Bal; Chapitre Cinq.

par Kiwi-Lollypop

Bal; Chapitre Cinq.

Toshiro, les cheveux toujours autant en bataille malgré son bel habit de soirée, prit une gorgée dans le verre que sa gouvernante Rangiku Matsumoto lui avait apporté.

Le liquide lui brûla alors la gorge, tel un acide. Le jeune homme porta sa main à sa bouche pour s'éviter de cracher ce qui y contenait devant tout le monde, pour ne pas provoquer un scandale.

Alors que sa gouvernante riait à gorge déployée, attirant ainsi les regards de la gente masculine vers elle et ses courbes avantageuses, Toshiro avala avec une grimace de dégoût l'alcool que son ivrogne de gouvernante lui avait apporté.

Elle en avait profité, la garce! Le jeune homme lui lança un regard noir avec ses yeux turquoise, alors qu'elle tentait de reprendre son sérieux, en vain.

La rouquine avait profité du fait qu'il ne cessait pas de fixer son amie d'enfance Hinamori pour lui fourrer un verre de saké dans la main. N'étant pas très concentré, il avait porté distraitement son verre à ses lèvres tout en remerciant à peine la belle jeune femme.

D'un geste brusque, il remit le verre de Crystal dans les mains de sa gouvernante, alors qu'elle repartait dans un fou rire incontrôlable. Il lui lança encore un regard meurtrier avant de reporter ses yeux sur la salle d'un air grognon.

- Roooh! Allez Capitaine!! Ria Rangiku en enlaçant ses bras autour du cou du jeune homme. Avouez que c'était très drôle!

- Ouais! Maugréa-t-il, la repoussant. Surtout pour toi. Tu sais, je pourrais porter plainte contre toi, et tu retournerais dans ton trou perdu!

Au lieu d'afficher une mine offusquée, la rouquine sourit de plus belle.

- Vous n'oseriez jamais Capitaine! Riposta la belle jeune femme. Vous aimez vraiment trop pour ça!

Toshiro soupira.

Elle avait raison. Il ne ferait jamais une telle chose. Avec le temps, il avait appris à lui faire confiance, et il devait s'avouer qu'il appréciait particulièrement leur drôle de complicité. Celle-ci, se résumait surtout à se contredire sur tout ce que l'autre disait, et ce, sur n'importe qui sujet, que l'autre ait raison ou non. Sans elle, Toshiro ne saurait que faire. Hinamori passait de moins en moins de temps avec lui, en raison que son mariage devenait de plus en plus sérieux à mesure que les heures s'égrainaient. Justement, cette dernière lui avait avoué que Kira commençait à aborder le sujet sur leurs futurs héritiers. Mais dès que la pensée qu'un autre homme que lui la toucherait plus que deux mains qui s'effleurent, ou deux mains qui s'enlacent, un frisson de dégoût lui parcourait le corps, avec une rage doublée d'une jalousie sans limite pulsaient à l'intérieur de ses entrailles. Lorsqu'il s'était rendu compte de ses sentiments pour l'une de ses seules amies, c'était bien grâce à Matsumoto. Elle avait toujours réussit à lire en lui avant que lui-même ne soit rendu compte de quoi que se soit. Bien qu'ils étaient déjà bien assez proches, cet amour caché entre eux deux avait encore plus rapproché la distance qui les séparaient.

- Aha! Fit Matsumoto, victorieuse, le ramenant à la réalité. Je le savais Capitaine! Vous n'y retrouvez rien à répondre, donc toutes ses paroles n'étaient que des paroles en l'air!

Toshiro poussa un grognement mécontent, alors que la joie de sa gouvernante s'accentuait, contente qu'il lâche enfin prise. Elle leva le verre d'alcool qu'il lui avait remis dans les mains dans la direction de son jeune maître, puis but le reste du liquide en une seule gorgée.

Toshiro se renfrogna. Elle allait encore finir soûle, et faire un scandale. La dernière fois, elle s'était mise à fredonner (un peu trop fort) la mélodie que jouaient les violonistes pour la valse. Puis, d'un pas titubant, elle s'était mise à tournoyer sur elle-même, poussant les autres couples qui dansaient. Ensuite, tout avait finit en horreur. Elle avait prit un verre de trop, et quelqu’un (Toshiro ne se souvenait plus qui) lui parla de son défunt mari, Gin Ishimaru. La rouquine s'était alors roulée en boule au sol, et avait hurlé avant d'éclater en sanglot. Elle avait commencé à hurler, à dire que feu son mari n'était ni un criminel, ni un meurtrier. Hisagi, son amant, avait alors tenté de la réconforter en l'amenant plus loin, mais elle l'avait violemment repoussé. Ses larmes avaient redoublées lorsqu'elle avait dû repenser à la fausse couche qu'elle avait faite, Gin étant le père de l'enfant.

