Où il est confirmé que la politique familiale des saiyens est perfectible et que Son Goku devrait frapper aux portes

par Hel

Je suis navrée. Vraiment. Mais je suis passée brutalement dans un univers parallèle où le temps n’a plus du tout, soudain, la même mesure qu’avant… On m’avait prévenue, je ne l’avais pas cru, j’aurais du.

Bref, tout cela pour vous dire que je n’ai pas abandonné cette histoire, loin de là : j’y pense très fréquemment, l’envie d’écrire est toujours bien présente, mais trouver deux heures pour me poser devant mon ordinateur avec un mug de thé devient de l’ordre de l’exploit. En plus, à ma décharge, ce chapitre (dont je ne suis toujours pas satisfaite) m’a donné du fil à retordre. Mes vraies idées sont pour plus tard, là je suis dans des scènes de transition, et je les gère très mal.

 

Bref : désolée, désolée, désolée. J’espère ne pas tous vous avoir perdus en route. Sinon, tant pis pour moi, cela m’apprendra. La suite ? Elle viendra. Quand ? Alors là…………..

 

Un énorme bisou à Wence, pour sa relecture si rapide et si efficace, et ses suggestions toujours pertinentes… et hilarantes.

Et un gros câlin à Jules et sa maman !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-         Voilà l’ancien palais. Des ordres ont été donnés pour qu’il soit rouvert, mais nous pensions vous loger dans le palais actuel. Il est donc possible que tout ne soit pas encore prêt, je vous prie de bien vouloir nous en excuser. J’espère que cela vous conviendra. Il est moins automatisé que le nouveau, peut-être est-ce la raison pour laquelle notre souverain a décidé d’y installer ses quartiers.

 

Leeka attendit une réponse, qui ne vint pas.

 

Goku, Chichi, Gohan, Videl, Goten, Pan, Trunks et Bra semblaient s’être décroché la mâchoire.

 

Contre toute attente, leur périple dans la cité s’était achevé sur une esplanade baignée de lumière, d’où partait un large escalier qui menait à une vaste allée rectiligne. À son extrémité s’étendait une majestueuse construction d’un matériau manifestement minéral, rappelant le marbre, irisé par les rayons des soleils qui jouaient sur sa surface. Devant le palais, de chaque côté de l’allée, s’étendait ce qui devait avoir été de magnifiques jardins, et qui était devenu avec le temps un superbe enchevêtrement de plantes parfaitement inconnues des terriens, éclatantes de vie et de couleurs. Leeka, suivant le regard de son prince, intervint :

 

-         Les jardins seront remis en état dans un second temps, nous avons donné la priorité à votre confort.

-         Non ! s’écria Goten. N’y touchez pas, laissez cela comme ça, c’est… magnifique ainsi.

 

Le général réprima un froncement de sourcil et lança un regard noir au jeune saiyen. Mais Trunks ordonna :

 

-         Faites ce qu’il a dit. Ne touchez pas aux jardins.

-         Bien majesté.

 

Gohan retrouva à son tour l’usage de la parole :

 

-         Si je m’étais attendu à trouver une construction pareille… ici…

 

Il jeta un coup d’œil derrière lui, comme pour vérifier qu’il n’avait pas rêvé. La haute cité de métal se dressait bien sous le ciel rose, écrasante de modernité, contrastant étrangement avec l’ancien palais. Leeka expliqua :

 

-         Ce palais est très ancien, ses fondations ont plusieurs milliers d’années. Sa forme actuelle date de près de six cents ans, et il n’a plus été utilisé depuis, seulement maintenu en état. Le reste de la cité a été entièrement automatisé, seul ce vestige des anciennes familles royales avait été conservé.

-         Végéta n’y a jamais habité, alors ? demanda Goku.

 

Le général se tourna lentement vers le guerrier, ses traits tendus par une soudaine sévérité. Gohan s’en rendit compte et corrigea :

 

-         Il n’a jamais été habité par l’actuelle altesse royale, dans sa jeunesse ?

 

Leeka avala difficilement sa salive et grinça :

 

-         Non. Avant l’explosion de la planète, il logeait dans l’actuel palais. Mais il a très vite enchaîné les missions vers d’autres mondes, je doute qu’il y ait passé beaucoup de temps.

-         Les missions ? demanda Trunks. Mais je croyais que lorsque Freezer a détruit la planète mon père n’avait que…

 

Il réfléchit quelques instants mais Leeka continua :

 

-         Il avait cinq ans. Les saiyens sont des guerriers nés, ils sont envoyés en mission dès leur plus jeune âge.

-         Oui, ajouta Goku. Moi j’avais été envoyé tout bébé sur Terre !

 

Le général le regarda, stupéfait, mais s’abstint de tout commentaire.

En devisant ainsi, la petite troupe avait descendu les escaliers et avancé le long de la vaste allée, vers l’édifice. Plus ils progressaient, et plus la perspective de l’allée leur faisait réaliser l’ampleur majestueuse du palais. Il s’étalait principalement en largeur, deux ailes attenantes semblant disparaître dans une végétation massive et impénétrable. La façade était peu travaillée, très lisse, percée de deux étages de larges ouvertures qui appelaient la lumière. L’ensemble était d’une perfection épurée, respectant la noblesse et la force de la pierre. La porte monumentale, en métal poli, s’ouvrit à leur approche, glissant dans un sifflement discret et s’effaçant dans la pierre. Leeka les précéda et ils pénétrèrent dans le palais.

