Yakuza

par Sugar

 

Chapitre 1

 

Yakuza (やくざ)

 

Le soleil s’était levé sur le sol japonais depuis un petit moment. Kaori  n’avait nullement envie de s’extirper de la tiédeur de son lit. Le planning de la journée ne l’enthousiasmait pas. L’ambiance  y devait être pour quelque chose. Depuis quelques temps il paraissait était étrangement calme pour les City Hunter.

Il y avait bien eu deux affaires,  mais, elles n’avaient pas fait palpiter le cœur des nettoyeurs. Par conséquent, une douce et surprenante routine s’était installée. Kaori l’appréciait mais elle commençait à s’en inquiéter.

Dans le milieu dans lequel ils vivaient, le calme n’était pas bon signe. En général, il annonçait un mauvais présage. Sans grande conviction, elle fit un effort pour se lever et se motiver à aborder  malgré tout la journée. D’une manière machinale, la nettoyeuse se remémora les tâches à effectuer durant la matinée. Elle devait se préparer et confectionner le petit déjeuner. Elle devait également réveiller son partenaire. Seulement ensuite, elle partirait à la gare pour consulter le tableau. Rien d’exaltant. Néanmoins, une petite note positive était à relever : elle irait certainement voir Miki .

 

Lorsqu’arriva le moment le plus cocasse de leur relation, Kaori se muta en un être conquérant.  D’un pas décidé, elle se rendit à la chambre du nettoyeur. Sans ménagement, elle ouvrit la porte en ordonnant à la masse informe, cachée sous les draps, de se lever prestement. Ne bougeant pas malgré sa première somation, la nettoyeuse sentit déjà la massue prête à surgir. Elle se rapprocha de son lit et enleva le drap avec brusquerie.

_ « Lève-toi Ryo ! « Hurla-t-elle excédée par sa paresse en lui offrant malgré tout  une deuxième somation.

Le drap vola à travers la chambre. Le tableau qui se présenta à elle, la fit bondir. Le grand nettoyeur du Japon était nu, recroquevillé sur un oreiller. Cette sculpture japonaise pouvait rivaliser avec les Nus les plus connus. Serrant davantage sa partenaire de coton, un sourire baveux apparut sur son visage endormi. A la vue de sa nudité, Kaori devint aussi rouge que le traditionnel tee-shirt du nettoyeur. Prise au dépourvue par ce spectacle, la nettoyeuse hésita. Serrant les poings de rage, elle se sentit stupide de ne pas savoir comment réagir.

_ « Ryo, debout ! »

Seul un grognement étouffé lui parvint à ses oreilles rougies par la gêne. Resserrant son étreinte avec l’oreiller qui épousait parfaitement son corps, Ryo murmura d’une manière sensuelle :

_ « J’arrive Okuni j’arrive ……… »

«  Okuni » répéta la nettoyeuse intérieurement en ressentant le feu lui envahir le corps

_ « Okuni ? » hurla-t-elle avec rage

En quelques secondes la nettoyeuse fit apparaitre sa massue. Après l’avoir fait tournoyée d’une manière acrobatique, elle l’envoya sur son partenaire pour l’extirper de son lit abritant ses pensées lubriques. Le pauvre nettoyeur sonné, n’en n’avait pas encore terminé avec son supplice. Une fois par terre, elle lui envoya une nouvelle fois la massue afin que le japonais soit projeté avec violence contre le mur.

Un nouveau tableau se présenta à elle. Le plus grand nettoyeur du Japon s’était transformé en un cadre corporel incrusté au mur. Folle de rage, elle serrait les poings tant le prénom murmuré lui avait fait tressaillir le cœur. Mais à la vue de son travail artistique, la nettoyeuse devint une nouvelle fois écarlate. Le pauvre nettoyeur nu, se tortillait frénétiquement afin de s’extirper de sa torture en bois. Elle n’avait pas été de main morte.

_ « Qu’est ce qui te prend de dormir nu Ryo ! » s’écria Kaori en mettant les mains devant ses yeux afin ne plus voir la nudité de son partenaire.

 

Sans tarder, Kaori sortit de la chambre du nettoyeur pour vite effacer ces images troublantes. Dans un grognement, Ryo se dégagea de son étau de bois, en frottant vigoureusement sa pauvre tête violentée.

