De l'art de bien commencer la journée

par Hel

La journée du lendemain passa à la fois très vite… et très lentement. Videl avait en effet accepté à regret d’aller en ville avec Erasa faire quelques courses, activité qu’elle n’appréciait guère d’habitude. Elle avait également pris son courage à deux mains pour appeler Bulma et lui demander si Trunks et Goten pouvaient rester à Capsule Corp le lendemain. La Présidente de Capsule Corp l’avait félicitée de ses résultats d’examen… et d’avoir enfin prévu un moment à passer avec Gohan. Elle se chargerait des garnements, Videl pouvait profiter de sa journée tranquillement.

 

Le plus difficile fut en fait de laisser sur son bureau sa montre spéciale. Elle avait appelé le commissaire de la ville, le prévenant qu’elle ne serait pas disponible le lendemain, et qu’il était fort probable qu’il en soit de même pour le Guerrier Intergalactique. A priori, la cité était calme en ce début de vacances, et le fonctionnaire ne sembla pas s’alarmer plus que cela de l’absence pour une journée des deux super héros.

Quand Videl entendit la sonnerie de la porte d’entrée, elle jeta un dernier coup d’œil à la montre… puis se détourna, attrapa son sac, et sortit de sa chambre d’un pas rapide.

 

-             Ah, ma chérie !  sourit Satan alors qu’elle descendait l’escalier.

 

Elle sentit son propre sourire s’élargir quand elle remarqua les joues de Gohan qui s’empourpraient légèrement alors qu’elle approchait de lui. Faire les magasins avec Erasa n’avait donc pas été une vaine corvée… Elle portait un short taille basse, bleu marine, avec un petit débardeur près du corps assorti ; Gohan sourit et dit :

 

-             Bonjour Videl. Tu es ravissante.

-             Merci Son Gohan.

 

Il n’était pas mal non plus, avec son pantalon de toile léger, beige et son t-shirt blanc tout simple. Satan leur tapa sur l’épaule :

 

-             Allez les enfants, passez une bonne journée, vous l’avez bien méritée ! Je vous laisse, j’ai une séance d’autographes.

 

Gohan sourit en voyant Videl lever une fois de plus les yeux au ciel, désespérée.

 

-             Merci Monsieur Satan, à plus tard !

-             A plus tard, amusez-vous bien !

 

Les deux jeunes gens quittèrent le manoir Satan et Gohan demanda :

 

-             Où veux-tu aller ?

-             En fait, j’irais bien à la plage… Tu as ton maillot ?

-             Bien sûr, par ce temps-là !

 

Ils s’envolèrent dans le ciel limpide du matin, en direction du littoral. Une légère brise rafraîchissait l’air chaud, et déjà devant eux la mer miroitait sous l’éclat du soleil de juillet.

Ils se posèrent sur une plage un peu à l’écart et installèrent rapidement leurs serviettes de bain sur le sable. Videl balaya l’espace du regard : pas un chat, la mer, le soleil, et le sable fin. Et Gohan.

Une journée parfaite. Une journée juste pour eux.

 

Elle se tourna vers le jeune homme et l’observa du coin de l’œil alors qu’il enlevait rapidement pantalon et t-shirt, se retrouvant en caleçon de bain rouge sombre. Videl se mordit légèrement la lèvre : elle ne se lasserait jamais d’aller à la plage avec Gohan… Elle se détourna et, à son tour, fit glisser ses vêtements, se retrouvant dans le deux pièces bleu pâle qu’elle aimait tant.

 

Le jeune homme avala difficilement sa salive en la regardant s’étirer face à la mer. Il laissa malgré lui son regard glisser sur le corps fin et musclé de la jeune fille, déjà hâlé par les longues heures passées à réviser et à s’entraîner dans le parc de Satan, ou chez les Briefs, ou dans les montagnes.

 

Videl tourna la tête en souriant vers Gohan :

 

-             On va se baigner ?

-             J’irai après, ma mère nous a préparé un petit-déjeuner encore plus copieux que d’habitude. Je ne sais vraiment pas comment font Goten et mon père pour engloutir tout ça…

 

Videl rit et partit en courant vers la mer. Le jeune homme la suivit du regard en souriant et s’allongea sur sa serviette, les mains croisées derrière la nuque.

 

Oui, ce serait une magnifique journée.

 

Il rouvrit les yeux quelques minutes plus tard en sentant le ki de Videl se rapprocher. Elle avançait vers lui en souriant, sa peau brillante des gouttes d’eau salée, ses cheveux plaqués autour de son visage aux traits fins et enfin détendus. Elle se laissa tomber sur sa serviette à côté de Gohan. Celui-ci se redressa sur un coude, allongé sur le côté, et regarda la jeune fille en souriant. Elle avait fermé les yeux, étendue sur le dos, laissant le soleil la sécher. Sentant le regard de Gohan, elle ouvrit les paupières et plongea dans les pupilles sombres du saiyen. Elle demanda :

 

-             Quoi ?

-             Rien. Je suis content d’être là, c’est tout.

