La promise; Chapitre Un.

par Kiwi-Lollypop

La promise; Chapitre Un.

Karin était heureuse.

Elle hurlait à s'en casser les cordes vocales, mais elle s'en fichait royalement. Le vieux duc Yamamoto aurait pu lui ordonner de la fermer, sous peine d'être exécutée, elle s'en foutait.

Elle était heureuse.

Elle avait gagné l'un des matchs les plus importants de l'année, avec son équipe.

En réalité, son équipe et elle, ils les avaient littéralement défoncé.

Alors elle hurlait, affreusement contente de sa victoire.

D'un coin de l'œil, elle voyait ses anciens adversaires partir lentement du terrain, la tête basse.

Jinta, qui était juste à côté d'elle, lui passa un bras sur les épaules et lui hurlant dans les oreilles.

Très bientôt, ils furent bien vite rejoints par les autres membres de son équipe.

Et alors, ensembles — bras dessus, bras dessous —, ils marchèrent tel un seul homme vers l'entrée principale du manoir des Kurosaki.

- C'était vraiment magistral, ton tir au premier but Jinta! S'exclama Heita qui donna une forte claque dans le dos au concerné.

- Et que dire du tiens! Répliqua immédiatement le rouquin en s'esclaffant bruyamment. BANG! Ils n'ont r-i-e-n vu venir! Oh!

- Mais le meilleur!... S'écria Ryhohei et montrant peu gracieusement(Ce que Yuzu aurait qualifié d'un geste digne d'un véritable homme de croc-magnons.) Karin du bras. C'était la bicyclette de Kurosaki(Il baissa les ongles de son index et son pouce, comme un italien)!... Ma-gni-ci-co!

En retour, Karin éclata de rire en lui renvoyant un sourire éclatant.

Tout en continuant de s'esclaffer en reniflant comme des cochons, ils se dirigèrent lentement, mais sûrement, vers le manoir des Kurosaki. Ou pour être plus précis, vers les écuries, où les chevaux des membres de l'équipe de Karin les attendaient, mangeant une ou deux carottes pour prendre leur mal en patience.

Une fois leur avoir tous promis qu'il se refait un entraînement bientôt, échangé quelques répliques cinglantes à Jinta et d'autres jeu de mots avec Heita, Karin repartit vers la vieille demeure d'un pas calme, léger. Heureux et paisible.

Tout en faisant exprès de faire rebondir son ballon dans le filet rouge qui l'entourait, Karin regarda pour la millième fois ces jardins qu'elle devait connaître au moindre millimètre près, elle songea avec amertume que malgré le fait que l'hiver à ravageait la perfection des jardins à chaque année, ceux-ci semblaient de plus en plus parfait au gré que les années s'égrenaient. Cela en devenait même légèrement inquiétant, car au aurait dit que les jardins n'avait jamais été atteins par le froid et la neige de l'hiver.

Elle n'avait jamais su exactement pourquoi, mais depuis toujours, elle avait toujours ressentit une boule d’inquiétude (avec un soupçon de peur, mais elle ne s'abaisserait jamais à l'avouer, même si une lame de fer lui tenaillait le cou pour lui en tirer une réponse.) lorsqu'elle se retrouvait dans ces jardins. En même temps, aucunes personnes ne pouvait la blâmer, car le meurtre de sa mère s'était déroulé en ces lieux (Mais malheureusement pour elle, c'était là le seul moyen pour elle de sortir du manoir. Il y avait également la forêt, mais elle appartenait au seigneur de la terre voisine...). Parfaits, silencieux, si se n'était qu'un bruissement de feuille balancée par le vent, le son qu'émettait un insecte caché dans les haies soigneusement taillées ou encore le bruit des pas sur les petites dalles de pierre. Il y avait aussi lorsque les chevaux martelaient le sol avec leur carrosse, mais ce phénomène n'arrivait que très rarement. Justement, son père avait organisé un bal très prochaine en pour fêter les récoltes abondantes cette saison.

À son plus grand bonheur, Karin sortit enfin de ce labyrinthe de verdure, le laissant derrière elle, puis elle se dirigea vers les immenses portes de bois sculptée, envieuse à l'idée qu'un bon bain l'attendait dans ses appartements.

Car effectivement, elle revenait d'un gros match (bien que son équipe et elle les avait littéralement battu) et elle ne portait pas de vêtements appropriés pour une jeune demoiselle de son rang (comme le dirait sa sœur jumelle Yuzu). De plus, en raison qu'elle venait de passer des heures sur un terrain à courir après une balle pour la rentrer dans un but, elle empestait la sueur et ses cheveux ainsi que sa peau luisaient. On pouvait dire qu'elle n'irait certainement pas se présenter ainsi à un banquet du roi.

- Karin-chan!

Elle vu alors surgir des portes de bois une jolie jeune femme, une robe majestueuse traînant sur le sol, la salissant. Les cheveux châtains, des yeux aussi brun que le cacao que l'on utilisait pour faire de somptueux dessert au chocolat, un corps frêle mais une démarche bien assurée.

Sa sœur jumelle.

Mais contrairement aux jours normaux, où Yuzu optait une démarche lente et quelque peu sautillante, elle marchait d'un pas précipité vers sa sœur, ses prunelles brillant d'une étincelle reflétant une profonde inquiétude... Ou plutôt... Du stress.

