La Disgrâce de l'Humanité

par Psychiik

Epilogue : La Disgrâce de l'Humanité


Natsu tremblait. De puissantes pulsions s'emparaient de son corps. Il tomba de sa chaise, se heurtant au sol froid. Il serrait ses mains, se mordait les lèvres, dont le sang jaillissait silencieusement. Il n'arrivait pas à parler, prononçant seulement des bouts de mots incompréhensibles. Il respirait bruyamment. Les sons qui en ressortaient m'inspirait la souffrance, le déni.


Et moi, j'étais là. Plantée devant à regarder. Inutile, comme toujours. Je l'ai toujours été. Une jeune fille crédule et sans personnalité. Je ne laissais rien entrevoir mais je le savais. Je ne m'efforçais que de suivre les tendances, attendant secrètement le moment où quelqu'un me verra d'un oeil différent que celui d'un ami. Je me dégoûte. Je suis répugnante.


Maintenant que j'assiste à " ça ", je ne sais plus quoi dire, quoi faire. Je me rends compte de mon ignorance. J'étais telle une fille superficielle, prétendant être quelqu'un de bien au fond. J'avais tort. J'étais quelqu'un de mauvais. Avant, je ne m'en préoccupais pas. Je vivais ma vie comme je le sentais, et ça m'allait. C'est triste, vraiment.


Le temps que je sorte de ma réflexion, Natsu avait cessé de bouger. C'était à mon tour de trembler. Je m'avance, pas à pas. J'arrive à sa portée, je m'abaisse afin de le toucher. Je mets ma main sur son organe vital, pas de poul. Je panique. Pas de poul. Je le répète dans ma tête plusieurs fois. Pas de poul. Je commence à le tirer vers le canapé pour le mettre dans une meilleure position. Pas de poul. J'appelle Caprico afin qu'il vienne le chercher pour l'emmener à l'hôpital. Pas de poul. Je commence à pleurer une nouvelle fois, je ne sais faire que ça. Pas de poul.


Caprico vint après quelques petites minutes qui m'avaient paru extrêmement longues. Il mit Natsu à l'arrière de la Mercedes noire, moi en sa compagnie. Je lui fis signe d'accélérer, ce qu'il exécuta. Je fixais Natsu, inerte sur la banquette arrière pendant tout le trajet. Nous arrivâmes à l'hôpital, Caprico se dépécha de sortir Natsu de la voiture pendant que j'appelais une infirmière afin d'apporter une civière. Je bousculais tout le monde, ne m'en souciant guère.


J'aidais l'infirmière à apporter la civière. Caprico mit Natsu sur la civière et un groupe d'infirmière l'emmena. Je le suivais dans les couloirs de l'hôpital. J'avais l'impression de les avoir vu des centaines de fois, les mêmes couloirs blancs. Ces couloirs qui ne faisaient que semer la confusion dans mon esprit. Tous ces cris, ces bruits de machines, ces appels aux secours, je les entendais. Mais je ne faisais attention qu'à une chose. Je courrais derrière la civière, tenant fermement la main de Natsu pendant que les infirmières arrivaient à la chambre destinée aux soins d'urgences. Natsu fut rapidement installé et les infirmières me demandèrent de sortir. Caprico mit sa main sur mon épaule tout en me faisant signe. Il voulait me dire que nous avions fait le maximum. Je recommençais à pleurer, sur son épaule.


Pas de poul.


* * *


Une heure après, les infirmières sortent. Elles me demandent d'entrer dans la salle. Le regard qu'elles m'adresse est vide, sans émotions. J'entrai et vis le docteur que j'avais aperçu la dernière fois, celui qui avait osculté Natsu après sa seconde crise. Natsu était disposé sur un lit blanc, toujours immobile. Le docteur me regarda, puis soupira doucement.


- La mort le guette. Nous avons réussi à stopper la crise temporairement grâce à des médicaments puissants, nous avons encore quelques minutes de répit. Fit le docteur tout en remontant ses lunettes.


Je restais impassible. Natsu n'était pas sauvé.


