Chapitre 7 : L’ouverture de la Porte des Âmes

par Tatsushi-chan

 

Alizée avança lentement vers la lacrima posée sur un socle de pierre. Elle s’arrêta devant. Elle pensa à ce qu’elle allait devoir faire. Pour que ces amis ne meurent pas, elle était prête à sacrifier le monde entier. Elle savait que c’était égoïste, mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. Elle demanda au mage noir posté un peu derrière elle :

 - Qu’est-ce que je dois faire ?

 - C’est simple, tu as juste à remplir cette lacrima de magie lunaire.

La mage aux cheveux roses souffla un bon coup. Elle plaqua ses deux mains sur le cristal magique, et marmonna :

 - Rayon du Dragon Lunaire.

Aussitôt, la salle au plafond haut fut illuminée d’une lueur argentée éblouissante. Tout se mit à trembler et l’arche, enfin plutôt la Porte des Âmes brilla également. Alizée déversa presque toute sa magie dans la lacrima, remarquant au passage que les cicatrices blanches sur son épaule brillaient elles aussi. Le cristal magique fut bientôt entièrement rempli. La mage s’effondra au sol, vidée. Un gong retentit dans toute la salle, et Zeleph s’avança, un sourire vainqueur aux lèvres. La Porte scintilla encore plus, si c’est possible, et les deux côtés, noir et blanc, s’inversèrent soudainement. Un grésillement se fit entendre, et un espèce de trou apparut à l’intérieur. Zeleph s’y dirigea, non sans avoir attrapé Alizée pour l’emmener avec lui, au cas-où la magie lunaire devrait encore servir. Il passa ce qui semblait être un portail de téléportation, et ils se retrouvèrent soudain dans une salle étrange. Les murs étaient violets et étaient marqués d’inscriptions scintillantes de couleur blanches. Des braseros étaient allumés un peu partout dans cette salle, en forme de rond. Au centre, il y avait un socle, où était posé un petit coussin en velours argenté aux bords violets. Le mage noir s’en approcha, après avoir lâché Alizée, qui s’écroula au sol. Dessus, il y avait un collier, un petit dragon argenté aux yeux vairons, l’un blanc, l’autre noir, pendu au bout d’une chaine en argent également. Zeleph passa le collier autour de son cou sans hésitation, et les yeux du dragon se mirent à briller. Un écran argenté se plaça devant lui, semblable à l’Earkype. Le mage regarda ledit écran quelques instants, qui était doté d’un clavier, et commença à pianoter sur ce dernier. Aussitôt, une liste de noms, de Dragons semblait-il, avec leurs têtes, apparut. Le mage noir en sélectionna quelques-uns et fit quelques manipulations. Des rugissements lointains se firent entendre, et l’écran argenté afficha bientôt une vue d’ensemble d’un village. Au loin, six formes sombres. Elles se rapprochèrent, et Alizée comprit qu’il s’agissait en réalité de Dragons. Elle aurait voulu fermer les yeux devant l’Apocalypse qui se préparait, mais elle en fut incapable. Elle regarda ainsi les dragons, deux bleu, un vert, un orangé, un prune et un marron déverser leur puissance sur le village, le réduisant à néant en l’espace de quelques minutes. A l’écran, on entendait les hurlements des victimes, et Zeleph lui, riait d’un air dément.

 - Grâce à ce collier, tous les Dragons sont sous mes ordres !

Il pianota de nouveau sur le clavier argenté. Alizée se demanda pourquoi un mage, ainsi que Skyadrum et Weisslogia, avaient créé ce collier. Avaient-ils l’intention de conquérir le monde à eux trois ? La mage eut sa réponse quand le mage devant elle s’exclama, tandis qu’il appelait d’autres dragons :

 - Dire que ce sort a été créé à l’origine pour empêcher les dragons de détruire tout sur leur passage ! Et aujourd’hui, il me permet d’effectuer l’inverse de ce pourquoi il était destiné ! Mais j’y pense…

Zeleph se tourna vers Alizée, un sourire retord aux lèvres.

