille.

Geste qu’elle esquiva aussitôt :

-Je veux bien un verre, mais tu as interdiction de me toucher, jusqu’à nouvel ordre.

-ça va paraitre suspect, tenta-t-il.

-on s’est disputé, il n’y a rien de suspect…

-Lucy…tu commences à m’énerver.

-Je sais. Sourit-elle, je devrais peut être allé voir ce charmant jeune homme qui m’as offert une fleur, regarde.

Elle ouvrit sa paume et lui montra le bouton de rose qu’elle tenait dans sa main.

-Tu accepte les cadeaux d’étrangers, maintenant ?!

-Pourquoi pas ?...

-ça se fait pas, tu es avec moi, je te rappelle ! Grogna le dragon en serrant les poings.

-Je n’en suis pas si sûre, après tout je n’ai pas encore entendu les mots magiques…

Elle lui passa devant, se dirigeant vers le colossal  buffet qui trônait au fond de la salle.

Il attrapa un de ses poignets et lui fit face :

-ça va, ça va. Je…j’ai vraiment besoin de toi, et je veux rester avec toi…toujours. murmura-t-il à son oreille.

Il la regarda ensuite en rougissant :

-Pourquoi ? demanda-t-elle, suppliante, plongeant son regard dans ses yeux bleus.

- ??? Par ce que je…euh…enfin, je…

Elle soupira et commença à repartir quand il se mit presque à crier :

-Je t’aime, bordel ! Et tu le sais très bien. Finit-il en la prenant dans ses bras.

Elle rit et leurs lèvres se rencontrèrent naturellement pour un baiser passionné sous les yeux effarés ou attendris de leur public. Ce qui ne tarda pas à revenir dans l’esprit de la jeune mage qui se reprit :

-tu vois, ce n’était pas si compliqué, sourit-elle. Allé, viens manger quelque chose.

-C’est toi que je vais manger, ajouta-t-il en approchant son sourire carnassier de son cou.

-On est issu d’une noble lignée, tu te souviens ?

-Pfff, même ces crétins doivent assouvir leur désir une fois de temps en temps, non ?!grogna-t-il sous le regard réprobateur de sa compagne. D’accord, d’accord. La bouffe, le bal, le voleur, et après je m’occupe de toi !gniark gniark !

-idiot…

Elle le prit par la main et l’emmena en souriant jusqu’au buffet.