- Nous avons besoin du remède. C'est lui, la solution à cette équation. Nous avions commencé à développer un prototype grâce aux plans du scientifique Gildarts Clive. Seulement, ce prototype n'a pas encore été testé sur des personnes humaines et n'a même pas atteint la phase une du cursus thérapeutique. C'est à dire que nous ignorons les effets que cela pourrait avoir sur un sujet malade. Continua-t-il.


Je le fixais toujours, restant attentive aux moindres de ses propos. Le docteur s'éclaircissa la voix.


- Hem. Je vais appeler les deux autres détenteurs de cette maladie. Ils vont venir faire des tests. Nous nous devons à présent de prendre des risques. Prendre des risques et espérer. La guérison de cette maladie crééra un énorme pas en avant pour la médecine actuelle, c'est pour cela que nous allons mobiliser les meilleurs médecins et diagnostiqueurs pour cette opération. Termina-t-il.


J'hochais la tête doucement pendant qu'il me demandait de sortir. Un siège s'offra à moi. Je me mis là, et j'attendis. Gadjeel et Wendy arrivèrent quelques minutes après. Ne prenant même pas le temps de les saluer, ils commencèrent directement une longue série de test. Pendant ce temps, j'étais là. Seule dans ce couloir blanc. Je ne me questionnais même pas, je ne disais rien. J'avais les mains liées, la tête baissée, les yeux rivés sur mes pieds. C'est après de longues minutes de silence, que je finis par m'endormir. Laissant ma conscience fuir de mon corps, espérant tout oublier.


* * *


On me secoua d'un seul coup. Laissant malheureusement ma conscience revenir. J'ouvris mes yeux afin de voir le docteur, complètement affolé. À la vue de son regard confus, le doute s'empara de moi. Cela me rappelait la fois où j'hésitais à poser une question à Natsu. Combien lui restait-il de temps, n'est-ce pas ? Cette fois, je ne fuirais pas.


- Docteur... Qu'en-est-il de l'opération ? Demandais-je, après un court instant de réflexion.


Ce dernier plissa les yeux et me regarda avec ses tristes yeux marrons.


- Mademoiselle, l'opération a...


Je pris une longue inspiration, les larmes commencèrent à perler au creux de mes yeux.


- Partiellement réussie.


- Comment cela ? S'il vous plaît, ne tournez pas autour du pot... Fis-je tout en retenant mes larmes.


- Les résultats du diagnostic sont négatifs. Cela veut dire qu'apparemment, l'opération a réussie. Néanmoins, nous avons procédé à une série de test sur son organisme pour nous donner une approximation de son espérance de vie moyenne et rien n'a été trouvé. Les résultats sont introuvables. L'opération indique bien un succès mais son espérance de vie n'est plus mesurable. Nous pensons que cela est dû à la forte dose de médicament.


- Donc, l'opération a réussie ? Natsu est hors de danger ?! M'excitais-je.


- Comme je vous l'ai dit, partiellement.


- Pourquoi ça ? Où est Natsu ? Questionnais-je en regardant de gauche à droite.


- C'est justement pour ça que j'ai dit " partiellement ". Le patient avait ouvert les yeux, les estimations de son poul étaient limites, mais stables. Seulement, nous n'avions même pas eu le temps de le maîtriser que ce jeune homme s'échappa. Conclus le docteur, d'un ton froid.


Mon regard, empli d'espoir il y a quelques secondes, vira à la folie.


- Bande d'incapables ! Lâchais-je en partant en courant.


Je descendis les escaliers de l'hôpital, puis sortis du bâtiment. Je vis Gadjeel et Wendy qui visiblement, m'attendaient.


- Que faîtes-vous ?! Natsu s'est enfui de l'hôpital ! Criais-je.


- Nous t'attendions, Lucy Heartfillia. Répondit Wendy d'un ton calme pendant que Gadjeel me fixait d'un air dur.


Je me stoppai net. Que me voulaient-ils ? Natsu s'est enfui de l'hôpital, nous ne savons même pas si son état est optimal qu'ils trouvent le temps de m'aborder de cette façon ?


- Je vais être clair avec toi, tout est de ta faute. Me lança Gadjeel tout en continuant à me fixer.


Ma faute ? Il n'a pas tort. C'est à cause de moi si Natsu a failli faire cette crise, qui aurait été sa dernière. Je ne soutenais plus le regard de Gadjeel, trop cruel pour moi. J'assumais ma faute. Et c'était le plus important.


