Chapitre 6

par saha345

Chapitre 6

 

Arrivés au gymnase, toujours en silence, Hiruma se dirigea vers les vestiaires où il lui montra un tas de maillots troués et abîmés :

                    Il faut les recoudre le temps d'en recevoir de nouveaux, dit-il calmement.

                    Ok, ça sera fait pour demain, je les prendrai ce soir après l'entraînement.

C'est à ce moment que la cloche de l'université sonna. Mamori s’apprêta à s'en aller quand Hiruma la retenu par le bras.

                    Oy tu va continuer combien de temps ce put*in de manège ?

                    Lâche-moi, je dois aller en cours, lui répondit-elle, sans le regarder.

Il lâcha un faible « Tch » et la laissa s'en aller.

« Je réglerai ce problème avec elle plus tard » pensa-t-il avant de s'en aller aussi, pensif.

Le reste de la journée et l'entraînement du soir passa vite. A la fin de l'entraînement Mamori embarqua le sac de maillots abîmés et finit de parler à la chef des poms-poms girls à propos d'un nouvel uniforme quand Sôsuke arriva. Elle salua les membres du club pour ensuite aller rejoindre son camarade. De loin le quater-back les observait d'un mauvais œil et déjà qu'il était de mauvaise humeur, Agon vint ajouter une petite remarque à son oreille pour ne pas arranger l'humeur du blond :

                    Tu devrais faire attention à ta copine, parce que vu comment il la bouffe des yeux il ne veut pas être seulement son ami kékéké ! Et moi qui croyais que t'était du genre à mitrailler tout ce qui s'approche de ce qui t'appartient ! Hahaha !

                    La ferme fuckin'dread, répliqua-t-il avant de lui tourner le dos.

 

La petite séance de tutorat se passa très bien. Sôsuke proposa à la jeune femme de la raccompagner. Durant le trajet ils discutèrent de tout et de rien, ils rirent beaucoup et Mamori découvrit en Sôsuke une personne très attentionnée et gentille. Tout ça lui permis d'oublier un laps de temps ses études, le club, et Hiruma. C'est ainsi qu'elle arriva chez elle tout sourire, sa bonne humeur de retour.

Son prochain cours avec Sôsuke était le lendemain à la pause déjeuner, car ils avaient tous deux un grand trou dans leur emploi du temps pour manger. Mamori aurait pu aller au club pendant ce temps, en effet les joueurs qui sont en cursus spéciaux aménagés pour les sportifs, comme Hiruma, sont la moitié de leurs temps là-bas, mais ce n'est pas obligatoire pour elle, sa présence est obligatoire en tant que manager seulement lors des entraînements matinaux et ceux du soir, les autres étant facultatifs pour elle, étant donnée qu'elle suit des études à côté. Mais même si elle avait du temps pour manger, elle préférait consacrer ce temps à Sôsuke, ainsi le soir en rentrant elle ne serait pas exténuée et pourrait étudier.

Allongée dans son lit et en pyjama, Mamori était avec son téléphone, discutant par SMS avec des amis quand elle reçut un appel de Suzuna :

                    Yaa Mamo-nee ? Comment tu vas ? Dit Suzuna avec son enthousiasme habituel.

                    Je vais bien et toi ?

                    Oui ça va

                    Et les autres comment vont-ils ? Sa fait une semaine que je n'ai pas parlé à Sena, je n'ai pas eu trop le temps.

                    Oh ils vont bien ne t'inquiète pas. Enfin ils ont été en état de choc quand ils ont su pour cette soi-disant relation entre toi et Hiruma, surtout Monta hahaha c'était tellement marrant, il s'est effondré et a crié que c'était impossible, que tu devais sûrement subir le chantage de You-nii et tout, hahaha le pauvre !! pouffa-t-elle.