_ « J’ai quand même encore le droit de dormir nu si cela me chante Kaori ! » S’écria  le japonais excédé par la pudeur maladive de sa partenaire.

Après s’être assis  en tailleur par terre, tout en croisant les bras, le nettoyeur tentait de reprendre le fil de ses idées. Ce matin, le réveil avait été plus brutal que d’habitude. Il trouvait l’attitude de sa partenaire injuste. Le japonais avait fait des efforts en espaçant ses sorties nocturnes. De ce fait, il s’abattait inévitablement sur ses revues coquines. Kaori ne semblait pas encore satisfaite de son attitude héroïque. Il regarda le tas de magazines jaugeant le sol de sa chambre. Ryo en prit un au hasard. Il ne fallut pas plus de quelques secondes pour qu’un sourire concupiscent fasse son apparition sur son visage.

« kon’nitchiwa Min-Hee Kim » susurra-t-il en fixant la photo d’une sublime créature coréenne. Depuis quelque temps, il élargissait son champ de vision aux beautés asiatiques.  Le nettoyeur trouvait d’ailleurs ce magazine coréen tout à fait prometteur. Cette nouvelle revue plus qu’érotique était tout à fait sympathique. Il se mit à rêvasser d’un réveil coréen exaltant ses sens. Un rire graveleux s’extirpa de sa gorge contractée. Face à des idées prometteuses, le Mokkori fit sa levée matinale

_ « Ryo !! »

Baissant la tête d’exaspération en écoutant les rugissements de sa partenaire, Ryo se résigna à stopper le réveil qu’il aurait tant souhaité. Kaori n’avait pas l’air bien compréhensible ce matin.

_ « J’arrive Kaori » S’écria- t-il sans grande conviction

Ce fut le bruit de porte fermée avec violence qui lui répondit. De toute évidence, la nettoyeuse n’était pas de très bonne humeur. Soupirant, il avait parfois du mal à gérer les crises de sa partenaire. Sans attendre, il se leva en enroulant le drap autour de sa taille. Il partit l’observer par sa fenêtre. Malgré sa contrariété à son encontre, un sourire se dessina en la regardant marcher. A sa démarche, il percevait son agacement. Cela était un très bon point. Aujourd’hui, il avait cette envie irrépressible de la faire  enrager. Il adorait la faire sortir de ses gongs Le nettoyeur savourait sa timidité. Il adorait torturer sa pudeur en la poussant un peu plus dans ses retranchements.

Malgré sa colère contre lui, la nettoyeuse tentait par tous les moyens d’effacer son image dénudée qui dansait devant ses yeux. Elle était troublée. Secouant la tête, elle accéléra le pas pour vite rejoindre le tableau de la gare. Ce fut sans grand étonnement qu’elle le trouva désespérément vide. Aucune personne n’avait laissé de XYZ. Etrange. Sans en comprendre la raison, la nettoyeuse sentit une présence non loin d’elle. Kaori se retourna discrètement pour analyser le hall de gare. On l’observait. Elle en était persuadée. Mais, elle ne ressentait pas véritablement de danger.

Elle se balada à travers la gare, s’arrêtant à la presse, pour percevoir d’où venait cette aura. Elle ne la trouva pas. Kaori ne ressentit plus rien. Quelque peu tracassée par cette étrange présence, elle se décida à partir au Cat’s.

Ce fut avec soulagement qu’elle s’engouffra dans l’établissement. Après s’être installée, Kaori se mit à discuter avec Miki tranquillement. Il n y avait pas grand monde depuis quelques temps. Ce fait rassura quelque peu la nettoyeuse. Néanmoins, il fallait absolument qu’un client se manifeste bientôt. Certes, Ryo avait fait un effort quant à la lapidation de leur petit pécule. Mais leurs économies fondaient comme neige au soleil.