- Tu n'es qu'une égoïste. Nous savons tout ce que tu as fait subir à Natsu. Je ne devrais même pas t'accorder la parole. J'aurai vraiment dû te tuer à ce moment-là. Continua le brun avec une voix dure.


Ses paroles ne me choquaient pas. Elles étaient véridiques. Mais, quand bien même, Natsu est hors de danger. Je veux le voir.


- Je vais te raconter une petite histoire Lucy. Tu penses sûrement que ce n'est pas le moment mais tu changeras bien vite d'avis après avoir écouté mon récit. Expliqua Wendy, tout en croisant les bras.


Non... Je ne veux pas écouter ton histoire, je veux voir Natsu et rien d'autre. Je veux pouvoir lui dire que maintenant, il peut vivre sa vie comme il le souhaite. Je veux lui dire que maintenant, il peut vivre comme une personne normale. Je veux lui dire que dorénavant, il pourra lâcher son regard froid et opter pour un autre regard, celui d'une personne vivante et heureuse.


- Natsu Dragneel est notre demi-frère. Commença la bleue.


Bizarrement, je n'étais pas si étonnée que ça. Seuls eux trois étaient touchés par les effets de cette maladie, il était évident qu'ils étaient liés d'une manière ou d'une autre, mais je ne pensais pas qu'ils seraient demi-frères et soeur.


- Je vois que tu n'es pas surprise Lucy, mais je m'en doutais. Tu as cotoyé Natsu pendant un certain moment et tu nous as déjà rencontré. Cependant, ce n'est pas tout. Je vais te raconter l'histoire de trois enfants, vivant entre la vie et la mort chaque jour. Continua-t-elle.


Gadjeel avait le regard lointain, se remémorant tous les événements passés. Lucy se concentra sur la voix de Wendy et écouta son récit.


- Cette histoire commença en 1994. Igneel, le père de Natsu, vivait paisiblement avec sa femme, Mavis Vermilion.


Mavis, comme le nom de code de l'expérimentation du rémède. Je m'en souviens mais je ne savais pas que tout cela était lié.


- Le père de Natsu se montrait violent de temps à autres, souvent sous les effets d'alcool ou de drogues. Mavis se faisait battre de plus en plus souvent depuis quelques années, et elle voulu se venger. Après une énième dispute entre lui et Mavis, cette dernière décida de tromper Igneel. Elle alla voir d'autres hommes et enchaîna les rencontres. Jusqu'à ce qu'elle rencontra mon père. Une relation étrange les liaient. Ils tombèrent manifestement amoureux et firent un enfant. Cette enfant se nommait Gadjeel. Cette relation ainsi que la maternité de Mavis furent cachés, à l'insu de tous. Le père de Natsu, trop occupé à boire et a rentré chez lui à moitié insconcient, ne se doutait de rien. Cependant, la relation entre mon père et Mavis commença à se déteriorer. Mavis trouvait qu'elle était partie trop loin en accouchant à l'insu de son mari. Elle ne voulait pas ça et décida de prendre du recul. Gadjeel, fraîchement né, se fit garder par son père, bien qu'il n'en ait aucun souvenir. Mavis se décida de retourner avec Igneel, qui après quelques temps, se montra bien plus raisonnable et affectif. En 1996, Mavis tomba enceinte de Igneel et accoucha. Cet enfant répondait au nom de Natsu. Commença-t-elle.


Au fur et à mesure du récit, je se sentais hésitante, puis douteuse. Pour enfin arriver à un stade d'appréhension total. Une envie folle, me poussant à connaître le dénouement du récit.


- Natsu a été élevé soigneusement par ses deux parents. Pendant ce temps, Mavis ne voyait plus mon père qui s'occupait toujours de Gadjeel. Cependant, un autre incident arriva. Igneel fut licencié de son travail et tomba, une nouvelle fois, dans les méandres de l'alcool. Mavis essayait de le soutenir mais rien n'y faisait. Elle quitta son " chez-elle " temporairement, afin de remettre les idées d'Igneel en place. Mavis n'avait nulle part où aller. Elle vagabondait pendant plusieurs mois, sans recevoir de nouvelles de personne. Elle vivait dans la misère pendant tout ce temps. Et puis un jour, mon père, accompagné de Gadjeel, la vit. Seule, complètement affamée. Mavis, à la seule vue de son fils et de son amant, pleura pendant plusieurs jours. Mon père l'emmena chez lui. Elle reprenait goût à la vie doucement mais sûrement. Et ce qui devait arriver, arriva. En 1997, elle tomba enceinte de moi, Wendy. Continua-t-elle, durement.


