Chapitre 12 : Lumière divine

par Fairy Law

Chapitre 12 : Lumière divine

 

Avant que Lucy ne suive Jubia et Sting, elle alla d’abord parler à Luxus pour les prévenir sur leur destination, et qu’ils ne seraient pas longs.

 - C’est d’accord, acquiesça le mage de foudre. On va vous attendre ici.

La blonde prit un air légèrement inquiet et fit remarquer :

 - Mais il ne faut pas qu’ils utilisent leur magie ici ou alors il y aura des répercussions en bas.

 - Oui je sais, je vais essayer de faire en sorte qu’ils n’en fassent pas usage, surtout que je ne pense pas que le Pégase de Sting accepte d’obéir à quelqu’un d’autre et nous faire descendre.

 - D’accord, merci beaucoup. J’aurais bien demandé à Erza, mais depuis qu’Athéna fait partie d’elle, elle passe son temps à se battre comme les autres.

Le blond esquissa un sourire en pensant à la rousse qui avait la manie de chercher Rogue à tout bout de champ, et la rassura avant qu’elle ne rejoigne les deux mages qui allaient au temple de Jubia.

 - Je n’y ai pas pensé du tout la première fois, mais on aurait pu utiliser mon temple, il est directement relié à l’Atlantide.

Les deux mages à côté d’elle soupirèrent de la voir si tête en l’air, et surtout d’apprendre que leur descente jusqu’au fond de l’océan aurait pu être évitée. La mage d’eau les entraina jusqu’au fond du gigantesque bâtiment.

Pendant ce temps, dans l’édifice principal, les mages discutaient de ce qu’ils devaient faire maintenant, sans arriver à se décider, quand Rogue remarqua soudain qu’il y avait trois absents.

 - Ou sont Sting, Lucy et Jubia ? demanda-t-il à voix haute, faisant taire les conversations, attirant les regards intrigués des autres qui se mirent à chercher les concernés des yeux sans les trouver.

 - Ils sont partis récupérer le souvenir de Sting, expliqua Luxus envers le dragon de l’ombre.

Celui-ci prit un air légèrement agacé de voir que son meilleur ami ne lui en avait pas parlé alors qu’il avait dit qu’ils iraient le reprendre ensembles. Mais il pouvait comprendre que le blond ne veuille pas de son aide pour cela, aussi chassa-t-il ces pensées de son esprit et se mit à réfléchir à la meilleure façon d’aller provoquer Erza.

De retour du côté de Sting, Lucy et Jubia, ils se trouvaient tous les trois devant une grande fontaine qui se déversait dans un bassin aux eaux cristallines.

 - Comment on va faire pour retourner là-bas par un bassin ? demanda la constellationniste.

La mage de l’eau fouilla dans une poche et en ressortit quelques pièces d’or.

 - Ce sont des Drachmes, la monnaie grecque des Dieux. C’est l’oracle qui m’en a donnés quelques-uns quand il a su que nous voudrions y retourner. Il suffit d’en jeter un chacun dans l’eau en donnant le nom de la destination et hop ! expliqua Jubia.

Pressés d’essayer, ses deux camarades récupérèrent chacun une pièce et clamèrent « Atlantide ! » avant de la jeter dans l’eau. La jeune femme aux cheveux bleus les imita. Ils attendirent quelques secondes avant qu’une vive lumière de couleur bleutée les englobe et qu’ils disparaissent dans un scintillement.

 

OoOoOoO

Lorsque les trois mages rouvrirent les yeux après que la lueur se soit dissipée, ils purent effectivement remarquer qu’ils étaient de retour dans le gigantesque palais sous la mer, vu les coraux disposés un peu partout, les murs peints de fresques représentant des animaux et créatures sous-marines, sans oublier les fameuses rigoles d’eau arc-en-ciel qui émettait de la lumière. Par contre, ils se trouvaient dans une pièce différente, gigantesque et couverte d’un long tapis qui partait de la porte jusqu’à un imposant trône réalisé en coraux d’une couleur bleue et dorée.

 - C’est ici que Poséidon reçoit ceux qui viennent le voir, dit la mage d’eau d’après ce que venait de lui expliquer le dieu au fond d’elle-même.