Après s'être calmée, elle se rappela soudain du but de son appel :

                    Au fait on organise un resto samedi avec tous les anciens Devil Bats, si tu pourrais venir sa serait cool ! Et je sais que t'es en froid avec You-nii mais il devrait venir aussi normalement. Et je pense que ça serait une occasion pour dire la vérité à tout le monde, ce sont vos amis ils ont le droit de savoir je pense, et ils ne diront rien. You-nii n'omettra pas d'objections sur ce point je pense.

                    Oui tu as raison. En tout cas ça ne durera pas longtemps, maintenant que le contrat avec le sponsor est signé on aura qu'à faire croire une éventuelle rupture...

                    Enfin bref on verra ça Samedi, j’appellerai You-nii pour lui expliquer cette décision. Bon je te laisse dormir, à samedi. Bonne nuit !

                    Oui, merci, bonne nuit à toi aussi, dit-elle avant de raccrocher.

C’est ainsi qu’elle s’endormie, heureuse de bientôt revoir tous ses amis de l’équipe des Devil Bats réunis.

Le lendemain midi, elle mangea avec Sôsuke puis, après avoir mangé ils allèrent s’assoir à une table du parc de l’université pour commencer à travailler, ainsi ils pourraient parler entre eux, chose non permise à la bibliothèque.

Après une heure à travailler les cours, ils s’accordèrent une petite pose et Sôsuke demanda, hésitant :

-          Ne, Mamori, est-ce que je peux te poser une question ?

-          Euh, oui bien sûr, répondit-elle, se demandant qu’est-ce qu’il pouvait bien vouloir.

-          Eh bien, j’ai entendu dire que toi et Hiruma Yôichi vous sortiez ensemble, est-ce que c’est vrai ? Je n’ai pas l’habitude de suivre aveuglément les rumeurs, alors je préfère te demander directement…

-          Tu as bien fais. Et oui nous sommes ensemble, mais je pense qu’on va s’arrêter là, nous sommes mieux en tant qu’amis. Si te dis ça, c’est que je te fais confiance, alors ne le dis à personne, s’il te plaît.

-          Ah bon d’accord, je suis désolé que ça n’ai pas marché, et ça me touche vraiment que tu me fasses confiance, alors ne t’inquiète pas motus et bouche cousue ! répliqua-t-il, avec un immense sourire lumineux qui donna du baume au cœur amoché de notre manager.

A chaque discussion avec Sôsuke, elle se sentait bien. Il était gentil et sincère et pour arranger les choses, il n’était vraiment pas vilain, il était même plutôt populaire auprès de la gente féminine. « Peut-être qu’une relation avec lui… Non, non, non ! Oh mon Dieu à quoi penses-tu Mamori ! »

Ils passèrent leur deuxième heure ensemble, oubliant leurs cahiers…

Le reste de la semaine se passa bien, Sôsuke avait même pratiquement rattrapé tout son retard grâce à Mamori, et pour la remercier, il la supplia de bien vouloir sortir avec lui dimanche, qu’il lui ferait passer une belle après-midi, pour la remercier.

 

Vendredi après-midi, elle reçut un message de Suzuna lui disant qu’elle s’était arrangée avec Hiruma pour qu’il passe la chercher à 15h chez elle. En effet, le lieu de rendez-vous était à une heure de chez Mamori et Hiruma, donc ils iraient en voiture. Cette idée ne plut vraiment pas à Mamori, vu comment leur dernière virée en voiture s’était déroulée… Le trajet durait une heure cette fois-ci, ça allait être tendu… Ils s’étaient tous donnés rendez-vous à 16h dans un parc à côté du restaurant de viande grillée où ils mangeraient le soir même. Ainsi Suzuna avait prévu de jouer au foot américain pendant l’après-midi. C’était la jeune fille qui avait tout organisé et elle tenait à ce que ça se passe parfaitement. C’était déjà rare de tous pouvoir les rassemblés le même jour à la même heure, en effet les autres fois il y en avait toujours deux ou trois qui ne pouvaient pas venir.