 - Mon plan n’est pas parfait…il reste encore des mages qui peuvent empêcher ma conquête…je parle des Dragons Slayers, bien sûr. Je ferais mieux de les faire éliminer par mes Dragons, question de sureté.

 - Quoi ? Mais vous aviez dit que vous ne feriez pas de mal aux mages de Fairy Tail si je collaborais !

 - Oui, et je t’ai dit la vérité. Néanmoins, je suis obligé de supprimer les dragons Slayers. Pense bien que cela me chagrine, je connais Natsu depuis longtemps.

 - Comment ? Vous le connaissez ?

Le mage noir ne répondit pas et sélectionna des dragons sur son écran. Il fit quelques manipulations et bientôt l’écran argenté afficha la guilde. Alizée regarda, la peur lui tordant l’estomac, 6 Dragons s’approcher du bâtiment, un pour chaque Dragon Slayer…

 

OoOoOoO

 

Les mages partis pour aller chercher Alizée étaient rentrés bredouilles. Erza avait expliqué la situation au maître, espérant qu’il aurait une solution. Mais même lui ne savait quoi faire, et tous désespéraient de ne jamais revoir la Dragonne Slayer aux cheveux roses. Alors que les 6 Dragons Slayers, ainsi que les 7 Exceeds étaient assis à une table et réfléchissaient à un moyen de retrouver la mage, 6 rugissements retentirent à l’unisson. Les mages reconnurent immédiatement ces rugissements de Dragons. Ils se levèrent d’un seul mouvement et se dirigèrent tous dehors, le maître en tête. A l’horizon, 6 silhouettes floues se distinguaient entre les nuages.

 - Ne me dites pas que c’est ce que je pense…murmura Lucy, terrifiée.

 - Si…ce sont des Dragons, affirma Rogue.

Les 6 silhouettes étaient maintenant parfaitement identifiables.

 - Vous croyez…qu’ils sont venus nous chercher pour nous transformer, comme l’avait dit Alizée ? demanda Wendy d’une petite voix.

 - Aucune idée, mais une chose est sûre, ils ne viennent pas en ami, affirma Sting en voyant l’un des Dragons bleus lancer un torrent de magie glacé par la gueule sur la forêt au loin, qui se givra instantanément.

 - Je reconnais ce dragon ! s’exclama Hiryuu. C’est Coldga, celui que nous avons affronté avec Alizée il y a un mois !

Soudain, un sanglot s’échappa de la mage céleste à côté d’eux. Lucy se tourna vers elle et demanda d’une voix inquiète :

 - Qu’est-ce qu’il y a, Wendy ?

 - L’autre dragon bleu, un peu blanc aussi…c’est Grandiné !

 - Quoi ? rugit Natsu, les yeux écarquillés. Mais pourquoi est-elle là ? Et où est Ignir alors ? Et les autres Dragons ?

La bleue ne répondit pas. Le maître déclara soudain :

 - Je ne sais pas ce qu’ils veulent, mais nous devons les arrêter au plus vite. Vous êtes des Dragons Slayers. Vous n’avez peut-être jamais employé votre magie dans ce but, mais cette fois nous n’avons plus le choix, il va falloir les vaincre si nous ne voulons pas qu’ils ravagent tout.

 - Mais…Grandiné ne ferait jamais ça !

 - Wendy, regarde bien la dragonne dont tu parles. Tu crois vraiment qu’elle est venue nous passer le bonjour ? grogna Gajil d’une voix tendue.

 - Bien, il y a une grande plaine juste avant Magnolia, nous devons nous y rendre pour les affronter là-bas. Quand nous y serons, je veux un Dragon Slayer par dragon. Le reste de la guilde se répartira sur les dragons pour aider, ordonna Makarof.

Ils se mirent donc tous en route vers la plaine. Ils savaient que le combat serait dur, peut-être le plus dur qu’ils aient eu à mener jusqu’à maintenant. En marchant, Makarof expliqua qu’il ne voulait pas que Wendy combatte Grandiné, car elle ne serait certainement pas capable de lui faire mal. C’était la seule condition. La plaine était assez proche, et ils y arrivèrent en moins de 10 minutes. Les dragons eux, y étaient presque arrivés. Les mages se répartirent en groupe selon leurs niveaux, pour que tous aient à peu près la même force de frappe. Les 6 arrivèrent enfin près de la plaine et comme prévu, ils devaient en avoir après les Dragons Slayers, car ils se posèrent au lieu d’aller plus loin, soulevant de gigantesques bourrasques de vent. Wendy courut vers Grandiné dès que celle-ci fut posée, ignorant les ordres du maître.