 - Je vois, donc il faut qu’on retourne dans la salle des sirènes, fit Lucy en emboitant le pas à son amie.

Sting était plutôt silencieux et cela inquiéta la blonde, mais en se tournant vers lui elle remarqua qu’il avait un petit sourire et ses inquiétudes s’envolèrent. Apparemment il avait l’air pressée d’en faire baver à cette sirène qui lui avait pris son souvenir.

Ils reprirent donc les couloirs qu’ils avaient empruntés pas plus tard qu’en début d’après-midi pour aller chercher les larmes. D’ailleurs, à l’air libre, le soleil commençait à se coucher et teintait l’eau de couleurs orangés et roses.

Les trois mages arrivèrent enfin devant la porte. Sting se trouvai devant les filles. Voyant qu’il semblait hésiter, la main posée sur la poignée de la grande porte en face d’eux, Lucy s’approcha un peu et lui demanda ce qui n’allait pas.

 - Et si elle ne veut pas me rendre mon souvenir ? Ou qu’elle s’en est déjà servie pour je ne sais quoi ?

 - Ne t’inquiète pas, le rassura la blonde. Que veux-tu qu’elle en fasse ? Elle ne risquerait pas de l’utiliser de quelque façon que soit alors qu’elle peut se vanter en le montrant à toutes les autres. Et puis, pour ce qui est de te le rendre ce n’est pas comme si elle avait le choix.

Rasséréné, le Dragon Slayer acquiesça avec un sourire puis ouvrit la porte, avançant tous les trois à l’intérieur. Ils eurent l’impression de faire un brusque retour en arrière, car depuis qu’ils étaient venus il y a quelques heures, rien n’avait changé. Ils remarquèrent vite la sirène blonde aux yeux violacés et la tête ceint d’un fin cercle d’argent qui tenait la sphère noire et blanche représentant le souvenir de Sting dans ses mains, l’exhibant aux autres qui lâchaient des soupirs envieux depuis leurs bassins. Pourtant, il y avait beaucoup plus de sirènes cette fois, elles passaient probablement par des passages qui se trouvaient au fond de leurs bassins.

En voyant son souvenir à portée de main, le mage de lumière serra les poings et lâcha échapper un grognement que les sirènes entendirent. Elles se tournèrent dans leur direction, et la blonde eut l’air surprise, avant d’éclater de rire. Elle tendit une main dans sa direction avec un sourire moqueur et s’exclama :

 - Quoi, vous n’avez pas assez de larmes ? Tu viens me donner ton second souvenir ?

Le tigre allait céder à la provocation, il semblait sur le point de se jeter sur elle. Néanmoins, Lucy l’arrêta d’un geste et expliqua que quelqu’un souhaitait d’abord faire « plus ample connaissance ». Elle attrapa donc une de ses clés et appela :

 - Ouvre-toi, porte du palais du Verseau ! Aquarius !

L’esprit stellaire aux longs cheveux bleus, portant sous un bras une amphore, apparut dans un flash de lumière. Elle avait en apparaissant pris une pose, les mains sur les hanches, toisant les sirènes en face d’elle qui s’étaient soudainement tues.

 - Qu’est-ce que c’est que cette poiscaille ?! s’exclama alors la sirène blonde, éclatant de rire.

Lucy blanchit en entendant ces mots. Son esprit n’allait pas du tout apprécier…

Effectivement, le regard d’Aquarius s’étrécit, et elle demanda d’un ton glacial la raison de l’insulte. La blonde leva sa queue de sirène hors de l’eau, lui faisant admirer sa couleur oscillant entre le rouge et le doré. Toutes autres sirènes firent de même, montrant qu’en plus d’une couleur normale, leurs queues possédaient dessus des reflets soient argentés, or ou bronze.

 - Tu n’es qu’un vulgaire sosie, clama une rousse un peu plus loin. Les vraies sirènes possèdent des queues bicolores !

 - Lucy…souffla Aquarius du bout des lèvres.

La blonde eut un léger sursaut puis, comprenant la demande muette de son esprit, elle lui dit :

 - Surtout fais-toi plaisir, mais laisse la blondasse à Sting, il a un compte à régler avec elle.

