Chapitre 14

par Hel

Je suis doublement désolée : premièrement, parce que je suis nulle en action, et que j’ai beaucoup de mal à raconter ce que nous connaissons déjà tous, mais je ne pouvais pas y couper. Bref, désolée d’avance pour ce pauvre chapitre.

Je suis également désolée de n’avoir pas posté hier, mais je suis très prise, et en plus j’ai du regarder toute la fin de la Saga en accéléré pour tenter vaguement de ne pas trop raconter n’importe quoi. Mine de rien, DBZ, ça prend du temps…

Bref, désolée désolée. Mais merci encore pour tous vos comms, quel bonheur de vous lire !!

 

 

 

Cette journée resterait à jamais gravée dans leurs esprits, dans leur chair.

Cette journée était celle où la vie de Végéta avait définitivement basculé.

 

 

Le regard rieur de Son Goku, la paix dans ses yeux noirs, et son sourire quand il avait juste murmuré : « adieu mes amis ».

Et, l’instant d’après, Cell  et lui avaient disparu.

Son Goku était mort, aussi facilement, aussi rapidement que cela. Son Goku était mort, non pas au combat, mais dans un acte de pure abnégation, de pure affection pour cette planète, ce peuple, pour ses amis. Et parmi, eux, pour Végéta.

Car cet adieu s’adressait aussi à lui, au même titre qu’à Krilin, Piccolo ou tous les autres.

 

Alors que tous les autres pleuraient déjà leur ami, tête baissée, retenant ou non leurs larmes, le Prince Sayian était resté parfaitement immobile, comme frappé par la foudre. Frappé en fait par la réalisation que celui qui venait de mourir n’était pas un ennemi. La perte d’un ennemi le réjouissait, le comblait d’une jouissive satisfaction.

Là, Végéta ne ressentait soudain qu’un vide immense au creux de son être. La perte d’une partie de lui-même, d’un frère d’arme.

D’un frère tout court.

 

Il devait s’en prendre à quelqu’un, passer sur quelqu’un ses nerfs à fleur de peau, détourner son esprit de ce sentiment inacceptable ; Krilin fut sa victime toute désignée, quand il prit délicatement C18 dans ces bras.

 

- Ce qui vient de se passer aurait du te servir de leçon, mais je vois que rien n’a changé pour vous ! hurla le Prince, hors de lui.

 

Il avait, soudain, l’impression d’être le seul de tous ces imbéciles à avoir vraiment réalisé l’impensable : Goku était mort. Il était le seul à souffrir, à pleurer celui qu’il pensait haïr, à devoir affronter l’insurmontable douleur.

 

Qui n’était rien comparée à celle qui vint, quelques instants plus tard, quand Cell réapparut dans un nuage de poussière.

 

Quand, dans une fraction de seconde qui sembla s’étirer à l’infini, le rayon de mort s’abattit sur Trunk. Quand le corps du jeune homme, balayé par le choc, s’éleva doucement dans l’air, ses cheveux flottant dans un instant d’éternité, avant qu’il retombe sur le sol, inerte.

 

Le rire, le rire de Cell.

Cell si content de lui. Cell qui venait d’en finir avec Son Goku et qui revenait, plus puissant que jamais.

 

Et Végéta fit à cet instant l’expérience d’un sentiment qui lui était jusque là parfaitement inconnu : la terreur. La conviction soudaine que rien ni personne ne pourrait jamais vaincre ce monstre, que tout était fini.

 

Tous étaient pétrifiés, et regardaient s’avancer tranquillement celui qui incarnait dorénavant une mort certaine.

 

Tous, sauf Son Gohan. Le jeune garçon sourit, et par son sourire arrêta Cell.

L’enfant, auréolé de puissance, avait sur son visage juvénile la même expression que son père quelques instants plus tôt : il avait trouvé, lui aussi, un sens à sa vie. Il vengerait son père, Cell lui en offrait en fait l’occasion, comme un cadeau.

