Bonus 1 : Histoire de dragons

par Tatsushi-chan

 

 Nous revenons quelques jours en arrière, le jour où Mira mit les menottes FairyLinks ID°17 aux mages. Lucy s’était finalement calmée et avait emmené Natsu chez elle. Ils étaient à peine partis qu’une dispute avait éclaté entre deux autres mages, sous les yeux surpris des autres qui s’étaient à peu près calmés.

 - Je te dis qu’on ira chez moi !

 - Je n’ai pas envie ! En plus, je parie que rien n’est rangé chez toi ! Je ne veux pas me retrouver dans une porcherie ! Et puis, tu n’as même pas de livres, je vais m’occuper comment moi, hein ?

Vous l’aurez deviné, la mage des mots Levy et le Dragon Slayer d’acier Gajil se battaient pour savoir chez qui ils allaient dormir.

 - Je t’interdis de critiquer ma maison, t’y est jamais allée donc tu peux rien dire !

 - Je m’en fiche, je te connais assez bien pour savoir que t’es aussi souillon que Natsu !

 - Me compare pas à cette allumette c’est clair ?

Non loin de là, les oreilles d’un certain mage aux cheveux roses sifflèrent et il éternua. Tiens, voilà qu’on parlait de lui !

Levy s’assit brusquement sur un banc, et croisa les bras et les jambes en affichant une mine boudeuse. Elle releva la tête d’un air hautain mais néanmoins timide et s’exclama :

 - Je m’en fiche je ne bougerais pas d’ici !

Gajil, pas impressionné pour un sou, l’attrapa par le col de sa robe et la souleva avant de la mettre sur son épaule comme un vulgaire sac à patates.

 - Qu’est-ce que tu fais ? cria-t-elle d’un air furieux en le tapant, sans aucun effet. Lâche-moi !

Alors que Gajil sortait avec Levy sur son épaule, sous les regards surpris des mages et celui victorieux de Mirajane qui se frottait déjà les mains derrière son comptoir, ravie de voir son plan marcher, la mage aux cheveux cyans continuait de crier, comptant bien pousser à bout l’ex Phantom Lord. Elle y réussit en moins de cinq minutes, Gajil criant soudain :

 - Arrête de piailler, on va chez toi ! Ça te va ?

Levy afficha soudain un sourire du genre « T’as cédé mouahahah ! » et lui demanda de la reposer à terre, ce qu’il fit en grognant, déjà agacé par cette situation. Elle l’entraina en direction de chez elle. Remarquant les regards interrogatifs des gens sur les menottes qui les liait, elle rougit et cacha sa gêne en baissant la tête, si bien qu’elle se fit engueuler par un Dragon Slayer très peu patient et qui était exaspéré par la lenteur que mettait la jeune femme pour les emmener chez elle. Elle se redressa et avança plus vite, essayant d’ignorer les passants. Elle avait quitté le dortoir de Fairy Hills, blasée de voir Jett et Droy rappliquer sous sa fenêtre pour lui dire des tas d’inepties qu’ils considéraient comme des déclarations, finissant par se battre entre eux. Elle avait donc pris un petit appartement semblable à celui de Lucy, en ville, sans en informer ses deux coéquipiers, qui chantaient maintenant des sérénades sous la fenêtre d’une chambre vide depuis maintenant plusieurs mois. Ils arrivèrent donc devant le fameux appartement de la bleue, qui déverrouilla la porte et les fit entrer. Gajil se contentait d’observer les lieux sans un mot, ce qui la mit mal à l’aise, ayant peur que ça ne lui plaise pas. Enfin, ce n’est pas comme si son avis avait de l’importance ! Gajil ne faisait aucun commentaire et le silence commençait à s’installer, pesant, aussi Levy tenta-t-elle de meubler la conversation. Elle regarda la bague que lui avait donné Mira et la leva à hauteur de son visage tout en faisant remarquer :

 - Il y a intérêt à ce que ça marche…

 - T’as qu’à essayer, petite, se contenta de répliquer le mage.