L’esprit du Verseau acquiesça, tandis que le Dragon Slayer remerciait la constellationniste qui avait fait attention à ce qu’il puisse se venger. Aquarius ferma les yeux légèrement, laissant une lumière dorée provenant du monde des esprits l’envahir.

 - Alors ? La voilà, votre couleur dorée !!! rugit l’esprit. Et moi, j’ai la possibilité de nager hors de l’eau, et dans une mer d’étoiles d’un autre monde ! Pouvez-vous en dire autant ?

Les sirènes en face d’elle blêmirent de jalousie devant les choses qu’énonçait Aquarius. Cette dernière trouva qu’elle s’était bien assez vantée et saisit son amphore, la soulevant au-dessus de sa tête, avant d’envoyer une gigantesque vague sur les sirènes qui poussèrent des cris particulièrement aigus. Lucy en profita pour attraper le Dragon Slayer qui n’avait pas bougé, et l’obligea à s’accrocher à l’une des colonnes comme Jubia l’avait déjà fait. Il lui fit un regard interrogateur mais eut sa réponse en voyant l’esprit stellaire emporter tout sur son passage grâce à son ras-de-marée. Lorsque celui-ci se calma enfin, l’eau s’écoula par les rigoles surchargées pour retomber dans les étages supérieurs. La plupart des sirènes se trouvaient hors de l’eau, se trainant avec difficulté sur le sol mouillé pour essayer de regagner les bassins et s’enfuir par les larges tunnels qui se trouvaient au fond.

La sirène blonde, qui avait été la seule épargnée, regarda Aquarius avec crainte, qui elle la regardait en levant le menton, l’air méprisante. Finalement, elle leur jeta une dernière insulte avant de disparaître dans un scintillement doré pour retourner dans le monde des esprits.

Sting lâcha donc la colonne à laquelle il se tenait avec Lucy et s’approcha de la sirène. En remarquant que sous la surprise, elle avait lâché son souvenir qui était tombé au fond du bassin, il grogna à nouveau et attrapa vivement la créature marine par un bras. Celle-ci, inquiète, ouvrit quand même la bouche en montrant ses dents pointues, espérant l’intimider, mais en vain. La serrant avec fermeté pour qu’elle ne s’enfuie pas par l’un des tunnels sous-marins, il se pencha pour récupérer son souvenir. Remarquant que celui-ci était légèrement fissuré, il jeta un regard noir à la sirène qui déglutit avec difficulté.

Le mage de Sabertooth posa la sphère près de son cœur qui scintilla avant de retourner d’où elle venait. Aussitôt, les yeux du blond s’agrandirent, retrouvant brusquement le souvenir perdu. Il avait encore du mal à croire qu’il avait pu oublier quelque chose d’aussi important.

La sirène criait de sa voix aigüe, essayant de le persuader :

 - Lâche-moi ! Lâche-moi !

 - Tu ne verras plus jamais aucun souvenir, s’exclama Sting d’une voix plus dure qu’en temps normal.

Le mage tenait bien la femme pour qu’elle ne s’enfuit pas, et laissa son corps s’illuminer. Doublée du pouvoir d’Appolon, la lumière blanche de sa magie avait pris une teinte légèrement dorée. La constellationniste observa avec une stupeur mêlée d’admiration le corps du mage devenue entièrement blanc, dont seul les cheveux et les yeux avaient pris une teinte dorée. Jubia et Lucy durent très vite détourner les yeux, éblouies. La sirène, qui était la plus proche de ce pouvoir, ferma les yeux plus vite que les deux fées, mais bientôt elle se mit à crier car ce n’était plus seulement lumineux, mais aussi brûlant. La chaleur du soleil transperçait à travers la lueur dorée. Lucy chercha Jubia à tâtons et l’entraina derrière l’une des colonnes, puis elles se cachèrent les yeux du mieux qu’elles pouvaient car les fermer n’était plus suffisant.

