Quatre siècles auparavant...

par letterheart

Précédemment :


Après que Mirajane leur ait annoncé le départ de Natsu, Xintia décide de raconter le passé commun des dragons slayers à Lucy. Cependant, Happy interrompt leur conversation en entrant brusquement dans l’appartement de Lucy, où la sœur de Natsu a élu domicile momentanément. Il demande où est le dragon slayer des flammes :


- Lucy… il est où Natsu ? Il est parti où ?

- Happy…

- Il est parti sur Sakion, la coupa Xintia.

- Sakion ?

- C’est le pays « où le temps s’est arrêté ».

- Hein ?

- Là-bas se trouve la « Forêt du Temps », où le temps n’a justement aucune emprise. Wendy, Gajeel, Natsu et moi… avons été piégés dans cette forêt… il y a quatre cent ans.



Chapitre 7 :

Quatre siècles auparavant…


- Qua… quatre cents ans ? Mais… c’est pas… possible !

- Et pourtant, c’est la vérité, Lucy. Nous sommes nés tous les quatre il y a quatre cents ans. Le même jour.

- Mais, Xintia, comment pouvez-vous être encore en vie après quatre siècles ? C’est inexplicable !


Elle a raison, songea Xintia, c’est difficile, ou plutôt impossible à croire. Cependant, c’était la stricte vérité. Elle ne mentirait jamais sur son passé, aussi douloureux soit-il. Car ce n’était pas seulement son passé. C’était aussi celui de Wendy, Gajeel et de Natsu. C’était leur passé à tous, le lien qui les unissaient. Et jamais, non jamais personne, ne pourrait le briser. Il était trop solide, trop ancien, trop douloureux et en même temps indispensable.


Leur passé était si différent de celui des gens ordinaires. Il était tellement difficile de la croire. Lucy ne la croirait pas seulement avec des paroles. Mais elle pouvait lui montrer pour lui prouver ses dires.


- Je vais vous montrer, d’accord ?

- Avec tes pouvoirs ?

- Oui, Lucy. Tu es d’accord ?

- … Oui. Je veux savoir pourquoi… pourquoi Natsu est parti seul et si… attristé.

- Alors, on y va.


Elle se concentra aussi fort qu’elle le put, et rechercha au plus profond de sa mémoire les souvenirs qu’elle avait en vain tentée d’enfouir, pour les ramener à la surface. Malgré la douleur et la terreur qui menaçait de l’engloutir rien qu’à penser à ses souvenirs, elle appréhenda l’angoisse qui l’envelopperait lorsqu’elle reverrait ses images qui hantait désormais ses cauchemars, et surement ceux de son frère. Ce qu’elle ne lui souhaitait, malgré sa quasi-certitude que son frère devait revivre son passé depuis longtemps déjà.


Xintia secoua la tête et se concentra de nouveau, plu fermement cette fois, pour ne pas se laisser envahir par des sentiments néfastes. Elle laissa sa magie s’emparer de ses souvenirs et se les approprier pour une courte durée, et libéra son sort. Et le noir tomba sur la pièce.


Un village éclatant et bruyant apparut sous les yeux de Lucy et Happy. Des enfants joyeux se poursuivaient en courant autour de nombreuses échoppes jalonnant la grande avenue s’étendant sur plusieurs dizaines de mètres. Au bout de cette rue, un imposant palais surplombait le village d’une ombre bienfaisante. Les mages se sentirent voler vers ce dernier, et l’intérieur les fit hoqueter de surprise. De grands hommes habillés richement étaient assis autour d’une immense table ronde, où une douzaine d’enfants les servaient, des chaînes aux pieds. Des esclaves. Des enfants esclaves. L’un d’entre eux attira bien vite l’attention de Lucy, qui s’étouffa à demi de peur. Des cheveux, bien que terreux, indéniablement roses, et de grands yeux verts onyx. Mais ces derniers n’exprimaient cependant que de la peur, car un des riches hommes rassemblés levait une grande main au-dessus de lui dans le but de le frapper, et qu’un autre noble retenait ses chaînes pour l’empêcher de fuir.


- Ce petit, c’est… Natsu ?

- Oui, chuchota Xintia à Lucy. Mais regarde, maintenant.


Alors que la paume allait s’abattre sur le petit enfant, un autre garçon aux cheveux noir corbeau se jeta devant le petit esclave aux cheveux roses en le protégeant de son corps. Le noble arrêta son geste et parut abasourdis durant quelques instants, avant de détourner le regard, troublé par les deux paires de pupilles verticales entourées d’iris verts onyx. Ces yeux qui ressemblaient tant à ceux de leurs dieux. Des yeux de dragons.