Je n'en revenais pas. La mère de Natsu avait vécu une vie des plus horribles. Elle prit le choix de porter trois enfants, dont un d'une paternité différente. Serait-ce l'amour ? Ou l'envie de vengeance qu'elle n'a jamais perdu ? On ne le saura jamais.


- C'est à ce moment-là que mon père prit un choix. Il n'en pouvait plus de voir Mavis s'inquiéter pour Natsu, qui n'était pas son fils mais le fils d'Igneel. Au bout d'un soir, il s'énerva et laissa Mavis seule. Il partit avec nous, et au coin d'une rue sombre, il nous abandonna. S'essoufla Wendy.


Abandonner deux enfants, seuls ? Dans la rue, comme cela ? C'est tout bonnement inhumain.


- Gadjeel m'a protégé durant cette période. Nous avons vécu dans la misère à notre tour. Nous avons rencontré de nombreuses personnes, nous hébergeant pendant quelques temps. Pendant cette période, Mavis était malade et ne pouvait pas sortir. Elle avait réussi à avoir des nouvelles de Natsu et Igneel pendant ce temps, jusqu'à que ces deux-là viennent finalement la voir. Aucune relation n'a lié les deux pendants cette période, ils étaient juste des connaissances. Ils se regardaient étrangement mais ne disaient rien. Un jour, Gadjeel et moi, toujours dans la nature, se promenions dans le parc. C'est là que nous avons rencontré Natsu pour la première fois. Ce dernier jouait avec Happy, un chat qu'il avait l'habitude de voir. Il était accompagné de son père. Igneel avait le regard bienveillant et rempli de compassion, je m'en souviens. Quand ce dernier nous vit, dans un état lamentable, il se prit de pitié pour nous et nous emmena avec lui. À ce moment-là, nous ne doutions de rien. Nous pensions être orphelins, nous n'avions aucun souvenir de notre père ou mère. Igneel nous ammena chez lui, ou était logée Mavis ainsi que Natsu. Sans s'en rendre compte, nous étions tous rassemblés pendant plusieurs mois. Fit-elle avant de se stopper, se remémorant ces instants, sûrement les meilleurs de sa vie.


J'étais toujours silencieuse. Je me tenais droite et n'interrompait pas le récit. Gadjeel avait les yeux fermés, avec une mine méprisante. Il connaissait la suite de ce récit.


