29ème Tenka Ichi Budôkai

par Hel

La loge présidentielle bruissait des discussions de toute la petite bande enfin réunie. Assises au premier rang trônaient Chichi, Videl et Bulma, à côté de laquelle Bra avait pris place. Près d’elle s’étaient installées Marron et C18. Yamsha, Plume, Oolon et Tortue Géniale occupaient l’autre rangée de sièges, sur la droite. Et derrière, debout et appuyés contre le mur de la loge, se tenaient Krilin, Goku, Gohan, Végéta et Piccolo. Dendé était resté au Palais mais, ils n’en doutaient pas, suivait l’action de près, de même que Monsieur et Madame Brief depuis l’écran géant du salon de la Corp.

Les éliminatoires n’avaient été, bien évidemment, qu’une formalité pour les trois jeunes gens, la principale difficulté résidant pour eux dans la nécessité de ne pas faire subir aux machines le sort que Végéta leur avait réservé quelques années plus tôt. Tous les concurrents sélectionnés allaient à présent faire leur entrée sur la surface de combat pour le tirage au sort. Chichi s’exclama joyeusement :

 

-             C’est une bonne chose qu’ils aient accepté de concourir tous les trois. Je suis ravie de constater que cette querelle entre Trunks et ma petite fille est terminée !

-             Justement, murmura Videl. C’est ce qui m’étonne. Car je pense qu’elle est très loin d’être terminée, au contraire.

 

Bulma acquiesça :

 

-             Je suis d’accord avec toi. Trunks n’avait pas le choix, Végéta l’a inscrit. Par contre, je pensais honnêtement que Pan ne viendrait pas.

-             Elle ne savait pas que Trunks était là, renchérit Marron. Elle m’a encore dit au téléphone cette semaine que Goten l’avait assurée qu’il ne participerait pas !

-             Quoi ? demanda Bulma, les yeux écarquillés. Mais c’est impossible, Goten est au courant depuis un moment que Trunks est inscrit, il était ravi !

-             Goten aurait menti à Pan ? s’exclama Chichi.

-             Et à Trunks aussi manifestement, ajouta Bulma.

-             Son Goku ! Tu entends ça ! Notre fils se met à mentir maintenant ! Je vais reprendre tout cela en mains, crois moi, cela ne va pas traîner ! hurla Chichi, furieuse.

 

Son mari échangea un coup d’œil navré avec Gohan qui lui adressa un petit sourire encourageant.

 

-             Cela ne lui ressemble pas… murmura Bulma tout en jetant un coup d’œil vers sa fille.

 

Bra, étrangement concentrée sur la surface de combat où se pavanait Satan, semblait muette.

 

-             Bra, tu ne serais pas au courant de quelque chose, des fois ? grinça sa mère.

-             Euh… Maintenant que tu le dis… c’est… un peu mon idée en fait.

 

Tous se tournèrent vers l’enfant qui récupéra d’un coup toute sa superbe et décocha un sourire satisfait :

 

-             Ne vous inquiétez pas, tout est prévu, j’ai pensé à tout. J’en avais assez de cette situation ridicule, j’ai décidé de prendre les choses en mains, c’est tout.

-             Et je peux savoir ce que tu as prévu, exactement ? demanda Bulma manifestement inquiète.

-             J’ai TOUT prévu. Je suis ta fille, je suis géniale. Ne l’oubliez pas.

 

Goku ne put retenir un éclat de rire alors que la Présidente de la Corp levait les yeux au ciel. Videl sourit et dit seulement :

 

-             J’espère que tu dis vrai, Bra. Pour une fois, je ne suis pas sûre que quiconque puisse faire changer d’avis ces deux là.

-             C’est une excellente chose que la fille soit venue. Cela fait peut-être deux adversaires potables pour Trunks, trancha Végéta.

-             Eh, mon fils et ma petite-fille sont des adversaires plus que potables ! s’indigna gentiment Goku.

-             C’est ça, on verra, se contenta de répondre le Prince avec un sourire méprisant. Trunks s’est énormément entraîné dernièrement, je ne donne pas deux minutes à tes rejetons.

-             Comme tu dis, on verra Végéta, conclut calmement Gohan.

 

L’éternel présentateur à présent grisonnant avait fait son entrée sous les acclamations et, un à un, appelait les seize concurrents sur la surface de combat. Comme d’habitude, le vainqueur aurait le privilège d’affronter, dans un duel d’anthologie, Satan lui-même. La prénommée Kim avait réussi in extremis à passer l’épreuve de sélection mais ne semblait plus très sûre d’elle en montant l’escalier. Boo était tranquillement entré sous les acclamations et Goten lui, salua le public avec un sourire ravi. Le présentateur, qui avait manifestement gardé le meilleur pour la fin, se racla la gorge, et annonça d’une voix de stentor :

 

-             Mesdames et Messieurs, nous avons l’immense honneur d’accueillir aujourd’hui deux jeunes gens absolument exceptionnels. Le premier n’est autre que le célibataire le plus convoité de cette planète, l’héritier de la prestigieuse Capsule Corporation, j’ai nommé… Trunks Brief !

 

Après un instant de silence total, la foule massée dans les gradins se leva d’un seul geste et tout le stade retentit d’une clameur gigantesque. Mains dans les poches, les traits tendus et manifestement fort agacé, le fils de Bulma fit son entrée dans une atmosphère survoltée. Des centaines de voix féminines hurlaient son prénom et une petite culotte blanche vint même atterrir sur la surface de combat, déclenchant un impressionnant saignement de nez simultané chez Oolong et Tortue Géniale.