 

Chichi mit la main sur sa bouche pour retenir un cri.

 

Une seule pièce aux dimensions gigantesques s’étendait sur la majeure partie de ce premier étage. Aux quatre coins, d’immenses colonnes de cette même pierre soutenaient un plafond légèrement concave dont la surface lisse et claire reflétait l’éclat de la mer.

Car, face à eux, derrière de gigantesques baies ouvertes dans cette même roche, s’étendait l’océan qui recouvrait la moitié de la planète. La salle semblait baignée de reflets, de la lumière des deux soleils qui jouaient sur la surface mouvante de l’eau.

 

Les nouveaux venus restèrent quelques instants immobiles, ébahis par le spectacle qui s’offrait à eux avant de commencer à s’avancer, les yeux fixés sur l’horizon lumineux. Ce fut Pan qui, la première, baissa machinalement le regard vers le sol et laissa échapper un cri. Tous retinrent alors leur souffle en réalisant au même instant que la surface sur laquelle ils s’avançaient était en fait parfaitement translucide et laissait deviner, sous leurs pas, les profondeurs de la mer. Bra mit un genou à terre, glissant sa main sur la surface quasiment invisible qui seule les séparait de l’océan.

 

Leeka avait avancé mais, les sentant s’arrêter, s’était retourné et les toisait, le visage fermé. Sa voix retentit :

 

-         L’ancien palais est construit à la limite même du continent.

-         C’est fou, murmura Goten. De l’extérieur, en arrivant, on ne voit même pas la mer…

-         Nous sommes sur un promontoire rocheux. L’océan est dissimulé par la végétation depuis la façade. Cet endroit est la principale raison pour laquelle le palais a été abandonné.

-         Ah bon ? Comment cela ? demanda Gohan.

-         Il est ridiculement exposé en cas d’attaque extérieure. Ces anciennes considérations architecturales allaient à l’encontre de toute précaution élémentaire de défense de notre souverain.

-         La planète est donc souvent attaquée ? s’enquit Trunks.

-         Jamais avant Freezer, jamais depuis, répondit Leeka avec un éclair de fierté dans le regard.

 

Une voix claire s’éleva alors derrière eux :

 

-         Par Dendé !

 

Tous se retournèrent pour découvrir Bulma, encadrée de quatre saiyens, qui venait d’entrer à son tour. Bra bondit sur ses pieds et s’élança vers sa mère qui l’accueillit en souriant. Goku haussa un sourcil :

 

-         Tu en avais déjà assez ?

-         Non, c’est Végéta qui m’a renvoyée de leur petite sauterie, figure-toi, grinça-t-elle.

 

Tous écarquillèrent les yeux et Trunks balbutia :

 

-         Hein ? Et tu as obéi ?

 

Sa mère haussa les épaules :

 

-         Non, j’ai accepté, nuance. Je crois que c’était… important. Il semble que certaines choses nous échappent ici.

-         Je suis d’accord avec toi, ajouta Pan. J’ai hâte d’en savoir un peu plus sur leurs coutumes, car j’ai le sentiment que certaines choses sont malvenues sans que nous le sachions.

 

La voix grave de Leeka la coupa alors :

 

-         Oui, comme le fait de s’adresser importunément à une altesse royale.

 

La petite troupe se tourna d’un seul geste vers le général saiyen qui, à l’entrée de Bulma, avait mis un genou à terre et les toisait d’un regard sombre. Videl fronça les sourcils :

 

-         Importunément ? Comment cela, importunément ?

-         Il est inconvenant que des… que des saiyens de troisième classe s’adressent à nos souverains, familièrement de surcroît, grinça Leeka qui s’était redressé lentement.

-         Hein ? balbutia Goten.

 

Mais Bulma fit un pas en avant et, les traits sévères, articula lentement :

 

-         Général, je conçois que vous ayez certaines… coutumes. J’en discuterai avec Végéta sous peu, je pense. Mais ce qui ne changera pas, c’est que ceux qui nous accompagnent ont notre autorisation de s’adresser à nous sur le ton qui leur plaît.

-         C’est vrai ça ? demanda Goku d’un air taquin. Alors si on…

-         Sans exagérer non plus, hein ! aboya Bulma à son encontre. Comme d’habitude quoi !

-         Moi, ça me va, répliqua son meilleur ami avec un grand sourire.

 

Leeka acquiesça à regret :

 

-         Bien, majesté.

 

Bulma arbora un sourire satisfait :

 

-         Bon, maintenant que les choses sont claires, faites-nous visiter.

 

************************

 

Trunks se laissa tomber sur le lit et fixa son regard sur le plafond.

 

Tout cela était dément.

