Premier baiser; Chapitre Dix.

par Kiwi-Lollypop

Premier baiser; Chapitre Dix.

Le dîner fut, cette fois-ci, beaucoup plus conviviale que les autres fois où les deux promis des jeunes filles furent à la table. Yuzu avait retrouvé le sourire et avait regagné sa confiance en ce qui concernait son mariage arrangé. Plus jeune, on lui avait raconté tous les mauvais côtés d'un mariage arrangé par le gouvernement et en avait été aussitôt effrayée. Et plus elle avait grandit, plus elle avait attendu le moment de sa rencontre avec son promis avec appréhension. La semaine d'avant, le jour où elle avait rencontré le comte Kuchiki, lorsqu'elle avait dû attendre devant la porte du bureau de son père, cela avait été les pires minutes de sa vie entière. En attendant, elle avait eu l'impression qu'elle attendait pour sa mise à mort. Une fois que Karin, sa sœur, eut sortit de la pièce, suivit que son séduisant promis, Yuzu avait bien failli se mettre à pleurer comme une petite fille. Mais elle s'était retenue, car elle ne voulait pas montrer un instant de faiblesse devant sa sœur et son promis.

En refermant la porte du bureau (de son abattoir), elle avait immédiatement remarqué l'homme aux cheveux noirs qui se tenait derrière la chaise de bois de son père. Elle s'était par la suite crispée encore plus, car elle avait deviné qu'il s'agissait du grand-frère de l'amie de son propre frère aîné. Une voix, sortit de nulle part dans sa tête, l'avait doucement rassuré en lui remarquant qu'il devait être aussi doux que sa sœur cadette.

Puis... Dès que ses yeux aussi métalliques qu'une lame d'épée croisèrent le siens, tous ses doutes s'étaient entièrement envolés. Son père l'avait présenté au comte, puis tout les deux se promenèrent un peu partout sur la propriété. À partir de ce moment, elle l'avait immédiatement su. Elle était tombée follement amoureuse de ce jeune homme aux aspects si ténébreux et taciturne. Mais elle devait se l'avoue, ce qui l'enchantait le plus dans cette histoire, c'était bien que Byakuya Kuchiki semblait retourner ses sentiments.

Le regard de Yuzu se posa brièvement vers le comte Kuchiki, qui mangeait avec grâce, puis il se tourna vers sa sœur jumelle.

En même temps que son humeur avait remonté en flèche, le fait que le dîner paraissait plus chaleureux était aussi parce que Karin avait perdu son agressivité envers toute cette histoire. Depuis un certain temps également, Karin semblait s'entendre de plus en plus avec son promis. Bien qu'Ichigo soit toujours autant grognon, il tentait de le camoufler, du moins ce que ses pauvres nerfs étaient en mesure de supporter.



- Tu savais que ton adorable de grand-frère m'avait intercepté ce matin lorsque je sortais de mes appartements pour me dire que si j'osais faire quoi que se soit de pervers avant le mariage, et qu'il l'apprenait d'une quelconque manière, il s'occuperait de moi.

- Ah oui? Demanda Karin avec l'ombre d'un sourire flottant sur son visage. C'est vraiment ce qu'il a dit? Cette réaction ne m'étonne vraiment pas de lui.

- Oui, il a vraiment dit ça. Je dirais même qu'il a rajouté "qu'il s'occuperait de moi avec plaisir".

La brune, son sourire s'élargissant, soupira en secouant la tête. Elle pressa un peu le pas, plaça les livres qu'ils avaient emprunté dans un chariot, puis ils furent en dehors de la bibliothèque quelques secondes plus tard.

- Sérieusement... Il ne changera jamais. Reprit-elle en un souffle, plus pour elle-même plutôt qu'au jeune garçon à ses côtés.

- Ah! J'oubliais. Il m'a même traité de "petit". Renchérit Toshiro sa voix se durcissant.

- Tu n'aimes pas qu'on te traite de petit, Hitsugaya?

- C’n’est pas ça... Rougit légèrement le garçon. Je... Je voulais juste te mettre au courant des menaces que ton frère me profile.