La matinée se déroula agréablement. Un tintement léger se fit entendre annonçant la venue d’un client. Se retournant machinalement au son de la cloche, Kaori aperçut un homme franchir le pas de la porte. La première sensation était toujours déterminante lors d’une première rencontre. Il n’était jamais venu ici. La nettoyeuse ne fut pas indifférente en observant le singulier client. Son visage était à l’image de son corps. Délicatesse. Ses traits étaient très fins et agréables. Sa sombre chevelure lui conférait une note d’obscurité, dans ce tableau de douceur. Sa veste noire accentuait sa finesse avec élégance. Certes, il n’avait pas la même carrure de Ryo. Mais, sa physionomie était très agréable au regard. Son jean contrastait avec sa veste chic bien coupée. Le côté décontracté attirait l’attention féminine. Adressant un sourire discret aux propriétaires des lieux, il partit s’assoir à une table prés de la devanture. Toussotant, Umi discret jusqu’à présent, rappela sa femme à l’ordre. Cette dernière observait le bel inconnu avec insistance. Sursautant au grognement de son mari, l’ancienne nettoyeuse partit aussitôt vers lui pour le servir

L’ambiance du Cat’s s’était métamorphosée La nettoyeuse chuchotait tandis qu’Umi semblait braqué. Quelque chose s’était brisée. Pourtant, l’étranger semblait calme et paisible en buvant son café. Il resta un long moment à observer les gens passer dans la rue.

La nettoyeuse estima qu’il était temps de rejoindre son partenaire. Alors qu’elle se préparait à partir, le jeune homme régla son café. Sans tarder, Kaori salua ses amis et sortit du café d’un pas pressé. Elle s’en voulait de sa réaction vis-à-vis de Ryo. Elle avait bien remarqué ses efforts de ces derniers temps. Il sortait moins la nuit. Mais le prénom qu’il avait énoncé ce matin, lui avait brisé le cœur en mille morceaux. Combien de temps ce jeu de non-dits allait-il durer ? C’était parfois épuisant. Mais, la douceur de leur vie quotidienne allégeait son épreuve sentimentale. Vivre à ses côtés chaque jour, la rendait heureuse. Le voir faire des efforts la comblait. La nettoyeuse se promit de se radoucir aujourd’hui.

Kaori parcourut à peine quelques mètres lorsqu’une détonation retentit avec fracas. Elle eut à peine le temps de se retourner en direction de l’origine du bruit, qu’elle se vit projetée au sol. Choquée par la violence du heurt, elle releva la tête hagarde. Une voiture noire avait surgi dans la rue. Des armes étaient sorties des fenêtres teintées à moitié ouvertes. Elle s’aperçut en une fraction de seconde que le client du café lui avait évité d’être exécutée. Soudainement, cet étranger la poussa sans ménagement pour se cacher derrière une voiture afin de se protéger des tirs. Une violence inouïe s’abattit sur eux. Sortant brusquement son arme, il tenta d’abattre le conducteur de la voiture meurtrière crachant violemment ses balles. Ce fut un combat démesuré au vu des moyens déployés par ces hommes bien décidés à les tuer. Se protégeant comme ils le pouvaient derrière l’habitacle métallique, l’inconnu patientait pour repartir au front. L’homme qui venait de la sauver, était de toute évidence très à l’aise avec les armes à feux. Kaori fut terrifiée en voyant les devantures exploser sous le nombre colossal de munitions. Des Tintements de verres brisés, des déflagrations, l’odeur de poudre...La rue s’était transformée en un champ de bataille. Cette scène dura à peine quelques minutes mais parut une éternité pour Kaori. Dans un dernier élan, l’homme se mit à découvert en se relevant avec rapidité  pour viser une dernière fois la voiture. A peine  le geste effectué, un éclatement se fit entendre. Un pneu avait été touché. Le sauveur de Kaori s’accroupit aussitôt, le regard  fixé sur la nettoyeuse.

Le conducteur de la voiture constatant son cuisant échec, freina  d’une manière sèche. En un quart de seconde,  il accéléra malgré le pneu crevé. Les attaquants ne pouvaient plus rester. Le silence retomba aussitôt dans la rue. Fort heureusement peu de monde était présent au moment des faits. Les personnes présentes s’étaient refugiées comme elles le pouvaient derrières les voitures en se plaquant au sol.

L’inconnu rangea d’un geste rapide son arme. La nettoyeuse encore sous le choc, cherchait des réponses dans son énigmatique regard. Cet homme était troublant.  Son regard aussi. Elle fut interpelée par le tatouage naissant au cou de cet étrange personnage. Il était jusqu’alors caché par sa veste noire. Cet ange gardien lui adressa un  sourire rapide  avant de prendre la fuite. Les sirènes des voitures de police retentissaient déjà. Il ne devait pas rester. Il était armé.