 

Le palais, déjà. Trunks comprenait pourquoi son père s’était tout de suite senti à son aise à Capsule Corp : comme sur sa planète, tout y était lisse, clair, moderne, épuré et pratique. Tout en restant absolument sublime. De longs couloirs où on glissait sur des tapis roulants parfaitement silencieux… des portes métalliques qui glissaient, disparaissant dans l’épaisseur des murs de pierre… des pièces vastes, hautes de plafond, avec un confort pour eux fort moderne.

 

Mais tout le reste, aussi.

Ces gardes, ces serviteurs par dizaines qui s’inclinaient toujours avec le même respect. Bien sûr, il aurait du y être habitué de par sa position de Vice Président de la Corp. Mais non, là c’était… autre chose. Il connaissait la Corp depuis toujours, avait été formé à reprendre la direction par son grand-père et sa mère. Mais rien ni personne ne l’avait préparé à devenir le prince héritier d’une dynastie de guerriers sur une planète à l’autre bout de la galaxie.

 

Il soupira profondément, se passant une main fatiguée sur le visage. Quand il rouvrit les yeux, il décela une présence au pied du lit et, immédiatement, se redressa sur les coudes.

 

Pan abaissa tranquillement les deux doigts qu’elle avait portés à son front pour se téléporter, regarda autour d’elle et émit un petit sifflement admiratif :

 

-         Waou, c’est encore mieux que ta chambre chez tes parents.

 

La pièce était en effet extrêmement vaste, de forme ovale, l’immense lit trônant à l’une des extrémités, face à la porte qui se trouvait à l’autre. Sur tout un côté des portes diverses menaient à d’autres pièces aux dimensions légèrement plus réduites, de la salle de bain à la salle d’entraînement en passant par de nombreux placards, tous remplis de tenues princières saiyennes. L’autre côté de la pièce était ouvert sur l’océan, une fine paroi transparente tenant lieu de mur.

 

Le regard de Pan se posa finalement sur le jeune homme qui la regardait, toujours allongé sur les coudes. Il demanda :

 

-         Et vous, comment s’est passée votre installation ?

-         Bien. Nous sommes bien plus loin, tous regroupés dans ce qui semble une aile plus réduite mais très, très confortable. Grand-mère est ravie, elle a tout son petit monde à portée.

 

Trunks grimaça :

 

-         Pfff, encore une fois je suis loin de toi et de Goten.

-         Et oui majesté, renchérit Pan avec une révérence dansante. Il ne s’agirait pas de mélanger ses altesses royales avec de vulgaires troisièmes classes !

-         Très drôle, grinça le jeune homme.

 

Le sourire de Pan s’élargit et, franchissant rapidement l’espace qui la séparait du lit, elle y monta, face à Trunks dans le regard bleu duquel passa une lueur nouvelle. Immobile, il la laissa s’avancer vers lui à quatre pattes sur le matelas, avec la grâce d’un félin. D’une main Pan détacha son ample chevelure qui se répandit sur ses épaules alors que, ayant enfin atteint son but, elle se trouvait à présent au-dessus du saiyen. Trunks la contemplait, le regard fiévreux, le cœur battant. Pan s’assit tranquillement sur les cuisses du jeune homme et, glissant une main dans ses cheveux mauves, se pencha vers lui et lui murmura à l’oreille :

 

-         N’ayez nulle inquiétude majesté, je viendrai veiller sur vous toutes les nuits.

-         Me voilà rassuré sur ma sécurité… mais pas forcément sur la qualité de mon sommeil.

-         On ne peut pas tout avoir, murmura Pan avant de fondre sur les lèvres qui s’offraient à elle.

 

Trunks attira à lui la jeune femme, glissant ses mains sous son t-shirt noir, le lui enlevant sans presque cesser de l’embrasser. Pan gémit et, sans attendre, attrapa à son tour le vêtement de son compagnon et le lui ôta prestement, exhalant un soupir quand elle posa enfin ses mains sur le torse de Trunks. Celui-ci se redressa pour se retrouver assis, Pan toujours à califourchon sur lui. Il glissa ses lèvres sur l’épaule nue de la jeune femme, passant en même temps ses mains dans son dos pour détacher d’un geste précis l’agrafe du soutien-gorge. Pan sentit les bretelles tomber sur ses bras et, se reculant légèrement, croisa en souriant le regard de Trunks :

 

-         Eh bien, quel empressement majesté.

-         Arrête de m’appeler comme ça, j’ai l’impression d’être mon père, c’est horrible !

-         Alors il va falloir me faire taire…

-         Avec plaisir, conclut le jeune homme avant de poser sa bouche à la naissance de la poitrine de Pan.

 

Celle-ci se mordit la lèvre et rejeta la tête en arrière sans cesser de caresser du bout des doigts le torse du saiyen.

 

-         Ah, Pan, te voilà.

 

Les deux jeunes gens se figèrent et tournèrent la tête vers la voix joyeuse qui venait de retentir dans la chambre. Sur le côté du lit se tenait tranquillement Son Goku, son éternel sourire aux lèvres.

 

Après un instant de totale stupéfaction, la jeune fille se jeta à plat ventre sur le matelas, tâtonnant pour retrouver ses vêtements. Trunks, écarlate, tenta de se dégager pour se lever, faisant basculer Pan qui tomba sur le sol. Se cachant peu efficacement la poitrine d’une main, elle reprit ses recherches ; le jeune homme tout en remettant son propre t-shirt se plaça pudiquement devant Pan qui luttait dorénavant pour agrafer son soutien-gorge.

