Chapitre 15 : A thousand years

par Tatsushi-chan

 

 L’eau tombait à flots ce jour-là. C’étaient de grosses gouttes qui s’écrasaient silencieusement sur le sol, sans s’arrêter. Il était bientôt onze heures du matin : la ville de Magnolia aurait dû être animée, et pourtant, malgré les bruits des marchands, passants et autres, ce bruit ne parvenait pas à cacher le silence qui pesait un peu plus loin, dans un cimetière. Toute la guilde de Fairy Tail était réunie : les mages étaient vêtus de vêtements noirs pour signifier le deuil. Les larmes roulaient doucement sur la plupart des joues des fées, notamment Lucy. Celle-ci fixait avec un regard vide, anéanti, le cercueil qui disparaissait lentement dans le trou creusé à même la terre. Le ciel était gris sombre, les nuages de pluie s’amassaient et pleuraient avec eux. La guilde pourtant si bruyante d’habitude s’était tue, dans le but de rendre hommage à quelqu’un…

 

OoOoOoO

 

 Je regarde ton cercueil disparaitre lentement par ce trou creusé. Ton corps n’est pas à l’intérieur : ton sort ultime l’a dispersé, et ta magie a terminée je ne sais où. Frosch est à mes pieds, pour une fois, non pas sur mon épaule. Même elle porte des habits à sa taille, noirs. Je ne sais comment réagir. Nous avons cherché partout dans ce palais sous la montagne avec Sting : nous avons soulevé des rochers, détruits des murs entiers, nous avons tout fouillé, jusqu’à nous faire saigner les mains, écorchées à cause des coups répétés, mais nous ne t’avons pas trouvée. Je nous revois encore, pousser la carcasse d’Acnologia, dont les écailles étaient devenues étrangement blanches, pour voir si tu n’étais pas en dessous. Nous cherchions encore quand Natsu et les autres sont arrivés, après s’être débarrassés des dragons, prêts à en découdre : tout ce qu’ils avaient trouvé en débarquant dans la salle, c’étaient le corps sans vie du dragon de l’Apocalypse, et deux Dragons Slayers, moi et Sting, en train de te chercher avec l’énergie du désespoir. Ils nous ont aidé à chercher. Partout. Pourquoi n’étais-tu pas là, quelque part, à nous sourire doucement, les yeux brillants, comme tu le faisais depuis si longtemps ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Le temps ne s’écoule plus de la même façon. Il est pour moi suspendu à ce moment où j’ai vu le sort t’ôter la vie, alors que tu te contentais de nous sourire, comme si ton sacrifice n’avait aucune importance. Je sens la pluie ruisseler sur moi. Mais aucune importance. Après tout, qui se soucierait d’une maudite pluie quand son cœur est brûlé, anéanti ? Il ne bat plus correctement, je le sens. Des ratés, mon cœur ne bat plus que par saccades, maintenant qu’il n’a plus personne pour qui battre. Où es-tu ? J’ai besoin de toi. Avant, rien n’avait vraiment d’importance. Je ne vivais que pour vivre. Pour qui aurais-je pu vivre de toute manière ? Frosch ? Sting ? Lecter ? Ce n’est pas pareil. Ce ne sont que des amis. Je tiens énormément à eux, bien sûr, mais…j’étais toujours enfermé dans cette solitude, ce mutisme. Je cachais cette douleur au fond de mon cœur, cette peur qui me tenaillait : celle de rester seul pour toujours.

 On m’avait toujours pris pour quelqu’un de distant. Cela faisait partie de moi, disaient-ils. Mais en réalité, ce n’était qu’une façade, que tu as réussi à fissurer de je ne sais quelque manière. Peut-être par ton sourire ?