Elles entendirent la sirène pousser un cri strident, et leurs yeux commencèrent à les brûler elles aussi. Finalement, la lumière baissa lentement, avant de disparaître totalement. Les deux jeunes femmes attendirent encore un peu avant d’ouvrir délicatement les yeux. La pièce leur paraissait maintenant sombre à cause de ce qu’elles venaient de voir juste avant. Sting avait cessé de briller mais sa peau était encore légèrement blanche et la lueur dorée de ses cheveux avait du mal à disparaître.

Le tigre lâcha enfin le bras de la sirène, et Jubia et Lucy furent stupéfaites de ce qu’elles virent. La sirène avait les cheveux maintenant blancs, comme si elle avait vieilli d’un seul coup, sa peau auparavant légèrement hâlée était maintenant d’un blanc cadavérique et sa queue rouge et or dont elle se vantait avait une couleur de délavé comme un vêtement passé en machine maintes et maintes fois.

Lorsque l’ex-blonde ouvrit les yeux, les deux fées eurent un mouvement de recul. Ils étaient blancs.

 - Mes yeux !!! Je ne vois plus rien !!hurla-t-elle, s’agitant dans tous les sens.

 - Sting, tu n’étais peut-être pas obligée de la rendre aveugle…fit remarquer Lucy, un peu apeuré.

 - Je ne l’aurais pas normalement, mais elle a abimé mon souvenir.

 - Ah, comment ça ?

 - Il était fissuré, ce qui fait qu’il manque quelques phrases du souvenir que je ne pourrais pas retrouver, expliqua le Dragon Slayer.

 - Oh, je vois…fit la constellationniste, peinée.

Néanmoins, il en avait récupéré une grande partie et semblait de bonne humeur. La sirène maintenant blanche venait de fuir par le tunnel qu’elle avait trouvé du bout des doigts, et Sting s’était tourné vers les fées.

 - Merci de m’avoir accompagné, les filles.

Jubia lui affirma que ce n’était rien, et Lucy lui expliqua qu’elle était contente de le voir de nouveau de si bonne humeur. D’autant plus qu’elle l’avait aussi fait pour Aquarius qui n’avait pas pu dire sa façon de penser à ces pimbêches la première fois, car sa magie à elle était bloquée à ce moment-là. La blonde ne s’attendait pas à ce que le mage de lumière passe un bras autour de ses épaules avec un grand sourire, tout en s’exclamant :

 - Allez, on retourne auprès des autres !

Un peu gênée, Lucy le laissa pourtant faire et ils suivirent tous les deux Jubia qui les emmena en direction de la fontaine à Drachmes la plus proche pour retourner à son temple.

 

OoOoOoO

Lorsque Jubia, accompagnée de Lucy et Sting qui n’avait pas lâchée cette dernière, retournèrent au bâtiment principal, ils eurent une drôle de scène sous les yeux. Sept des neufs mages restants, Cana, Gajeel, Fried, Luxus, Mirajane, Lisanna et Natsu, étaient assis à même le marbre blanc, semblant débattre de ce qu’il fallait faire. Pour ce qui était des deux atres mages qui n’étaient pas avec eux, Erza et Rogue, c’est tout simplement car ils étaient attachés chacun à une colonne. En réalité, on entendait qu’eux. Même séparés de plusieurs mètres et attachés avec des cordes, ils se criaient mutuellement des piques, avec les autres qui avaient l’air blasés.

En s’approchant, les mages demandèrent la raison pour laquelle les deux autres se trouvaient ainsi. Pendant ce temps, Mirajane, qui avait été rejointe par son cupidon avant leur arrivée, jubilait en voyant le Dragon Slayer qui avait gardé son bras sur les épaules de la constellationniste.

 - Tu vois ce que je vois ? demanda-t-elle à son attribut, qui acquiesça.

 - Dis-moi, tu crois que tes flèches marchent vraiment ? Si Lucy n’arrive pas à trouver de copain, on pourra toujours essayer de lui en lancer une…fit Mira à voix basse d’un air malicieux, faisant pouffer son cupidon.

 - Si on les a attachés, c’est parce qu’ils allaient utiliser leur magie, juste avant qu’on les arrête, expliqua Luxus. Et je n’ai pas vraiment envie que le pays se retrouve plongé dans le noir pendant une semaine ou avec les habitants afflués d’une armure…

En disant cela, il avait jeta un regard sombre en direction des deux mages mais ceux-ci l’ignoraient royalement, bien trop occupés à se chercher.