Le jeune homme alla s’installer près des autres concurrents, sans accorder la moindre attention à ces groupies hystériques. Goten vint le rejoindre et lui glissa en souriant :

 

-             Dis donc, tu m’en laisseras bien une ou deux, sur le nombre, hein ?

-             Toi, ferme-la, grogna Trunks.

-             Ok… soupira Goten.

 

Le présentateur était enfin parvenu à rétablir un relatif silence, et annonça :

 

-             Notre dernier concurrent… est une concurrente, et pas des moindres. Elle s’appelle Pan Son, mais nous connaissons tous ici son illustre grand-père, car elle n’est autre que la petite-fille de Satan lui-même !

 

La foule à nouveau en délire se leva pour acclamer la petite-fille de son héros quand Pan apparut, rejoignant d’un pas décidé la surface de combat. Elle gardait les yeux fixés sur ses futurs adversaires, tentant de calmer son cœur qui battait la chamade et de ne pas regarder cette multitude impressionnante qui l’acclamait avec ferveur. Des sifflets admiratifs retentirent, hommage peu respectueux à la beauté de la jeune femme. Son débardeur orange dessinait son buste et la tresse que Videl lui avait faite le matin même dégageait l’ovale de son visage. Elle se sentit rougir.

Le présentateur la regarda s’avancer, surpris, et murmura quand elle passa devant lui :

 

-             Mais… La dernière fois… Vous n’aviez pas quatre ans ?

-             J’ai mangé beaucoup de soupe, se contenta-t-elle de répondre avant d’aller se placer parmi les concurrents, à bonne distance cependant de Goten et Trunks.

 

Le présentateur ouvrit la bouche… et renonça finalement à demander quoi que ce soit. C’était étrange, soit. Mais qu’est-ce qui n’était pas étrange avec cette famille ? Il secoua la tête en souriant.

 

Goten adressa à sa nièce un petit signe de la main auquel elle ne répondit pas.

Dans la loge, Bra commença à se demander si elle avait eu une bonne idée, cette fois. Elle sourit cependant en voyant Goten se rapprocher discrètement de Boo. Le fils cadet de Goku murmura à l’oreille de leur ancien ennemi :

 

-             Dis moi, je voudrais que tu me rendes un petit service.

-             Je te connais toi, tu es gentil ! Je veux bien, répondit placidement le gros guerrier rose.

-             Merci. Je voudrais que tu me donnes un petit coup de pouce pour le tirage au sort. Tu peux choisir les numéros ?

-             Bien sûr, c’est très facile. Ton père m’avait déjà demandé.

-             Bien. Je t’indiquerai alors quels numéros prendre, merci Boo.

 

Goten réfléchit. Le but était donc de faire arriver Pan en finale, pour qu’elle se batte contre Boo. Il pouvait, lui-même, se retrouver dans le même tableau que sa nièce ; après tout, la laisser gagner ne lui posait pas plus de problème que cela. À vrai dire, il ne concevait pas vraiment de déchaîner sa puissance contre la jeune fille, surtout sous les yeux de Gohan qui n’apprécierait sûrement pas. Et puis, surtout, pour avoir participé à quelques entraînements de Pan et avoir assisté à son combat contre Gohan, il doutait en fait d’être capable de la battre…

Trunks avait énormément progressé ; mais Boo restait au-dessus du lot, et il y avait peu de chance que l’héritier de la Corp parvînt à prendre le dessus contre ce guerrier quasi parfait. Goten décida donc de mettre Pan et lui d’un côté du tableau, et Trunks et Boo de l’autre. C’était donner les meilleures chances à Pan de rencontrer Boo en finale.

 

Quand les premiers chiffres commencèrent à s’égrainer, il passa à l’action et souffla à Boo :

 

-             Maintenant, il faut que Trunks pioche le numéro six.

 

Le bonhomme rose fronça les sourcils, se concentra… et répondit tranquillement :

 

-             Je ne peux pas.

-             Hein ? balbutia Goten les yeux écarquillés.

 

Trunks sortit sa main de l’urne : il tenait la boule numéro un, celle qui le plaçait dans le même tableau que Pan qui avait le numéro cinq. Goten balbutia :

 

-             Mais que s’est-il passé ? Je croyais que c’était très facile !

-             Je ne sais pas, c’est étrange. Mon pouvoir a été bloqué. Je peux réessayer si tu veux.

-             Euh… Ben pourquoi pas… Quand ce sera à moi, je veux le numéro huit alors. Au moins je me retrouverai face à Pan, et pas à Trunks

-             D’accord, répondit Boo.

-             Monsieur Son Goten ! appela le présentateur.

-             Voilà, j’arrive !

 

Le jeune homme s’approcha de l’urne, y plongea la main… et ressortit la boule numéro quatre. Il grimaça : à moins d’un miracle au premier tour, son deuxième combat l’opposerait à Trunks. Qu’est-ce qu’il allait prendre... Il jeta un coup d’œil à Boo qui hocha la tête d’un air surpris. Ses pouvoirs, pour une raison inconnue, avaient été parfaitement inefficaces.

 

Dans la loge présidentielle, Bra s’était levée, sourcils froncés. Elle s’exclama :

 

-             Mais qu’est-ce qu’il a fabriqué ! Ce n’est pas du tout ce qui était prévu !

-             Ma chérie, je croyais que tu avais tout prévu, remarqua Bulma avec un petit sourire.