 

Goku sourit largement à Trunks :

 

-         J’aurais du me douter que je vous trouverais ensemble. Cela tombe bien, tu es attendu toi aussi.

-         Ah... euh… Oui…. D’accord… balbutia le jeune homme.

-         Grand-père ! hurla Pan qui s’était enfin relevée dans une tenue décente. Tu aurais pu prévenir !

-         Prévenir ? Mais je ne peux pas, je t’ai rejointe en déplacement instantané. Et puis je ne vois pas le problème.

-         Mais enfin ! Trunks et moi… Enfin… Enfin tu ne peux pas débarquer comme ça ! De quoi on a l’air !

-         En fait, vous me faites un peu penser à Bulma et Végéta, répondit placidement Goku. Je suppose qu’en ce qui te concerne, c’est de famille ! conclut Goku avec un clin d’œil au jeune prince qui aurait donné, en cet instant, bien plus que cette planète pour pouvoir s’enfoncer sous terre.

 

Le saiyen sourit de plus belle et enchaîna :

 

-         Pour ce qui est de Gohan et Videl, on peut reconnaître qu’ils sont plus discrets… Bien qu’une fois, alors qu’on devait s’entraîner, j’ai trouvé ton père qui était en train de lui….

-         Je ne veux pas savoir ! hurla Pan en se plaquant les mains sur les oreilles.

 

Une énorme goutte de sueur perla sur le front de Trunks.

 

-         Ah, répondit Goku. Enfin bon, ce n’est que la nature, hein ! Et puis ton père a de qui tenir lui aussi !

 

Goku partit d’un grand éclat de rire. Trunks rigola nerveusement, les yeux fixés sur ses pieds nus, alors qu’une veine battait furieusement sur la tempe de sa compagne qui grinça :

 

-         Grand-père…

-         Oui ma chérie ?

-         Si tu nous disais plutôt pourquoi tu es là ?

-         Ah oui, c’est vrai. En fait Végéta est revenu, et avec sa gentillesse habituelle il exige qu’on le rejoigne tous dans la salle… Euh… La salle de…

 

Il tenta de réfléchir un instant, puis haussa les épaules :

 

-         Ben je ne sais  plus, il y en a tellement ici. De toute façon nous n’avons qu’à les rejoindre et voilà.

 

****************

 

Les trois saiyens se matérialisèrent dans ce qui ressemblait à une vaste salle de conseil, au cœur même du palais. Tous les autres avaient déjà pris place autour d’une immense table ronde taillée dans un unique bloc de pierre sombre. Végéta trônait à l’une des extrémités, encadré par Asparagus, Leeka et deux autres généraux. Ils eurent un mouvement de recul en voyant ainsi surgir de nulle part Goku et les deux jeunes gens mais la voix de Végéta s’éleva :

 

-         Nous sommes au complet. Voici l’Intendant Asparagus, le chef du gouvernement provisoire de la planète et Leeka que vous connaissez tous. Je leur ai demandé de se joindre à nous. J’ai…

-         Dis, Végéta, j’ai une question !

 

Tous les regards, qu’ils soient surpris, outrés ou encore amusés, se tournèrent vers Goku qui enchaîna en souriant :

 

-         Ce n’est pas tout cela, mais on n’a rien mangé depuis notre arrivée, et là je commence vraiment à avoir très, très faim. On ne pourrait pas dîner avant de discuter ?

 

Les regards se tournèrent vers le roi dont les traits s’étaient figés, à l’exception de la veine qui battait sur sa tempe alors que son visage s’empourprait visiblement. Il grinça entre ses dents, d’un ton pourtant remarquablement calme :

 

-         Kakarot, des ordres ont été donnés, on va nous servir à manger.

-         Ah, parfait ! Ben alors vas-y, explique nous tout ça. Cela me fait drôle, cela fait une éternité que tu ne m’as pas appelé Kakarot !

 

Sans prêter la moindre attention au regard noir que lui lança Végéta et aux mines déconfites des quatre généraux, il se rejeta en arrière dans sa chaise et croisa les mains derrière sa nuque. La voix du roi s’éleva, vibrante de colère contenue :

 

-         Le dénommé Kakarot est le seul autre qui, comme moi, soit un véritable saiyen. Il a quitté la planète à sa naissance, envoyé sur Terre, la planète où j’ai finalement échoué et où vous m’avez retrouvé. Il avait pour mission de la conquérir, mais un choc violent lui a fait perdre son agressivité naturelle ainsi que tout souvenir de cette mission. Il y a été élevé et y a passé toute sa vie. Son nom terrien est Son Goku, mais son nom saiyen est Kakarot, c’est un troisième classe.

 

Cette dernière information fit froncer les sourcils des généraux mais Végéta continua :

 

-         Malgré ses origines inférieures, il est officiellement mon maître d’armes.