 

Les gens assistant à ce déploiement de violence furent choqués. Depuis un an, il était devenu rare, que des règlements de compte se fassent dans les rues de Tokyo. Le gouvernement japonais menait une politique implacable pour les faire disparaitre. Ils étaient d’ailleurs fiers de leur chiffre officiel quant aux morts par balle. Il faisait parmi les plus faibles du monde.

Tremblante, Kaori se releva tant bien que mal. Encore choquée, elle regarda tout de suite en direction du Cat’s. La devanture était criblée de balles. La peur lui saisit le cœur. La nettoyeuse se précipita vers l’établissement pour s’assurer que rien ne leur était arrivé. Avec soulagement, elle aperçut le couple dans la salle, constatant avec amertume, les dégâts provoqués par la fusillade.

_ « Kaori » s’écria l’ancienne nettoyeuse en se précipitant sur elle

Se rassurant mutuellement, la nettoyeuse avait encore la vision de cet homme arme en main.

_ « Miki, le client de toute à l’heure m’a sauvé la vie ! » Déclara la nettoyeuse encore abasourdie.

Prévenu quasiment dans les minutes qui suivirent la fusillade, Ryo arriva rapidement sur les lieux. Après s’être rassuré quant à l’état de sa partenaire, il entreprit de comprendre ce qui venait de se passer. Saeko les avait rejoints dans la foulée. L’affaire était sérieuse. L’attaque avait été très violente. Il y aurait pu avoir de nombreuses victimes. La jeune nettoyeuse tenta tant que bien que mal d’expliquer le déroulement de la scène

_ « J’étais sortie du Cat’s..Et après avoir effectué quelques mètres, j’ai été plaqué au sol par l’homme dont je viens de vous parler. Il était armé et à l’aise quant à son utilisation. Il a tenté d’abattre le conducteur mais avec les vitres teintées c’était difficile. Il a juste touché le pneu»

 

Sourcillant à la déclaration de sa partenaire, Ryo la regarda fixement

_ « Quel était le modèle de la voiture ? » interrogea le nettoyeur

 

_ « Je ne sais pas Ryo, cela s’est passé si vite. » répondit Kaori

Griffonnant toute les informations, Saeko releva la tête de son calepin

_ « Et cet homme, peux-tu nous le décrire Kaori ? »

_ « Oui »

La jeune nettoyeuse commença à le décrire physiquement en détail. Ryo Saeba eut un rire nerveux. Sa partenaire n’était pas en mesure de dire le modèle de la voiture mais elle était capable de décrire avec exactitude  son étrange sauveur. Ignorant le rictus mauvais du japonais, Kaori termina sa description.

_ « J’oubliais…Il a un tatouage au niveau de la nuque. »  Rajouta-t-elle.

Le nettoyeur eut un regard métallique en apprenant ce détail

_ « Comment était ce tatouage Kaori ? » Demanda le japonais

_ « Je ne sais pas » Murmura-t-elle

La jeune nettoyeuse n’aima pas du tout le regard de son partenaire

_ « Allez Kaori, fais un effort ! Tu as été jusqu’à nous dire la pointure de ses chaussures »  Lança Ryo avec un sourire faussement plaisantin

Bien qu’elle n’aimait pas particulièrement sa remarque acerbe, elle fit un effort  de concentration. Son tatouage semblait important vu la masse colorée qu’elle avait aperçue. Mais elle n’en n’était pas sûre. Reprenant le fil des événements, Umi fit part de ses impressions quant à cet homme. Il n’était pas venu là par hasard. Cet homme n’était jamais venu dans son établissement. Le hasard ne semblait pas être la réponse appropriée. Le nettoyeur ne pouvait s’empêcher de fixer du regard Kaori à la recherche d’une réponse. Qui était cet étrange homme qui venait de sauver sa partenaire ?

_ De toute évidence, il s’agit d’un Yakuza ! Déclara Saeko en refermant son calepin

Hochant positivement de la tête, umi et Ryo se lancèrent un regard entendu. Cette histoire n’était pas normale. Il fallait vite comprendre ce qui se tramait derrière tout cela.

