Bibliothèque; Chapitre Huit.

par Kiwi-Lollypop

Bibliothèque; Chapitre Huit.

La bibliothèque du manoir de la famille Kurosaki avait été reconnue pour le très grand nombre de livres qui s'y trouvait. En effet, on avait qualifié qu'elle possédait plus de livres que celle du duc Yamamoto, ou même celle du roi lui-même réunit. Dans le manoir, cette pièce était plus vaste que toute les autres, plus grande même que la salle de bal. Lorsqu'on apprenait à connaître le comte Kurosaki, on apprenait également de lui qu'il prêtait une attention particulière à l'éducation et à l'enrichissement du cerveau.

Hautes, les étagères faites de bois de chêne semblait rejoindre le toit en alcôve, des nuages le recouvrant. Les murs étaient peinturés de moments historiques et les fresques représentaient des créatures mythiques, tels des lézards géants possédants des ailes ou encore même des cheveux munis d'un corne en spirale au milieu du front. Chaque poutre avait été méticuleusement sculptée par des experts charpentiers — les meilleurs.

Le plancher en bois d'acajou était sombre et ciré à la perfection par les domestiques du manoir. Des rideaux d'une teinte rouge vin bloquait tout accès à la lumière du soleil qui brillait au dehors du domaine. Au milieu de la pièce, un lustre trônait en maître, une énorme table ronde placé sous lui. Puis, un peu dispersés partout dans la vaste pièce, des lampes se terraient avec les livres.

L'endroit avait beau être sombre, poussiéreux et aussi silencieux que la tombe d'un mort, Karin l'avait toujours trouvé plus qu'accueillant. En tout cas, la bibliothèque était déjà plus accueillante que les jardins. Mais ça, ce sentiment avait pris place dans son cœur après la mort de sa mère... En fait, ce monde l'avait toujours intéressé parce qu'au lieu de rester enfermée dans ce monde affreux et terne que le duc avait mis à son image. Bien sûr, il avait fait ce choix pour "le bien de la population" mais cela faisait plus de cinquante ans que cette loi avait pris place... La population avait amplement eu le temps de se repeupler en cinquante ans.

Touchant distraitement le dos de chacun des livres, Karin marchait silencieusement entre les allées tout en cherchant du regard son promis. En étant sincère, elle ne s'était pas attendue à ce qu'il revienne si rapidement. Elle avait pensé qu'il serait resté un peu plus longtemps dans sa demeure pour réfléchir, mais apparemment, il avait suffisamment eu le temps de songer. D'un côté, il devait vraiment être déterminé à vouloir être promis à cette brune pour revenir aussi vite. Ou il avait hâte d'être débarrassé d'elle... Au choix. Et pour Karin, qu'il retire une grimace de dégoût en songeant à elle ou qu'il soit sur un petit nuage en rêvant éveillé de pouvoir enlacer la brunette au chignon du bal, libre à lui. Karin n'avait guère envie d'entre les maux de cœur de son promis.

Finalement, au bout de molles recherches, elle trouva le jeune homme aux cheveux argentés assis à une table, dans un recoin sombre de la bibliothèque, en seule compagnie d'un livre et d'une lampe posée près de lui. En le voyant dans un coin sombre, elle ne pu s'empêcher de repenser à la conversation qu'elle avait eu avec sa sœur jumelle sur leur premier entrevue avec leur promis (Celle où elle l'avait repoussé dans les jardins). L'image de son promis et elle s'embrassant furieusement lui revint en tête, et elle sentit ses joues surchauffées une nouvelle fois à cette pensée. La brune secoua la tête pour se redonner contenance. Ce genre de chose n'arriverait jamais. Il avait beau être séduisant (Karin avait bien remarqué les regards l'avoir eux des autres femmes sur lui au bal), ce n’était parce qu'il était son promis qu'elle avait le droit de l'embrasser.

