Chapitre 12

par Hel

Un tonnerre d’applaudissements s’éleva dans la salle. Sur scène, derrière le rideau fermé, les élèves se regardaient, ravis : jusque là, la pièce était une vraie réussite. Gohan et Videl se cherchèrent du regard alors que leurs camarades les félicitaient.

 

Mais la liesse ambiante fut de courte durée, car quelques instants plus tard deux rugissements retentirent simultanément dans la salle. Les deux jeunes gens se regardèrent, inquiets. Leurs craintes se trouvèrent confirmées quand Hercule fit une entrée fracassante sur scène, suivi d’un directeur manifestement confus. Le « champion » se précipita sur sa fille :

 

-           Videl ! Mais comment oses-tu embrasser un garçon ?? s’écria-t-il, saisissant les épaules de sa fille.

-           Mais papa, c’est…

-           Je ne veux pas le savoir ! Tu es ma petite fille, je refuse de te voir avec ce…

 

-           CE QUOI ?? hurla Chichi qui venait à son tour de faire son entrée, suivie par Krilin et Bulma qui avaient tenté en vain de l’arrêter.

 

Instinctivement tous reculèrent d’un pas devant cette furie hystérique qui alla se planter devant Hercule :

 

-           Mon fils est beaucoup trop bien pour votre fille !

-           Maman, arrête, je…

-           TAIS TOI !!

 

Gohan baissa la tête, mortifié.

Tous ses camarades, ses professeurs, se trouvaient autour d’eux, pétrifiés à la vue de cette folle furieuse… sa mère.

 

-           Je t’avais dit de te méfier d’eux ! Je le SAVAIS !

-           Mais… Mais… balbutia Satan.

-           Vous, ça va hein ! On sait ce que vous valez vraiment, et…

-           Chichi arrête ! coupa Bulma, paniquée.

 

La femme de Son Goku s’interrompit, vibrante de colère.

Videl, consternée, regardait alternativement Gohan, rouge de honte, et son père… vert de peur.

 

Hercule sembla réaliser soudain le regard de sa fille et retrouva un peu de courage : il ne pouvait pas se montrer faible devant elle… pas devant elle. Il éclata d’un rire théâtral, prenant l’assistance à témoin :

 

-           Ah ah ! Comme si ma précieuse Videl pouvait s’intéresser à ce garçon ! Un sinistre inconnu !

-           QUOI ??? rugit Chichi.

 

Bulma et Krilin la tenaient tous deux par un bras, l’empêchant avec difficulté de se ruer sur le héros pas si rassuré. Le directeur tenta d’intervenir :

 

-           Allons, s’il vous plait, calmez-vous, la pièce doit reprendre, et…

-           HORS DE QUESTION ! hurlèrent les deux parents de concert.

-           Mais…

-           J’interdis à ma fille de continuer à prendre part à ce spectacle !

-           Mais papa, tu ne peux rien m’interdire du tout, et… s’exclama Videl.

-           Bien sûr, Monsieur Satan, nous ferons comme vous voulez, coupa le directeur.

 

Un murmure consterné parcourut les élèves présents, et les regards se braquèrent sur Gohan et Videl, décomposés. La jeune fille vira à l’écarlate et hurla :

 

-           Non ! Vous ne pouvez pas faire cela ! On a travaillé dur, on a tous travaillé dur pour cette pièce !

-           Mademoiselle Videl, répondit le directeur, il est impossible de continuer sans l’assentiment de votre père voyons, ce spectacle était en son honneur !

 

Hercule se rengorgea un instant, avant de reculer à nouveau d’un pas sous le regard furieux de Chichi :

 

-           C’est ça ! Mettons fin à cette pathétique représentation !

 

Le directeur, terrifié par la rage de la mère de Gohan, recula à son tour et bredouilla :

 

-           Voilà, c’est réglé, je vais aller l’annoncer au public !

 

Chichi, satisfaite, jeta un coup d’œil à son fils… et resta muette d’étonnement. Pour la première fois de sa vie, Gohan la regardait avec colère et tristesse. Elle resta figée :

 

-           Mais…

-           Tu n’avais pas le droit, murmura-t-il froidement. Vous n’aviez pas le droit.

 

Il tourna la tête vers Videl ; d’un regard ils se comprirent, et quittèrent la scène pour les coulisses d’un pas rapide. Après un instant de stupeur, Chichi et Satan s’élancèrent après eux :

 

-           Ma puce !!!

-           Mon poussin !!

 

Les deux adolescents continuèrent sans se retourner, sortant du théâtre par les coulisses, et se retrouvant dans la rue derrière le lycée. Chichi, Satan, Krilin et Bulma les suivaient de peu :

 

-           Videl, rentre à la maison avec moi !

