Chapitre 13

par Hel

Masenko, tes désirs sont des ordres ;-)

 

 

 

 

 

 

-          Ils vont nous haïr, murmura Gohan.

 

Les deux jeunes gens profitaient des derniers rayons du soleil couchant, seuls sur la plage déserte en cette heure tardive. Gohan était assis en tailleur, et Videl avait remonté contre elle ses jambes fines, ses bras autour des genoux. Elle répondit :

 

-          Nos camarades ? Même pas.

-          Attends, à cause de nous, la pièce a été interrompue, et…

-          Pas à cause de nous Gohan, à cause de mon père, et ils pardonneront tout à mon père, le « sauveur de la Terre » !

 

Le jeune homme ferma les yeux un instant sous l’amertume du ton de sa camarade.

 

-          Videl… écoute… ce n’est pas si simple.

-          Qu’est-ce qui n’est pas simple ? Mon père n’a jamais vaincu Cell, je vis depuis des années dans le luxe d’une gloire imméritée, alors que toi, ton père est mort, pour nous sauver je suppose, et que ta mère a du mal à joindre les deux bouts ! Je trouve ça très simple !

-          Vu comme ça, grimaça Gohan.

-          Ouai, voilà.

-          Mais écoute, de toutes façons cette gloire, moi je n’en voulais pas. Si ton père a pu prétendre avoir vaincu Cell, c’est parce qu’aucun d’entre nous ne revendiquait ce titre. Moi j’ai été élevé dans cette même maison dans la montagne, et je n’aurais voulu l’échanger contre aucun palais en ville ! Et, quoiqu’elle en dise, ma mère non plus, je le sais.

-          Oui, mais quand même… murmura Videl.

-          Et puis tu sais, les gens ont besoin de héros. T’as bien vu l’engouement à chaque apparition du Guerrier Intergalactique !

 

Le jeune fille sourit à l’évocation de son super héros favori… et de ses poses stupides. Ravi, Gohan enchaîna :

 

-          Vraiment Videl, ton père n’a fait que prendre une place dont nous ne voulions pas, et que quelqu’un d‘autre que lui aurait prise de toutes façons ! Et bien je suis content que ce soit lui : il a un bon fond, et puis comme ça toi tu as pu vivre confortablement, et moi ça me suffit.

 

Elle soupira :

 

-          Peut-être… Mais bon, penser que j’ai profité de tout, et à vos dépends à toi et à ta famille, ça me…

-          Mais non, pas à nos dépends, je te le répète !

 

Videl tourna la tête vers lui et observa le visage souriant de Gohan. Elle sourit faiblement à son tour, et frissonna : le vent s’était sensiblement rafraîchi, et elle ne portait toujours que sa petite robe bleue.

Le jeune homme fronça les sourcils :

 

-          Videl, tu as froid !

-          Oui, mais ce n’est pas grave. Je suis bien là.

-          Je… Je pourrais…

 

Il se tut et rougit jusqu’aux oreilles. Videl écarquilla les yeux, et rit doucement quand elle le vit se gratta nerveusement la nuque :

 

-          Tu pourrais quoi, Gohan ?

-          Je.. enfin…Si tu veux… Tu….

 

Elle lui lança un regard amusé :

 

-          Dis donc, tu t’en sortais mieux pendant la pièce !

 

Il vira au cramoisi, et balbutia :

 

-          C’est parce que… Tout à l’heure….

-          Oui ?

-          … Il y avait le texte.

 

Elle faillit tomber à la renverse dans le sable et se retint de justesse. Elle regarda en soupirant le jeune homme mal à l’aise, toujours assis en tailleur, qui fixait désespérément le sol devant lui. Alors, se redressant, elle se mit à genoux face à lui et, quand il osa enfin relever la tête pour croiser son regard, elle murmura :

 

-          Et bien maintenant, improvise.

 

Gohan resta un instant  immobile. Il observa la jeune fille qui se tenait face à lui, auréolée de la lumière du soleil couchant. Ses traits fins, ses cheveux noirs qui voletaient autour de son visage, ses yeux bleus si clairs, ses lèvres minces pincées en une moue décidée… et inquiète à la fois.

 

Il décida qu’il n’avait jamais rien vu d’aussi beau de toute sa vie.

 

Sans même le réaliser, il leva les mains et les posa doucement sur ce visage angélique, faisant frissonner la jeune fille. D’un air absent, il caressa du bout des doigts sa peau fraîche et douce. Videl, tétanisée, contemplait le visage de Gohan et ses grands noirs, presqu’étonnés, posés sur elle. Puis elle vit un sourire se dessiner sur ses traits tendus, et lentement il ferma les yeux, tout en rapprochant de lui le visage de Videl. Elle ferma les paupières à son tour, et se laissa entraîner vers lui.

Ce n’était plus leur premier baiser. Mais là ils étaient enfin seuls, sûrs d’eux, et pour la première fois pouvaient profiter de ce contact magique qui les brûla presque.

Ils s’embrassèrent tout d’abord lentement, en tremblant presque. Puis l’une des mains de Gohan quitta la joue de la jeune fille et vint se poser dans son dos. Elle se laissa glisser dans ses bras, à présent blottie contre lui qui se trouvait toujours assis en tailleur. Elle passa les bras derrière le cou musclé de Gohan, ses doigts se glissant instinctivement dans les cheveux noirs du jeune homme.

Alors leur étreinte se fit plus fiévreuse, chacun goûtant avec délectation aux lèvres de l’autre, à son souffle, à sa chaleur. Quand le baiser s’approfondit naturellement, ils gémirent tous les deux et chacun resserra ses bras autour du corps de l’autre.

 

De longues, de très longues minutes passèrent avant qu’ils se détachent enfin, pour rester front contre front, haletants. Gohan, qui caressait doucement le dos de Videl, murmura :

 

-          Par Dendé

-          Dendé ? répéta Videl, surprise, en souriant.

-          Rien, grimaça Gohan, un… un ami à moi.

 

Elle acquiesça… et ne put contenir le frisson qui la traversa. Son compagnon fronça à nouveau les sourcils, et sourit :

 

-          Tu as toujours froid, ma technique n’était finalement pas la bonne…

-          Oh si, excellente technique monsieur le super héros !

 

Videl éclata de rire quand Gohan rougit à nouveau. Il sourit, mal à l’aise… puis se mit à rire à son tour. Il déposa un baiser sur les cheveux de Videl, et dit :

 

-          Ecoute, il va falloir y aller quand même, demain c’est le championnat, on doit être en forme tous les deux.

 

Il la sentit se blottir davantage :

 

-          Non, je ne veux pas… rentrer maintenant. Plus tard oui, mais là… Voir mon père… Attendons encore un peu..

-          Videl, tu as froid, il faut qu’on parte d’ici. Pourquoi ne pas aller chez Bulma ? Tous mes amis y sont, ils seront ravis de te rencontrer, je le sais.

-          Mais ta mère ?

 

Gohan haussa les épaules :

 

-          Elle crie fort, mais elle se calme vite. Je suis sûr que les autres lui ont fait la leçon. Et puis il faudra bien qu’elle s’habitue.

 

Videl rosit de bonheur devant le sous-entendu, et se contenta d’acquiescer :

 

-          Alors d’accord, si tu crois que c’est le mieux à faire, je te suis.

 

Une vois s’éleva derrière les deux jeunes gens :

 

-          Sage décision.

 

Ils se levèrent d’un bond, et Gohan, découvrant la personne qui se trouvait debout, immobile derrière eux depuis Dendé sait quand, murmura ébahi :

 

- Piccolo ??