 - Je ne suis pas petite ! rugit-elle en lui donnant un coup de poing dans les côtes, ce qui eut seulement pour effet de lui faire mal. Elle avait oublié que Gajil était en partie constitué d’acier. Ouille, c’est comme si elle avait tenté de frapper une barre de fer. Elle le regarda et lui demanda de fermer les yeux sans tricher, ce qu’il fit. Levy le regarda un instant d’un air suspicieux, puis décida finalement de lui faire confiance et imagina le pyjama qu’elle portait d’habitude avant de tourner la bague. Elle autorisa Gajil à ouvrir les yeux. Il la considéra sans un mot, ce qui la fit rougir, puis il se changea à son tour après que Levy eut fermé les yeux. Il portait un t-shirt noir tout simple avec un caleçon de la même couleur. Levy, toute rouge, se contenta d’ignorer la tenue du mage d’acier et l’emmena en direction de la cuisine pour tenter de préparer de quoi manger, malgré les menottes plus qu’encombrantes. Elle réussit finalement à préparer un repas convenable, et ils mangèrent dans un parfait silence. Levy pensait à un nouveau livre qu’elle avait acheté et avait hâte de commencer juste après le repas. Quant à Gajil, allez savoir ce à quoi il pensait. Quand ils eurent fini, ils débarrassèrent la table. Levy se sentait gênée, par ce trop peu de discussion. Alors que Levy allait vers son lit, le Dragon Slayer l’arrêta et demanda :

 - Tu vas où là ?

 - Ben…dans mon lit…fit la mage des mots d’une petite voix, surprise.

 - Mais il est même pas 10 heures du soir !

 - Et alors ? demanda la bleue d’un air agacé.

 - Il est trop tôt pour dormir !

 - Je ne vais pas dormir ! soupira-t-elle, blasée. Je vais lire.

 - Lire ? répéta Gajil, en affichant une grimace dégoûté. Franchement, les bouquins et lui, ça faisait deux.

Levy ne fit aucun commentaire à la tête qu’il affichait, et l’obligea à la suivre au lit, attrapant avec un sourire un épais volume relié de cuir gris, rouge et or, tout en allumant sa lampe de chevet. Elle remonta tant bien que mal les oreillers dans son dos (bah oui avec une seule main c’est pas facile) et allait ouvrir le livre quand Gajil, avachit dans le lit à côté d’elle, demanda :

 - Pourquoi tu lis des trucs sur les dragons ?

En effet, calligraphié en lettres d’or sur la couverture, le titre « Histoires de Dragons » était facilement lisible. Levy haussa les épaules et dit :

 - J’avais envie.

Elle ouvrit le livre mais Gajil l’interrompit instantanément, montrant du doigt la première image en grognant :

 - Ça, c’est juste pas possible, les dragons de cette espèce ne peuvent pas faire ça.

Sur l’image, un dragon de roche volait dans le ciel.

 - Les dragons des roches ne peuvent pas voler, affirma-t-il d’un air sûr de lui.

Levy l’engueula :

 - Mais tu vas me laisser lire tranquille oui ? Tu ferais mieux de dormir !

Gajil poussa un grognement de mécontentement, et s’allongea avant de fermer les yeux. Levy, qui s’était remise à son livre, releva la tête en l’entendant respirer de manière plus régulière, signe qu’il s’était endormi. Elle le détailla un moment avant de refermer doucement son livre et de le poser sur la table de chevet avant d’éteindre la lumière. Demain, elle lui dirait qu’elle était d’accord, comme ça il ne boudait pas. Après tout, s’ils devaient rester une semaine comme ça, autant qu’ils essayent de s’entendre le mieux possible. Levy se glissa sous la couverture et se rapprocha de Gajil, avant de s’endormir sans s’en rendre compte, bercée par le souffle de sa respiration.