Moteur... ET ACTION !

par Punky-chan

[La première partie de cette fiction est la trace écrite de bouts de scènes filmées par Tomoyo pendant une année universitaire avec Sakura, Shaoran et Eriol, la seconde se passe cinq ans plus tard et est rédigée comme une fiction habituelle. Voilà, sur ce bonne lecture en espérant que ça vous plaise !]

 

 

[ La caméra s’allume sur une jeune fille aux cheveux de miel, de dos, marchant d’un pas déterminé.

 

Naaaaan attend Saki j’avais pas encore allumé ma caméra ! Ressort de l’école et re-rentre s’il te plait, ordonna son amie.

- Tomoyo… Pourquoi as-tu emmené ta caméra ?

- Ça semble logique non ? Ma Sakura d’amour qui rentre à l’université !! Je ne pouvais pas louper ça. Je m’en serais voulu toute ma vie, répondit la caméraman avec un air tragique.

 

Le rire de l’actrice improvisée rit et s’approche de l’objectif.

 

- Tu devrais être actrice de ton film, tu joues très bien la comédie !

- Bien dit ! Mais je veux du naturel et toi tu ne joues pas la comédie justement, et puis tu es bien plus jolie que moi ma Saki.

- Je risque pas de jouer la comédie, c’est des vrais moment de ma vie, c’est pas un film, enfin bref, quoi que je dise tu auras toujours le dernier mot, hein ? rit Sakura.

 

Une sonnerie se fait entendre, Sakura prend son sac qu’elle avait posé à terre et le met en bandoulière, elle regarde son amie avec un sourire crispé.

 

- C’est l’heure. T’es prêtes ?

- Moi ? Toujours ! s’exclama Tomoyo caché derrière sa caméra.

- Eteins moi ça, tu vas pas rentrer en classe avec ta caméra, si ?

- Crois moi si je pouvais je le ferais mais j’ai trop peur qu’on me la confisque. Coupez. ]

 

 

NOIR

(Quelques minutes plus tard)

 

 

[ la caméra se rallume sur un vue sur un grand amphithéâtre, on remarque que l’appareil est sur les genoux de la cinéaste et l’on peut apercevoir plein de derrière de tête. L’objectif se tourne pour montrer Sakura, celle-ci se penche vers l’image, l’air contrarié.

 

- Eteins ça on va avoir des ennuies.

- Mais je m’ennuie ma Saki, ça fait deux heures que le bonhomme discute.

- Eteins !

 

Une main s’écrase sur l’appareil et arrête la vidéo nous épargnant l’heure supplémentaire de cours qui fut pour les deux étudiantes très très longue.

 

 

NOIR

(Le midi de la même journée)

 

 

[ - C’est l’heure du manger ! Sakura fait nous voir ton bento, demanda la jolie brune.

-Je ne vois pas ce qu’il y a d’intéressant à filmer ça mais bon.

 

La petite japonaise se résigne, se baisse, ouvre son sac et en sort une petite boite avec plusieurs compartiments l’ouvre et la montre à la caméra.

 

- Waaaaaaaaaaaaaah ça à l’air tellement bon !

- La vache ! La tronche que tu as. Donne moi ça faut que je l’immortalise c’est trop marrant ! fit Sakura en arrachant la caméra des mains de Tomoyo.

 

L’image tourne jusqu’à se fixer sur une belle jeune fille aux longs cheveux ébènes en admiration devant la petite boite, Sakura explose de rire derrière la caméra.

 

-Et comme ça ? C’est mieux ?

 

 Tomoyo relève la tête vers la caméra, son visage déformé par des grimaces avant de rire de toutes ses dents à son tour. Gros plan sur sa bouche qui rit. La caméra re-change de main

 

-Haaaaan mais qu’est ce que c’était que ce gros plan que tu faisais là. Grrr. Pour la peine je vais filmé tes trous de nez ! Hou la belle crotte de nez à la belle Saki !!

- Aaaaah Tomi, t’es dégoutante !! Efface ça et… donne moi un mouchoir.

 

L’image est dézoomée, les deux amis sont toujours en pleine séance de rire mais une étudiante passant par là les interrompe.

 

- Hé ben, y’en a qui se croient encore à la maternelle ma parole, lança-t-elle avec dédain.