 

Asparagus intervint :

 

-         Majesté, je peux comprendre que, sur Terre, vous n’ayez pas eu le… choix. Mais je peux mettre à votre disposition n’importe quel guerrier d’élite qui sera plus qu’honoré de…

-         Non. Si j’avais la moindre chance de pouvoir remplacer cet imbécile, croyez-moi ce serait déjà fait. Mais vous ne trouverez personne de valable, malheureusement.

 

Goku haussa les sourcils mais ne trouva rien à répondre, tout comme l’Intendant qui le dévisagea sans comprendre. Le Roi continua :

 

-         Près de lui se trouve sa petite-fille, Pan. Et mon fils, votre prince, Trunks.

 

Leeka, qui le connaissait déjà, ne bougea pas mais immédiatement Asparagus et les deux autres saiyens s’inclinèrent respectueusement. Trunks se contenta d’hocher brièvement la tête avant que son père continue :

 

-         À côté de lui se trouve Goten, le plus jeune fils de Kakarot

-         Et mon maître d’armes, précisa Trunks en échangeant un coup d’œil avec Goten qui sourit largement.

 

Végéta, imperturbable, continua :

 

-         La femme de Kakarot, qui est une terrienne comme la reine. Leur fils aîné, Gohan, et sa femme. Et, à côté de votre reine que vous connaissez déjà se trouve notre fille, Bra. Votre princesse, donc.

 

Un silence suivit cette présentation. Asparagus balaya du regard tous ces visages, ses traits emprunts d’un étonnement et d’un trouble manifestes. Il dit sur un ton pourtant calme :

 

-         Soyez les bienvenus sur la planète Végéta. Il sera fait en sorte que vous y soyez tous accueillis… convenablement.

 

Chichi ouvrit la bouche pour intervenir mais une main se posa avec douceur sur son bras. Elle tourna la tête pour découvrir le visage grave de Gohan qui, secouant imperceptiblement la tête, la fit renoncer à prendre la parole. Elle soupira et posa sa main sur celle de son fils aîné.

 

À cet instant un serviteur parut à l’une des entrées de la salle, semblant attendre quelque chose. Végéta annonça :

 

-         Bon, le repas est prêt, nous continuerons cette discussion tout en mangeant.

 

L’homme disparut et immédiatement on apporta des dizaines de plats alors que le couvert était dressé devant les convives. Les « terriens » considérèrent avec étonnement le simple vaste bol et la cuillère qui leur faisaient face, et les plats fumants pleins à ras bord de ce qui semblait toutes sortes de viandes cuites et de… purées aux couleurs verdâtres. Après un instant de flottement, la voix de Bulma s’éleva :

 

-         Euh… Et comment mange-t-on ? Où peut-on trouver de quoi… couper tout cela ? Et des baguettes ?

-         Il n’y en a pas, répondit placidement Végéta. La viande se mange avec les doigts, et le reste à la cuillère.

 

Sa compagne faillit s’en décrocher la mâchoire et Bra fit une mine dégoutée. Goku haussa les épaules :

 

-         Moi, du moment que j’ai à manger, tout me convient !

 

Et, avec un sourire, il attrapa un énorme morceau de viande et y mordit à pleines dents, constellant la table d’une giclée de jus brûlant. La voix tremblante de rage d’Asparagus retentit alors :

 

-         Personne à la table royale ne commence de manger avant notre souverain !

 

Goku arrêta son geste, les dents plantées dans la chair dont le jus lui coulait sur le menton. Il cligna des yeux. Végéta, manifestement agacé, soupira profondément et, non sans un regard noir à Goku, annonça :

 

-         Asparagus, j’ai vécu plus de vingt ans sur la Terre. Kakarot n’a même jamais été élevé dans le respect de nos lois. Ni même dans le respect de quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs. J’ai donc renoncé à imposer des règles qui, je le croyais, n’auraient plus jamais cours où que ce soit.

-         Mais Majesté, dit l’Intendant, vous aviez pourtant évidemment le pouvoir d’imposer par la force…

-         Silence Asparagus. Vous ignorez tout, vous l’apprendrez en temps et en heure. Je décrète qu’aucun de ceux qui m’accompagnent ne peuvent être accusés à tort et à travers de manque de respect, sinon cela va être l’enfer.

 

L’intendant, perplexe, ne répondit rien. Végéta se saisit alors de ce qui ressemblait à une énorme cuisse d’animal à la chair bleue pâle et y mordit à pleines dents. Il fut imité dans la seconde par Gohan, Goten, Trunks et Pan. Les terriennes et Bra jetèrent un regard suspicieux vers les diverses purées. Videl, que la faim tiraillait également, se saisit la première d’une sorte de cuillère presque trop large pour sa bouche et goûta la substance tiède. Elle fit une grimace, mais avala néanmoins. Bra, qui avait observé sa réaction, repoussa alors son assiette et croisa les bras. Bulma et Chichi froncèrent également le nez, mais s’efforcèrent de continuer de manger. Gohan attaqua sans conviction un second morceau de viande, mais l’enthousiasme n’y était plus.

 

Finalement, après seulement quelques bouchées, Bulma repoussa à son tour son assiette et s’adressa à Végéta :

 

-         Bon, et si tu nous disais maintenant, toi ou l’un de ces messieurs, quelles sont les… règles en vigueur ici.