- Durant ce temps, Mavis était toujours touchée par une maladie. Cependant, elle s'était bien portée pendant ce temps et n'avait pas envie d'aller voir un docteur. Cette maladie l'avait bien affaiblie pendant un certain temps et des symptômes touchant l'ouïe et la vue s'étaient révélés. À ce stade, Mavis devait nous reconnaître. Quand Igneel leur parlait de nous, elle devait nous reconnaître. Elle connaissait nos noms. Mais elle ne disait rien. Elle préférait sourir discrètement sans un mot. Nous étions en l'an 2000 et Gadjeel ainsi que moi tombèrent malade. Igneel, ne savant plus où donner de la tête, nous emmena tous à l'hôpital. Nous y sommes restés quelques semaines. Les résultats étaient tous négatifs, rien n'avait été trouvé. Entre tests sur notre organisme, cellules, ADN... Rien n'y faisait. Nous sommes tous rentrés chez nous. En juillet, Igneel reçu les résultats des analyses. Il était écrit sur le papier, la preuve de notre lien de parenté avec Mavis. Les tests ADN étaient formels. Nous étions ses enfants. Igneel ne perdit pas une seconde. Il était entré dans une colère folle. Il se fichait que Mavis soit malade à présent, il n'avait envie que d'une seule chose. Il alla la voir, muni du papier de l'hôpital et commença à demander des explications. Il s'énervait de plus en plus en lisant le compte-rendu du docteur. Et à ça, Mavis n'avait répondu qu'un sourire. Igneel commença à la battre, comme avant. C'est à ce moment-là que Mavis commença une crise. Elle tremblait énormément, elle avait d'énormes convulsions. Igneel la regardait souffrir mais ne faisait plus rien. Il la laissera crever. Il alla nous chercher, nous. Nous étions aussi malades à ce moment-là et Igneel commença à nous battre également. Il nous traita d'enfants impurs. Nous étions à la limite de l'inconscience. C'est à ce moment-là que Natsu entra et vit la scène. Il put être témoin de la terreur dans nos yeux, et de la folie infinie dans ceux de son père. Igneel n'en avait plus rien à faire, il continuait à nous frapper jusqu'à que nous entamions à notre tour, notre première crise. Natsu, devant ce spectacle, n'eut qu'un seul choix. Il déroba un couteau dans la pièce voisine. Il avança vers son père, couteau entre ses mains. Doucement, discrètement. Les larmes commençaient à couler sur ses joues. Il était maintenant quasiment au contact. Il témoigna, une nouvelle fois, de cette scène. Gadjeel et moi prient d'intenses convulsions et son père, en train de nous frapper tels des animaux, des objets. Natsu fit un pas et planta le couteau dans le corps de son père. Son père s'était retourné lentement, ses veines oculaires ressortaient. Il ne prononça qu'une seule phrase : " Je.. vous.. hais tous. " Et il tomba, mort. Natsu resta debout quelques instants, il vit la mer de sang dans laquelle il baignait. Il jeta un regard à Mavis, décédée sous les effets de la crise. Il nous regarda ensuite, inconscients. Nos corps frappés, dont le sang coulait doucement. Natsu commença à vomir, puis à trembler. Il tomba à terre, son corps entier tremblait, pris de spasmes répétés. Il s'évanouit quelques secondes plus tard. Voilà ce qu'il s'est passé, le 7 Juillet 2000. Termina Wendy.


Je tombai à terre, déboussolée. Horrible, répugnant, affreux... C'était les seuls mots qui me venaient. Gadjeel et Wendy se regardèrent. Voilà ce qu'ils étaient devenu, quinze années passées. Il avait réussi à rejoindre en quelques sortes le droit chemin. Je me relevai, il me restait une chose à faire. Je partis, sans accorder un seul mot. Le silence était ma seule réponse possible après ce récit.


Je courais. Je sprintais jusqu'à m'en briser les jambes. Je me rendais compte maintenant. Je me rendais compte de ce que j'avais fait ressurgir dans la mémoire de Natsu. Je me rendais compte de mon intolérance, en faisait toutes ces recherches, en développant ma relation avec lui, en le faisant souffrir. Je m'en rendais compte. Mais rien ne pouvait expier ce que j'avais fait.


Je sentais que cela était la dernière ligne droite pour moi. Cette découverte m'avait ouvert les yeux. J'aperçevais enfin ma destination. Cette maison délabrée. Je savais maintenant ce qu'il s'était passé à l'intérieur. Des choses horribles, affreuses. Je savais pourquoi le parc avait une signification particulière pour Natsu.


Je rentre doucement, laissant le parquet grincer sous mon poids. Je le vois, il est là, devant moi. Il me tourne le dos. J'ai envie de lui dire quelque chose. Cependant, je n'y arrive pas, j'en suis incapable. Il se retourne et me regarde droit dans les yeux. Je ne sais pas quoi dire, quoi faire. Alors je laisse le silence faire. Il s'avance vers moi. Le parquet grince à nouveau. Il met ses mains sur mes épaules et me tire vers lui, puis m'embrasse.


Je me laissai faire. Notre baiser s'intensifia pendant quelques secondes avant qu'il ne détache ses lèvres des miennes. Cette fois, ce fut à moi de faire le pas. Nous continuâmes notre baiser. Il m'installa sur le canapé quelques instants après, tout en continuant à m'embrasser. Il enleva son haut pendant que je faisais de même. Il me caressa doucement, d'une tendresse jamais vue chez lui. Il m'embrassa dans le cou, pour descendre sur ma poitrine. Nous poursuivîmes l'acte pendant plusieurs minutes. Et pendant tout ce temps, une lueur brillait dans nos yeux. Toutes ces horreurs dont j'avais eu vent, elles n'existaient plus. J'oubliais tout ce qui avait été dit. Je n'avais plus qu'une envie.