 Alizée. Tu te rappelles la première fois que nous nous sommes rencontrés ? Tu avais accidentellement bousculé Sting, perdue dans tes pensées. Tu t’es excusée après qu’il te l’ai demandé, mais quand tu t’es effondrée sur le sol, en sang, inconsciente, et j’ai senti quelque chose remuer au fond de moi. Pourquoi avais-je insisté pour te soigner ce jour-là ? Nous ne nous connaissions même pas. Grâce à toi, j’ai eu le courage d’entrer à Fairy Tail. Plus qu’une chance de trouver enfin quelqu’un qui me corresponde, c’est une famille que tu m’as offerte, une chance d’avoir quelqu’un, dans cette guilde, qui serait toujours prête à m’aider, dans n’importe quelle circonstance. Et ce sourire que tu affichais si souvent ! C’était mon rayon de soleil. J’avais eu tellement peur quand tu t’étais battue contre Sting, peu de temps après notre arrivée. Peur de te voir mourir. Nous ne nous connaissions que depuis peu, mais je te considérais déjà comme une personne très importante pour moi. Ces sentiments ont fini par évoluer. Peu de temps après, chaque fois que je te voyais, mon rythme cardiaque s’accélérait, mon souffle se heurtait parfois, même mon cerveau avait du mal à faire les bonnes connexions entre les neurones. Ton sourire ! Mon Dieu, j’aurais pu écrire un poème rien que sur ce sourire, et ces yeux argentés comme la lune qui avaient toujours l’air de bonne humeur.

 Et maintenant, tu n’es plus là. Mon cœur ne bat déjà plus correctement, combien de temps mettra-t-il  s’arrêter totalement ? Pas trop longtemps j’espère. Je veux te rejoindre, et le plus tôt sera le mieux. Vivre sans toi m’est devenu impossible : tu es l’air que je respire, sans toi je ne suis plus rien, je redeviens cette personne indifférente  que les gens n’osent pas approcher. Ça a déjà commencé tu sais. Certains me parlent, tentent de me réconforter. Mais je les ignore, les snobe. Je ne veux pas leur parler, car sinon je ne mettrais pas longtemps avant de craquer et fondre en larmes. Parfois, des tremblements, des frissons me parcourent la peau. Je ne sais pas pourquoi. Mais l’une de mes plus grandes peines, l’un de mes plus grands regrets, sera que tu as embrassé Sting et pas moi. Je sais bien que c’était pour l’aider à redevenir lui-même, et que tu as dit avant de mourir que tu nous aimais tous les deux mais…Je n’arrive pas à ne pas lui en vouloir. D’ailleurs, en parlant de Sting, où est-il ? Je ne l’ai pas vu en venant à l’enterrement. Je me tiens devant ton cercueil qui va bientôt être recouvert, les autres mages un peu en retrait derrière moi. J’entends une vois parmi eux, si basse qu’elle n’est qu’un murmure. Puis elle enfle de plus en plus, et elle finit par résonner avec force dans le silence du lieu.

 - Elle n’est pas morte.

 C’est une affirmation. Je ne me retourne pas, j ‘ai reconnu la voix de Sting. Je l’entends s’avancer vers moi. Et je tourne légèrement la tête, pour croiser son regard bleu et furibond.

 - Elle n’est pas morte !

 C’est, de nous deux, celui qui n’a pas su garder son sang-froid. Quand Natsu et les autres ont tenté de nous faire comprendre, en douceur, qu’il n’y avait plus rien à faire et que nous devions rentrer à Fairy Tail, Sting n’a pas pu se contenir, et a activé la force des sentiments. Nous avons dû faire un effort surhumain pour le calmer. Sa magie faisait tout exploser autour de lui, ses cris de rage et de douleur se répercutant sur les grands murs de pierre du palais. Il m’attrape par le col de ma chemise, et me secoue pour me faire rentrer ces mots dans le crâne :

 - Elle n’est pas morte tu m’entends ? Ne l’enterre pas comme ces abrutis !

 - Ça suffit maintenant, Sting, ai-je murmuré au blond.

 - Comment tu peux dire une chose pareille ? Alizée est vivante ! Elle ne peut pas mourir !