 

Elle fronça les sourcils en décelant un léger sourire sur les lèvres de son compagnon avant que celui-ci n’ordonne calmement :

 

-         Asparagus, expliquez-leur.

-         Sur quels sujets majesté ? Les convenances au palais, en public, que ce soit pour la prise de parole, les femmes, les repas, ou même…

-         Pardon ?

 

Tous se tournèrent vers la voix sèche qui venait d’intervenir et découvrirent Chichi, bras croisés, l’air sombre :

 

-         Les femmes ? continua-t-elle en toisant Végéta. Comment ça, « les femmes » ? Quel est le problème avec les femmes, majesté ?

 

Bulma croisa les bras à son tour, attendant manifestement elle aussi une explication que Végéta renonça immédiatement à donner. Il attrapa un nouveau morceau de viande, et répéta posément son ordre :

 

-         Expliquez leur, Asparagus.

 

L’Intendant sembla décontenancé, et tourna lentement la tête vers les quatre terriennes qui le toisaient froidement – Pan et Videl semblaient également fort intéressées par la discussion. Il annonça enfin :

 

-         Sur Végéta, une femme ne peut prendre la parole sans y être invitée, à moins d’être elle-même une guerrière. Aucune femme ne peut s’exprimer librement devant le Roi, fût-elle la reine elle-même. Tout manquement à ces règles de base est puni sévèrement. De mort, éventuellement.

 

Bulma, Chichi, Pan et Videl en restèrent muettes. Bra intervint soudain, de sa petite voix perfidement chantante :

 

-         En plus j’ai appris que maman et Chichi ne servaient à rien.

 

Pour le coup, même les intenses bruits de mastication des saiyens s’arrêtèrent brutalement. Trunks et Goten échangèrent un regard ahuri et Végéta fronça les sourcils. Bulma tourna lentement vers sa fille un visage aux traits figés et demanda d’une voix doucereuse :

 

-         Tu pourrais répéter cela ma chérie ?

 

Bra, manifestement ravie de son effet, leva vers sa mère un regard dont l’innocence n’avait rien à envier à Son Goku. Elle sourit :

 

-         J’ai entendu trois soldats parler. Deux étaient des femmes, elles disaient qu’il était inadmissible que leur roi se soit uni à une terrienne. Que même s’il était désespéré à ce point il aurait du la tuer après. Mais que rester avec elle était aberrant, choquant. Que de toutes façons, des femmes aussi vieilles et inutiles que vous deux n’avaient pas leur place sur Végéta, encore moins au palais.

 

Tous restèrent parfaitement pétrifiés de très longues secondes, pendant lesquelles Bra rejeta gracieusement une mèche de cheveux bleus derrière son oreille, sans cesser de sourire candidement.

 

Bulma, le visage toujours tourné vers sa fille, demanda d’une voix affreusement calme :

 

-         Végéta, cette opinion peut-elle être répandue ?

 

Le roi, manifestement agacé d’être dérangé en plein repas, soupira et répondit froidement :

 

-         Oui. Je ne l’expliquerai qu’une fois. Comme vous le savez, nous saiyens vieillissons beaucoup moins visiblement que les terriens. De plus, vieillir signifie pour nous se battre moins bien, et donc passé un certain âge nous mourrons au combat. Les quelques saiyens qui sont toujours en vie mais plus en âge de combattre sont donc souvent considérés comme des lâches et affectés à des tâches subalternes. Les saiyens doivent donc vous trouver doublement inutiles, puisque vous ne savez pas vous battre.

 

Tous les présents restèrent parfaitement immobiles, à l’exception de Végéta qui réattaqua son morceau de viande. Lentement, très lentement, les regards se tournèrent à nouveau vers Bulma et Chichi.

Chichi, toujours si droite, si déterminée à tout supporter pour ceux qu’elle aimait par-dessus tout et qu’elle soutiendrait toute sa vie : son mari et ses deux fils. Chichi la femme au foyer, l’épouse aimante et fidèle, qui avait toujours su ce qu’elle voulait depuis qu’un petit garçon sur un nuage dorée avait fait irruption dans sa vie. Chichi qui s’était donné les moyens de l’obtenir et de le garder, malgré tout, toujours et à jamais. Chichi, son maintien princier, sa lourde masse de cheveux d’un noir de jais que les soucis n’étaient pas encore parvenus à teinter de gris, son visage régulier éclairé par ses immenses yeux sombres qui brillaient d’une flamme intense.

 

Cette flamme qu’elle partageait, en cet instant comme dans tous les autres, avec celle qui se trouvait face à elle et donc les yeux, d’un bleu pâle et transparent, étaient plongés dans les siens.

 

Bulma Brief, sa fougue, son goût du défi, son égocentrisme qui n’avait d’égal que son sens aigu de l’amitié. Celle par qui tout était arrivé quand, un matin, sa main fine s’était posée sur une étrange sphère dorée dans un grenier poussiéreux. Celle qui n’aimait rien tant que le parfum de la victoire, pour laquelle elle adorait jouer de son corps parfait et sa géniale intelligence. Celle qui avait fait plier le seul homme que, dans tout l’univers, elle avait jugé digne d’elle. Celle qui avait bâti un empire, visité d’autres mondes, fondé une famille.