 

Sur la surface de combat d’où descendaient les concurrents, Goten leva les yeux vers les fenêtres de la loge et haussa les épaules, marquant sa plus totale incompréhension. Bra croisa les bras et se rassit, manifestement furieuse. Son père sourit :

 

-             Parfait, moi ça m’arrange. Comme cela, Trunks aura l’occasion d’envoyer au tapis vos deux garnements et Boo en finale. La victoire lui est acquise.

-             Ne parle pas trop vite, Végéta, rétorqua Goku.

 

Mais déjà le premier combat commençait, opposant Trunks à un maître sumo… qui ne resta pas plus de deux secondes sur le tatamis, proprement éjecté par un coup de pied rapide et souple de la part du jeune hériter. Celui-ci descendit de la surface sans prêter la moindre attention aux acclamations enthousiastes de la foule. Il dépassa Pan sans lui adresser un regard mais s’arrêta une seconde devant Goten pour lui dire froidement :

 

-             Allez, débarrasse-toi du tien. J’ai hâte qu’on se retrouve.

 

Goten faillit répondre que, lui, il avait hâte de s’expliquer avec Bra, mais préféra éviter d’énerver encore plus son meilleur ami. Il soupira et se dirigea à son tour vers l’aire de combat avec son adversaire. Il en revint à peine trois minutes plus tard, son prétendu rival gisant piteusement sur la civière qu’emportaient prestement les soigneurs.

 

Pan resserra sa ceinture et vérifia que le ruban noir qui retenait sa natte était solidement attaché. À l’annonce de la prochaine rencontre, elle se dirigea à son tour vers la surface de combat sans jeter un regard à Kim qui la suivait deux pas derrière. Quand elle passa devant le présentateur, celui-ci lui glissa d’un air contrit :

 

-             Dites, si vous pouviez juste faire durer un tout petit peu le combat… Le public aime bien, vous savez…

 

La jeune femme lui fit un clin d’œil :

 

-             Bien, comme vous voulez. Cela me servira d’échauffement.

 

Kim, qui n’avait rien entendu, semblait reprendre confiance en elle sous les acclamations du public. Les spectateurs se délectaient d’avance de ce combat des deux jeunes filles, qui n’étaient pas moins que l’élève et la petite-fille de leur héros ! Elles s’avancèrent toutes deux et Pan concentra son attention sur son adversaire : Kim était très grande, fortement bâtie, et portait l’habituel kimono blanc des élèves de son grand-père. Avec la ceinture noire dont, manifestement, elle était très fière. Elle jeta un regard méprisant à Pan :

 

-             Bien on va pouvoir régler cela, maintenant, à la loyale ! Mais je te préviens, petite-fille de Satan ou pas, je ne te ferai pas de cadeau !

-             Mais j’espère bien, répondit calmement la jeune saiyenne avec un sourire franc.

 

La voix du présentateur annonça le début du combat et les deux jeunes filles tombèrent en garde. Elles restèrent parfaitement immobiles pendant un moment, puis Kim se jeta sur Pan.

 

La saiyenne n’en crut pas ses yeux.

Elle réalisa alors une chose qui ne lui avait même jamais effleuré l’esprit : elle ne s’était battue, dans sa vie, qu’avec des saiyens, ou Piccolo. Avec Krilin deux à trois fois, mais elle le savait exceptionnellement doué pour un humain. Là, à regarder cette fille se jeter sur elle au ralenti, dans une attaque qui n’était qu’une suite de mouvements ineptes effectués à une vitesse totalement risible, Pan réalisa le fossé béant qui existait entre eux… et tous les autres. Elle se sentit un peu déstabilisée : que devait-elle faire ? Comment faire durer un… combat pareil ? Elle comprit l’absolue nécessité de retenir ses coups, elle risquait de briser cette pauvre fille comme un fétu de paille.

 

Kim semblait toujours suspendue en l’air, le pied en avant, un rictus sauvage déformant ses traits. Pan décida finalement de se contenter de faire deux pas de côté, tranquillement. Kim manqua de s’effondrer au sol et se rétablit par une roulade. Elle regarda de tous côtés, stupéfaite… et écarquilla les yeux en voyant Pan qui lui souriait gentiment, à un mètre ; elle bredouilla :

 

-             Mais comment… Je ne t’ai pas vue…

-             Tu as du mal regarder. Joli, le coup de pied, remarqua la saiyenne.

 

Dans la loge, Végéta leva les yeux au ciel :

 

-             Quel spectacle pathétique !

-             Pan s’ennuie, la pauvre, reconnut Goku.

-             J’espère qu’elle ne blessera personne, murmura Videl.

-             Aucune chance, elle maîtrise parfaitement sa puissance et n’a aucune raison d’infliger des blessures à son adversaire, répondit Gohan.

-             Si, elle en a.

 

Toute la petite assemblée se retourna pour voir Trunks entrer dans la loge d’un pas nonchalant. Bulma écarquilla les yeux :

 

-             Mais qu’est-ce que tu fais là ? Il est interdit aux compétiteurs de quitter les vestiaires pendant les phases du tournoi !

-             Pour me sanctionner encore faudrait-il qu’ils m’aient vu partir, répondit calmement son fils.

-             Tu disais que Pan a des raisons d’en vouloir à cette fille ? interrompit Videl.

-             Elle est à la fac avec elle. Elles avaient eu un léger accrochage, je crois que cela ne déplairait pas à Pan de donner une leçon à cette fille.