 Voyant que je n’ai aucune réaction, il me lâche, et fixe le cercueil. Je n’aurais jamais cru voir ça mais pourtant, Sting pleure. De vrais larmes, qui glissent lentement sur ses joues et tombent au sol. J’entends son cœur, il est comme le mien : ses battements sont devenus difficiles, et même sa respiration est devenue erratique. Un cri de dragon blessé s’échappe de ses lèvres. Il s’effondre au sol, en plein dans une flaque, le trempant sans qu’il n’y fasse attention. Ses larmes cascadent sur ses joues, et finalement, la vue de mon meilleur ami dans un état pareil, fait céder mes barrières. Mes jambes ne me portent plus, je glisse au sol, mes poings s’abattent dans la flaque. Un cri de rage m’échappe, je sens ma magie qui déborde, mais je n’en ai rien à faire. Nous n’avons jamais été si proches, tous les deux. J’entends quelqu’un s’approcher de nous, mais peu importe, s’il veut mourir, c’est maintenant, je ne contrôle plus rien, et je sais qu’il est de même pour Sting. Mais c’est seulement le Maître.

 - Il va être 11 heures dans quelques minutes. C’est l’heure de la minute de silence demandée par le conseil de la magie…

 La voix du petit vieux se brise. Nos sanglots à Sting et moi s’arrêtent, car la minute de silence a commencée. Tout Fiore est silencieuse, plus un bruit, pour la première fois depuis longtemps. Nous sommes là, tous les deux prostrés au sol, les autres réunis en demi-cercle autour de nous. Finalement, la minute passée, Sting se lève, et s’en va du cimetière sans un mot…

 

OoOoOoO

 

 Je sens la pluie ruisseler dans mes cheveux blonds. Elle se mêle à mes larmes et coule jusqu’à tomber au sol. Je passe les portes du cimetière. Je ne veux pas faire du mal aux mages de Fairy Tail. Je ne suis plus vraiment capable de me contrôler depuis que tu es partie. Je me demande si un miracle aura lieu. Si tu réapparaitras devant moi, comme ça, ou si réellement je ne te reverrai plus jamais. Si c’est le cas, je ne tiendrais pas longtemps tu sais. Je me demande ce qui cèdera en premier : mon cœur ou ma raison ? Rogue m’a raconté une fois que les dragons pouvaient devenir fous à cause de la tristesse. C’est peut-être ce qui va m’arriver. J’ai froid. On penserait que c’est à cause de l’eau de la flaque qui a trempé mes vêtements, mais c’est plutôt car tu n’es pas avec moi. Ta chaleur a disparue maintenant. Je marche d’un pas trainant dans les rues de Magnolia. Je n’ose pas aller faire un tour chez toi : je pourrais certes sentir ton odeur, mais la vue de ces souvenirs de toi finira sûrement de me briser. Je ne sais pas comment fait Rogue pour rester si impassible. Il a fini par craquer mais, sur le coup, je pensais que ta mort ne l’importait que peu. J’avais tort on dirait. Il est dans le même cas que moi. Lui aussi espère au fond de lui que tu reviendras, que tout ça n’était qu’un cauchemar. Mais la pluie, et les larmes qui continuent de dévaler sur mes joues sans que je puisse les arrêter m’ancrent dans la réalité, me prouvant que c’est bien réel, que je vis un cauchemar éveillé. Mon pied cogne dans quelque chose. Je baisse les yeux. C’est un journal. En ce moment, je n’y aurais pas fait attention, mais voilà…tu fais la première page de ce journal détrempé qui traîne sur le sol de pierre. Je me baisse lentement et ramasse le papier mouillé, passe légèrement ma main dessus et, je contemple la photo. Tu es si belle dessus. Elle a été prise pendant une de nos missions, je me demande par qui. Un journaliste fouineur, sûrement. Je me souviens de ce moment. Nous venions d’abattre un gigantesque monstre avec Rogue d’une manière plutôt étrange : La bête avait trébuché sur le mage d’ombre, qui tentait de récupérer Frosch qui s’était cachée sous un rocher, de peur que le monstre ne la dévore. La bête s’était écroulée et je m’étais jeté sur elle juste après, la maitrisant avec facilité tandis que Rogue gueulait que notre cible lui avait fait « super mal au dos », je cite. Tu étais morte de rire en ayant vu ça. Je soupire. Tant de souvenirs que je ne pourrais jamais oublier…L’écriture du journal est encore lisible…

 

