Sentiments Troublants

par The-Nalu-chan

Chapitre 7.
 


-Lucy...Lucy!
 
Je sursautais lorsque j'entendis Erza m'appeler. Confuse, je regardais autour de moi, avant de me rendre compte que je m'étais sans doute endormie dans la classe. En marmonnant, je me redressais. Ça allait de pire en pire : je ne me suis jamais encore endormie en plein milieu d'un cours. Et pourtant, me voilà prise en flagrant délit par Erza.
 
-Désolée, m'excusais-je en rougissant légèrement.
 
À part Erza, la professeure et moi, il n'y avait personne d'autre dans la classe, aucun autre témoin des conséquences de ma nuit blanche.
 
La rousse mit les mains sur les hanches, et me fixa, la mine sévère.
 
-Que t'arrive-t-il, Lucy?, intervint la prof, inquiète.
 
Je détournais le regard.
 
-Rien, mentis-je en ramassant mes affaires. Je suis juste...fatiguée.
 
Fatiguée par toutes ces choses qui me tombent dessus, fatiguée par ma fausse sœur jumelle, fatiguée par l'amitié qui n'en était pas vraiment une que j'entretenais avec Natsu. On pouvait dire que j'étais fatiguée, oui. Et si quelqu'un m'avait offert à ce moment-là de partir en voyage loin, très loin, juste pour quelques instants, juste le temps de faire de l'ordre dans mes pensées confuses j’aurais accepté avec grand plaisir.

-Couche-toi plus tôt, dans ce cas-là, rétorqua l'enseignante.
 
Elle devait sans doute penser que j'étais une autre de ses élèves paresseux qui rêvassaient à la longueur de la journée.
 
Je me levais en hochant la tête. Erza me saisit par le bras et m'entraîna ensuite à travers les innombrables couloirs de l'académie, esquivant ou poussant de temps en temps quelques élèves qui avaient le malheur de se trouver sur notre passage. C'est que lorsqu'elle poussa une porte que je me rendis compte qu'elle m'avait emmené de force dans les toilettes des filles.
 
-Qu'est-ce qu'il se passe, Lucy?, demanda la rousse.
 
Elle me fixa sans broncher tandis que je m'approchais du lavabo pour voir mon reflet dans la glace. J'aurais mieux fait de  rester à ma place ; le reflet que le miroir me renvoya était celui d'une jeune fille au teint si pâle qu'il était presque maladif, aux yeux sombres et fatigués, contrastant avec ses longs cheveux blonds qu'elle avait attaché en une queue de cheval.
 
-Rien, répondis-je en détournant les yeux.
 
-S'il ne se passait réellement rien tu n'aurais pas oublié que dans trois jours nous avions les élections des délégués du niveau et tu auras sans doute déjà préparé un discours long de cinq pages afin de convaincre les élèves de te choisir en tant que leur représentante auprès des adultes. Dis-moi, Lucy, as-tu fait quelque chose comme ça?
 
Muette de stupéfaction, je mis du temps à répondre. Je ne savais pas qu'Erza connaissait autant de choses sur moi, ne me doutais pas qu'elle savait ce que j'Allais faire dans les moindres pas. C'était à la fois effrayant et bizarre.
 
-Non, reconnus-je lorsque je recouvris le son de ma voix.
 
Erza sourit.
 
-J'avais totalement oublié. Merde, je suis vraiment en retard, jurais-je, frustrée.
 
-Je n'ai pas l'intention de te laisser gagner facilement, Lucy. Si tu veux ce poste, tu vas devoir faire de ton mieux. J'espère que tu le sais.
 
J'hochais lentement la tête.
 
-Ouais, tu as raison. Mais dis...sais-tu que Natsu s'est aussi inscrit?
 
La rousse pencha la tête sur le côté, feignant l'étonnement, même si je vis dans ses prunelles briller un éclat d'amusement.
 
-Non, pourquoi?
 
-Pour rien. Il...il faut que j'y aille.
 
Erza soupira puis se tourna vers le miroir en sortant une trousse de maquillage de son sac à main.
 
-Ouais, d'accord. Tu viens manger avec nous?
 
-Non...
 
-Comme tu veux.
 


Quelques instants plus tard, sur le toit de l'Académie.


É
tendue sur le dos, je fixais le ciel d'un bleu étonnement éclatant. La cloche venait de sonner il n'y a pas longtemps, mais je m'en fichais. Je savais que ça allait paraître dans mon bulletin, mais sérieusement, je n'en avais rien à faire. Tout ce que je voulais, c'était quelques instants pour réfléchir et me repasser ce qui s'était passé la veille :
 
Flash-back.


-C'est comme ça qu'on accueille une ex-petite amie, Natsu?, avait rétorqué en riant ma sœur, lorsqu'elle était rentrée dans mon appartement et avait écouté notre conversation, à Natsu et à moi.
 