 

Le fils aîné de Goku écarquilla les yeux, regarda l’aire de combat… et sembla réaliser :

 

-             Mais oui, tu as raison, cette Kim me dit quelque chose, je l’ai peut-être déjà eue en cours, en amphi…

 

Bra sourit à pleines dents :

 

-             Waou, si cette fille a énervé Pan, alors qu’est-ce qu’elle va prendre !

 

Chichi et Videl jetèrent un regard inquiet à Goku, qui ne put qu’acquiescer en grimaçant. Gohan sourit doucement :

 

-             Faites-lui confiance ; elle connaît sa force.

 

Yamcha jeta un coup d’œil à Trunks :

 

-             Tu es venu assister au combat d’ici ?

-             Non, aucun intérêt, répondit froidement le jeune homme. Je suis juste passé vous voir, je m’ennuie à mourir là-bas. D’ailleurs je vous laisse, je vais aller manger un morceau.

 

Sur ce, il tourna les talons et sortit sous le regard inquiet de sa petite sœur. La voix de Goku retentit :

 

-             Tiens, moi aussi je crois que je vais…

-             Tu restes ici ! hurla Chichi. Tu viens de manger et c’est ta petite-fille qui se bat, là !

 

Le guerrier se rassit, penaud, et  reporta son attention sur la surface de combat où, en effet, il ne se passait rien d’intéressant : Pan esquivait, bougeant à peine, bloquant un coup de poing d’une main et retenant un bâillement de l’autre. Jugeant finalement qu’elle avait perdu bien trop de temps à ces simagrées, elle décida d’y mettre un peu du sien et d’en finir. Après tout, elle avait un compte à régler avec cette Kim. L’autre tentait au même instant un balayage, que Pan esquiva d’un saut gracieux. Elle en profita pour dégager à son tour le pied d’appel de Kim qui chuta et, sans bien savoir comment, se retrouva allongée sur le dos, les deux bras bloqués sous les pieds de Pan. Celle-ci se pencha vers elle en souriant :

 

-             Alors, comme ça mon père est … quoi déjà ? Un enfoiré ? Un salaud ?

 

Kim cligna des yeux et balbutia tout en essayant en vain de se libérer :

 

-             Quoi ? Mais de quoi tu parles ?

-             Pan SonSon Gohan… ça fait « tilt » ?

 

Les yeux de la fille s’écarquillèrent et Pan y vit briller un éclair de réalisation… et de panique. Elle sourit :

 

-             Eh oui, je suis non seulement la petite-fille de ton héros, mais aussi la fille de ton prof préféré.

 

Elle libéra alors Kim qui bondit sur ses pieds et se remit en garde. Cette fois le sourire de Pan disparut et elle annonça simplement :

 

-             Je crains que tu ne rates les prochains cours. Je n’aime pas qu’on manque de respect à ma famille.

 

Et sur cette affirmation, elle détendit sa jambe et frappa. Un coup léger, porté avec la tranche du pied, qui atteignit Kim au niveau de la mâchoire dans ce que Pan aurait pu qualifier de « caresse ». L’élève de Satan alla s’écraser dans la paroi entourant la surface de combat, au pied des gradins. Son corps retomba lourdement au sol. Les soigneurs se précipitèrent, pour vérifier ce que Pan savait déjà : Kim serait immobilisée un bon moment, mais ne souffrait d’aucune blessure réellement grave.

 

Déjà la foule acclamait la gagnante du combat qui, elle, se contenta de lever les yeux en souriant vers la loge présidentielle alors qu’elle quittait l’aire de combat. Quand Pan entra dans le bâtiment principal, elle sentit une main se poser sur son épaule et tourna la tête : son oncle lui souriait.

 

-             Bien joué. Là, je pense qu’elle a compris la leçon.

 

La jeune fille ne put retenir un sourire :

 

-             J’espère bien. Mais je suis toujours furieuse contre toi, Goten. Je t’ordonne de battre Trunks en quart de finale.

-             Pour pouvoir me mettre une bonne raclée en demie ?

-             Exactement.

-             Le problème c’est que Trunks rêve de faire la même chose, sauf qu’il en aura l’occasion avant toi ! répondit Goten avec une grimace.

-             Alors je compte sur toi. Tu ne vas quand même pas te faire battre par le fils de Végéta ? railla Pan.

-             Ben… Il a vraiment énormément progressé, il s’est entraîné comme un fou ces derniers mois depuis que…

 

Le jeune homme se tut alors que le visage de sa nièce s’assombrissait. Ils savaient pertinemment la raison de ces entraînements forcenés de l’héritier de la Corp. Pan annonça froidement :

 

-             Je vais manger un morceau.

 

Elle s’éloigna à grands pas, et Goten la suivit en soupirant. Quand ils entrèrent dans le restaurant, Trunks en sortait. Pan détourna la tête, refusant de croiser ce regard bleu acier qui la brûlait. Le fils de Végéta disparut à nouveau dans la foule. L’oncle et la nièce s’attablèrent et dévorèrent en silence un nombre impressionnant de plats tous plus copieux les uns que les autres. Ils avaient tout le temps devant eux, attendant sereinement les quarts de finale, et surtout le premier qui opposerait Trunks à Goten. Pour le moment, les cinq combats suivants ne les intéressaient nullement : Boo sortirait vainqueur du sien, c’était le seul point important.

 

Le brouhaha enthousiaste qui s’éleva à l’annonce du début des quarts de finale rappela l’oncle et la nièce vers la surface de combat. Trunks attendait, tranquillement appuyé contre le mur du stade. Il leva les yeux en sentant les kis de Pan et Goten approcher, et darda son regard bleu vers le jeune saiyen :

 

-             Cela va être à nous.