 - Grandiné, c’est moi, Wendy ! s’exclama-t-elle d’un air ravi.

Heureusement que Sting était rapide, car il réussit à pousser la mage céleste hors de portée de la dragonne, qui abattait déjà la patte pour écraser la vermine qui avait osée lui adresser la parole.

 - Mais…mais…bégaya la mage, choquée du comportement de celle qui l’avait élevée.

 - Elle n’est plus la même, expliqua Sting. Regarde ses yeux, ils sont rouges, comme tous les autres. On dirait…on dirait qu’ils sont contrôlés.

 - Contrôlés ? Mais qui serait assez puissant pour mettre sous son pouvoir des dragons ? Acnologia ? demanda Natsu.

 - Je pencherais plutôt pour Zeleph, rajouta le dragon de lumière. Peut-être que ça a un rapport avec Alizée.

 - Tu crois ? demanda Hiryuu, un peu dubitatif.

 - Ouais. En tout cas, il faut qu’on les arrête, maintenant !

Le mage de lumière se redressa et balança un hurlement du dragon à Grandiné, faisant crier wendy, qui le supplia d’arrêter. Le mage fit semblant de n’avoir rien entendu et continua à attaquer Grandiné mais depuis les airs, à l’aide de Lecter. Son groupe le rejoignit et commença à attaquer depuis la terre ferme. Tous les autres prirent exemple sur lui et se dirigèrent vers les dragons pour engager le combat. Wendy était prostrée au sol et pleurait. Erza s’approcha d’elle et posa une main sur son épaule.

 - Je comprendrais que tu ne veuilles pas te battre, dit la guerrière.

La mage céleste se releva et essuya ses larmes. Elle serra les poings et dit :

 - Non, je dois me battre ! Je vais aider, moi aussi !

La jeune fille courut vers le dragon orangé, qui crachait des jets d’acide fumants, et lui lança un hurlement du dragon. Partout, le combat s’engageait, le maître ayant lui aussi prit part au combat.

 

OoOoOoO

 

 - On dirait que le spectacle a commencé.

 - Ils les battront, j’en suis sûre. Je leur fait confiance pour ça.

 - Hum…en tout cas, ils ont pensé à moi drôlement vite, je suis impressionné. Même si ce n’est pas ça qui m’arrêtera, bien sûr.

Le mage noir et la mage lunaire reportèrent leurs regards sur l’écran argenté, où se déroulaient les combats. Les minutes s’égrenaient et Alizée remarqua bientôt que les fées avaient le dessus, à peine, mais tout de même. Une exclamation enthousiaste lui échappa, et elle se redressa avec difficulté pour mieux regarder le combat qui se déroulait sous ses yeux. Le mage noir grogna en voyant les dragons reculer petit à petit. Il commença à pianoter sur le clavier et aussitôt, 6 rugissements retentirent et les dragons se rejoignirent et collèrent leurs épaules. Ils inspirèrent tous les 6, se préparant à attaquer.

 - Qu’est-ce que vous avez fait ? s’écria Alizée, inquiète. Ils ne vont pas en réchapper !

 - C’est un peu le but, fit remarquer Zeleph en ricanant, ses prunelles écarlates étincelant d’une lueur sombre.

 

OoOoOoO

 

Les mages avaient bien remarqué que les 6 Dragons, les deux bleus, l’orangé, le vert, le prune et le marron, reculaient sous l’assaut de leurs attaques incessantes. Soudain leurs yeux rouges brillèrent et ils se rassemblèrent au centre de la prairie, côtes à côtes. Ils inspirèrent de façon complètement synchronisée sous le regard inquiet des fées.

 - ils font quoi, là ? grogna Hiryuu.