Trois autres jeunes esclaves approchèrent des enfants aux yeux verts, et l’un d’eux, une fillette aux cheveux châtain extrêmement clairs, aida le petit esclave aux cheveux roses à se lever. Quelques gouttes de sang tombèrent au sol, du fait que les chaînes du petit garçon lui avait blessé les chevilles lorsque l’autre noble l’avait retenu par les maillons. Une seconde petite fille, plus jeune que les autres, aux cheveux d’un intense bleu nuit, s’approcha de lui et lui sourit faiblement. Le petit garçon, malgré sa douleur aux chevilles, lui offrit un sourire éclatant et chaleureux, qui redonna courage aux cinq enfants qui s’étaient regroupés. Le petit esclave aux cheveux roses tenta de se relever seul, mais trébucha. Le troisième petit garçon, aux longs cheveux noirs ébouriffés, le rattrapa de justesse avant qu’il ne s’effondre. Ce dernier le remercia d’un chuchotement.


- De rien, Haru, répondit distinctement le petit aux cheveux noirs. Tu devrais aussi remercier ton grand frère, tu ne crois pas ?

- Oui, acquiesça le dénommé Haru. Il se tourna vers le jeune garçon qui l’avait protégé quelques minutes auparavant. Merci, Zeleph, ajouta-t-il en souriant joyeusement.


Lucy faillit s’étrangler alors qu’Happy s’évanouissait de terreur. Ce seul nom, ce seul mot, suffisait à plonger Fairy Tail toute entière dans le silence, et plus particulièrement les participants au dernier examen de rang S sur l’île Tenro. Où, à cause d’un homme, de cet homme, ils avaient perdus sept années de leurs vies. Zeleph. Le mage noir qui recherchait Natsu. Et qui avait tenté de les tuer, sans heureusement y parvenir.


- Alors le grand frère de ce petit, de Natsu, serait… Zeleph ?



* * * * * * * * * * * *



Un jeune homme arrivait sur le port de Virony, habillé d’une longue cape noire aux reflets rouges. Ses sandales noires faisaient voler la poussière dans son sillage, laissant un grand nuage se répandre dans son dos. Une longue écharpe blanche en écailles flottait dans son dos, portée par le vent venant de la mer face à lui. La mer Milia, une grande mer qui s’étendait aussi loin que portait le regard accrut de l’homme. Il soupira. Une fois la traversé de ses eaux entamés, il ne pourrait revenir en arrière. Il le savait pertinemment lorsqu’il avait pris la décision de quitter sa famille pour emprunter un nouveau chemin. Il savait parfaitement qu’il n’y aurait peut-être aucun retour. Qu’il ne reverrait peut-être jamais ses amis.


C’est en parti pour cette raison, et pour d’autres qu’il gardait enfouis dans son être, qu’il s’était juré de réussir. Mais il savait qu’il ne pourrait peut-être pas honorer ce serment. Car son combat n’était pas comme tous ceux qu’il avait eu à mener auparavant. Ce combat serait une bataille entre frères de sang. Et l’un d’eux mourrait durant cet affrontement. Alors la deuxième promesse de Natsu fut de vivre. Pour sa famille, pour ses amis et pour Fairy Tail. Il vivrait pour la vie.


La seconde plus dangereuse confrontation de la vie de Natsu, le dragon de feu, débutait aujourd’hui.



* * * * * * * * * * * *



Sur un continent au-delà de la mer Milia, un jeune homme aux cheveux corbeaux observait des ruines calcinées. C’était lui qui avait détruit cet endroit il y a longtemps, alors qu’il poursuivait des esclaves en fuite.


Enfant, il était passé du statut d’esclave, fils et petit-fils d’esclaves, à celui de fils adoptif du roi. Sans aucune raison, le souverain de son royaume d’origine l’avait pris sous son aile, avec un objectif alors inconnu. Plus tard, les gouvernantes du palais lui avait fait rencontrés toutes sortes de précepteurs, qui avaient fait de lui un dirigeant sans cœur, comme le roi d’alors. Et lorsque des enfants esclaves, ses anciens compagnons qu’il avait désormais oubliés, s’étaient échappés du château, il avait reçu pour ordre de les éliminer. Et était parti accomplir sa tâche sans protester.