-             Je sais. N’oublie pas que j’ai toujours une revanche à prendre.

-             Pour la revanche, tu devras encore patienter.

 

« Le premier quart de finale va opposer Trunks Brief à Son Goten » annonça l’arbitre. Les deux jeunes gens se dirigèrent vers la surface de combat. Pan hésita, puis cria :

 

-             Bonne chance, Goten !

 

Son oncle lui fit un sourire par-dessus son épaule en s’éloignant. Trunks jeta un regard à la jeune fille, et murmura :

 

-             Tu as raison, il va en avoir besoin.

 

Pan lui jeta un regard haineux qui sembla glisser sur lui sans l’atteindre. Les deux garçons sortirent du bâtiment et furent accueillis par une foule bruyante et ravie. Ils grimpèrent lestement les marches et se dirigèrent vers l’arbitre qui annonça dans son micro :

 

-             Mesdames et Messieurs, nous allons assister à un match extraordinaire. Ces deux jeunes gens ont déjà en effet concouru ici, il y a plus de dix ans, lors de l’exceptionnelle dernière finale de la catégorie junior !

 

Les exclamations du public redoublèrent d’intensité et le présentateur dut attendre quelques longues secondes avant de continuer :

 

-             À l’époque, c’est le jeune Trunks Brief qui avait remporté ce combat passionnant. Voyons si son ami prendra sa revanche ! Messieurs, quand vous voulez.

 

Les deux saiyens se mirent en garde face à face.

Dans la tribune présidentielle, seule la voix enjouée de Goku brisa le silence :

 

-             Ah, enfin un combat intéressant !

 

Goten et Trunks restèrent quelques instants parfaitement immobiles, les yeux dans les yeux, tous leurs sens concentrés au maximum. Ceux qui en étaient capables sentaient leurs énergies respectives augmenter au fur et à mesure. Au même instant, un sourire se dessina sur leurs visages, et ils s’élancèrent l’un contre l’autre.

 

*******************

 

Le silence dans le stade était total. Les spectateurs, sidérés, les yeux écarquillés, tentaient désespérément de suivre le combat qui se déroulait devant eux. Les coups pleuvaient, lancés et bloqués avec une force, une perfection sans égal. Les seuls sons qui brisaient ce silence de mort étaient les halètements d’effort des deux combattants, ou leur cri étouffé quand ils encaissaient un coup plus rude que les autres.

 

Gohan murmura, admiratif :

 

-             Végéta, ton fils a fait énormément de progrès. Goten va avoir du mal.

-             Euh… parce que vous arrivez à voir quelque chose, là ? demanda Oolong.

 

Le Prince se contenta d’arborer un sourire satisfait : Trunks se battait bien, très bien même. Ses gestes alliaient puissance et précision. Ses attaques portaient bien plus souvent que celles de Goten, et Végéta savait parfaitement que son fils était loin de ses réelles possibilités. Il s’était réjoui de voir Trunks se remettre à s’entraîner plus que jamais après le départ de cette fille, avec au ventre cette rage qui seule faisait exploser la puissance des saiyens. Trunks avait suivi le même entraînement que son père, sans jamais demander grâce, sans jamais se plaindre. Des mois durant, plusieurs heures par jour dans la salle de gravité, il avait supporté les coups les plus dur et les remarques les plus acerbes du Prince. Mais la colère qui l’habitait lui avait fait serrer les dents, car la douleur qu’il ressentait était bien au-delà de tout ce que son corps pouvait subir. Les regards compréhensifs de Goten, les mots tendres de sa mère… Ce n’est pas de cela dont il avait besoin. Végéta avait été le seul à comprendre son manque, et l’avait comblé. Trunks s’était jeté à corps perdu dans cette quête d’un apaisement qu’il avait en partie trouvé. La souffrance physique, l’épuisement total de son corps lui avaient au moins permis… d’oublier. Et de progresser, à une vitesse hallucinante. Goten en faisait les frais en ce moment même.

 

-             Vous… Vous arrivez à suivre ? demanda l’arbitre d’une voix tremblante à Pan qui s’était adossée au mur du stade.

-             Oui, répondit-elle simplement sans quitter des yeux la surface de combat.

-             Le combat ne va pas durer longtemps, à une vitesse pareille…

-             Pensez-vous, il n’a même pas encore vraiment commencé.

 

Les yeux de l’arbitre sortirent de leurs orbites derrière ses lunettes noires et il regarda, hagard, la jeune femme souriante qui avait énoncé cela comme si c’était la chose la plus évidente. Il gémit :

 

-             Dites, cette fois, ils ne vont pas tout casser ?

-             Alors là, je ne vous promets rien. Mais mon grand-père fera tout réparer, comme d’habitude, ne vous inquiétez pas.

 

L’arbitre soupira et tourna à nouveau son regard vers l’aire de combat. Justement, les deux adversaires venaient de s’immobiliser au centre de la surface. Si Trunks récupéra rapidement une respiration plus calme, Goten lui peinait à retrouver son souffle. Il essuya d’un revers de main le filet de sang qui lui coulait de la lèvre et sourit :

 

-             T’as fait de sacrés progrès.

-             Je te l’ai dit, Goten. Le jour de ta revanche n’est pas arrivé.

-             C’est ce qu’on va voir. Assez joué !