 - Ça se voit pas ? Ils préparent des hurlements. Ils ont l’intention de tout anéantir en un coup.

 - Bah alors, on va faire pareil ! dit Sting, en s’approchant de Rogue, qui était le plus près.

Les autres Dragons Slayers acquiescèrent et s’approchèrent aussi. Les 6 se placèrent côtes à côtes, comme l’avaient fait les dragons en face d’eux. Rogue demanda aux membres de la guilde de reculer, et il commença à inspirer. Les ombres des alentours furent aspirées par le mage, et les autres faisaient de même. Certains, comme Natsu, n’avaient pas leur élément à proximité, alors les fées en créèrent pour les aider. Ainsi les 6 purent manger leur élément pour se régénérer et accumuler plus de puissance. Vint le moment fatidique où les dragons lancèrent leurs souffles en même temps. Les Dragons Slayers, qui avaient assez de puissance, firent de même. Les 6 rayons de chaque côté se transformèrent en un unique rayon de couleur. Les deux se rencontrèrent avec une force inouïe, et tout explosa. Les deux rayons poussaient vers l’autre pour gagner du terrain, tout en créant des explosions partout aux alentours. Les mages ne relâchaient pas leurs efforts, tandis que les autres à l’arrière attaquaient les dragons dans l’espoir de les déconcentrer. Mais la magie des Dragons Slayers était faite pour vaincre des dragons. Ils finirent donc par prendre inévitablement le dessus sur ces monstres aux yeux étrangement vermillons. Le souffle des dragons fut repoussé puis explosa soudainement en particules grises, tandis que le rayon des fées les frappait de plein fouet. Des grognements de douleur et de rage retentirent, et le sol trembla quand les dragons s’effondrèrent au sol en même temps, créant un mini-séisme, vu leur poids. Les mages crièrent de joie. Ils avaient battu les dragons.

 

OoOoOoO

 

Alizée poussa un cri de joie à l’unisson de celui des fées qui se trouvaient pourtant à des kilomètres de distance. Zeleph grogna de frustration et frappa la mage lunaire pour se défouler. Ses lèvres se tordirent en une grimace et il traina la jeune fille gémissante en dehors de la salle violette. Ils remontèrent les escaliers et le mage noir l’amena à une chambre où il l’enferma et plaça un garde avec elle pour la surveiller. Alizée, qui pour l’instant ne se souciait pas vraiment de son sort, poussa un cri de joie et se mit à danser dans toute la chambre, sous le regard ébahi du garde qui n’avait pas tout suivi.

 - Voilà ce qui arrive quand on veut aller trop vite dans sa conquête du monde ! s’exclama-t-elle en rigolant. Il aurait mieux fait de prendre le temps de bien tout préparer !

Le garde se racla la gorge.

 - Dites, vous vous rendez compte que vous êtes retenue prisonnière par le mage noir le plus puissant du monde ?

La mage aux cheveux roses s’arrêta de danser et fixa le garde. Puis elle explosa littéralement de rire. Elle rigolait tellement fort qu’elle se tenait les côtes, qui lui faisaient mal. Là, le garde ne s’inquiéta plus pour sa santé mentale, estimant qu’il n’y avait plus rien à faire pour cette jeune femme dont la captivité l’avait rendue complètement cinglée. Le fait que ce soit Zeleph qui la maintienne prisonnière ne devait pas aider à rester stoïque, en plus. Toujours est-il qu’Alizée pleurait de rire maintenant. Elle se redressa au bout de cinq minutes, estimant avoir assez rigolé de la stupidité du mage qui était censé être le plus puissant de toute l’histoire du monde la magie. Elle souffla un bon coup et se jeta sur le lit, non sans avoir laissé échapper un petit gloussement.

 - Il ne reste plus qu’à attendre qu’on vienne me délivrer. C’est pas gagné, mais les fées n’abandonnent jamais !