La Kurosaki fronça les sourcils en plongeant dans les yeux magnifiques de son promis. Son sourire, quant à lui, s'épanouit de plus belle sur ses lèvres. Elle s'éloigna de plusieurs pas de son promis.

- Noon! S'exclama-t-elle d'une voix forte, voix qui se répercuta en écho sur les vieux murs du manoir. Ne me dit pas que tu me dis tout ça juste pour que j'aille engueuler mon frère!

Toshiro s'arrête net, le visage figé dans une expression incrédule.

- Où as-tu pu songer une pareille idiotie?

Le sourire de Karin fana, puis la jeune fille soupira une nouvelle fois. S'était idiot de s'imaginer des choses... Elle se remit à marcher en direction de sa chambre, Toshiro à plusieurs pas derrière elle.

- Nul part, murmura-t-elle, bien qu'elle sache qu'il l'eut parfaitement entendu.

Quelques minutes plus tard, ils se quittèrent pour se rendre chacun dans leur appartement.

Une fois seule, Karin se sentit affreusement stupide. Évidemment qu'il n'avait pas sortit tous ces mots pour qu'elle aille redire deux mots à son frère! Ce n'était vraiment le genre de Toshiro!

Mais en même temps... Pourquoi diable lui avait-il dit cela?

Une autre fois, Karin soupira avant de pénétrer dans sa chambre et de courir dans sa salle de bain se dévêtir et prendre un bain bien brûlant. Une fois séchée et vêtu pour passer une bonne nuit de sommeil, Karin plongea dans ses draps et alla dans un temps record rejoindre les bras de Morphée.


- ... in... arin... rin... arin!

Quelqu'un secouait énergiquement Karin. Grommelant une excuse incohérente, la brune tourna dos à la personne qui la secouait avec vigueur.

- ... a... Ka...in! Karin! Chuchota une petite voix. Karin réveille-toi!!

- Pas tout de suite... Grogna la jeune fille d'une voix rauque.

- Non! Karin!(les secousses redoublèrent d'intensité) Karin il faut absolument que je te raconte!! Kariiiiinnn! Karin je t'en supplie! Réveille-toi!!

Mais déjà, les ronflements reprirent de plus belle.

- Non! Non, non, non, non! Karin, non, ne te rendors pas il fait a-b-s-o-l-u-m-e-n-t que je te raconte! Karin!

Dans ses oreilles endormies, la voix semblait de plus en plus impatiente et remplit d'excitation.

- Karin! Allez Karin!... Allez! Ah non mais ce n’est pas possible que tu sois une lady digne de ce nom en ronflant avec la grâce d'un ours!

Toujours aucune réaction.

- Kariiiiin! Karin allez debout! KARIN! Bon sang Karin-chan!

La jeune fille, bien que profondément plongée dans le sommeil, ressentit qu'un trou s'était formé dans son matelas. Si elle avait été éveillée, elle aurait pourtant au que s'était simplement sa sœur qui s'était assise sur son lit et la secouait avec frénésie.

Aussitôt que le trou avait surgit, il se combla par le départ de sa sœur de son lit.

Puis plus rien. Plus de secousse à en reproduire un tremblement de terre, plus de petite voix pour appeler son prénom.

Et puis...

D'un coup, Karin bondit sur ses pieds et regarda partout dans la pièce une quelconque présence humaine, le regard à la fois hagard et endormi. Sa tête dégoulinante d'eau, elle se retourna vers Yuzu Kurosaki, qui tenait en premier temps dans l'une de ses mains un verre vide, puis dans un deuxième temps une serviette. Alors que ses cheveux aussi noirs que l'encre laissaient des gouttes d'eau tomber sur ses épaules, sa sœur lui offrit un sourire qui se mêlait de gêne, timidité et excitation.

- Mais c'est quoi ton problème?!

Elle se promenait d'un pied à l'autre, les joues sous l'assaut de rougeurs.

- Parle moins fort Karin-chan! On risque de se faire entendre!!

- Tu parles aussi fort que moi Yuzu! La sermonna Karin, tout fois en baissant la voix de plusieurs octaves.

