Chapitre 7

par Hel

-  Bon, allez, je dois m’entraîner maintenant.

 

Végéta évita de justesse le gilet que Bulma lui envoya en pleine tête. Debout, mains sur les hanches, rouge de fureur, elle rétorqua :

 

-  Espèce de mufle !

 

Il se détourna tranquillement, remettant d’un geste rapide son short noir. Cela lui permit aussi de souffler, de calmer une respiration qu’il avait soudain beaucoup de mal à maîtriser. Jetant un coup d’œil derrière lui, il constata que la jeune femme avait elle aussi enfilé ses vêtements. Il ne put s’empêcher de regretter soudain la disparition de ce corps splendide.

 

Bulma avait retrouvé toute sa superbe, et se passa tranquillement la main dans les cheveux pour tacher de les remettre un tant soit peu en ordre. Elle bailla, et Végéta lui dit :

 

-  Tu devrais aller dormir, tu dois être épuisée.

 

Elle haussa un sourcil, et soupira devant l’air fier du Prince :

 

-  Tu te surestimes Végéta. Je suis dans une forme olympique. Je me demande si je ne vais pas aller courir un peu, tiens.

 

Un éclair de colère passa dans les yeux de Végéta, qui répondit sèchement :

 

-  Au lieu de rester plantée là à raconter n’importe quoi, tu ferais mieux de filer, je te répète que je dois m’entraîner. Tu m’as fait perdre un temps précieux.

-  Tu ne me semblais pas trouver cela désagréable, il y a quelques minutes.

 

Ils se jaugèrent du regard. Bulma ramassa son gilet, puis se tourna vers la porte… avant de se raviser et de revenir tranquillement vers Végéta, qui fronça les sourcils :

 

-  Qu’est-ce que tu fais ??

 

Sans daigner répondre, elle déposa un baiser rapide sur ses lèvres, et repartit. En quittant la salle de gravité, elle lui lança avec un clin d’œil :

 

-  A plus tard, mon prince.

 

Elle referma la porte d’un geste mesuré, descendit les quelques marches… et tomba assise dans l’herbe, incapable de continuer. Tremblante, elle murmura la seule chose qui lui vint à l’esprit :

 

-  Waou

 

A l’intérieur, Végéta n’en menait pas plus large. Dès que Bulma fut partie, il se laissa glisser au sol, la tête dans les mains. Cette fille était… extraordinaire.

Il respira profondément, tachant de lutter contre les images qui lui revenaient à l’esprit, et se redressa lentement. Il fallait qu’il s’entraîne, maintenant. Il fallait qu’il sache si ce déferlement de sensations aurait, ou non, une influence sur son potentiel de combat. D’un geste déjà las, il enclencha les cibles.

 

*****

 

Ils dînèrent face à face dans la cuisine, les parents de Bulma étant absents.

Le prince était taciturne : non seulement son entraînement ne s’était pas mieux passé que d’habitude, mais il s’était même montré en dessous de tout. Partagé entre colère et incompréhension, il ne souffla pas mot du repas.

 

-  Qu’est-ce qu’il y a ?

 

Bulma n’obtint aucune réponse.

 

-  Eh, Végéta, je te parle, là !

-  Fous moi la paix, grogna-t-il.

-  Tu es chez moi je te rappelle. Tu pourrais au moins te montrer aimable et courtois.

 

Un grognement agacé lui répondit.

Le prince, d’un geste brusque, voulut alors saisir un plat… et grimaça de douleur. Bulma écarquilla les yeux :

 

-  Tu es blessé ?

-  Mais non, ce n’est rien, une courbature ! Mais que… ?

 

La jeune femme s’était déjà levée et, après avoir fait le tour de la table, se plantant derrière Végéta, remonta d’un coup sec son t-shirt.

 

-  Aïe ! Mais qu’est-ce que tu veux ?!?

-  Une courbature, tu parles. Tu as l’omoplate brûlée, abruti. Il semblerait que les cibles aient gagné, aujourd’hui.

 

Il préféra ne pas répondre à la pointe de sarcasme dans la voix de la jeune femme. Celle-ci croisa les bras et le regarda sévèrement :

 

-  Viens avec moi, il faut te soigner.

-  Quoi ?? Mais c’est hors de…

-  Et ne discute pas, tu ne vas faire que m’énerver davantage sinon.

 

Sans un mot de plus, elle gagna les escaliers. Le sayian grogna, hésita… et la suivit.