- Hé ben y’en a qu’on rien d’autre à foutre que d’emmerder le monde ! s’écria Sakura pour redonner le sourire à son amie qui s’était sentit vexée.

 

Sakura sourit à son amie même si celle-ci filme toujours.

 

- Aller Saki dit bonne appétit à la caméra.

- Tomoyo, la caméra ne mange pas…

- Non mais joue le jeu, tu verras quand on regardera ses images plus tard on rigolera bien.

 

La japonaise aux cheveux de miel s’approche de l’objectif.

 

- Bonne appétit petite caméra, toi qui n’a pas de bouche pour manger !

 

Zoom sur les amygdales de Sakura et rire de Tomoyo.

 

-Coupez elle est bonne ! ]

 

 

NOIR

(Deux semaines plus tard)

 

 

[ L’image est flou, le point est fait sur deux garçons qui regardent la caméra.]

 

- Voici des copains d’université à Saki et à moi. A droite c’est Shaoran et à gauche Eriol, présenta Tomoyo.

 

Le dénommé Eriol agite la main en souriant alors que Shaoran à l’air de trouver ça bizarre, Sakura rentre dans le champ.

 

- Si tu continues avec cette caméra ils vont plus être nos copains d’université longtemps, lui sourit-elle.

- Moi ça me fait rire, contesta Eriol, pas toi Shaoran ?

 

Tomoyo zoom sur Shaoran qui rosit légèrement.

 

- Peut m’importe.

- De toute façon tu ne ris et ne souris pratiquement jamais, railla Tomoyo.

 

Shaoran regarde ses pieds, pensif, jette ensuite un regard en coin à Sakura avant de sourire faiblement. ]

 

- Coupez, conclut la brune. ]

 

NOIR

(Quelques jours plus tard)

 

 

 [ La caméra s’allume sur le visage de Tomoyo qui se retient de rire, c’est elle qui tient la caméra à bout de bras et chuchote.

 

 - Salut à vous chers téléspectateurs, aujourd’hui surprise juste pour vous, mais chut faite pas de bruit, Sakura n’est pas au courant. Parce qu’elle est la victime, pout votre plus grand plaisir j’en suis sur. Mais où est-elle vous allez me demander ? Alors, ma meilleure amie est en train de prendre sa douche, on à un avantage c’est que la musique dans la salle de bain est à fond donc elle ne peut pas nous entendre. Alors je vous explique. Je vais m’introduire dans la salle de bain grâce à une excuse bidon et je vais prendre les vêtements de Sakura.

 

La jeune fille avance dans le couloir, une musique de fond se fait entendre, Tomoyo rit toute seule.

 

- Je vous pose parce que sinon je vais me faire griller, explique-t-elle face à la caméra.

 

La caméra est posée au sol, vu sur les ballerines de Tomoyo

 

- Saki je peux rentrer ? J’ai oublié de prendre mes chaussettes propres dans la salle de bain.

- Oui, lança une voix au loin.

 

La porte s’ouvre, musique bruit de fond, bribe de conversations entre les deux jeunes filles.

 

- Merci Saki.

 

L’image retourne au visage de Tomoyo, triomphante, au bout de son bras gauche des vêtements. Rire de la jeune fille qui retourne tranquillement dans le salon.

 

- Victoire mes amis ! Bon elle m’a dit qu’elle allait sortir alors ça devrait plus tarder. Je vous mets en position pour que vous loupiez rien.

 

L’image est tournée vers le couloir, la musique s’arrête, rire discret de Tomoyo. Puis un hurlement retentit.

 

- Tomiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!

- Le tout est de ne pas répondre pour qu’elle sorte, dit-elle à la caméra

- Tomoyo Daidoji ramène tes fesses et mes fringues par la même occasion ou je te jure que je te réduis en miette. TOMOYO !!

 

Silence puis bruit de fond avec grognements, la porte s’ouvre sur une Sakura trempée et enroulé dans une serviette bien trop petite pour cacher l’intégralité de son corps, on peut apercevoir une généreuse poitrine compressée et le haut de ses cuisses encore trempées.

 

- Merde Tomi c’est pas drôle !