UNE DRAGONNE SLAYER SAUVE FIORE

Aujourd’hui, nous saluons la mémoire d’une grande mage, j’ai nommé Alizée Treed. Moi, Grand Doma, le haut Dirigeant du Conseil de la Magie, tenait à faire passer ce message. Dans un royaume voisin, Septenrion, une armada de dragons se préparait à envahir notre pays, à le mettre à feu et à sang, pour le soumettre à leur domination. Des mages de Fairy Tail, plus précisément les Dragons Slayers de cette guilde, puissants mages utilisant la magie anti-dragons, se sont rendu là-bas dans l’espoir de sauver l’un de leurs amis, possédé par le Dragon de l’Apocalypse lui-même, qui fit disparaître les plus puissantes fées, comme vous le savez, sur l’Île Tenrô il y a près de sept ans. L’une de ces Dragons Slayers, Alizée Treed, très proche du mage en question, a mené ses amis à la bataille, alors que dans le camp ennemi, se trouvait Acnologia. Elle a combattue une puissante mage à la solde du dragon noir, et tous les autres se sont battus contre les dragons, les anéantissant et assurant ainsi notre sauvegarde. Mais c’est sans nul doute Alizée qui a rendu le plus grand des services au Royaume de Fiore tout entier. Elle a vaincu Acnologia par une attaque ultime, se sacrifiant par la même occasion. Une minute de silence sera faite à  onze heures précises ce matin, dans le but de saluer son courage, sa force et sa vaillance, et je lui accorde par la même, à Titre posthume, la qualification de Mage Sacré. Puisse-t-elle rester dans les annales et dans nos mémoires pour toujours, elle qui vainquit l’ombre noire qui planait au-dessus de nos têtes...

 

 Je jette le journal  au sol, dégouté. C’est bien facile pour eux, un petit hommage et on en parle plus, notre conscience est tranquille ! Ce qu’ils racontent me dégoute. Ont-ils dit que derrière elle, elle avait laissé toute une guilde anéantie ? Ont-ils parlé de moi et Rogue ? Notre désespoir d’avoir perdu l’amour de notre vie ? Bien sûr que non. Ont-ils mentionné Zeke, Hiryuu et Jenna, ses trois amis d’enfance ? Ont-ils expliqué comment se sentaient ceux-là ? Leur cœur qui, comme le mien, se fissure peu à peu jusqu’à créer un trou béant qui menace de les engloutir ? Qu’ils ont peur de finir par se noyer dans leurs propres larmes, qui ne veulent se tarir ? Evidemment que non, ça n’intéresse personne, le désespoir, la tristesse des autres. Cet homme, là, Grand Doma, ne fait cet « hommage » que pour échapper à la colère de Fairy Tail si l’affaire avait été étouffée.

 J’entends les pas des autres, qui sortent du cimetière. La cérémonie doit être terminée. Je m’en vais rapidement, laissant le journal détrempé de pluie retomber au sol. Je ne veux pas qu’ils continuent à me voir aussi affaibli par ta disparition.

 

OoOoOoO

 

 Le soleil est en train de se coucher. Le crépuscule. C’est le moment de la journée que tu préfères, je me souviens que tu me l’avais dit une fois. Parce qu’il rassemble à la fois ma magie et celle de Sting. Quand j’y pense, la plupart de tes paroles à notre égard ressemblaient à des déclarations cachées. Je suis adossé à un arbre, devant la rivière. Tu adorais passer devant, regarder le soleil faire jouer de ses reflets sur l’eau. Pourquoi tous ces souvenirs de toi m’assaillent sans cesse ? Ils ne veulent me lâcher, ils me murmurent ton prénom, tout le temps. Je ferme les yeux. C’est de plus en plus dur. La cérémonie n’a eue lieu que ce matin, pourtant je sens déjà que mon cœur est devenu beaucoup plus lourd, si lourd qu’il menace de me faire chuter au sol, m’empêchant de me relever. J’entends des pas qui s’approchent de moi. Je ne réagis pas, de plus je reconnaitrais cette démarche entre mille : Sting. La caresse du soleil sur ma joue disparait soudainement. J’ouvre les yeux en grognant, et c’est le dragon de lumière qui se tient debout devant moi, me cachant les rayons. Il s’accroupit à ma hauteur. Son visage scrute le mien, que je m’efforce de garder impassible.