 

Et, dans un cri, Goten concentra son énergie, faisant exploser son aura autour de lui. Ses cheveux virèrent au blond et son regard se fit aussi pâle que celui de Trunks. Ce dernier sourit :

 

-             Déjà ?

 

Et à son tour, dans un hurlement, il passa au niveau de super saiyen. Un murmure d’incompréhension et d’admiration fit vibrer la foule des spectateurs. Goten se remit en garde et dit :

 

-             Ça m’a manqué, de me battre avec toi.

-             Moi aussi, admit Trunks.

 

Ils se regardèrent un instant, et se lancèrent à nouveau l’un contre l’autre dans un fracas étourdissant d’énergie. Les coups se remirent à pleuvoir, d’une puissance décuplée. Leurs corps s’élevèrent petit à petit dans l’air, sans qu’aucun des spectateurs ne songeât plus à rien dire tellement la scène était de toutes façons hallucinante.

 

-             Et là, bien sûr, vous suivez toujours… demanda l’arbitre à Pan.

-             Bien sûr.

-             Ils semblent de force égale, non ?

-             C’est mieux que tout à l’heure, Goten s’est un peu réveillé, mais cela restera insuffisant. Ils le savent tous les deux.

 

Pan répondait machinalement, sans quitter les deux garçons du regard. La scène était, à ses yeux, magique. Les voir là, se battre pour le simple plaisir de la compétition, était merveilleux. Dans son monde, dans l’avenir d’où elle venait, le dernier combat qui les avait réunis avait scellé leur destin tragique. Alors que là, ils ne prenaient que du plaisir, que le bonheur pur de partager avec son meilleur ami ce que si peu de personnes pouvaient comprendre. Ils étaient habitués à se battre ensemble, depuis toujours. Ils avaient grandi ensemble, ils avaient découvert leur puissance ensemble. Ils avaient combattu Boo ensemble, et personne ne maîtrisait mieux la fusion que ces deux là. Il y avait entre eux une alchimie qu’aucune querelle ne pourrait jamais entacher, un lien évident et éternel. Ils étaient dans la fleur de la jeunesse, insouciants et beaux, heureux et en vie. Alors qu’il terrifiait les milliers de spectateurs massés dans le stade, ce spectacle réchauffait le cœur de Pan d’une intense émotion.

Son oncle allait perdre. Tant pis, il fallait un perdant de toutes façons. Et Trunks avait non seulement un an de plus que Goten, mais il avait toujours été habité de cette flamme que lui avait léguée Végéta et qui le rendait plus tenace, plus exigeant. Un peu, juste un peu. Mais c’était cette légère différence qui, à chaque fois, faisait pencher la balance de son côté. Ce n’était que justice : Végéta n’avait jamais réussi à atteindre le niveau de Goku, restant toujours un cran derrière. Trunks représentait sa revanche, et Goten serait à son tour toujours légèrement, très légèrement moins puissant.

 

Elle grimaça quand le poing de Trunks atteignit à pleine puissance l’estomac de Goten. Ce dernier se plia en deux, le souffle coupé, et son ami en profita pour lui envoyer un coup de genou sur le côté de la tête. Le jeune homme para in extremis, mais la force du geste le propulsa quand même de nombreux mètres plus loin. Il se redressa lentement, haletant. Trunks ne lui laissa pas une seconde de répit et se précipita à nouveau sur lui.

 

Pan entendit l’arbitre murmurer près d’elle :

 

-             Cela va faire plus de vingt minutes que le combat a commencé…

-             Il va bientôt s’achever, répondit-elle.

 

C’était une question de minutes, tout au plus. Goten était épuisé, et Trunks ne lui laissait aucune chance. C’était normal, c’était les règles. La jeune fille suivait chaque geste du fils de Végéta avec une grande attention : il serait donc son adversaire, en demi-finale. Elle admirait sa technique, sa précision, sa puissance et l’élégance de chacun de ses mouvements. Pan s’était très peu battue avec lui, ou avec Végéta, dans son enfance et, évidemment, jamais depuis son arrivée ici. Leur technique était assez différente de celle de sa famille. Pan savait qu’elle devait elle-même beaucoup à l’entraînement de son grand-père, et donc à l’école de la Tortue et à Kaio, entre autres. Mais elle devait encore bien plus à Gohan, qui était lui-même imprégné du style de Piccolo. L’enseignement de son père et du Namek étaient la base de sa propre maîtrise des arts martiaux. Enfin, surtout, chacun s’était forgé au cours des années sa propre technique, ses propres attaques.

 

Alors que sur la surface de combat, Goten avait de plus en plus de mal à faire face aux assauts de Trunks, Pan fronça les sourcils : pouvait-elle, en fait, se battre contre celui qu’elle avait tant…aimé ? Elle doutait soudain de la pertinence d’un tel combat. Elle doutait d’arriver à le frapper à pleine puissance quand sa seule présence la laissait si mal à l’aise. Et lui ? Là, face à Goten, il était évident qu’il laissait exploser son énergie… Allait-il accepter un combat contre elle ? Elle n’était, après tout… qu’une fille. Jamais l’un des membres de la Z Team ne s’était réellement battu contre une femme, et Végéta et Trunks n’étaient pas forcément les moins obtus sur le sujet. Elle se demandait, soudain, si le prestigieux héritier de la Corp n’allait pas purement et simplement mépriser le combat contre elle et s’en tenir à sa victoire contre son ami et adversaire de toujours, Goten.