 

Elle court pour attraper Tomoyo que l’on voit s’échapper dans l’autre sens, Sakura glisse et s’étale de tout son long sur le carrelage, la serviette cachant encore moins de son anatomie. Tomoyo vérifie si son amie va bien et court vers la caméra.

 

- Je te préviens Tomoyo tu m’effaces ces images tout de suite !

- Messieurs, j’espère que ça vous à plus, en attendant vaut mieux que je coupe si je veux pas dire adieu à ce merveilleux caméscope. Coupez. ]

 

 

NOIR

(Un mois plus tard)

 

 

 [ Musique très forte, plein de gens dans le champ, Tomoyo en gros plan

 

- On fait une grosse fête chez moi avec des copains ! crit la caméraman pour qu’on l’entende sur la video. Y’a plein de gens que je connais pas et y’a une tonne d’alcool, c’est énooooooooooorme. Regardez ça.

 

Elle lève la caméra au dessus d’elle et laisse voir un tour d’horizon de la pièce

 

- Sakura est au centre de l’attention, tous les gars veulent danser avec elle, elle est merveilleuse ma Sakiiiiiiii !!!

 

Gros plan sur Sakura qui danse au milieu d’une bande de garçon, plan sur Tomoyo

 

- Vous verriez la tête des autres filles !! Elles sont vertes de jalousie. Je vais aller interviewer Shaoran, il est dans son coin comme d’habitude !!

 

Elle marche avec la caméra pointée devant elle, les gens qui passent font des grimaces et hurlent, elle s’arrête devant Shaoran qui est appuyé contre le mur et regarde la piste de danse.

 

- Aller Shao, amuse toi un peu fait pas ton rabat joie !

- Tomoyo ?

-Bah oui qui d’autres se balade toujours avec une caméra ? Alors tu vas danser ?

- Euh non.

- QUOI ? hurle-t-elle à cause du bruit.

- Non, j’ai pas envie.

- Alors bois l’envie viendrair, se moque-t-elle en lui enfournant une bouteille de whisky dans la main. Et c’est repartiiiiiiiiiiiit.

 

Elle retourne sur la piste.

 

- COUPEZ !! ROCK’N’ROLL, hurle la jeune fille. ]

 

 

NOIR

(Quelques minutes plus tard)

 

 

[ Il n’y a pas d’image, la caméra est allumé mais le cache est resté sur l’objectif, Tomoyo croit qu’elle n’est pas en fonctionnement.

 

- Tomi t’es super belle ce soir

- Eriol tu as trop bu hihi

- Peut être bien oui, rit-il. Mais t’es trop magnifique. J’ai envie de t’embrasser. Et mais ta caméra enregistre ?

- Ah merde elle s’est allumé toute seule. ]

 

 

NOIR

(Une demi-heure plus tard)

 

 

[ L’image apparait et l’on peut admirer deux têtes aux cheveux sombres aux yeux à demi fermé et aux sourires béats.

 

- Hey les coupins ! Je suis arraché, Eriol est arraché, Sakura est surbooké et Shaoran commence à se saouler tellement il se fait chier. Wow quand j’ai bu je fais des rimes !

 

Eriol et elle font des grimaces et rient devant la caméra

 

- Mate ça ! Shao se lance, s’écrit Eriol.

- Il était temps qu’il se lâche ! Une heure qu’il la mate sans rien faire, expliqua Tomi. Attend faut que je filme ça !

 

L’image se tourne vers Shaoran, ne marchant plus très droit, qui arrive sur la piste de danse, Sakura dans sa ligne de mire

 

- Elle danse avec lui, elle danse avec lui !! Mesdames et messieurs ça fait deux mois qu’on avait des doutes mais ils se plaisent  YOUHOU !!

- Et comme chacun le sait cet abrutit de Shaoran restait distant, mais vive l’alcool quoi ! riait Eriol en observant la scène.

- Faut dire que Sakura est pas très maligne pour ce genre de truc, elle pige jamais.

 

Silence des deux autres au milieu du brouhaha, plan du Sakura et Shaoran qui danse sensuellement collé sérré.

 

- Elle a bu Sakura ? demande Eriol.

- Ouais, j’ai mis de la vodka dans toutes les bouteilles de coca, elle avait pas le choix.

- Wow c’est que c’est limite chaud, commente Eriol en regardant les deux danseurs.