Serait-ce de l'amour ?


* * *


Une semaine plus tard.


- J'y vais Levy. Salua Erza.


- Passe une bonne soirée. Répondit-elle.


Erza se leva, prit ses affaires et se prépara à partir.


- Au fait Levy, tu passeras voir Lucy ? Questionna l'écarlate.


- Je comptais justement aller la voir dans une heure ou deux.


Erza lui fit un sourire et s'en alla de l'appartement de son amie. Levy n'était pas prête à partir. Elle regarda la fenêtre et vit une averse des plus intense. Le temps n'était pas celui souhaité mais elle avait envie de voir son amie. Elle souriait rien qu'à l'idée de la voir, cela faisait presque une semaine qu'elles ne s'étaient pas parlées. Elle se prépara, enfila quelques habits chauds ainsi qu'un long manteau noir. Elle prit aussi un parapluie de la même couleur.


Levy enfila une fine écharpe et sortit de son appartement. En effet, le temps était pluvieux. Elle commença à marcher le long du trottoir. Il n'y avait personne dans les rues, le temps y était pour quelque chose. Il y avait beaucoup de voitures, souvent prises dans des embouteillages. Le bruit des klaxons, les sirènes de police, le ronronnement des moteurs, la radio dont le volume était à fond... C'était un jour normal.


Levy marchait en souriant. C'était les vacances de Noël, il faisait froid. Les embouteillages étaient dû à cela. Sûrement des personnes ayant acheté leurs cadeaux trop tard. Les voitures éclaboussaient le trottoir, l'eau venait mouiller les bottes de Levy qui poussait un soupir dès que cela arrivait.


Les gouttes de pluie qui venaient heurter le parapluie de Levy dans un bruit écrasé pour ensuite couler le long de ce dernier. Il était 18h et Levy arriva au point de rendez-vous. Elle se rapprocha. Ses bottes s'enfonçaient dans les graviers pendant la marche. De petites gouttes penchaient sur son menton pour ensuite tomber sur le sol.


Elle vit enfin son amie. Elle lui fit signe et se rapprocha plus rapidement. Elle était accompagnée de Natsu. Eux aussi étaient mouillés mais ils ne s'en souçiaient point. Ils se regardèrent sans un mot quelques secondes. Levy se rappela qu'elle avait amené un petit présent pour ses amis, elle le sortit et le leur donna.


- Si vous saviez comme ça me fait plaisir de vous voir ! Vous savez, je n'ai pas eu trop de temps pendant cette période. J'étais occupée avec ma famille pendant les vacances. J'ai hâte d'être à Noël ! Nous avons organisé aussi une petite fête pour le nouvel an avec Erza, j'espère que tout le monde appréciera. J'ai tellement envie de recevoir mes cadeaux, je n'ai pas commandé grand chose mais j'espère pouvoir passer un bon moment. Et puis il y aura plein de monde pendant les fêtes, je suis sûre que tout le monde pourra décompresser et penser à autre chose que les soucis quotidiens. Mais bon, j'espère que vous passerez aussi de bonnes vacances. Je ne peux pas rester plus longtemps, je dois vous laisser. Passez de bonnes fêtes !


Levy leur fit un signe en guise d'au revoir et repartit. La pluie s'était arrêtée pour laisser place à un rideau de neige blanc brillant aux éclats du soleil couchant. Levy leva la tête et retira son parapluie. Le halo de neige tombait délicatement sur sa peau, devenant une légère goutte d'eau froide dévalant son visage.


Les flocons froids se mêlaient à son épiderme. Avant de percuter des larmes. Le liquide transparent s'assemblait aux larmes de Levy. Oui, elle pleurait silencieusement. Elle se retourna lentement d'un geste désordonné, regarda ses amis une nouvelle fois. Les larmes commençaient à tomber mais elle les sécha. Le vent fit voler les roses qu'elle leur avait offert.


- Joyeux noël.









Natsu Dragneel 1996 – 2015


Lucy Heartfillia 1998 – 2015