-Tout ce qui s'est passé n'est que du passé, Valérie, avait alors répliqué le garçon.
 
Ma fausse jumelle s'était approchée de lui et avait posé une main sur son torse imposant, un sourire charmeur au visage.
 
-Mais voyons, mon petit lion, les sentiments que tu as éprouvés pour moi...les souvenirs que tu as de nous deux...je ne pense pas que ce soit du passé..., murmura-t-elle en se mettant sur la pointe des pieds.
 
Légèrement choquée par une désagréable impression de déjà-vu, je m'écriais, les interrompant dans leur petit jeu :
 
-Eh, allez faire vos trucs ailleurs!!!!
 
Surpris, ils se retournèrent vers moi et me regardèrent comme s'ils venaient tout juste de se rendre compte de ma présence.
 
Je pinçais les lèvres lorsque je sentis un pincement au cœur de les voir aussi proches l'un de l'autre. Ma sœur et Natsu sont déjà sorti ensemble dans le passé. Natsu est tombé amoureux de ma sœur. Je en sais pas pourquoi, mais cette pensée me fit l'effet d'un poignard dans le cœur. Un poignard dans mon pauvre petit cœur.
 
-Lucy..., murmura Natsu.
 
Je détournais le visage, le feu aux joues.
 
-Va-t-en s'il-te plait, lui dis-je tout simplement.
 
Je le sentis hésiter, mais finalement il tourna les talons et sorti de l'appartement aussi vite qu'il était apparu.
Ma sœur rit doucement en s'approchant de moi.


-Tu étais jalouse?, demanda-t-elle doucement, une lueur de défi dans le regard.
 
Piquée au vif par ce qu'elle venait d'insinuer, je m'exclamais :
 
-Non! Pourquoi le serais-je? C'est juste que je ne veux pas que vous vous embrassiez devant moi.
 
-C'est ce que s'appelle être jalouse, ma petite sœur.
 
-Arrête de dire n'importe quoi!
 
-Alors ça ne te dérangerait pas si je sors avec lui...n'est-ce pas?
 
Incrédule, j'haussais les sourcils mais je ne pus empêcher les mots de sortir de ma bouche.
 
-Non, bien sûr que non, je pourrais même t'aider si tu le veux, enfin ça ne me dérange pas...
 
Ça aurait du être vrai. Je voulais que ça soit vrai. Mais alors pourquoi mon cœur se déchira en mille morceaux au fur et à mesure que les mots franchirent les bords de mes lèvres? Pourquoi je me sentis déchirée, peinée? Pourquoi est-ce que l'idée que ma sœur sorte avec Natsu me faisait si mal?
 
-Parfait, alors!, s'exclama Valérie. Où est-ce que je vais dormir?
 
-Sur...sur le canapé, répondis-je alors que je mourrais d'envie de lui dire « dehors».
 
-D'Accord, pas de problèmes. Merci encore une fois de m'héberger, Lucy. Tu es tellement gentille!!
 
-Ok, avais-je rétorqué en me retirant dans ma chambre.
 
J'en avais marre d'être aussi gentille.
 
Fin du flash-back.
 
Je
sentis le vent me caresser les cheveux, me murmurant à l'oreille des mots doux, des mots rassurants que je ne pouvais comprendre. En ouvrant les yeux, je me rendis compte que j'avais fini par m'assoupir.
 
-Tu es enfin réveillée, me dit une voix masculine.
 
Mon cœur manqua un bond dans ma poitrine lorsque je levais les yeux sur un visage allongé à côté de moi.


-Je...il faut que j'y aille..., bafouillais-je en me levant brusquement, honteuse et embarrassé que je me sois endormie comme ça aussi, facilement. 
 
-Lucy.
 
Je me figeais. Mon cœur continua sa course effrénée dans ma poitrine. Je ne voulais pas me retourner, je ne saurais jamais faire face à son regard vert si troublant.
 
-Est-ce que...est-ce que tu vas bien?, demanda-t-il.
 
Je l'entendis se lever et s'approcher doucement de moi.
 
-
Oui, pourquoi est-ce que tu me demandes ça?, rétorquais-je en me forçant à sourire.
 
-
Alors tourne-toi vers moi, répliqua Natsu en me touchant doucement l'épaule.
 
-Écoute, Natsu, je dois y aller. Je viens tout juste de me souvenir que j'avais un truc à faire, lançais-je en tournant les talons, m'avançant vers la porte du toit du bâtiment.
 
Je me conduisais en lâche, et je le savais, mais je ne pouvais pas encore l'affronter. Je ne voulais connaître toute l'histoire. Pas encore. Je préférais vivre dans le mensonge et l'ignorance. Encore un peu. Juste un tout petit peu.
 
Et après, je serais prête à y faire face.