- Hé on dirait des commentateurs sportifs !! Si on était les vedettes nous aussi ?

 

Ils tournent la caméra vers eux et s’embrassent passionnément. ]

 

 

NOIR

(Le lendemain ‘matin’ à 14h)

 

 

 [ La caméra est posé sur un endroit sur élevé, Tomoyo est assise sur son lit face à l’objectif

 

- J’ai envie de dire ‘ACTION’ mais en fait non parce que y’en aurait pas tellement… Euh la fête s’est terminée à cinq heure du matin. J’ai mal au crâne, la maison est dans un état lamentable et il ne reste que nous quatre. J’ai dormis avec Eriol, je pense que je peux dire qu’on est ensemble…

 

Le concerné rentre et s’assoit à côté de son amoureuse.

 

- Alors ? T’as des passages croustillants ? demanda le garçon à lunettes.

-Impossible de savoir s’il c’est passé quelque chose entre Shaoran et Sakura, aucun souvenir et après avoir regardé les images de cette nuit, je me suis rendue compte qu’après une certaine heure je n’avais filmé que des trucs nazes. Un gars qui vomi, un autre qui dors. Des trucs vraiment … nazes.

- Zut.

- Allons prendre notre petit dèj’.

 

Elle prend la caméra et la cuisine apparait avec les deux autres à table. Tour d’horizon pour voir l’étendue des dégâts dans la maison, pendant ce temps Eriol s’assoit à la table.

 

- J’en ai au moins pour deux ans à tout nettoyer. Bon les copains. Vous avez passé une bonne soirée ?

- Tu as vu nos tronches ? demanda Sakura encore à moitié endormie. On a tous la gueule de bois, moi qui croyais n’avoir bu que du coca…

- Moi j’ai perdu une chaussure, commenta Shaoran.

 

Gros plan sur l’unique chaussure que Shaoran porte et rire de ses amis.

 

- T’inquiètes j’ai dormis avec l’autre, lui annonça Sakura.

- Et moi je n’ai pas la gueule de bois ! s’exclama Eriol.

- Pourtant hier tu étais raide comme nous, dit la jeune fille consterné.

- Je sais Sakura. Mais j’ai jamais la gueule de bois ! Je tiens très bien l’alcool !

- Bah moi je l’ai en tout cas, se plaignit Tomoyo. Je hais l’alcool. Coupez. ]

 

 

NOIR

(Un mois et demi plus tard)

 

 

 [ Vu sur un couloir où il y a seulement Sakura et Shaoran.

 

- Salut vous, oui je suis en train d’espionner ces deux là, ça à pas l’air d’être la joie, je crois même qu’ils se disputent, chuchote Tomoyo.

- Quelle idée de se disputer avant d’être ensemble ? remarqua Eriol. Regarde nous quand on s’engueule c’est normal, on est ensemble. Mais eux je vois pas l’intérêt.

- En tout cas le plus en colère c’est Shaoran.

 

La jeune fille était appuyé contre le mur et le chinois plaqua ses mains contre le mur, de chaque côté du visage de la japonaise.

 

- En tout cas si ça se voyait pas qu’ils s’engueulaient, on pourrait croire qu’il va l’embrasser, commenta Tomoyo.

- Non ça, ça arrive que dans les films.

 

Shaoran s’écarte, frappe le mur de la paume de sa main et s’éloigne. Sakura se laisse glisser contre le mur et fond en larmes.

 

- Coupe et va la voir.

-Coupez. ]

 

 

NOIR

(Deux mois plus tard)

 

 

[ Plan fixe sur Sakura, elle est assise sur une chaise de la cuisine et ne peux s’empêcher de sourire devant ce drôle interview.

 

- Sakura ça fait déjà cinq mois que nous avons commencé l’université. Tu peux nous dire tes ressentis ? questionne Tomoyo

- Disons que y’a du boulot ! Les profs sont là pour faire leur cours, pas pour t’aider, c’est un peu un remake de marche ou crève : comprend ou laisse tomber, tu vois ? dit-elle en jouant le jeu.

- Tu conseils aux gens l’université ?

- Euh, le truc c’est que je ne connais que cette université et que cette filière peut être que dans les autres c’est différents. Mais malgré tout je trouve ça plutôt cool.

- Et Socialement ?