 

Ces deux femmes, tellement semblables et si radicalement différentes. Si fières, si belles.

Ces deux femmes qui avaient dépassé la cinquantaine, sereinement jusqu’à ce jour.

 

Bulma ne bougea tout d’abord pas. Ce fut Chichi qui, dans un mouvement d’une lenteur terrifiante, posa ses mains à plat sur la table et se leva. Son regard passa machinalement sur l’assemblée figée, sur les victuailles qui recouvraient la surface sombre. Puis sa voix retentit, calme :

 

-         Je ne sers… à rien ?

-         Chichi… bredouilla Goku, que la situation commençait à terrifier.

 

Elle ne sembla même pas l’entendre, mais continua d’une voix sourde :

 

-         J’ai dévoué ma vie à m’occuper de ma famille, à prendre soin de ce qui restait de votre… race et je ne sers à rien ? Et je ne suis qu’une vieille femme inutile ? Et je n’ai pas ma place dans votre monde alors que je vous ai donné la première place dans le mien ?

 

Elle tourna la tête vers les généraux saiyens et articula lentement :

 

-         Je vais vous montrer, moi, si je n’ai pas ma place ici. Si je ne mérite pas votre respect.

 

Les terriens échangèrent des regards affolés à la perspective de ce que serait capable de faire une Chichi hors d’elle.

 

Les doigts de l’épouse de Goku se crispèrent sur la surface de la table, ses ongles crissant sur la pierre et, relevant le menton, elle ordonna sèchement :

 

-         Menez moi aux cuisines. Maintenant.

 

Tous les yeux s’écarquillèrent avant que les visages de bon nombre des convives s’illuminent d’un immense sourire. Les généraux saiyens, stupéfaits, ne surent pas comment réagir. Mais soudain, sans lever les yeux de son assiette, Végéta ordonna froidement à leur attention :

 

-         Faites ce qu’elle dit. Menez-la aux cuisines, et que ceux qui y travaillent lui obéissent sans discussion.

 

Asparagus faillit s’en décrocher la mâchoire puis balbutia :

 

-         Bien… Bien Majesté.

 

D’un geste du menton il ordonna aux soldats présents aux entrées de la salle d’exécuter l’ordre reçu, et deux saiyens s’empressèrent de venir se poster derrière Chichi qui attendait, mains sur les hanches, sourcils froncés. Elle les suivit, disparaissant d’un pas rapide dans les méandres du palais.

 

Goten brandit un poing victorieux vers le plafond et s’écria :

 

-         Trop bien ! ça va être extra !

 

Asparagus le regarda sans comprendre. Cependant la bonne humeur ambiante fut en partie brisée par la voix cassante de Bulma, qui elle rongeait toujours son frein à table :

 

-         Gohan, je te donne quinze minutes pour finir de dîner.

-         Hein ? balbutia l’intéressé. Mais pourquoi Bulma ?

-         Ne discute pas. Finis de manger, et après il faut que nous discutions.

-         Je… Bon, si tu veux.

 

Il échangea un regard surpris avec Videl, puis avec Trunks qui haussa les épaules en signe d’ignorance. Gohan renonça à demander des explications, car Bulma avait croisé les bras et, le visage fermé, semblait perdue dans de sombres pensées.

 

Végéta seul jeta un bref coup d’œil à sa compagne, et un mince sourire passa un instant sur ses lèvres.

 

******************************

 

Pan, qui s’était fait indiquer l’emplacement des cuisines, grimaça en arrivant à proximité et en reconnaissant les éclats de voix furieux de sa chère grand-mère. Elle se félicita de son idée de la suivre, car laisser Chichi seule au milieu de saiyens ne lui avait pas semblé une bonne idée du tout, sans savoir vraiment pour qui.

 

-         ... cuisiner dans un tel dépotoir mal rangé !

 

La jeune femme pénétra dans la salle et s’immobilisa. La pièce était, elle aussi, gigantesque, extrêmement haute de plafond d’où sortaient un tas de conduits et de tubes translucides. Les murs métalliques étaient couverts de ce qui ressemblait à des ouvertures de placards. L’ensemble semblait extrêmement moderne et tranchait avec l’architecture générale du palais. Une trentaine de… personnes étaient rassemblées au centre de la pièce ; certains étaient manifestement des saiyens, mais d’autres semblaient appartenir à des peuples bien évidemment totalement inconnus de Pan. Un tout petit être à la peau vert pâle… Deux autres, très grands et minces, avec une multitude de bras… Une créature orange, presque sphérique n’eussent que les trois petits pattes qui le maintenaient en équilibre sur le sol…

Tout ce petit monde, abasourdi, écoutait les éructations de Chichi qui, plantée au milieu, mains sur les hanches, les incendiait copieusement.

 

-         … allez commencer par me ranger tout cela et par nettoyer ! On ne cuisine que dans un environnement parfaitement propre ! Or de questions que ma famille aille attraper Dendé sait quel microbe bizarre qui traînerait ici ! Je n’ai aucune envie de tester vos hôpitaux moi !