Cependant, alors qu’il poursuivait ces quatre enfants en fuite sur l’un des dragons domestiqués du royaume, une soudaine envie de destruction l’avait prit à la gorge, et il avait brulé tous les bâtiments aux alentours grâce au dragon qu’il chevauchait pendant la poursuite. Une excitation sans limites lui avait comme ordonné de continuer, et le jeune homme avait prit plaisir à détruire tout ce qui se trouvait près de lui et de son dragon. Il avait calciné la ville entière en riant, et avait observés joyeusement ses « proies » fuirent les flammes.


L’un des enfants avait soudainement regardé le ciel et hurlé le nom du garçon alors qu’ils allaient sortir de la ville. Etrangement, sa voix familière redoubla le sentiment de colère du jeune garçon, qui brula de nouveau les ruines déjà charbonneuses du village. C’est alors que le roi était apparu dans son dos et l’avait arrêté. Il disait avoir besoin de ses enfants vivants, mais que le jeune garçon pourrait les tuer ensuite. Puis il était parti trouver les fugitifs. Le roi avait prononcés des paroles inaudibles pour le garçon, cependant, la réponse d’un des enfants lui était parvenue distinctement :


- Non, tais-toi ! Nous ne t’appartenons pas ! Ni aujourd’hui, ni demain ! Nous avons nos propres cœurs !!!


Et cette réponse avait amplifié le hurlement de colère qui résonnait alors dans les oreilles du jeune homme chevauchant le dragon. Et alors qu’il attaquait de nouveau, les quatre enfants hurlèrent d’une même voix :


- Zeleph !!!


Et aujourd’hui, l’un de ses enfants, assurément celui qui autrefois avait hurlé son nom le premier, revenait. Il l’avait senti, et l’attendait désormais de pied ferme. Il s’acquitterait de sa mission, cette fois. Définitivement.


* * * * * * * * * * * * *



Lucy s’éveilla, l’esprit engourdi. Que s’était-il passé ? Où pouvait-elle bien se trouver ? Puis tous ses souvenirs l’assaillirent sans qu’elle puisse les contrôler. La vision, les souvenirs de Xintia, Natsu, et les autres dragons slayers. Ainsi que… Zeleph. Zeleph le mage de noir.


Elle sursauta dans son lit. Tiens, on l’avait couchée ? Serait-ce Xintia qui l’avait portée ? Possible. Cependant, elle devait être fatiguée par la « projection » de ses souvenirs. D’ailleurs, la constellationiste la remarqua à demi affalé sur le canapé, endormie. Lucy la couvrit et ouvrit ensuite une fenêtre, pour se changer les idées. De sombres pensées tournoyaient dans son esprit, répandant un malaise malsain dans le cœur de Lucy. Elle qui avait toujours pensée que quiconque avait un lien avec Zeleph était foncièrement mauvais, elle apprenait aujourd’hui que Natsu, son meilleur ami, était le frère du mage noir. Elle se dégoutait elle-même d’avoir eu tant de préjugés à l’encontre de ses malchanceux ayant pour parent Zeleph.


- Pardonne-moi, Natsu. C’est sûrement de ma faute si tu t’es senti rejeté…

- Non, Lucy. Il ne t’en voudra pas. Jamais. Il en est incapable, tu le sais aussi bien que moi.

- Mais… je ne peux pas m’en empêcher, Xintia. Le poids qui pèse sur mon cœur… Je dois le ramener, ajouta soudainement la constellationiste d’une voix décidé. Je le ramènerais dans notre famille Xintia.

- Lucy…

- Xintia, je voulais savoir si… voudrais-tu faire partie de notre grande famille ?

- C’est vraiment à toi de décider ces choses-là ?

- Je sais que le maître acceptera. Ou iras-tu sinon ?

- N… nulle part.


Lucy sourit. Peut-être était-elle pareil à Natsu ? Seule. Et forte. Forte dans son cœur et dans son esprit. Forte dans son être entier, grâce à son passé, son présent et son futur. Et forte grâce à la promesse d’un certain mage aux cheveux roses.


- Bienvenue dans ta famille, Xintia, intervint une voix derrière la porte.


Les deux jeunes filles se tournèrent vers un petit homme au crane à demi chauve et à la longue moustache blanche, souriant. Mirajane se tenait près de lui, le tampon de la guilde à la main.


- Bienvenue dans notre grande famille.


Quelques minutes plus tard, une marque violette ornait le poignet de Xintia, qui tentait vainement de retenir ses larmes de joie. Pour la seconde fois de sa vie, elle avait une famille. Et cette fois-ci, elle avait le sentiment que rien ni personne ne pourrait détruire ce lien qui l’unissait désormais à Fairy Tail.


Et