- Disons que les soirées étudiantes sont faites pour ça hein !

- Tu as un petit ami ?

- Tomoyo.

- Pardon Saki. Tu as quelqu’un en vu ?

- Tomoyo !

- Aller quoi Sakura, à ton avis : es- ce une bonne idée d’avoir un petit ami universitaire ?

 

La jolie japonaise qui tapait du pied depuis un moment s’énerva franchement face aux questions de son ami qui sous entendait bien sur sa drôle de relation avec Shaoran.

 

- Déjà je n’en ai pas, toi si alors c’est à toi de répondre à ça non ?

- Tu pourrais en avoir un ! Et puis moi je suis la caméraman, je peux pas tout faire et puis tu passes mieux à l’écran.

- Comment ça à l’écran ?!

- Euh. Coupez. ]

 

 

NOIR

(Quelques semaines plus tard)

 

 

-Aujourd’hui changement de caméraman, c’est moi Sakura et pour changer on va embêter Tomoyo alors que se câline surement avec son amoureux Eriol.

 

Elle marche dans le couloir et s’arrête devant une porte, elle place l’objectif de la caméra devant la serrure pour quoi voit à l’interieur.

 

- Bon on voit plus ou moins que ces deux là sont en pleine séance de bisous et autres papouillages alors on va lui faire une petite blague. Je sors mon téléphone, me met en inconnue et appel Tomoyo.

 

On la voit appuyer sur le téléphone vert puis retour sur la chambre. Une Musique de portable retentit.

 

- Répond pas Tomi, supplia Eriol.

- C’est peut être important ?

- Tant pis, dit-il en la serrant de nouveau contre son corps.

- Ça insiste. Je réponds.

 

Soupire d’Eriol, elle prend son portable et décroche.

 

- Allô ? C’est qui ?

- Sarah, répondit Sakura.

- Sarah qui ? Je connais pas de Sarah.

- S’arracroche !!

 

Rire étouffé de Sakura en fond. Tomoyo se lève et ouvre la porte, l’image fixe le sol quand Sakura se relève.

 

- Désolé Sakura mais c’était franchement nulle comme blague, rit Tomoyo. Et au fait, rappel le non ? Il le fera pas lui.

- Coupez.]

 

 

NOIR

(Encore quelques semaines plus tard)

 

 

[ - Sakura ?

 

Gros plan sur Sakura qui est sur son ordinateur.

 

- Hum ? Oh, mais tu es encore avec ta caméra !

- Oui je voulais voir ta tête quand je te dirais ça : Shaoran est là, il veut te parler.

- Quoi après m’avoir ignoré pendant deux mois ?

- Effectivement ça valait le coup ! Va le voir. Coupez, dit-elle un peu plus fort que le reste de sa phrase.

 

Sakura se lève et sort de la pièce.

 

- En fait j’ai pas coupé, je ne voulais pas que vous loupiez ça, pour rien au monde. C’est maintenant que tout ce joue !

 

Elle pose la caméra dans l’entrée sans que Sakura s’en aperçoive. Plan sur les deux jeunes.

 

- Qu’est ce que tu veux Shaoran ?

- J’avais envie de te voir.

- Ecoute, tu sais que Yann attend que je lui donne ma réponse ? demanda Sakura

- Y parait.

- Ça t’intéresse de savoir ce qui me retient ?

 

Le jeune homme ne répond pas et baisse le regard. Sakura sert les poings et semble au bord de la crise nerfs.

 

- Je ne pourrais pas répondre à sa question tant que tu n’auras pas répondu à la mienne. Celle que je t’ai posée il y a une éternité... On est quoi l’un pour l’autre... ?

- Sakura…

- Tu ne peux pas avoir oublié ! Il y a quelques mois, tu m’as dit qu’on ne pouvait pas être ensemble. Alors moi je t’ai cru. Mais à chaque fois que j’essaye de passer à autre chose, tu es là. On dirait que...

- On dirait quoi ?

- Que... Peut-être que tu veux simplement que je sois aussi malheureuse que toi.

- Non, bien sur que non, je ne souhaite que ton bonheur Sakura.

- Alors réfléchis bien. Interroge ton cœur, je sais que tu en as un. Et dis-moi si les sentiments que tu as pour moi sont sincères ou si tout ça n’est qu’un jeu. S’ils sont sincères, on trouvera une solution.