 

Face à la terrienne se trouvait un saiyen qui, par sa prestance et son air contrarié, devait manifestement être le chef de l’endroit. Il avança d’un pas et grinça :

 

-         Il n’est pas tolérable que je me fasse insulter par une… étrangère… unie à un troisième classe de surcroît !

 

L’un des deux soldats qui avaient accompagné Chichi et qui se trouvaient toujours à ses côtés intervint :

 

-         C’est un ordre du roi Végéta. Cette terrienne doit prendre le commandement des opérations.

 

Pan fronça les sourcils : loin de calmer le saiyen, ces propos ne firent que l’agacer davantage et, dans un mouvement de rage, il leva sa paume vers Chichi.

 

-         Vous avez mal du comprendre l’ordre de votre souverain, je pense.

 

Il y eut un instant de totale stupéfaction. Le saiyen réalisa alors qu’il était maintenant à genoux, le bras tordu dans le dos par une poigne d’acier. Tous reculèrent d’un pas, y compris les deux soldats. Seule Chichi, sa première surprise passée, soupira :

 

-         Pan, ma chérie, je m’en sortais très bien toute seule. Mais merci quand même.

 

Tous les autres fixèrent avec des yeux ronds la jeune femme qui semblait être apparue par magie et avoir bloqué l’attaque du saiyen sans que quiconque ait vu quoi que ce soit. Pan jeta un regard sombre au saiyen à genou devant elle, relâchant finalement son bras et reportant son attention vers Chichi :

 

-         De rien grand-mère. Je vais te tenir compagnie, le temps que… qu’ils comprennent à qui ils ont affaire.

 

La terrienne sourit, puis son visage redevint sévère et, avisant un immense établi couvert d’instruments divers, elle s’en approcha et, d’un ample mouvement du bras, mis par terre tout ce qui s’y trouvait. Les ustensiles se répandirent au sol dans un bruit assourdissant. Chichi essuya le revers de sa manche de kimono avec une mine dégoûtée et ordonna sèchement :

 

-         Que la moitié d’entre vous se mette à nettoyer et ranger cet endroit. Que les autres rassemblent sur cette table un échantillon de chaque ingrédient, chaque condiment, disponible sur cette fichue planète.

 

Elle se tut, et son regard sombre passa sur ceux qui, immobiles, les yeux écarquillés, la regardaient sans y croire. Chichi croisa alors les bras et aboya :

 

-         Exécution immédiate !

 

Semblant rappelés à la vie par le hurlement de colère, tous se mirent en mouvement d’un seul coup. Pan, qui se retenait de rire, les vit courir de tous côtés, nettoyant la pièce ou couvrant à toute allure la table de produits divers. Chichi soupira :

 

-         Pan, si tu le veux bien, tu m’aideras à goûter toutes ces… choses, sinon je crois que je vais être malade.

-         Avec plaisir grand-mère, répondit la jeune fille en souriant largement.

-         J’espère que je vais pouvoir faire quelque chose de potable avec tout cela.

-         Là-dessus, je ne suis vraiment pas inquiète.

 

 

*************************

 

Gohan lui-même avait du mal à suivre Bulma tant elle marchait rapidement dans les couloirs, ses talons claquant sur la pierre lisse. Les bras de long du corps, le visage fermé, les poings crispés, elle n’avait plus dit un mot. Elle s’était simplement levée brusquement de table au bout d’à peine quinze minutes, intimant d’un simple regard à Gohan de la suivre. Le saiyen avait obtempéré, tranquillisé par la voix calme de Goku :

 

-         Vas-y, je reste avec Videl.

 

Gohan avait à peine eu le temps d’échanger un regard désolé avec son épouse qui l’avait rassuré d’un sourire, puis avait suivi Bulma au pas de course. Ils arrivaient à présent au niveau des appartements royaux, mais il n’eut pas le temps de s’émerveiller sur l’endroit que déjà Bulma le tirait à l’intérieur de ce qui ressemblait à une salle de travail et se jetait sur l’ordinateur portable qu’elle avait déposé là. Ne prenant pas même la peine de s’asseoir, debout devant le bureau, sourcils froncés, elle ouvrit un fichier et se mit à tracer à main levée ce qui ressemblait à un plan. Gohan s’approcha, la regardant par-dessus son épaule, l’écoutant murmurer pour elle-même :

 

-         … réfléchir sur les dimensions… coefficient de portance… résistance des matériaux… emplacement…

-         Euh… Bulma ? osa le saiyen.

-         Quoi ?

-         Je peux savoir ce que tu comptes faire ? Et en quoi je puis t’aider, donc ?

 

Elle se retourna, toisa son jeune ami avec des yeux surpris et haussa les épaules en désignant l’écran :

 

-         Mais enfin c’est évident ! Je vais finir par croire que tu as eu ton doctorat en invoquant Shenron !

 

Gohan soupira et se concentra sur le plan tracé en quelques secondes. Le tracé était précis, des dimensions avaient été inscrites ça et là… Un espace libre et gigantesque…

 

-         Euh… Un troisième palais ? proposa-t-il sans y croire. Un hangar pour le vaisseau ? Pour trente vaisseaux ?

-         Mais non ! Une salle de gravité bien sûr !

 

Les yeux de Gohan faillirent jaillir de ses orbites.