 

Et c’est ainsi que samedi à 14h30 elle était prête et attendait Hiruma avec appréhension et une grosse boule au ventre. Elle se posa devant la télé en l’attendant et se demandant comment Suzuna l’avait convaincu de venir la chercher et comment elle, Mamori, avait pu accepter ! Elle n’avait pas parlé à Hiruma pour confirmer, elle se demanda donc si il fallait au moins lui envoyer un texto mais elle se résigna, elle verra bien. Il devrait passer à 15h donc elle l’appellera si il est en retard, en espérant qu’il sera là à l’heure…

Elle fixait l’horloge toutes les deux minutes en se demandant comment elle allait lui dire qu’ils devaient tous dire à leurs amis et que dans tous les cas leur mascarade et finit vu que le sponsor a signé.

Et c’est à 14h55 qu’elle reçut un message d’Hiruma : « j’suis devant chez toi ramènes-toi ».

Elle lâcha un soupir, se leva pris son sac et se dirigea ver la porte d’entrée. Elle se regarda dans la glace et se frappa les joues en pensant « Allez Mamori, courage ! ». Elle sortit, et pris l’ascenseur. Quand elle était enfin devant son immeuble elle vit un 4x4 blanc devant elle. Elle chercha toujours Hiruma des yeux s’attendant à voit la Berline noir de la dernière fois. Elle sursauta quand elle entendit un klaxon provenant du 4x4 blanc. Le propriétaire fit descendre la vitre du passager, qui était du côté de Mamori, pour qu’on puisse le voir. Et à la grande surprise de Mamori c’était Hiruma dans cette voiture. Elle soupira pour la deuxième fois de la journée se demandant comment a-t-elle fait pour ne pas s’en douter, on parlait d’Hiruma après tout… Elle ouvrit la porte du côté passager et s’assit sur le siège posant son sac sur ses genoux lâchant un « bonjour ». Lui il la fixait pendant qu’elle s’assit, de ses yeux perçants. Elle était gênée, ayant l’impression qu’il la transperçait avec ses yeux. Il lui répondu un simple « Ouais salut » désinvolte avant de démarrer la voiture. Son sac la gênait alors elle le prit et le mis sur les siège arrière. Elle fit bouger le bras d’Hiruma, qui voulait changer de vitesse, sans le faire exprès :

-          Ah, excuse-moi, dit-elle avant de se retourner normalement sur son siège.

-          Au moins tu t’excuse cette fois-ci, répondit-il impassible en mâchant son chewing-gum et en regardant la route.

Alors là, elle n’en croyait pas ses oreilles, elle était gênée. C’est vrai qu’elle ne s’était jamais excusée pour sa gifle, même s’il la méritait, ce n’était pas dans ses habitude de frapper les gens comme ça…

Lui avait vu qu’il l’avait surpris avec sa réplique. Intérieurement il jubilait car ne l’oublions pas il aimait déstabiliser la manager, mais là c’était un cas apparemment sérieux et il attendait sa réponse un peu impatiemment, le tout en restant toujours impassible extérieurement. Elle se demandait ce qu’il attendait à sortir ça comme ça mais répondit tout de même :

-          C’est vrai, mais au moins je me suis excusée pour cette fois-ci, et à ce que je sache toi non plus tu ne t’es pas excusé la dernière fois. Alors tant que tu ne le feras pas, je ne m’excuserai pas.

-          Tch, et pourquoi je devrais m’excuser fuckin’manager ?

Elle le regarder la bouche ouverte et se mis à rire en levant les yeux :

-          Je savais que tu ne comprendrais pas en tout cas…

Et elle se mit à regarder la route. Mais lui n’en avait pas fini, comment ça « je savais que tu ne comprendrais pas » ? Lui ne pas comprendre ? Il ne voulait pas perdre. Il se disait en plus que même si c’est plus sérieux que les autres fois, ce n’est jamais facile de se battre avec elle vu qu’elle ne se laisse pas faire, c’est pour ça qu’il la préfère. Il s’arrêtât en venant de se rendre compte qu’il venait de penser qu’il la préférait… Il se gifla mentalement et continua sa conversation avec son manager :

-          Si tu parles de la semaine dernière moi aussi j’avais pas prévu ça alors si c’est juste pour un putain de baiser ou pour ta putain de réputation j’peux rien y faire, dit-il calmement, toujours en regardant la route.