 

Sur l’aire de combat, le dénouement était proche. Les deux amis semblaient s’être mis d‘accord pour ne pas utiliser de décharge d’énergie, et se contentaient d’un combat à mains nues. Réunissant ses dernières forces, Goten s’élança contre Trunks… qui disparut au dernier instant. Goten s’arrêta de justesse sur le bord de la surface, mais le centième de seconde que le fils de Goku mit à localiser son adversaire lui fut fatal : réapparaissant derrière lui, Trunks lui décocha un coup de pied latéral d’une puissance inouïe. Goten, épuisé et surpris par l’attaque, fut déstabilisé et, sans avoir le temps de concentrer sa puissance pour se maintenir en l’air, alla s’écraser au sol. Hors de la surface autorisée.

 

Après un long moment de silence total, le public sembla enfin prendre conscience de l’issue du combat, et une immense clameur s’éleva, célébrant la victoire du fils de Bulma Brief.

Goten, assis au sol, tentait de retrouver un semblant de respiration normale alors que ses cheveux avaient repris leur couleur naturelle. Il releva finalement la tête, et rencontra le regard rieur de son meilleur ami qui, penché vers lui, lui tendait la main. Goten sourit et se laissa hisser d’un seul mouvement sur la surface de combat. Courbé en avant, les mains sur les genoux, il parvint à articuler entre deux profondes respirations :

 

-             T’as vraiment fait des sacrés progrès.

-             Merci, répondit Trunks. Mais nous savons toi et moi que tu pourrais me rattraper en peu de temps.

-             Je n’en suis plus si sûr, admit Goten.

 

Souriant tous deux, ils se tournèrent vers l’arbitre qui s’approchait prudemment. Celui-ci demanda au vaincu :

 

-             Euh… Vous voulez qu’on appelle un médecin ?

-             Non, merci, ça ira.

-             Ah, bon, si vous le dites… balbutia l’homme.

 

Ils descendirent ensemble les marches de l’aire de combat, sous les acclamations enthousiastes du public devant un combat d’une telle intensité… et une amitié d’une telle sincérité. Les deux saiyens rejoignirent l’entrée du bâtiment principal d’un pas lent. A l’instant où ils ne furent plus visibles de l’extérieur… ils s’effondrèrent au sol :

 

-             La vache, qu’est-ce que tu m’as mis ! hurla Goten.

-             Tu peux parler ! Je dois avoir l’empreinte de ton poing sur la figure, gémit Trunks.

-             Et comment t’as fait ce truc, tu sais, la combinaison avec tes deux genoux puis tes coudes et…

-             Ah ouai, je te montrerai. Elle est bien, hein ?

-             Tu parles, tu as du m’éclater quatre côtes avec ce coup-là !

-             Oui, et bien en attendant, moi je ne sens plus mon avant-bras gauche, tu me l’as purement broyé en me maintenant au sol.

-             Attends, moi je dois avoir au moins deux fractures à la cheville droite, tu…

 

Pan, un peu plus loin dans l’ombre, les écoutait se chamailler. Les deux amis étaient allongés à terre, entre grimaces de douleur et éclats de rire. Elle sentit une profonde émotion lui étreindre la poitrine. À cet instant, une main se posa sur son épaule et elle tourna la tête. Goku lui fit un clin d’œil en souriant et dit d’un ton enjoué :

 

-             Ah, ces deux là, je te jure…

 

Elle lança un sourire radieux à son grand-père qui se dirigea finalement vers les deux combattants. Goten se redressa difficilement sur les coudes en voyant approcher son père :

 

-             Papa ? Qu’est-ce que tu fais là ?

-             Chichi était folle d’inquiétude, avoua Goku en se grattant la tête. On a eu beau lui dire que vous alliez bien tous les deux, elle m’a obligé à venir t’apporter un senzu. Tiens, j’en ai un pour toi aussi Trunks, même si ton père trouve que tu ne l’as pas mérité.

 

Goten et Trunks sourirent largement aux paroles du guerrier et avalèrent chacun l’un des précieux haricots. Dans la seconde qui suivit, ils étaient sur pieds. Goten s’étira et s’adressa à son père :

 

-             Je vais t’accompagner à la tribune, je vais venir regarder le reste des matchs avec vous tous.

-             Très bien ! Mais dis moi, avant… Cela te dirait de faire un détour par le restaurant ? demanda Goku.

-             Bien sûr ! s’empressa de répondre Goten.

 

Goku se retourna alors vers Pan :

 

-             Tu nous en veux si on n’assiste pas à ton prochain match ?

-             Non, répondit-elle en souriant. Je ne pense pas avoir trop de mal à me qualifier pour les demi-finales.

-             Oui, c’est après que cela va se corser ! renchérit Goten.

 

Le regard de Pan glissa sur Trunks qui sembla également prendre conscience de la présence de la jeune femme. Leurs sourires disparurent à tous deux et ils détournèrent les yeux au même instant, le visage tendu. Goku et Goten échangèrent un regard navré, haussèrent les épaules, et après avoir souhaité bonne chance aux deux jeunes gens, s’éloignèrent vers le restaurant. Pan, que le présentateur appelait pour son prochain combat, disparut vers l’extérieur alors que Trunks s’éloignait vers les vestiaires pour s’isoler un moment.

 

**********************

 

Quand le père et le fils rejoignirent la loge présidentielle, ils furent accueillis par une Chichi hystérique :

 

-             Non mais ça ne va pas, j’étais morte d’inquiétude ! Je ne savais même pas si Goten allait bien et où vous étiez !