 

Ce sourire agit comme un électrochoc et tous sortirent à cet instant de la torpeur dans laquelle le retour de Cell les avait plongés.

Tous réalisèrent alors que Trunk ne s’était pas relevé.

 

Ten Shin Han et Yamsha s’étaient précipités vers le jeune homme, mais pas Végéta. Car Végéta savait.

Alors qu’il se remettait à peine du choc de la mort de Goku, voilà que soudain une douleur atroce lui déchira les entrailles, l’atteignant bien plus profondément que n’importe quel coup surpuissant de Cell. Une partie de lui venait de mourir, peut-être la meilleure.

 

Pour la première fois, le Prince des Super Guerriers s’élança pour se battre, et ce ne fut pas pour lui, pour son honneur, pour sa gloire, pour son peuple.

Ce fut pour son fils. Parce que personne d’autre que lui ne devait venger Trunk, parce que instinctivement tout son être lui hurlait que seule la mort de Cell pourrait atténuer cette souffrance innommable.

 

Et il n’en fut pas capable. Après avoir déversé sur le monstre bien plus de rage qu’il ne pensait en contenir, bien plus de puissance qu’il n’aurait espéré en posséder un jour, c’est le sourire aux lèvres que Cell apparut devant lui pour le frapper d’un simple revers de la main.

 

Végéta alla s’effondrer au sol, son corps de sayian hurlant de douleur. Dans un bouillard, aveuglé par les larmes de colère et de souffrance, il vit le monstre décocher vers lui le coup final. La décharge d’énergie arriva comme au ralenti, jusqu’à n’être plus que lumière.

Une lumière sur laquelle se découpa une fraction de seconde le corps mince de Gohan quand il se jeta sur le sayian pour le protéger, au péril de sa jeune vie.

 

Quand le Prince rouvrit les yeux, luttant contre les hurlements de son corps et de son âme meurtris, il découvrit Son Gohan, le bras disloqué, auréolé d’énergie, dans un ultime face à face avec le monstre.

La terre, l’air se mirent à trembler alors que chacun des deux combattants redoublait de puissance, la boule d’énergie entre eux s’intensifiant toujours davantage dans le craquement des éclairs. Végéta se releva en grimaçant et, récupérant peu à peu ses esprits, vola difficilement vers l’une des falaises qui surplombaient la scène.

 

Il remarqua à peine que tous les autres avaient fait de même un peu plus loin. Pétrifié, il observait le combat désespéré de cet enfant face au monstre. Gohan n’avait aucune chance. Ils n’avaient aucune chance. Tout était joué, et ils avaient perdu. Cette résistance semblait même presque pathétique, ridicule, en tous cas totalement vaine.

 

Il grinça des dents quand il vit Piccolo, Yamsha, Ten Shin Han et finalement Krilin s’élever dans les airs pour retourner aider le jeune garçon. Pitoyable résistance. D’ailleurs tout le confirmait : Cell les envoya au tapis à deux reprises, sans même se détourner de Son Gohan.

 

Ils abandonnèrent.

 

« un Super Guerrier n’abandonne jamais… » lui murmura une voix. Son Goku n’avait pas abandonné. Son Gohan n’abandonnait pas, prêt à sacrifier sa vie pour sauver ceux qu’il aimait. Trunk n’avait pas abandonné.

 

Et lui, Végéta, le Prince des Super Guerriers, resterait là, sans plus rien tenter ? Lui seul baisserait les bras, quand tous s’étaient battus jusqu’à la fin ?

 

Avec un hurlement de rage, il s’éleva à son tour dans les airs, et fonça sur le monstre. Loin au-dessus de Cell, il arma lentement son tir, joignant ses deux mains. A l’instant où il libéra l’énergie qu’il ne pensait même plus avoir, deux visages s’imposèrent à son esprit : celui, souriant, de Son Goku, et celui, si paisible, de Trunk.

 

Le coup partit.

 

En bas, Cell accusa le choc un instant, rien qu’un instant. Mais c’était l’instant dont Son Gohan avait besoin.

 

Puis tout devint lumière.