 

Il fronça les sourcils quand il entra dans la chambre de Bulma :

 

-  Pourquoi tu m’amènes ici ?

-  Pour te soigner, pardi. Enlève ton t-shirt et allonge toi.

 

Elle lui désignait son magnifique lit. Il écarquilla les yeux :

 

-  Ici ?

-  Ben oui, pas sur l’armoire gros bêta. Je reviens.

 

Sans un mot, elle gagna la salle de bain, et revint avec un tube de crème anti-brûlure. Végéta était toujours debout, immobile, indécis. Elle posa les mains sur ses hanches :

 

-  Ne t’inquiète pas, les draps sont propres, si c’est ce qui t’inquiète.

-  Qu’est-ce que tu comptes me faire ??

-  Tenter d’apaiser la brûlure. Cela ne prendra que quelques minutes, ne t’inquiète pas.

 

Il lui jeta un dernier coup d’œil méfiant puis, de mauvaise grâce et non sans une autre grimace de douleur, il passa son t-shirt par-dessus sa tête, ôta ses baskets et s’allongea sur le dos. Troisième grimace de douleur.

Bulma haussa un sourcil, consternée :

 

-  Et je soigne ton dos comment si tu t’allonges comme ça ? Retourne toi, et plus vite que ça, je n’ai pas toute la nuit moi…

 

Elle faillit ajouter « j’ai vraiment besoin de repos » mais sa fierté l’arrêta à temps. Le Prince sembla réfléchir puis, les lèvres serrées de colère, se tourna pour se retrouver sur le ventre. Bulma enleva à son tour ses chaussures et grimpa sur le lit. Le Prince se redressa immédiatement, suspicieux :

 

-  Qu’est-ce que tu fabriques encore ??

-  Je m’installe pour te passer de la crème, répondit-elle en voulant s’asseoir sur ses reins.

 

La main de Végéta sur sa gorge l’arrêta. A moitié redressé, il plongea ses yeux noirs dans ceux de la jeune femme, tachant d’y trouver un éclair de traîtrise. Elle murmura le plus calmement possible :

 

-  Je te l’ai déjà dit, j’ai confiance en toi, je sais que tu ne me feras pas de mal.

-  Tu es bien trop sûre de toi.

-  Peut-être. Entre temps, après deux ans à vivre sous le même toit, je crois que je mérite un peu plus de confiance, moi.

 

Il l’observa à nouveau. Elle n’avait pas crié, pas bougé. Elle n’avait pas peur de lui. Elle attendait calmement qu’il libère sa gorge, sans baisser ses yeux bleus.

Après tout… que risquait-il ? Quel mal pouvait-elle lui faire ? Elle n’avait pas tort, en deux ans, elle ne l’avait jamais trahi.

Il relâcha son étreinte et s’allongea à nouveau, attendant la suite, mal à l’aise.

Quand Bulma s’assit sur le bas des reins du sayian, elle le sentit se tendre sous elle. Elle sourit pour elle-même : le Prince Végéta allongé, vulnérable, entre les mains d’une terrienne. Elle se sentait fière… non, pas fière. Presque émue, en fait.

Elle fit couler la crème dans ses paumes, et annonça doucement pour éviter toute surprise :

 

-  Je vais te passer de la crème sur la brûlure. Cela sera un tout petit peu sensible au début, mais après la douleur s’apaisera.

 

Il grogna, elle prit cela pour un assentiment, et posa doucement ses mains sur le dos offert.

 

*****

 

Dix minutes plus tard, elle le massait toujours. La crème avait pénétré depuis longtemps, mais elle continuait de pétrir savamment son dos, son cou, ses épaules. Elle sentait rouler sous ses doigts fins les muscles puissants, à présent totalement relâchés. Elle risqua un œil sur le côté : Végéta avait fermé les yeux, sa tête reposant sur ses avant-bras, et… oui, c’était un sourire. Un sourire fin de satisfaction, de plaisir. Bulma susurra :

 

-  Tu veux que j’arrête ?

 

Il grogna :

 

-  Non, je veux que tu te taises, c’est tout.

 

Elle sourit à son tour, et continua de caresser savamment son corps à la fois sculpté et meurtri par les longues journées d’entraînement.

Elle voulait profiter de ce moment d’intimité. Elle savait déjà, inconsciemment, qu’ils seraient très rares, et très précieux.