Gin Ishimaru était un homme étrange, mais il n'était pas mauvais, au fond, et Matsumoto le savait. Elle l'avait toujours su. Puis, un jour, il se fut accuser d'avoir idolâtré Aizen Sosuke, l'homme qui avait fait basculer le monde, et décimer la moitié de la population avec ses soldats, que l'on avait surnommé "Hollows", car ils étaient assoiffés de sang, et tuait tous sur leur passage, sans une once de pitié. Il avait été exécuté, servant de signe d'exemple à tous les autres qui auraient pu avoir une idée aussi absurde que de vouloir reproduire les erreurs du passé, laissant sa femme — Rangiku — avec l'enfant qu'elle portait.

Toshiro s'en souvenait.

Du visage, doux, serein, maternel, de sa gouvernante, alors qu'elle caressait d'un geste doux son ventre rebondit par l'enfant qui s'y trouvait à l'intérieur.

Mais le jeune homme se souvenait également de son visage ravagé par les larmes, brisé par la nouvelle de sa fausse couche et son seul espoir de revoir un morceau de son aimé à travers ce gamin, qui devait justement être un garçon.

Le jeune homme suivit sa gouvernante du regard, alors qu'elle se dirigeait vers le buffet, où une énorme quantité d'alcool n'attendait plus qu'elle.

- Bonsoir Shiro-chan.

La voix de son amie d'enfance résonna dans ses oreilles, encore plus magnifiques que la langoureuse balade des violons.

Le jeune homme tourna vers les talons, et immédiatement, ses yeux aussi bleus que la robe que son amie portait plongea dans les prunelles chocolatées de la jeune fille. Toshiro lui adressa une légère révérence, alors qu'Hinamori en faisait de même.

- Bonsoir Hinamori. Lui répondit-il alors qu'il se redressait.

Un silence gênant s'imposa entre eux. Cela devait bien faire plus d'un mois qu'ils s'étaient à peine adressés plus de trois phrases. Hinamori joua nerveusement avec les pans de sa robe, et se mordilla légèrement les lèvres, signe évident chez elle qu'elle ne savait que faire.

- A-alors... Bredouilla la brune, ses cheveux relevé dans son habituel chignon, tentant veine ment de débuter une bonne conversation, comme ils en avaient gamins. Il paraît que tu a su qui était ta promise?

Toshiro eu un vague hochement de tête.

Pour essayer d'entamer une conversation intéressante, c'était raté.

- Qui est-ce?

- La plus jeune des filles d'Isshin Kurosaki, dit-il d'une voix morne.

- Ah... C'est... C'est bien.

Hinamori rougit légèrement, puis regarda les décorations qui peuplaient la grande salle de bal du manoir Kurosaki.

Soudain, un nouvel air de valse s'éleva dans l'air.

Hinamori retourna son regard vers son ami de toujours, un peu plus de confiance brillant dans ses yeux chocolatés.

- Je... Voudrais-tu danser avec moi, Shiro-chan?

Toshiro eu un sourire qui fit frémir les coins de sa bouche.

- Avec plaisir Hinamori.

Il tendit sa main, et Hinamori lui fit une révérence, avant de placer sa main au creux de la sienne.

Et c'est ainsi qu’ils s’avancèrent au milieu de la liste de danse, ne voyant plus que son partenaire pour le temps d'une valse.

La musique résonnait dans ses oreilles, mais une horrible vieille femme aurait pu lui hurler les pires jurons de tout le royaume, Toshiro n'en aurait rien fait.

Il tenait de ses mains tremblantes la jeune femme qu'il avait toujours chéri, là, tout près de lui.

Durant l'espace de la danse, Toshiro se laissa envouter par la féerie du moment. Pendant un instant, le jeune homme cru presque que cette femme qu'il voyait devant lui était sa promise. SA promise à lui seul.

Mais malheureusement pour lui, lorsque le dernier instrument eu terminé sa dernière note, toute la magie du moment s'envola en un seul instant.

Hinamori se défit de l'étreinte qu'il avait réussit à gagner sur elle, lui fit une légère courbette, puis le fixa de ses yeux chocolatés, le regard pétillant de joie.

- Tu te rappelles, Shiro-chan? On adorait danser dans le jardin au crépuscule, alors que Rangiku nous jouait maladroitement du violon?

Toshiro sourit à ce souvenir.

Effectivement, lui et elle avait toujours aimé ces moment où, alors que le soleil laissait place à la lune, ils voletaient à travers le jardin, dansant tant bien que mal une valse.

Il se souvenait également que, ce soir-là, il n'avait pas pu s'empêcher de demander à son ancien instructeur — Isshin Kurosaki, père de sa promise — si le soleil était vivant, alors que l'homme le recouvrait de ses couvertures.

Toshiro se souvenait parfaitement du visage surpris de son instructeur, avant de lui demandé le pourquoi de sa question.

Il avait alors rétorqué que tout le monde fiait que le soleil se couchait, et que Toshiro ne cessait jamais de songer avec une pointe d'amusement un soleil dormir paisiblement dans un lit, munit d'une pair de pantoufles en formes de lapins.

- Oui. Je m'en souviens parfaitement.

Il hésita un moment, puis ajouta.

- Ça même été l'un des meilleurs moments de ma vie.