Le retour à l’appartement se fit dans le silence. Le nettoyeur, mains sur le volant fixait la route tandis que Kaori regardait par la fenêtre. Elle n’avait pas du tout apprécié sa réaction. Il semblait froid. De toute évidence, la journée n’allait pas se dérouler comme elle l’avait imaginée. Elle qui s’inquiétait de ce calme ambiant, elle venait de recevoir la confirmation de ses doutes. Mille questions se bousculaient. Pourquoi avait-on voulu la tuer ? Qui était cet étrange Yakuza ? Pourquoi était-il venu au Cat’s ? Ce fut dans ce flot d’incertitudes, qu’elle rentra enfin chez eux. L’attitude de Ryo n’avait nullement changé. Irrité, il partit aussi vite dans sa chambre sans lui parler. Le reste de la journée se déroula dans un silence absolu. Ce ne fut pas sans difficulté que Kaori alla voir son partenaire en soirée. Nerveuse, la scène de la matinée passait en boucle dans sa tête. Le comportement de Ryo l’avait achevé.

_ « Oui »

Ce fut le seul mot qu’il prononça en la voyant prés de la porte de sa chambre.

Elle remarqua bien vite, qu’il était sur le point de partir. Après avoir mis son holster, il enfila bien vite sa longue veste. De toute évidence, il était de sortie ce soir. En le voyant prêt  à sortir, le cœur de la jeune nettoyeuse se serra de douleur. Une rageuse jalousie l’empara. Elle était persuadée qu’il allait se rendre au Kabukichô

_ « Tu vas la voir ? » Demanda Kaori sans détour

Surpris de sa question, le nettoyeur stoppa sa marche et se retourna vers elle

_ « Qui cela ? » lança-t-il d’une manière détachée

 

_ « Okuni ? Elle est jolie je suppose » répondit Kaori la mâchoire contractée.

Les yeux du nettoyeur s’agrandirent de surprise face à l’audace de sa partenaire. Elle lui parlait sans détour. Après quelques secondes de flottement, il haussa les épaules

_ « C’est un très belle femme ! Je te laisse » Affirma le nettoyeur en tournant les talons pour ne pas voir l’effet de sa phrase sur sa partenaire.

Alors qu’il s’installa dans sa célèbre Mini, le nettoyeur ne put réprimander un sourire en pensant à Kaori.

« Idiote » pensa-t-il en démarrant la voiture. Son objectif premier de cette nuit était de retrouver l’identité de ce mystérieux Yakuza.

Il trouvait étrange qu’un Yazuka se montre ainsi. Le pays vivait actuellement un important changement judiciaire. La répression gouvernementale avec la loi Antigang de 1992, et celle Anti blanchiment de 1993, commençaient à faire leurs effets dans son secteur. Cette loi antigang « Boryokudan Ho ou Botaiho » avait pour objectif de couper les ramifications et de ficher les bandes organisées. Elle permettait ainsi d’altérer l’image des yakuzas auprès de la population. Les Yakuzas étaient un emblème controversé du pays du soleil levant. Le Japon demeurait jusqu’à présent, le seul pays au monde où les organisations mafieuses s'affichaient au grand jour. Cette loi était censée venir stopper cette pratique.

 

Les Yakuzas  devaient désormais se cacher. Que faisait cet homme dans l’établissement de Falcon ? Il était persuadé que ce n’était pas un simple pion envoyé par son maître. Malgré ces lois, le nettoyeur n’était pas dupe. La pègre japonaise demeurait vivante dans le pays. Elle agissait dans l’ombre. Le calme ambiant était juste temporaire. Il fallait le temps que le monde de trafiquant s’adapte aux nouvelles données gouvernementales.

Depuis la fusillade, divers sentiments se mélangeaient en lui. Soulagement et colère. Apaisé car Kaori n’avait pas été blessé. Mais, le nettoyeur était contrarié. Le japonais avait du mal à l’accepter qu’un Yakuza l’avait quelque peu effacé.

Peut-être cela s’apparentait à de l’orgueil, mais Ryo lui en voulait horriblement. Il aurait du être là. Pas lui.

Lui qui avait de bonne intention durant la nuit, l’idée involontairement suggérée par Kaori l’inspirait. Si le temps le lui permettait, le japonais irait peut-être faire un tour pour se divertir. Mais en premier lieu, il devait aller voir ses indics pour tirer cette histoire au clair concernant ce Yakuza.