Elle soupira :

-          Dans le fond ce n’est pas ça que je te reproche, je te reproche ton attitude, tu ne t’es pas excuser pour cet imprévu, car c’est toi qui a organisé tout ça donc si ça ne se passe pas comme prévu, c’est ta responsabilité. Mais là encore c’est le fait que tu n’as même pas pris la peine de t’excuser, un simple « Désolé pour ce putain d’journaliste », imita-t-elle, aurait suffi ! Mais rajoutes à ça l’attitude désinvolte et vraiment méchante que tu as eu envers moi sur le chemin du retour, ça m’a vraiment fait mal, finit-elle un peu au bord des larmes, la voix un peu plus aigüe. Elle essayait de cacher le fait qu’elle était au bord des larmes mais se résigna finalement, il l’avait surement remarqué donc plus la peine de se cacher, tant pis pour sa fierté.

Il y eut un petit silence. La voiture était arrêtée car il y avait un bouchon et lui la fixait, un peu étonné mais ne le montra pas. La voir dans cet état lui fit un gros pincement au cœur et il avait envie de se frapper en pesant que c’était lui la cause de son mal être. Là encore, il voulait se trucider d’avoir pensé ça.

Et c’est alors qu’il se passa l’impensable : Hiruma se pencha un peu et ramena Mamori contre lui :

-          Tch c’était pas le but alors va pas chialer pour ça, g pas envie que ma voiture soit toute mouillée. Puis il la relâcha.

Elle était choquée. C’était le mot, il l’avait prise dans les bras d’un coup. On parle du démon sanguinaire et sans pitié là ! Et en plus à travers ces paroles il s’excusait un peu, c’était une façon de s’excuser sans le dire… Elle se dit qu’il avait vraiment un cœur dans le fond. Il ne le montrait que très peu mais il en avait un. C’était un homme fort mais elle savait qu’au fond il y avait un peu de sensibilité, mais rien qu’un peu hein !

Lui de son côté ne savait pas ce qu’il lui a pris de faire ça, mais en la voyant pleurer comme ça par sa faute il s’est rendu compte que son comportement avait vraiment blessé la jeune femme. En tout cas ce qui est fait est fait. Il attendit alors sa réaction. C’était peut-être un fin tacticien et il arrivait peut-être à déceler le comportement des joueurs sur le terrain, voir même hors du terrain, mais cette fille défiait les statistiques, des fois elle l’étonnait vraiment…

La voiture toujours en coincée dans les bouchons, on entendait les klaxons des autres voitures dehors, c’était d’ailleurs bizarre qu’Hiruma n’est rien fait du genre sortir un mégaphone pour tous les menacer et lui laisser un passage…

Mamori sécha ses larmes et offrit un sourire radieux à Hiruma :

-          Merci, Hiruma. Et là je peux le dire, désolé de t’avoir frappé, même si tu le méritais vraiment.

-          Kékéké, dans tous les cas j’ai rien senti, c’est pas avec ta putain de petite main que tu risques de me faire mal un jour.

Mamori sourit mais décida de ne pas répondre à sa provocation :

-          Et c’est vrai qu’on aurait dû en parler, comme des grandes personnes mais bon on va dire que…

-          Que tu as la main facile et que t’es pas si gentille qu’on le prétend kékéké, j’suis sûr que tu nous cache une nature sauvage ! La coupa-t-il.

-          Mouuu, je t’ai dit que j’étais désolée ! ou tu en veux une autre ? On verra si je n’ai pas de force cette fois-ci !

-          Kékéké qu’est-ce que j’avais dit, une vrai sauvage !

Elle rougit et fit une moue boudeuse. Puis elle se détendit et sourit : ces moments de disputes et de taquineries l’avait manqué…