Le garde, un homme qui devait bien avoir dans les 35 ans, se demandait comment on pouvait rester si impassible quand on était prisonnier de Zeleph. Cette fille rigolait sans se soucier de ce qu’il pouvait lui arriver, et pensait seulement à ses amis. Il effleura doucement le pendentif qu’il portait autour du cou. Etrangement, cette jeune femme lui faisait penser à sa femme, toujours pleine de vie dans les moments difficiles, comme elle. La mage se tourna vers lui et le fixa. Il ne s’en aperçut pas, trop occupé à regarder les deux photos à l’intérieur du pendentif.

 - Dites, vous semblez beaucoup tenir à ce pendentif…fit remarquer Alizée au bout de quelques minutes.

Le garde referma l’objet des paroles de la mage et le cacha sous sa chemise.

 - Oui…il y a une photo de ma femme, de mon fils et ma fille…dit-il.

 - Pourquoi êtes-vous dans une guilde clandestine si vous avez une famille ?

Le garde fut surpris de s’entendre répondre. Étrangement, il avait besoin de se confier à quelqu’un.

 - Des médecins ont diagnostiqué chez ma femme une maladie au niveau des mains il y a quelques années. Du coup, elle ne peut pas travailler et je dois travailler pour les nourrir tous les trois. Mais je ne trouvais du travail nulle part et j’ai dû venir travailler à Tartaros pour subvenir à leurs besoins.

 - Je comprends.

La mage trouva qu’il avait beaucoup de courage de se mettre au service de Zeleph lui-même pour que sa famille survive. Soudain, une idée germa dans son esprit. Un peu folle, mais elle pouvait marcher. Elle réfléchit un peu, puis proposa son idée au garde.

 - Est-ce que vous accepteriez de m’aider à m’échapper si en échange je vous donne de l’argent et vous aide à trouver un travail une fois sortie de là ?

L’homme resta muet. Il ne pouvait y croire. Une porte de sortie se dessinait, aussi facilement ?

 - Qui me dit que vous ne vous débarrasserez pas de moi une fois dehors ?

 - Je connais…la douleur que ressentirait votre famille si vous veniez à mourir. Il y a un mois, j’ai cru qu’un de mes amis était mort, jusqu’à ce que je le retrouve il y a deux jours. Je sais ce que ça fait. Je ne veux plus que personne subisse ça. Si vous voulez, j’ai un peu d’argent sur moi, je peux même vous faire une avance.

L’autre resta silencieux. Il voulait y croire, à cette porte de sortie. Voyant qu’il hésitait, Alizée farfouilla dans ses poches et ressortit une liasse de billets, environ 17 mille Joyaux en tout.

 - Ce n’est pas grand-chose, mais…

Il s’avança et récupéra l’argent. Ses yeux étincelèrent de gratitude et il murmura un petit « merci » avant d’ajouter :

 - Je vais envoyer cet argent à ma famille et trouver une solution pour que nous puissions partir sans éveiller l’attention.

 

OoOoOoO

 

Les mages de la guilde étaient tous rentrés à cette dernière après que les dragons, qui avaient sérieusement dérouillé, soient repartis, leurs idées apparemment encore confuses. Aucune parole n’avait été échangée entre humains et dragons, et tous estimaient que c’était mieux ainsi. Bien sûr, le conseil avait débarqué et avait questionné Makarof et les autres membres, mais le témoignage des habitants de Magnolia confirma que les fées avaient agi de manière très brave, et avaient été félicitées par télé-lacrima dans tout Fiore pour leur action héroïque. Mais, tout le pays avait remarqué l’air sombre de trois Dragons Slayers, quand ils étaient tous passés à la télé-lacrima. Un Slayer jamais vu auparavant, un certain Hiryuu, et les très célèbres Dragons Jumaux. Sting par exemple, qui affichait toujours un sourire de vainqueur, ou arrogant, n’avait pas souri une fois, et était resté silencieux en quasi permanence. Rogue, qui parlait quand même de temps à autre, plus avec ses amis, n’avait pas prononcé un seul mot, même quand le présentateur s’adressait directement à lui. Les habitants de Fiore avaient donc conclu que quelque chose n’allait pas, surtout quand ils remarquèrent que toutes les autres fées affichaient elles aussi des mines tristes.

