Tenohira, To akiraka ni shita kanjō

par Tatsushi-chan

 

Les deux mages avaient rejoint la piste, où d’autres groupes étaient déjà installés, prêts à danser. Mirajane avait attrapé le micro et attendait que les retardataires prennent place. Alors que les premières notes commençaient à retentir, Lucy passa ses bras autour du cou du Dragon Slayer de feu tandis que ce dernier plaçait ses mains sur ses hanches. Enfin, tout du moins, les mages se positionnèrent d’une seule main, l’autre reposant le long de leurs corps, liées. Mira ouvrit la bouche et commença à chanter.

Dareka no tame dake ni

Namida wo nagasu koto ga dekiru kimi dakedo,

Naiteru kao wo miteru to waratte shimaun da.

Kimi wo aishite yokatta to...

 

« Tu ne peux verser des larmes

Que pour les autres,

Mais en te voyant pleurer, je finis par sourire.

Je me dis que je suis heureux de t’aimer… »

Lucy, qui avait commencé à esquisser quelques pas de danse, fut surprise que Natsu arrive à la suivre. Devant l’air interrogateur de la constellationniste, le dragon de feu crut bon de se justifier :

 - En fait…avant que Lisanna ne se retrouve à Edolas, elle…hum…elle m’avait appris à danser.

 - Vraiment ? demanda la mage aux clés, un peu surprise. Eh bien, elle a eu une bonne idée, tu ne trouves pas ?

 - Si…

Mira avait fermé les yeux et continuait à chanter la chanson de sa voix d’ange, accompagnée des musiciens qu’elle avait engagé pour la soirée.

Dakara douka

Semete kono te ga tadoku kyori ni ite hoshii.

Namida nagasu toki wa kono te ga

Sore wo sotto nuguu kara.

 

« Alors, s’il te plait, je voudrais que tu restes assez proche

Pour que je puisse t’atteindre en tendant la main.

Ainsi, lorsque tu verseras des larmes,

Je les essuierai doucement de mes mains. »

Imperceptiblement, Natsu avait raffermi sa prise sur la mage. Celle-ci pensait aux danses auxquelles elle avait dû participer lors de bals organisés par des hommes d’affaires qui traitaient avec son père. En ce temps-là, ce dernier ne pensait qu’à la marier au plus offrant pour obtenir plus d’argent, ou agrandir on ne sait quelle entreprise. D’ailleurs, il avait recommencé il n’y avait pas si longtemps. Enfin si, ça faisait plus de 7 ans maintenant que la guilde de Phamtom Lord avait attaqué Fairy Tail dans le but de récupérer Lucy pour faire chanter son père et de se défouler sur les fées. Maintenant, son père était mort, alors qu’ils étaient tous les deux en voie de réconciliation, et elle n’avait même pas pu lui dire au revoir. Elle avait été terriblement triste en apprenant la nouvelle, mais heureusement tous les mages de la guilde l’avait épaulée et elle s’était remise, doucement mais sûrement. En tout cas, c’était étrange de comparer les danses avec ces hommes qu’elles ne connaissaient pas qui voulaient attirer l’attention de son père, et cette danse avec Natsu, celui grâce à qui elle était dans la guilde qu’elle avait toujours rêvé d’intégrer depuis petite.

Dareka no tame dake ni

Namida wo nagasu koto ga dekiru kimi dakedo,

Mou sukoshi jibun jishin no tame ni

Namida wo tsukatte mo iin da yo?

 

« Tu ne peux verser des larmes

Que pour les autres,

Pourquoi ne verserais-tu pas un peu plus ces larmes

Pour toi-même? »

Lucy soupira doucement et posa sa tête sur l’épaule du mage de feu, évitant volontairement son regard. Ce dernier la serrait encore plus contre lui, comme si elle risquait de disparaître d’un instant à  l’autre. Il faut dire que c’est ce qui avait failli arriver : si Lucy ne s’était pas battue pour sortir de son coma magique, que serait-il advenu d’elle ? Le dragon de feu ne voulait même pas y penser. Et dire que tout ceci était de sa faute. Il s’en voulait encore, et il savait au fond de lui que cette culpabilité ne disparaitrait jamais vraiment.

Dakara douka

Semete kono te ga todoku kyori ni ite hoshii.

Namida nagasu toki wa kono te ga

Sore wo sotto nuguu kara.

 

« Alors, s’il te plait, je voudrais que tu restes assez proche

Pour que je puisse t’atteindre en tendant la main.

Ainsi, lorsque tu verseras des larmes,

Je les essuierai doucement de mes mains. »

Sentant que l’étreinte de Natsu se refermait encore plus sur elle, Lucy releva la tête et croisa son regard. Il détourna aussitôt les yeux, tentant d’échapper à son regard chocolat. Le mage enfouit son nez dans le cou de la blonde en murmurant un simple « désolé ». La constellationniste l’obligea à relever la tête et le questionna silencieusement du regard. Il secoua la tête et marmonna :

 - Tu aurais pu mourir à cause de moi…Je m’en voudrais toute ma vie.

 - Je t’ai déjà dit que c’était oublié. Après tout ce n’était qu’un accident.