 

« yes Yes YES !!!!!!!!!!!!!! » hurla la jeune fille intérieurement. Elle sentait son cœur battre à tout rompre, et en même temps elle n’aurait jamais cru rester si calme. Elle murmura :

 

-             Moi aussi.

 

Sans un mot, elle se redressa à son tour sur la côté, face à lui, avança la main et la glissa dans celle que Gohan gardait posée au sol. Le jeune homme cessa de respirer un instant… puis, à la grande surprise et à la grande joie de Videl, entrelaça leurs doigts sur le sable. Il baissa les yeux vers leurs mains jointes, les regardant comme la chose la plus simple et la plus extraordinaire de l’univers. Doucement, d’un geste doux du pouce, Videl caressait la peau de Gohan. Elle ne voulait pas brusquer les choses, elle le sentait à la fois stressé et parfaitement détendu.

 

Ce que jamais Videl Satan ne se serait avoué, c’est qu’elle était elle-même, à cet instant, totalement bouleversée, à la fois impatiente et… paniquée par ce qui pouvait suivre. Elle demanda doucement :

 

-             Alors, tu t’es décidé pour la fac ?

 

Gohan releva les yeux vers le visage de Videl :

 

-             Oui, ce sera médecine.

-             Tu es bien sûr ? Tu renonces à la physique ?

 

Il acquiesça et enchaîna :

 

-             Je veux pouvoir être utile, sauver des vies, enfin si j’y arrive.

 

Videl rit doucement :

 

-             Gohan, je te rappelle que tu as déjà sauvé la planète entière, et tu avais à peine dix ans.

 

Le jeune homme rougit et baissa à nouveau les yeux vers leurs mains jointes.

 

-             Ce n’est pas pareil… C’était mon devoir, puisque j’en avais la possibilité. Là, je veux pouvoir aider de façon plus… conventionnelle. C’est difficile de se dire que nous, mon père, Végéta et les petits, on s’en est sortis à chaque fois, grâce à nos pouvoirs, et aussi grâce à Dendé et aux senzus, et que les habitants de cette planète n’en profitent pas.

-             Mais si, nous en profitons, vous veillez sur nous.

-             Ce n’est pas… suffisant. Je voudrais pouvoir donner des senzus à tout le monde, tout le temps…

-             Mais tu ne peux pas, il y en a très peu, s’il en reste. C’est normal que vous en profitiez, car derrière vous êtes toujours là pour nous. Et puis cela ne guérirait pas les maladies.

-             Oui, mais je veux pouvoir… compenser un peu. Sauver des vies avec mes connaissances, comme n’importe quel médecin ici. Pas seulement grâce à mes pouvoirs. Je veux pouvoir aider sans me battre, autrement. Comme toi tu vas le faire en entrant à l’école de police.

 

Videl observa son visage aux traits fins, les mèches de cheveux noirs qui voletaient doucement sur son front, et sentit son cœur se gonfler de fierté et d’amour.

Il était exceptionnel. Et il était à elle, pour toujours.

 

Comme s’il suivait ses pensées, il releva la tête et plongea à son tour dans les yeux clairs de Videl. Il sembla hésiter un instant, puis murmura en souriant :

 

-             Et puis, il y a bien un jour prochain où le Guerrier Intergalactique et son assistante se marieront, auront des enfants, et voudront faire autre chose que passer leur temps à voler au secours de tout le monde, tout le temps.

 

Le cœur de la jeune fille manqua un battement. L’espace d’un bref instant, perdue dans l’extrême douceur du regard de Gohan posé sur elle, elle se demanda si c’était bien elle qui avait organisé la journée… ou s’il ne l’espérait pas autant qu’elle.

Elle cessa de se demander quoi que ce soit quand Gohan se redressa lentement pour s’asseoir face à elle. Du bout du doigt, il essuya une goutte d’eau qui avait glissé sur la joue de la jeune fille… et laissa finalement sa main forte et douce posée sur le visage de Videl. Hypnotisée, le cœur battant à tout rompre, elle vit Gohan fermer doucement les yeux alors qu’il se penchait vers elle.

 

Elle ferma à son tour ses paupières, tremblante d’impatience, et se redressa à son tour à la rencontre de celui qu’elle aimait de tout son être.

 

Mais le contact tant espéré, tant imaginé, ne vint pas. Ne rencontrant que l’air, elle finit par perdre l’équilibre et tomba à la renverse, le visage dans le sable.

Elle se redressa, furieuse, pour découvrir Gohan debout, les traits fermés, le regard porté sur le ciel de la côte. Il murmura sans regarder Videl :

 

-             On a de la visite.

 

Elle eut à peine le temps de se lever que, déjà, Goten et Trunks atterrissaient devant eux dans un magnifique duo de dérapages contrôlés, lançant du sable à deux mètres à la ronde. Le petit frère de Gohan hurla sur l’air bien connu :

 

-             Tatata tata !!!!

 

 

 

 

Non, Gohan n’est pas un crétin. Gohan n’est pas son père, Gohan est un jeune homme de dix-sept ou dix huit ans seul, sur une plage, avec sa copine en bikini. Je veux bien qu’il soit timide, mais pas complètement abruti non plus ! ;-)