Ses pensées tourbillonnants dans sa tête, elle eu l'irrésistible envie de se cogner la tête contre un rayon de la bibliothèque de son père pour se remettre les idées en place.

Elle avait du trop lire de livre d'amour que Yuzu lui avait obligé de lire.

Elle s'avança d'un pas sûr vers son promis, et tira une chaise près de lui, pour qu'il soit mis au courant de sa venue. Elle l'observa finir sa page et y placer un marque-page avant de plonger son regard dans le sien. Karin lui envoya un sourire moqueur.

- Alors? Pressé de se débarrasser d'un boulet comme moi?

Son promis fronça les sourcils, et ouvrit la bouche pour protester, mais elle ne lui en laissa pas le temps, les yeux emplis de malice.

- ... Ou trop impatient à l'idée que tu pourras enlacer la petite brunette du bal?

Toshiro se renfrogna, les joues légèrement colorées, alors que Karin lui renvoyait un sourire malicieux. Puis son regard gris se laissa porter vers le livre qu'il tenait dans ses mains.

- Qu'est-ce que tu lisais? Lui demanda-t-elle, curieuse.

Il se contenta de lui fourrer le livre dans ses mains à elle. Elle regarda le titre, puis sourit une nouvelle fois.

- Déjà à lire des livres de lois pour tenter de trouver une faille dans la loi du duc? Ma foi, la fille doit être une fille fantastique pour que tu sois aussi fébrile à l'opportunité de pouvoir être avec elle pour le reste de tes jours!

Un grognement s'échappa des lèvres du jeune homme.

Karin déposa doucement le livre sur la table et tenta de nouer un lien visuel avec son promis.

- Alors? Fit-elle avec un sourire. Comment s'appelle-t-elle, cette fille?

Toshiro la regarda brièvement.

- Pourquoi veux-tu savoir ça?

- Je n'ai pas le droit de savoir? Elle avait l'air sympathique.

Silence.

Karin soupira.

- Allez! Je ne te demande que son prénom! Je ne te demande pas combien combien d'enfant tu souhaites avoir avec elle et comment tu feras pour en avoir!

Les joues du jeune garçon s'échauffèrent, sûrement proie d'une pensée perverse. Il se retourna vers elle, ses prunelles d'azur la fixant, incertain.

- Qu'est-ce qui ne me fait pas dire que tu ne vas pas aller répéter son prénom au duc? Tu serais débarrassé de moi.

Karin fut blessée par son manque de confiance en elle. Puis elle lui sourit.

- Bon, c'est correct. Oublie-ça, d'accord? Tu as raison. Tu as le choix si tu veux me dire ou non son nom.

Le fils du comte fut étonné par sa compréhension. Karin le regarda, un sourire aux lèvres.

- Bon. Commença-t-elle, la mine sérieuse tout à coup. Tu as eu une bonne idée en venant directement ici, mais avant de commencer les recherches, j'aimerais que l'on fasse quelque chose.

Le garçon aux cheveux argentés haussa un sourcil.

- Et c'est quoi cette "chose"?

- Eh bien... J'ai longuement discuté avec ma sœur Yuzu et...

Il eu une mine horrifiée.

- Oh non! Non, non, non! Le rassura-t-elle aussitôt. Je ne lui ait rien dit à propos de "tout ça"!

Elle se pencha vers lui.

- Je lui fais croire que nous nous entendons à la perfection. Murmura-t-elle.

Toshiro se sentit soulagé. Il laissa même échapper un soupir.

- Bon, si je retourne à mon idée... Quand j'ai parlé avec ma sœur Yuzu, j'ai remarqué qu'elle savait beaucoup de choses sur son promis, et elle m'a même posé des questions sur toi. Et à chaque fois j'ai dû contourner la question.... J'ai alors eu l'idée qu'on pourrait apprendre à se connaître. En tant qu'amis, je veux dire.

Toshiro mis longtemps à répondre.

- ... C'est d'accord.