-           Non, répondit froidement la jeune fille.

-           Non ? répéta son père, stupéfait.

-           Ah, elle est peut-être moins stupide que vous finalement ! railla Chichi, mains sur les hanches.

-           Comment pouvez-vous m’insultez, moi qui…

-           Vous qui quoi ? l’interrompit-elle, ses yeux pleins de défi.

-           Moi qui… Moi qui…

 

Satan jeta autour de lui des regards terrifiés : cette femme savait.. c’était la femme de ce Son Goku, la mère de ce garçon…. Krilin et Bulma le regardaient aussi avec mépris. Il ne savait plus quoi faire : il fallait qu’il se défende devant sa fille, il ne pouvait pas, devant elle…

 

-           Ne te fatigue pas papa, je sais tout.

 

Tout les yeux se tournèrent vers la jeune fille, qui portait sur son père un regard plein d’amertume. Il bredouilla :

 

-           Quoi ?? Mais ma chérie, de quoi parles-tu, je ne…

-           Ce n’est pas toi, hein ? Ce n’est pas toi qui as vaincu Cell ? Ce n’est pas qu’un hasard si le père de Gohan est mort à ce moment-là, si Gohan maîtrise si bien les arts martiaux… Ce n’est pas un hasard, n’est-ce pas ?

 

Quand son père, livide, ne répondit pas, elle sourit tristement :

 

-           Je m’en doutais. Je ne t’ai jamais vu te battre. Te battre vraiment, je veux dire. Mais je sais que tu n’aurais jamais pu réussir un tel exploit.

 

Videl se tourna vers Gohan et leva les yeux vers lui :

 

-           C’était toi ? C’est toi qui as vaincu Cell ?

 

Le jeune homme soutint son regard, ses yeux noirs emprunts de tristesse. Il finit par acquiescer doucement. Videl ferma les yeux un instant, puis  s’adressa à Chichi :

 

-           Je suis désolée Madame Son. Tellement désolée d’avoir vécu si longtemps de la gloire de votre famille.

 

Elle s’inclina profondément.

Chichi la regarda, stupéfaite… et navrée.

Quand Videl se redressa, elle sentit une main sur son épaule : Gohan. Il la contempla tristement, et dit seulement :

 

-           Viens.

 

Elle acquiesça. Et, à la stupéfaction générale, tous deux s’élevèrent doucement dans les airs, et disparurent vers le soleil couchant.

 

-           Ma fille… Ma fille vole… balbutia Satan.

 

La voix de Bulma brisa le silence :

 

-           Vous êtes fiers tous les deux ?

 

Chichi, pour l’une des rares fois de sa vie, ne répondit rien. La mère de Trunk fulminait :

 

-           Franchement, vous venez de mettre par terre tout le spectacle, tout ce pour quoi les élèves ici ont tant travaillé, et à cause de quoi ?? De vos misérables histoires qui datent de sept ans !

-           Mais elle a embrassé mon fils ! répliqua Chichi sans grande conviction.

-           Non ! Gohan l’a embrassée ! corrigea Bulma. Et alors ?? Ils ont dix-sept ans, ils sont amoureux, et…

-           Ma petite fille ! glapit Hercule.

-           Oh vous ça va hein ! gronda Chichi.

-           Maman, il est parti où, Gohan ?

 

Ils se tournèrent vers la porte du lycée, pour découvrir Yamsha, Oolon, Tortue Géniale, Goten, Trunk et Petit Cœur. Ce dernier regardait la scène d’un œil étrangement intéressé.

Bulma haussa les épaules et répondit au jeune frère de Gohan :

 

-           Ah ça je ne sais pas, mais à leur place, avec des parents pareils, je n’aurais pas hâte de revenir.

-           Gohan, mon fils, murmura Chichi tristement en regardant l’horizon.

-           Bon, ça ne reste de toutes façons à rien de rester ici, remarqua Krilin, on n’a qu’à rentrer à Capsule Corp.

-           Bonne idée, renchérit Bulma.

 

Hercule disparut sans demander son reste, et toute la petite troupe se mit en route vers Capsule Corp. Enfin, presque toute la petite troupe… Krilin se retourna :

 

-           Vous ne venez pas ? demanda-t-il à Tortue Géniale, qui fixait le ciel d’un air songeur.

-           Si si… En tous cas cette jeune fille a un goût très sûr en manière de fiancé… et de petite culotte.

 

Les poings de Bulma et Chichi vinrent simultanément d’écraser sur le visage du vieil homme.