 

Il y avait des trémolos dans la voix de Sakura, elle était sur le point de pleurer, son corps était raidi et Shaoran ne réagissait toujours pas. Quand il releva la tête et qu’il vit Sakura dans cet état là il tourna le visage et crispa la mâchoire. La jeune fille continua.

 

- Personne ne souffrira. Mais si tes sentiments ne sont pas sincères, je t’en pris Shaoran, rends-moi ma liberté...

 

Apparemment surpris par cette fin de phrase il tourne son regard vers la jeune fille, hésite, déglutit et prit enfin la parole, d’un ton mécanique.

 

- Ce n’est qu’un jeu. Je déteste perdre. Fais ce que tu veux, je m’en fou.

- Merci Shaoran.

 

Elle s’éloigne, les larmes coulant sur ses joues mais semblant être soulagé de voir enfin la torture de son pauvre petit cœur finit. Tomoyo rentre dans le champ et saissit par les épaules Shaoran, qui gardait la tête baissé et les poids serré.

 

- Shao ! Pourquoi tu lui as dit ça ? chuchote Tomoyo qui vient de sortir de sa cachette.

- Parce que je l’aime plus que tout. Elle ne sera pas heureuse avec moi, je le sais. Le seul moyen qu’elle le soit c’était que je lui rende sa liberté comme elle l’a dit. C’est chose faite…

 

Il part, la jeune brunette s’approche de la caméra, l’air triste.

 

-Hé bah. Je crois que l’on a notre réponse… Coupez.

 

 

NOIR

 

 

            La lumière se rallume dans la salle de projection que Tomoyo avait fait installer chez elle. Il y avait quatre personnes assisent sur les sièges. Tomoyo, Eriol Sakura et Shaoran. Le couple pouvait être fier d’eux, ils avaient réussit à les faire venir ensemble, sans leur petit ami respectif et les faire regarder jusqu’au bout. Ça faisait cinq ans que cette année d’université était finit. Cinq ans que Sakura n’avait revu Shaoran puisqu’il avait arrêté la fac et qu’ils ne cherchaient pas à se voir, ni l’un ni l’autre. Il était temps de voir la réalité en face comme le disait Tomoyo. Le but n’était pas qu’ils se mettent ensemble maintenant, il fallait que ces deux là sachent la vérité sur les sentiments de l’autre.

 

            Quand ils s’étaient découverts au début de la soirée alors que leurs amis ne les avaient pas prévenu, Sakura pensa que le jeune homme était toujours aussi beau et la flamme qui brulait en elle depuis toutes ses années prit de l’ampleur. De son côté Shaoran ne put caché sa peine en apprenant que la jeune fille vivait avec quelqu’un désormais. Avant de s’être installés devant le grand écran, ils avaient discuté des cinq années qui s’étaient déroulé et chacun apprit la vie actuelle de l’autre.

 

            Tomoyo appréhendait les premiers mots de ses amis, comment réagiraient-ils ?

            Sakura se leva et se tourna vers Shaoran qui s’était mis deux rangée de siège plus haut, celui-ci avait la tête baissée.

 

- Comment as-tu pu… ? Comment as-tu pu me faire ça Shaoran ? Me mentir ! Et pour quelle raison ? Je n’aurai pas été heureuse avec toi ? Est ce que tu te rends seulement compte que la seule personne qui me rendait heureuse à cette époque c’était toi ? Toi, tes sourires, tes regards doux à mon égard. Mais tu étais aussi celui qui me rendait malheureuse… J’ai souffert Shaoran, toute cette première année universitaire, j’ai souffert, entre la peur de mes sentiments et le fait que tu joues sans arrêt avec ! Mais tu vois si ce jour là tu m’avais retenu d’aller avec Yann, on aurait peut être été heureux. Peut être que ça n’aurait pas duré, mais on aurait été heureux, au moins un peu. Et à la place de ça aujourd’hui qu’est ce qu’on est ? Je suis secrétaire médicale et tu es comptable, je suis avec la même personne depuis deux ans et ça n’évolue pas et toi tu enchaines les aventures. Mais tu sais c’est quoi notre problème Shaoran ? C’est que cette histoire on aurait du la vivre. Ca nous aurait au moins appris à aimer quelqu’un. Parce que je ne sais pas le faire depuis, et je sais que toi non plus.