 - Alors, madame la tacticienne, comment elle fait pour se sortir de là ? Elles te servent à quoi tes épées ?

La rousse jeta un regard noir au Dragon Slayer et répliqua :

 - T’es pas sensé pouvoir te transformer en ombre, d’ailleurs, toi ? Alors ferme-là un peu.

 - Foutue tacticienne !

 - Sale vautour !

 - OH ! gueula Lucy. Arrêtez un peu ! Non mais ça va bien, on dirait deux gamins. Et vous avez l’air ridicules, ça ne vous va pas du tout !

Les deux mages grommelèrent dans leur coin, puis Rogue remarqua le geste possessif de son meilleur ami sur la blonde. Résultat, il lâcha un grognement et croisa les bras, agacé.

- Heureusement que nous leur avons mis des cordes anti-magies données par l’oracle, soupira Luxus. D’ailleurs, il ne devrait plus tarder, il veut nous parler. Mais sinon…

Il fixa durement les trois mages qui étaient de retour et gueula de toute la force de ses poumons :

 - JE PEUX SAVOIR CE QUE VOUS AVEZ FOUTU QUAND VOUS ETIEZ LA-BAS ?!

La constellationniste eut un sursaut et demanda d’une petite voix :

 - Comment ça ?

La mage de foudre montra une tablette larcima apportée par l’un des attributs et l’alluma. Dessus, on pouvait voir des images, suivies de commentaires réalisés par le présentateur :

« …et en plus d’avoir vu les rivières du pays déborder brusquement de leur lit sans aucune raison, la mer s’est mise à grossir de façon démesurée, débordant de plusieurs mètres sur les plage de Fiore… après avoir été témoins d’un autre incroyable phénomène juste après, tous les océan s’étant brusquement illuminés d’une lumière blanche si vive qu’elle a laissé ceux qui l’avaient vue aveugles pendant près de cinq minutes…»

Lucy et Sting se jetèrent un regard en coin. Ils savaient très bien qu’ils étaient les responsables de cela. Le raz-de-marée d’Aquarius avait provoqué des inondations et la mer avait soudainement gonflé tandis que Sting avait juste rendu aveugle pendant cinq minutes des milliers de personnes.

Ils expliquèrent donc ce qui était arrivé aux autres.

 - De toute façon, on aura pas le choix, lorsqu’on se battra contre les titans, on risque de faire de très gros dégâts. C’était juste un avant-goût…

Sting se décida à lâcher Lucy et s’assit en compagnie des autres, tout comme les deux fées, leurs trônes étant trop grands pour qu’ils puissent tous se mettre dessus. L’Oracle les rejoignit quelques minutes plus tard, il était allé chercher un parchemin qu’il tenait au creux des bras. Il s’installa devant eux et expliqua :

 - Bien, maintenant que vos pouvoirs vous sont revenus, je pense qu’il faut se mettre à chercher les trois titans. Ils sont réveillés depuis peu, et avec un peu de chance, ils n’ont pas encore trouvé leurs porteurs, ils sont donc moins puissants. Mais avant de s’attaquer à eux, il va vous falloir deux objets essentiels.

 - Il va encore falloir aller chercher des trucs ? s’exclama Cana.

 - C’est malheureusement essentiel pour que vous en ressortiez tous vivants.

Un léger silence se créa. Effectivement alors, ils allaient en avoir besoin.

 - La première chose que vous irez chercher est la Toison d’or.

 - Elle existe ? le coupa Lisanna, surprise.

L’oracle acquiesça avant de continuer :

 - Oui, et elle permet de soigner n’importe quelle blessure si l’on s’en recouvre comme une couverture. Elle sera obligatoire dans ce combat, si vous voulez vous soigner. Et le seul risque, c’est que les titans la détruisent, car ils ne peuvent pas s’en servir, elle ne marche que sur les Dieux. Et le second objet, c’est la Boussole, qui désigne l’endroit où se trouve le titan le plus proche.

 - On va donc commencer par la toison, c’est le plus logique…dit Fried. Où est-elle ?