Toujours est-il que deux personnes, une Exceed avec un déguisement de grenouille rose, ainsi qu’un jeune homme aux cheveux bruns, étaient partis se balader dans l’espoir de se changer les idées. Ils avaient fini par arriver à la porte sud de Magnolia, où se trouvait l’arbre centenaire, et c’étaient tous les deux assis dessous.  Frosch, car c’était elle, blottie dans les bras de Rogue, lui demanda :

 - Fro se demande si Alizée est toujours vivante…

 - Oui ! affirma le brun d’un ton catégorique. Je…je l’aurais senti si elle n’était plus de ce monde.

L’Exceed ne répondit pas, et serra dans sa patte la cape de son ami. Elle marmonna :

 - Alizée manque à Fro…

 - Je sais, Frosch. Moi aussi, elle me manque. Je me demande où elle est en ce moment. Tu crois qu’elle pense à nous ?

 - Fro est sûre qu’Alizée n’oublie pas ses amis.

 

OoOoOoO

 

En effet, à des centaines de kilomètres de là, Alizée était allongée sur le lit de la chambre dans laquelle elle était enfermée, et attendait le retour du garde, en songeant à ses amis, qui avaient vaincu les dragons il y a quelques jours. Si quelqu’un s’apercevait qu’elle n’était surveillée par personne, cet homme allait avoir des problèmes. Elle remarqua qu’elle ne connaissait même pas son nom. Elle lui demanderait quand il reviendrait. Quand il lui apporterait son repas, ce qui ne saurait tarder. En effet, un quart d’heure plus tard, le garde lui apporta son repas. Elle commença à manger tandis qu’il sortait des affaires d’un sac.

 - Vous allez vous déguiser en garde et nous allons faire une patrouille. Normalement, c’est moi qui dois y aller ce matin. Vous viendrez avec moi, on y verra que du feu.

 - Excusez-moi, mais je me demandais, comment vous appelez-vous ?

 - Madara. Et vous ?

 - Alizée.

 - D’accord. Ah, j’oubliais de vous préciser qu’il serait peut-être mieux que vous teignez vos cheveux, ce rose est trop voyant.

La mage acquiesça et termina rapidement son repas. Elle teignit ses cheveux en noir. Ça faisait vraiment bizarre de se voir comme ça, mais cette couleur ne lui déplaisait pas. Elle enfila ensuite les vêtements dans la salle attenante à la chambre (d’ailleurs, pourquoi n’était-elle pas plutôt en cellule ?) et ressortit. Elle portait à présent la cape des mages de Tartaros, et que ceux-ci avaient l’habitude de rabattre la capuche intégrée sur leurs têtes pour préserver leur anonymat, ce qui s’avérait être très pratique pour leur fuite. Ils sortirent de la chambre après avoir bien vérifié qu’il n’y avait personne aux alentours et se dirigèrent vers des couloirs. Madara conduisait la jeune mage lunaire d’une main experte. Ils arrivèrent bientôt à une porte, qui débouchait sur une immense forêt. Il y avait quelques gardes qui surveillaient les allées et venues, mais ils étaient plutôt dissipés. Madara expliqua brièvement  qu’ils allaient relever la patrouille dans la forêt, et partirent sans que personne ne soupçonne quoi que ce soit. Quand ils furent assez éloignés, l’homme expliqua qu’une barrière magique entourait la montagne, ou se cachait Zeleph, ainsi que toute la forêt. Alizée assura qu’elle devrait être en mesure de la détruire. Ils continuèrent à avancer pendant presque deux heures avant d’arriver à ladite barrière. Alizée inspira à fond et lança un hurlement du Dragon. Comme elle le pensait, cette barrière n’était pas si puissante que ça. En revanche, une sirène retentit d’un coup dans tous les environs.

 - C’était à prévoir…marmonna la rose devenue noire.