 

            La jeune fille s’arrêta, ses yeux pleuraient mais le timbre de sa voix en était resté inchangé. Le jeune chinois ne réagissait pas, pas un mouvement, pas un frémissement. Pas un mot. Sakura serra les poings et se tourna vers sa meilleure amie.

 

- Tomoyo… Et ta fichue manie de tout filmer.

 

            Tomoyo ne savait plus où se mettre, elle avait envisagé que ça se passe mal, qu’ils se disputent Sakura et Shaoran, mais que ça se retourne contre elle… Il est vrai que pour avoir ses images elle avait dû trahir la confiance de ses amis et les filmer à leur insu. Mais elle ne s’en voulu pas, elle avait le sentiment de faire quelque chose qu’il fallait faire. Pour régler enfin cette histoire, pour que l’un puisse vivre sans l’autre, ou avec l’autre. Il n’y avait que deux solutions mais le résultat en aurait été le même : La vérité. Cette vérité qu’ils gardaient cachée au fin fond d’eux même, il était temps qu’elle soit connue.

            Sakura se mordit la lèvre et tourna les talons avant de sortir de la pièce. Tomoyo s’avança vers le siège de Shaoran, commençant à s’inquiéter pour lui. Elle posa sa main sur l’épaule de son ami. Celui-ci écarta la main de la japonaise et se leva. Le dos tourné à son amie, il gardait la tête basse.

 

- J’arrive pas à croire que tu es filmé ça…

- Shaoran je…

- Non tu n’es pas désolé Tomoyo !

 

            Il se tourna et leva enfin la tête mais en voyant le visage du chinois Tomoyo se dit qu’elle aurait préféré ne pas le voir. Il avait les cheveux encore plus en désordre que l’habitude, surement à force de se passer les mains dans sa crinière, n’en croyant pas ses yeux. Ses yeux étaient rougis et emplis d’un mépris qu’elle n’avait jamais vu.

 

- Quand je t’ai dis ça je parlais à mon amie ! Pas à la cinéaste... Comment as-tu pu filmé ce moment d’intimité où je t’ai ouvert mon cœur… Je te faisais confiance. On est pas dans un film Tomi, c’est la vraie vie, tout ne finit pas en happy end, tu comprends ? Arrête de vivre dans un rêve et laisse moi vivre dans mon cauchemar tranquille.

 

            Eriol, qui était resté en retrait depuis la fin du court métrage, s’avança enfin et attrapa par le col son ami et cousin. Il le regarda sans rien dire pendant quelques secondes. Ils se défiaient du regard et Tomoyo s’assit dans un des fauteuils, le regard vide.

 

- Réfléchit Shao, réfléchit bien. Tu viens de la dire toi-même ta vie est un cauchemar, tu l’as entendu comme moi, Sakura est malheureuse. Réfléchis à ça et ose me dire que Tomi n’aurait pas dû vous montrer ça. Pense à ce qu’il se serait passé si vous n’aviez pas vu ce film.

- J’aurai continué à vivre comme ça, elle aussi.

- Et c’est ce que vous voulez peut être ? s’énerva Eriol. La seule chose qu’on puisse reprocher à Tomoyo c’est qu’elle ne vous l’ai pas montré plus tôt, car vous avez passé cinq ans dans le vide. Car vous ne vivez pas, ça fait cinq ans que vous vous confier à nous chacun de votre côté et nous savons mieux que quiconque que depuis cinq ans vous avez arrêté de vivre, comme si on avait laissé une télé en pause. Vous vous mouvez mais vous ne vivez pas. Parce qu’il n’y a qu’une façon pour vous de vivre. C’est d’être avec l’autre… Tu dis que tout ne finit pas en happy end mais si tu t’en donnais la peine tu l’aurais toi aussi ta happy end…

 

            La tête de Shaoran bascula de nouveau et l’on ne vit plus que ses cheveux bruns. Eriol le lacha, prit Tomoyo par la main et la conduisit dans la cuisine où il lui prépara un thé. Shaoran réfléchit pendant un moment. Où était-elle maintenant ? Déjà partie ? Rejoindre son petit ami dans leur appartement ? Il sortit de la salle de cinéma, pris sa veste en cuire sur le porte manteau et descendu les escaliers à une allure folle, priant pour qu’elle soit encore là, pour qu’elle l’attende. Il fallait qu’elle soit encore là. Il fallait qu’il lui parle. Quand il posa le pied sur le trottoir, son regard chercha la Megane de Sakura, elle était là, et Sakura à l’intérieure le visage enfouie dans ses mains. Il couru jusqu’à la voiture et toqua doucement à la fenêtre. La japonaise releva la tête et le regarda un instant. Il lui fit signe de descendre.