Il la considéra un instant, puis soupira. Il devait s’efforcer d’oublier ce qui était arrivé, et aller de l’avant, ou Lucy finirait par le laisser de côté pour continuer à vivre sa vie, qu’il se morfonde ou pas.

Sore de mo kimi ga hito no

Tame dake ni namida wo nagasu no nara,

Boku wa kimi no tame dake ni

Namida wo nagasou.

Sou omotte koko ni irun da.

 

« Si malgré cela, tu ne peux toujours

Verser des larmes que pour les autres,

Alors moi je verserais les miennes

Que pour toi.

C’est en pensant cela que je suis ici. »

Mira continuait à chanter, infatigable, et les danseurs continuaient eux leurs pas sur la piste de danse. La blanche secouait la tête de gauche à droite, les yeux fermés et espérait secrètement, au fond d’elle, qu’il y avait quelque part quelqu’un pour elle, qui l’attendait. Natsu quant à lui, avait de nouveau croisé le regard de la blonde. Lui qui ne ressentait jamais la chaleur en temps normal sentait pourtant celle qui c’était logée en lui et le réchauffait doucement. Il colla son front à celui de la blonde qui rougit à ce contact, et ne bougea plus. Il avait vu autant qu’il avait senti les rougeurs de la mage aux clés. Inexorablement, la fin de la chanson approchait, et pourtant aucun des deux mages ne voulait être séparé de l’autre. Il en était ainsi pour les autres duos dispersés sur la piste, qui n’avaient nullement envie que la si belle voix de Mira se noie dans le néant du vide.

Dakara douka

Semete kono te ga todoku kyouri ni ite hoshii.

Namida nagasu toki wa kono te ga

Kawari ni namida nagasou.

Dakara douka

 

« Alors, s’il te plait, je voudrais que tu restes assez proche

Pour que je puisse t’atteindre en tendant la main.

Ainsi, lorsque tu verseras des larmes,

Mes yeux seront là pour verser des larmes à ta place.

Alors, s’il te plait… »

Tandis que les musiciens continuaient à jouer, Mirajane marqua une pause. Elle n’avait plus qu’à prononcer quelques petits mots, mais désirer faire durer ce moment le plus longtemps possible, pour ses amis. Lucy regardait Natsu, qui avait collé son front au sien. Elle sentait le souffle du mage tomber sur ses lèvres, la chatouillant de manière agréable. Le dragon, qui avait fermé les yeux, les rouvrit pour croiser le regard de la blonde qu’il aimait tellement. Ils étaient là, quand il comprit. Tout. Les moments passés ensemble défilèrent dans sa tête à toute vitesse. Lucy, de son côté, se remémorait sans s’en rendre compte tous ces moments passés avec ses amis, en particulier avec Natsu, même si elle ne l’avouerait jamais au mage de feu. C’est à ce moment que les menottes FairyLinks ID°17 se mirent à scintiller d’une lumière douce, de couleur rose. Le scintillement leur fit fermer les yeux. Quand la lumière aveuglante s’atténua, ils soulevèrent leurs paupières en même temps pour voir que leurs deux mains auparavant liées étaient…libres ! Ils considérèrent leurs bras un instant, refusant d’y croire. Natsu reporta son regard sur Lucy, qui s’était figée.

 - Je…commença-t-il.

Il n’eut pas le courage d’aller jusqu’au bout. Qui aurait cru qu’avouer ce qu’il avait sur le cœur serait si difficile ? La blonde en face de lui fut parcourue d’un frisson. Elle avait peur. Ils étaient arrivés sans s’en rendre compte à un point de non-retour. Lucy comprenait, à présent. Tous ces souvenirs en compagnie du rosé qu’elle chérissait plus que tout, et le bonheur que lui procurait le contact de la peau du mage contre la sienne…Elle l’aimait. Oui, elle était tombée éperdument amoureuse de ce dragon têtu, tête brulé, sur qui on pouvait toujours compter. Elle aimait son côté enfantin, sa dévotion pour sa guilde, sa famille. Elle ne pouvait plus se passer de lui. Mais c’est aussi pour ça qu’elle avait peur. Lui, qui ne connaissait rien aux sentiments, ne ferait que la blesser, sans s’en rendre compte. Au fond d’elle, elle le pensait amoureux de Lisanna. Rien que cette danse la chamboulait toute entière. Il ne se rendait pas compte que le simple fait de la serrer contre lui de cette façon lui faisait miroiter mondes et merveilles. Pour rien. Elle en ressortirait le cœur brisé. Alors, elle jeta un dernier regard à Natsu, rempli de tristesse et de regrets, ses larmes menaçant de jaillir à tout moment, et tourna les talons en direction de la sortie, dans la nuit noire qui la mènerait à son appartement où elle pourrait enfin être seule ce qui pour une fois, lui déchirait le cœur. Mira marmonna plus qu’elle ne chanta les dernières paroles de la chansons, ces trois petits mots qui signifiaient tellement de choses, tandis que Natsu tendait désespérément la main vers la sortie par laquelle Lucy venait de s’enfuir :

Soba ni ite.

« Reste près de moi. »