-             Mais ma chérie, balbutia Goku, j’étais parti lui donner un senzu, il allait forcément bien, et…

-             Et vous êtes allés manger je parie ! Sans même me donner la moindre nouvelle de mon petit Goten !

-             Euh… oui maman, mais tout va bien, je…

 

Chichi s’était ruée vers lui et faisait une inspection en règle de son état général, sourcils froncés. Elle marmonna :

 

-             Je vous jure… Quelle idée de se battre comme ça… Trunks et toi auriez pu vous faire très mal…

-             Ben oui, mais tu connais cela, c’est un combat, le but c’est de faire mal à l’autre, hein… bredouilla Goten en se grattant l’arrière de la tête.

-             En parlant de combat, je suis extrêmement déçue ! Tu t’es encore fait battre par Trunks ! Heureusement que Pan reste en lice, sinon la récompense nous serait encore passée sous le nez ! s’exclama Chichi, furieuse.

-             Je suis désolé, mais il était vraiment fort, hein, il a beaucoup progressé.

 

Végéta sourit, satisfait, les bras croisés contre la poitrine, appuyé contre le mur :

 

-             Et encore, je connais mon fils, il n’a pas utilisé toute sa puissance, loi de là.

 

Bulma leva les yeux au ciel en souriant alors que tous les présents félicitaient tout de même Goten pour ce magnifique combat. Jusqu’à ce que Bra se plante devant lui, mains sur les hanches, ses yeux pâles lançant des éclairs :

 

-             Ça suffit les compliments. Goten je peux savoir ce que tu as fabriqué ? Tu devais demander à Boo d’influer sur le tirage au sort pour que Pan se retrouve contre lui en finale !

-             Hein ? s’exclamèrent-ils tous.

-             Parfaitement ! renchérit-elle en levant fièrement le menton. Comme ça elle aurait été en difficulté et mon frère aurait volé à son secours.

 

Tous regardaient Bra, trop sidérés par ce plan hallucinant pour même songer à rire. Goten se défendit :

 

-             Mais je n’y suis pour rien moi ! J’ai demandé à Boo, il était d’accord, mais il n’a rien pu faire, il a dit que ses pouvoirs n’avaient pas marché !

 

Goku, Végéta et Piccolo froncèrent les sourcils et le père de Goten lui demanda :

 

-             Pas marché ? Comment cela ?

-             Boo ne savait pas. Il prétendait que c’était facile, qu’il devait juste changer les numéros… mais au moment d’agir il a dit que son pouvoir était bloqué.

-             Bloqué ? répéta Gohan, également étonné.

 

Goten acquiesça. Les guerriers échangèrent un coup d’oeil où se mêlaient surprise et inquiétude. Qu’est-ce qui pouvait bloquer les pouvoirs de Boo ? Et pourquoi ?

Videl, seule, sourit et son regard tomba sur la surface de combat où l’arbitre, son micro en main, s’avançait pour annoncer le début des demi-finales. Comme prévu, Pan s’était qualifiée sans aucune difficulté. De son côté, Boo remporterait plus tard sa propre demi-finale, et rencontrerait donc soit le fils de Végéta, soit la fille de Gohan en finale. La voix bien connue de l’arbitre retentit dans les haut-parleurs et l’attention de tous se tourna vers lui :

 

-             Mesdames et Messieurs, c’est une rencontre absolument historique qui va avoir lieu maintenant. Car cette première demi-finale va opposer deux immenses célébrités : la petite-fille de Satan lui-même, Pan Son, contre l’héritier de Capsule Corporation, Trunks Brief !

 

Toute la Z Team se rapprocha instinctivement des fenêtres de la loge alors que les deux jeunes gens, à bonne distance l’un de l’autre, faisaient leur entrée. La foule en délire hurlait des acclamations et des encouragements pour les deux concurrents qui, concentrés, n’entendaient rien. Chichi murmura, inquiète, à l’adresse de Bulma :

 

-             Ma pauvre Pan… J’espère que ton fils ne va pas y aller trop fort, c’est une toute jeune fille !

-             Ne t’inquiète pas, répondit son amie en souriant, je connais Trunks, c’est quelqu’un de doux et la galanterie est une de ses nombreuses qualités. C’est mon fils, après tout.

-             Mais c’est aussi le mien, ajouta Végéta avec un mauvais sourire.

 

Quand l’arbitre annonça enfin le début du combat, les deux jeunes gens se placèrent face à face. Pan respira profondément et se mit en garde. Devant elle Trunks, le visage fermé, fit de même. La jeune fille ne parvenait pas à déceler ses intentions ; elle le savait tendu, mais il n’avait pas concentré son énergie. Il avait battu Goten, mais sans que l’un ou l’autre déchaînât réellement toute sa puissance. Ils s’étaient contentés d’un combat à mains nues, et il avait été clair qu’aucun des deux ne désirait réellement blesser l’autre. Pan ne voulait pas de ça, Pan ne voulait pas d’une demi victoire. Elle n’était pas une jeune femme fragile et méprisable, elle était une saiyenne et entendait bien être considérée comme telle, même par Trunks. Elle le lui signifia sèchement :

 

-             Nous savons toi et moi que tu ne t’es pas donné à fond contre Goten. Je refuse que tu m’épargnes, je veux un vrai comb

 

Le poing de Trunks l’atteignit avec une force ahurissante en plein ventre. Projetée à plusieurs mètres, elle se plia en deux et mit un genou à terre, le souffle coupé. Le jeune homme s’avança d’un pas et, se remettant en garde, la toisa froidement :

 

-             Tu parles trop. Bats toi.