 

- Sakura s’il te plait…

 

            Elle ouvrit la porte, il s’écarta pour la laisser sortir. La jeune fille garda un pied dans la voiture et n’osa regarder le chinois.

 

- Qu’est ce que tu veux ? lança-t-elle.

- Ne pars pas, s’il te plait, lui demanda-t-il, le souffle encore ébranlé par son sprint.

- Pourquoi ? Donne-moi une raison.

- Parce que tu ne le veux pas.

- Insuffisant…

 

                Il était en train de la perdre pour de bon, il le sentait, son cœur frappait contre son torse et son cerveau lui hurlait de se lancer. S’il ne le faisait pas, il n’avait plus rien à espérer de la vie. Il n’osait respirer.

 

- Parce que je ne le veux pas.

- Insuffisant…

- Qu’y a-t-il d’autre ?

- La vraie raison… je resterai exactement où je suis et ne monterai pas en voiture. Dis-là et je reste.

 

                Le jeune homme hésita un instant. Et alors que la jeune fille, fatiguée de toutes les perches qu’elle lui tendait qu’il n’osait attrapper, allait monter dans sa voiture et s’en aller, le jeune homme lui saisie la main et se mit à genoux devant elle.

 

- La vrai raison… C’est que je veux te rendre heureuse, j’ai besoin de te rendre heureuse pour pouvoir avoir une chance de l’être moi-même. Je t’aime et je crois que je t’aime depuis que nos regards se sont croisés mais si ce que tu veux c’est que je laisse tomber alors je vais le faire… Mais honnêtement Sakura… Quelles vertus la vie pourrait-elle avoir si nous ne la vivons pas ensemble ?

 

                Sakura ferma les yeux et laissa quelques larmes couler sur ses joues rosies par le froid. Elle s’assit sur le siège de la voiture et prit sa tête entre ses mains. Shaoran ne savait pas comment réagir. Que devait-il faire, la prendre dans ses bras ? Attendre qu’elle daigne lui adresser la parole ? Maintenant elle savait tout. Mais avant qu’il n’est finit de réfléchir, la voix douce de la japonaise s’éleva dans le silence de la nuit.

 

- Cinq ans… Cinq ans que j’attends ça. Merde.

- Sakura…

 

                Elle releva la tête et regarda le beau chinois, ses cheveux semblaient danser au rythme du vent, la lune se reflétait dans ses yeux noisettes, ses lèvres étaient légèrement entrouvertes. Elle se leva et s’avança vers le jeune homme, elle s’arrêta quand leurs deux visages ne furent qu’à quelques centimètres. Elle posa son index sur les lèvres de Shaoran et les caressa.

 

- Il y a cinq ans j’aurais tout donné pour que tes lèvres se posent sur les miennes, susurra la belle japonaise

- Et aujourd’hui ?

- Encore aujourd’hui, et surement pour toujours.

- Tu veux que je t’embrasse pour toutes les fois où j’en ai rêvé, sans pouvoir le faire...
- Pour toutes ces fois-là. Et pour les autres…

 

                Ils se sourirent et n’attendant plus, Shaoran saisit Sakura et l’attira contre lui jusqu'à ce que leurs bouches se rencontrrent enfin. Ils s’embrassèrent pendant un long moment, resserrant sans cesse l’étreinte dans laquelle ils s’étaient lancé. Ne plus jamais lâcher l’autre… Mais leur attention fut détournée par une voix. Une voix qu’ils connaissent par cœur. Une voix qui ne dit qu’un seul mot, lancé du haut d’un balcon à deux amoureux de longue date qui daigne enfin se l’avouer.

 

- COUPEZ !