 - Dans un jardin, sur le flanc de cette montagne, juste-là, expliqua leur guide en montrant l’endroit sur la carte qu’il avait apportée. Il y a un village pas loin, vous pourrez y passer. Néanmoins, c’est un jardin spécial. La toison est gardée par un cyclope, et de plus on ne peut y entrer que pendant l’aube ou le crépuscule.

 - Non mais c’est quoi toutes ses conditions ? râla Gajeel. Il faut pas aussi qu’on y entre à poil en chantant et dansant pendant que vous y êtes ?

Natsu juste à côté pouffa à ces mots.

 - Bon, de toute façon, pour ce soir c’est fichu, il fait nuit. On ira demain à la première heure. On va dormir chacun dans nos temples, et surtout dans des lits ! s’exclama Lucy.

Cette remarque fit briller les yeux de tout le monde. C’est vrai que la nuit dernière, ils avaient dormi dans le train et c’était pas génial. L’oracle se releva donc et leur proposa de les suivre jusqu’au banquet qui avait été préparé en prévision si jamais ils restaient. A ces mots, leurs estomacs gargouillèrent, surtout celui des Dragons Slayers, et ils foncèrent à la gigantesque table où s’étalaient des monceaux de nourriture, entourés de braseros, à la lueur tombante des étoiles, et ils passèrent ensemble une agréable soirée, ignorant les tracas pour passer un bon moment.

 

OoOoOoO

Cronos éteignit sa lacrima en lâchant un soupir à fendre l’âme. Il venait de recevoir son second appel de la journée, celui-ci venant de Gaïa. Elle venait de repérer Minerva. Ouranos avait appelé avant elle pour dire qu’il avait trouvé Ivan. A l’heure actuelle, les deux Titans devaient déjà se trouver dans le corps de leurs hôtes, partageant leurs pouvoirs. Il ne restait plus que lui. Pourquoi lui avait-on refilé comme réceptacle le mage le plus introuvable de tout le monde magique ! Certes, Zeleph était sans doute le mage le plus puissant encore vivant (contrairement à lui d’ailleurs qui était un peu moins fort qu’Ouranos et Gaïa)  mais il passait son temps à se planquer dans des lieux improbables !!

Il avait eu du mal à atteindre cette montagne couverte d’une forêt enneigée, vide de toute présence, dans laquelle il avait faiblement détecté le pouvoir du mage.

Il marcha encore près d’une heure dans la neige avant de tomber sur des traces de pas encore fraiches. Et personne ne vivait ici, d’autant plus que le premier village se trouvait à près de deux heures de route. Il suivit les traces pendant un petit moment avant d’arriver devant une grotte, nullement masquée, et par laquelle s’échappait la fumée d’un feu.

Il entra sans crainte, sachant son pouvoir capable de détruire n’importe qui, ou même d’arrêter une attaque en manipulant le temps. C’est là que se trouvait Zeleph, assis devant le feu. Ce dernier leva la tête vers lui et demanda d’une voix dure, le fixant de ses yeux déjà rougeoyants dans lesquels se reflétait la lueur des flammes :

 - Qui es-tu ?

 - Cronos, répondit le titan d’un ton calme.

Le mage noir haussa un sourcil à ce nom. Son impression se confirma lorsque le titan figea le feu pendant quelques secondes pour lui démontrer qu’il était bien celui à qui il pensait en entendant ce nom.

 - Que veux-tu ?

 - Te prêter ma force.

 - Qu’est-ce que tu y gagnerais, toi ?

Le visage de Cronos se fendit d’un sourire mauvais. Non, il était même diabolique, et un peu fou.

 - Détruire les douze Dieux de l’Olympe. C’est tout ce que je souhaite. Si tu le fais avec ce pouvoir que je vais te donner en entrant en toi, alors tu pourras le garder pour toujours.

Jouer comme il le souhaitait avec le temps…Revenir à une époque où les hommes avaient encore une chance de s’en sortir et ne pas être obligés de s’éteindre… L’idée était plus que bonne, elle était excellente. Alors Zeleph se leva avec lenteur, s’avança vers Cronos, lâcha un demi-sourire à son tour et lui tendit la main pour sceller le contrat.