 - Pour toi aussi…

J’hausse les sourcils, intrigué.

 - C’est trop dur, hein ?

 Je ne réponds pas, mon visage le fait pour moi. Bien évidemment que c’est trop dur. Comment pourrais-je vivre sans elle, qui m’a tant donné sans jamais rien demander en retour ? Sting fouille dans une de ses poches et me tend…un poignard à la lame argenté et au manche de même couleur.

 - J’ai le même…

Je le regarde, mes traits se peignant d’incompréhension.

 - Si jamais ça devient insupportable…sers-toi de ça.

 Puis il se leva et s’en alla sans un mot. Je regarde le petit poignard que je tiens dans la main. Ma vie ne va pas plus loin que ça : la vie ou la mort. J’hésite un instant. Ce serait tellement plus simple. Je te rejoindrais, je n’aurais plus à m’en faire, nous serions enfin ensembles, réunis. Mais je ne peux pas faire ça. Il me reste des gens qui comptent pour moi. Ils ont toujours été là, mais, avec toi, je les avais oubliés. J’ai demandé à Acnologia de me tuer à ce moment-là, quand je t’ai vue embrasser Sting. J’avais été idiot : tu étais en vie, c’était le plus important. Et maintenant, c’est toi qui morte, toi qui s’est sacrifiée pour nous sauver tous les deux. C’est peut-être horrible ce que je pense en ce moment, mais j’aurais préféré que nous n’allions jamais chercher Sting ce jour-là. Je range soigneusement le poignard argenté dans une de mes poches en me levant. Je dois tenter d’aller de l’avant, même…même si tu n’es plus là. Et si la douleur devient vraiment insupportable, eh bien, je me servirais de ce petit objet donné par Sting…

 

OoOoOoO

 

 Un jeune homme se tenait sur le haut d’une colline. Les mains dans les poches, il avait observé les mages de Fairy Tail en deuil toute la matinée, et regardait maintenant la tombe d’Alizée de loin, hésitant à s’approcher. Il portait un pantalon légèrement bouffant noir, rentré dans des bottes noires dessinées d’étranges motifs bleutés. Avec ça, une chemise noire entrouverte laissait apercevoir ses abdominaux et une veste de cuir noir complétait parfaitement sa tenue. Ses cheveux noirs comme la nuit et ébouriffés, complètement indisciplinés, s’agitaient sous la brise du vent et les dernières gouttes de pluie, révélant d’étranges mèches bleues turquoises dans la masse noire. Ses yeux océans scrutèrent un instant le cimetière puis, ne voyant personne, il descendit calmement de son perchoir et s’avança d’un pas lent vers la tombe. Il s’arrêta devant, hésitant quant à ce qu’il devait faire. Il resta simplement debout devant le morceau de marbre où étaient gravés les mots « Alizée Treed, sauveuse de Fiore, X774 – X791 » Il se sentait tellement coupable. Elle était morte, et s’était de sa faute. Ce que Sting et Rogue, ainsi que les autres mages ne savaient pas, c’est qu’Alizée s’était sacrifiée pour lui offrir une nouvelle chance, qu’il avait saisie sans hésiter. Mais maintenant, il ne savait pas quoi faire. Le sort de « Purification du Cœur », comme son nom l’indiquait, purifiait celui à qui on lançait le sort. Et lui s’était retrouvé à sentir la magie s’infiltrer en lui, le changeant du tout au tout, lui rendant son apparence, mais aussi son esprit d’origine. Il fit apparaître une courte plume écailleuse comme celle qu’il avait à la base de ses ailes, avant. Elle était noire et bleue, comme ses cheveux. Il la déposa sur la tombe parmi tous les bouquets de fleurs, en murmurant d’une voix douce et agréable ses remerciements, et ses excuses, puis il se leva, et partit, non sans avoir jeté un dernier regard en arrière.

 Acnologia avait encore fort à faire : il devait retrouver Zeleph et le tuer pour lui avoir volé sa vie par le passé en l’ayant transformé en dragon. Il avait hâte de voir la tête que ferait le mage noir en apprenant que la dragonne lunaire lui avait rendu son aspect original…