Une fois que Karin eut sécher du mieux qu'elle le pût pour ne pas qu'il dégoutte sur son pyjamas avec la serviette que Yuzu lui tendit, elles s'assirent au bord de son lit à baldaquin, le plus loin possible de l'eau sur le matelas.

S'accoudant à la poutre de son lit, Karin croisa ses bras sur sa poitrine, une jambe replier vers elle et l'autre étendue sur les douces couvertures de son lit. La serviette blanche légèrement humide autour du cou, la brune toisait sa sœur d'un air sévère.

- Pourquoi diable es-tu ici à je-ne-sais quelle heure de la nuit? Et pourquoi ne dors-tu pas?!

Immédiatement, Yuzu se tortilla sur elle-même, ses rougeurs gagnant un peu plus du terrain sur son visage à chaque seconde qui s'écoulait. En poussant un petit couinement, elle se cacha le visage à l'aide de ses mains et elle se laissa tomber sur le matelas.

Sous le choc, Karin regarda sa sœur jumelle se mettre à rouler sur le lit en battant des jambes. Le manège ne dura pas bien longtemps car en moins de temps qu'il avait fallu pour le dire Yuzu tomba dans un grand fracas au sol. Paniquée, Karin marcha à quatre pattes vers d'où la jeune fille venait de tomber et l'aida aussitôt à se relever.

- Mais ça va pas aujourd'hui??!! Si tu continues comme ça, tu va rameuter tous les domestiques du manoir en plus d'Ichigo, le vieux, Hitsugaya et ton promis!

À l'entente de la dernière phrase de la plus jeune des Kurosaki, Yuzu poussa un autre couinement étouffé.

- Ah non! il ne faut certainement pas qu'il soit au courant que je suis venue te rendre visite! Ah non, non, non, non, non, non, non!! Il me détestera à coup sûr si je fais ça!

La brune fronça les sourcils.

- Qui ça "il"?

Yuzu vira au rouge, puis au blanc en se rendant compte de l'erreur qu'elle venait de commettre. Elle se leva vivement et maladroitement et se dirigea en vitesse vers la porte.

- Il faudrait mieux que je prenne congé. Ah oui! C'est la meilleure chose à faire!

Yuzu s'apprêtait à tourner la poignée de porte, lorsqu'elle fut brusquement refermée. Karin se tenait près d'elle, les sourcils froncés au maximum. Son regard gris se posa sur sa sœur, qui semblait plus que mal à l'aise. Haussant cette fois-ci un sourcil, Karin prit enfin en considération que sa sœur jumelle se trouvait toujours en robe.

- Que fais-tu encore en robe?

La jeune fille en face d'elle détourna sa tête déjà basse, certainement pour tenter — en vain — de cacher ses rougeurs avec ses cheveux.

- Ce-ce n'est pas grand chose... Je m'apprêtais à partir de toute façon.

- Menteuse. Lui cracha Karin au visage.

- N-Non c-c'est vrai! Démentit Yuzu d'une petite voix.

- Tu étais si excitée quand tu m'as réveillé tout a l'heure alors tu ne vas pas te dégonfler maintenant.

Karin prit sa jumelle par le bras et heureusement celle-ci ne se débattit pas beaucoup. De force, elle l'assit sur le lit.

- Il est en aucun cas question de te laisser filer avant que tu me dises l'identité de ce "il".

Devant son regard qui n'émettait aucunes répliques, Yuzu céda bien vite.

- Bon! C'est d'accord! Bougonna-t-elle. Je vais te le dire.

- Enfin.

Yuzu détourna une nouvelle fois le regard, les joues en feu.

- Je t'écoute, l'encouragea Karin.

Il y eu un autre long silence, où Yuzu sembla rassembler tout son courage.

- Il... Il s'agit de Byakuya-kun... Rougit-elle de plus belle, avouant enfin la cause de tous ses tourments.

- ... Eeeet... Pourquoi serait-il en colère contre toi, lui, ton promis?

Encore une fois, Yuzu rougit, en se mordillant la lèvre cette fois-ci.