Madara lui expliqua qu’il y avait un village non loin où se trouvait un système de téléportation, qui le ramènerait directement dans sa ville où se trouvait sa famille. De là, Alizée pourrait se téléporter à Magnolia. Ils avancèrent donc en direction du village tout en courant pour ne pas se faire attraper par les Tartaros. Effectivement, le village n’était pas très loin et ils arrivèrent vite à la mairie où se trouvait le sort de téléportation. Les deux mages se faufilèrent discrètement (car j’ai oublié de préciser que Madara est mage également, même si ça parait évident puisqu’il fait partie d’une guilde clandestine !) et arrivèrent à la salle sans croiser personne. On était en début de matinée, pourtant. Ils utilisèrent le sort de téléportation, un espèce de cercle tracé au sol dans lequel on se plaçait en disant qu’on voulait rejoindre la ville, sans plus de précisions puisque ce sort ne fonctionnait que sur la ville de Madara.

 

OoOoOoO

 

 - Nous ne vous remercierons jamais assez ! s’exclama la femme en s’inclinant.

 - Mais non, ce n’est rien, votre mari m’a aidé à m’échapper et je vais pouvoir retrouver mes amis, je lui dois bien ça !

Après avoir étés téléportés dans la ville, Alizée avait décidé d’aider Madara comme elle l’avait promis avant de rentrer à Fairy Tail. Bien que l’envie de retrouver ses amis soit énorme, elle avait décidé de tenir sa promesse avant, puisqu’elle était hors de danger. Des mages de Tartaros avaient patrouillé dans toute la ville mais Alizée et Madara s’étaient cachés, et de toute façon Zeleph pensait qu’ils avaient dû fuir par le téléporteur de la ville, et n’étaient donc plus trouvables en fouillant seulement les environs. La mage lunaire avait donc donné une grosse quantité d’argent à la famille, qu’elle avait caché dans son espace de rangement Toru, où elle rangeait aussi ses vêtements, et avait aidé le mage à trouver un travail, qui consistait à utiliser ses pouvoirs pour faire de la cuisine magique dans un restaurant, domaine dans lequel il s’avérait plutôt doué.

Après avoir pris congé d’eux, Alizée emprunta le téléporteur après avoir obtenu l’autorisation du maire. Ce dernier ne la téléporta pas directement dans la ville, comme elle s’y attendait, mais en dehors, à l’une des portes principales. Bah après tout, ça ne changeait pas grand-chose.

 

OoOoOoO

 

Comme il en avait pris l’habitude ces derniers temps, Rogue s’était isolé avec Frosch à l’arbre centenaire de la porte sud. Ils étaient venus s’installer là de bon matin à la demande de l’Exceed, qui avait réveillé le mage. Celui-ci, qui n’avait pas assez dormi, s’était assoupi sous l’arbre. Il respirait doucement, quand son sommeil fut troublé par une personne qui l’appela :

 - Rooooogue !

Le mage grommela et se redressa en se frottant les yeux. Il regarda la personne qui courait dans sa direction et crut qu’il avait une hallucination. C’était bien Alizée qui courait vers lui…avec des cheveux noirs ?! La mage, qui n’avait pas pensé à enlever la teinture, s’arrêta à quelques mètres de lui. Il fallut un temps de réflexion à celui-ci pour bien reconnaitre Alizée malgré la drôle de couleur de ces cheveux. Il posa doucement Frosch sur le sol et se releva pour faire face à la mage.

 - On dirait que j’ai réussi à m’échapper ! fit celle-ci en souriant.

Rogue n’en revenait pas. Elle s’était échappée ? Comme ça ? Alors que la Dragonne Slayer ouvrait la bouche pour rajouter quelque chose, le brun ne lui en laissa pas le temps et l’attrapa pour la serrer contre elle. La rose/noire prit une jolie teinte rouge et rendit son étreinte au dragon de l’ombre.

 - J’ai cru que je ne pourrais plus jamais te revoir, dit-il en resserrant son étreinte. Ne t’éloigne plus de moi, s’il te plait.

Alizée rougit encore plus, et essaya de dire quelque chose, mais ne réussit qu’à bégayer quelques paroles incompréhensibles.

 - La dernière fois, je n’ai pas réussi à te protéger. Ça ne se reproduira plus. Promets-moi que tu resteras près de moi.

Ces retrouvailles étaient au-delà de toutes ses espérances. Alizée se blottit contre le mage et murmura doucement à son oreille :

 - Je te le promets.