- Parce... Parce que si je réveillais tout le manoir il apprendrait pourquoi je suis venue te voir.

- Mais encore...?

Yuzu ne répondit pas.

- Tu n'aurais eu qu'à mentir comme quoi tu n'arrivais pas à dormir.

- Ah oui?! Répliqua soudainement, à la plus grande surprise de Karin, Yuzu d'une voix agressive. Et qu'aurait dit le monde à propos de ma tenue? En fait, qu'aurait fit Byakuya-kun s'il m'avait vu ainsi? Il est loin d'être un imbécile et il aurait immédiatement deviné pour quelles raisons je me trouve dans ta chambre en plein milieu de la nuit!

- Mais qu'avez-vous fait à la fin pour que soit si dramatique pour que ton promis se mette en colère s'il apprenait que tu te trouves dans ma chambre?!

- Parce que nous nous sommes embrassés!

Immédiatement, Yuzu porta à sa bouche, horrifiée, ses mains pour étouffer un petit cri de surprise.

Sous le poids de la nouvelle, Karin perdit de ses couleurs. Un silence de mort s'installa entre eux, où pendant ce temps Yuzu d'insultait de tous les injures qui lui passait par la tête.

- M-Mais c'est génial! S'écria du plus fort d'un murmure le pouvait, empoignant les épaules de sa sœur.

Le visage de la jeune fille s'éclaira

- Tu le penses réellement?!

Karin n'avait jamais vraiment été à l'aise avec tous ces "affaires de filles"(comme les robes, les escarpins, les maquillages et les amourettes), mais il fallait bien qu'elle fasse un effort pour sa sœur.

- Mais bien sûr! Raconte-moi tout!(Karin sembla se raviser un instant) Ok, peut-être pas tous tous les détails mais en général.

Yuzu rigola légèrement, une main plaquer sur ses lèvres, de la pudeur de sa sœur.

- Eh bien... Après le dîner, nous nous sommes promenés avant de rentrer dans le manoir au coucher du soleil. Puis nous sommes allées sur un balcon observer les astres... Et puis...(Le teint de Yuzu vira pour une énième fois au rouge) Et puis... Sous le feu de l'action... Eh bien... N-nous nous sommes... embrassés... Voilà...

Karin avait les sourcils haussés, comme une invitation à plus de détails. Voyant que cela n'arrivait pas, elles replongèrent dans le silence. Soudain... Une drôle de question vint chatouiller les pensées de Karin Kurosaki. Rougissante, elle tenta de chasser cette question, mais déjà, elle franchissait ses lèvres.

- Mais... Mais dis-moi... Fit-elle pour attirer l'attention de sa sœur, perdue dans ses pensées. C-comment c'était?

Yuzu pencha la tête, sans comprendre.

- Comment était quoi?

- Eh bien... Le... Le baiser. C-comment l'as-tu trouvé?

Se fut au tour de Yuzu d'être sous le choc devant la question d'une Karin rougissante. Elle poussa un petit cri, que Karin ne tarda pas à crever en posant sa main sur la bouche de sa sœur.

- Moins fort! Rougit-elle de plus belle. Veux-tu réveiller le reste du manoir?!

Mais déjà, sa sœur ne prêtait plus attention aux avertissements de la jeune fille.

- Ooohh!! NooooOoonn! Ne-ne me dit pas que tu n'as pas encore embrassé de garçons!?

Karin détourna la tête.

- N'importe quoi... Marmonna-t-elle.

- Même pas Jinta?!!

- Mais ne t’es pas bien?!!! Tu veux ma mort?! Jinta et moi, ça n'arriverait jamais!

- Tu veux dire que ça n'arrivera jamais parce que vous n'êtes pas promis l'un à l'autre? Kyaaahh!!! C'est trop mignon!

- Mais t'es folle?!! Quelle imbécile tomberait amoureuse de Jinta?! Ça n'arrivera jamais parce qu'on se déteste!

- Mais... Mais en même temps, j'ai... Je... Tu n'as pas encore embrassé ton promis?!!

Le silence de la plus jeune des Kurosaki fut révélateur.