Étonnée, la brune accéléra également le pas pour arriver à la hauteur de la belle jeune fille.

- Que se passe-t-il? Lui demanda-t-elle.

Yuzu haleta un long moment, recherchant une respiration normale parmi les souffles saccadées qui s'échappait de ses lèvres.

Habituellement, Yuzu ne courrait jamais, car elle disait toujours qu'une jeune demoiselle n'avait pas à courir, que ce n'était pas digne d'une fille de son rang hiérarchique. Mais pour qu'elle ait brisée l'une de ses règles les plus fondamentales, il fallait qu'il y ait eu un meurtre pour qu'elle ses retrouve dans tous ses états. Puis, sa jumelle se releva doucement, soutenant cependant l'une de ses côtes, où un point de côté devait l'empêcher de respirer sans douleur. Son regard chocolaté rencontra le sien, et Karin comprit immédiatement que quelque chose n'allait pas. Il était déterminé, avec un léger voile de tristesse par dessus.

- Karin-chan... Dit enfin sa sœur au bout de plusieurs secondes. Karin-chan, Père vous demande à son bureau.

Se fut comme si sa sœur venait de lui asséner une gifle, en même temps une eau glacée et des briques lui tombaient sur la tête.

Son père avait perdu.

Karin recula d'un pas, mais Yuzu remarqua immédiatement son mouvement et avança elle aussi d'un pas.

- Je suis horriblement désolée, Karin-chan. Papa a vraiment tout fait pour ne pas que ça arrive, mais le duc n'a même pas daigné répondre à ses lettres qu'il lui avait envoyé...

À présent, des larmes perlaient au coin des yeux de Yuzu, et tout le reste de son corps lui montrait qu'elle était désolée pour elle. Si Yuzu appelait leur père "Papa", c'était qu'elle était bien trop bouleversée pour se rappeler une autre de ses règles de bienséance, que Karin n'avait jamais respecté au cours de sa vie.

Bientôt, une rage sourde vint lui vriller les tympans, rapidement suivit d'un frisson de dégoût qui se propagea le long de sa colonne vertébrale.

- Par contre... Poursuivit la jeune fille, des larmes lui dévalant à présent des joues. Elle tendit une lettre à sa sœur, et la fourra dans la main de la brune. Par contre, le duc a laissé une lettre à papa, pour lui envoyer le contrat de mariage. Et avec ça, il y avait une lettre pour lui expliquer le refus d'annuler le mariage.

Karin baissa les yeux et regarda le seau sur l'enveloppe. Celui du duc Yamamoto. Puis, sans même prendre le temps d'ouvrir l'enveloppe pour y découvrir la lettre, Karin la déchira en deux, puis en quatre, alors que Yuzu poussait un hoquet de sursaut, rapidement suivit d'un sanglot hystérique.

Karin releva son regard vers sa sœur, et elle la vit, son visage ravagée par les larmes, enfouit sous ses petites mains. La jeune fille pinça ses lèvres, qui ne formaient plus qu'une ligne, se rendant compte à quel point elle avait fait du mal à sa sœur.

D'une geste maladroit, elle lui ébouriffa lentement les cheveux. Lorsqu'elle releva la tête, Karin lui offrit un léger sourire pour la réconforter.

Karin lui avait tellement parlé en mal des mariages arrangés organisé par le duc, que Yuzu en avait prit peur. Alors, en plus de son propre propre promis qu'elle allait sûrement bientôt rencontré (comme elles étaient jumelles, leur promis se choisissait en même temps), elle se faisait des soucis pour le sien. Le sourire que Karin aurait souhaité réconfortant pour sa sœur se transforma en grimace de tristesse.

Karin lâcha enfin la tête de sa sœur, maintenant à genou sur les dalles de pierre, tout près du jardin et des portes du manoir, puis se dirigea vers ces dernières.

- Ne t'inquiète pas Yuzu, tout va bien aller.

Elle poussa la poignée de porte, et les referma aussitôt derrière elle.

Même si elle avait prononcé le prénom de sa sœur, Karin aurait voulu se le dire à elle-même, pour calmer son cœur qui palpitait de rage.

Tant pis pour la douche.

Elle arriva bien vite — connaissant par cœur le chemin (Au temps où elle se faisait convoquer tous les deux jours pour les mauvaises blagues ou les mauvais coups qu'elle avait fait). — devant les portes qui la séparait de son père elle.

Inspirant un bon coup pour ne pas tourner les talons et leur poser un lapin, elle poussa ensuite la porte (qui émit un grincement pour annoncer son arrivée) pour pénétrer dans le bureau de son père.

La première chose qu'elle y vu fut son père assit comme à son habitude derrière son bureau, la tête et le corps penché vers un document quelconque ou encore un livre, une plume à ses mains tachées d'encre aussi noirs que ses cheveux.

La deuxième chose.

Elle rencontra presque aussitôt les prunelles aussi glacées que l'océan Arctique d'un jeune homme qui se tenait près de la baie vitrée, bien droit sur ses pieds.

Les prunelles de son promis.

La troisième chose.

Le regard métallique d'un homme un peu plus vieux qu’elle (il devait avoir vingt-cinq ans alors qu'elle en avait quinze.), les cheveux aussi noir que les siens et l'encre de son père.

Le comte Kuchiki.

Son père leva les yeux, mais son visage s'éclaira en voyant sa fille.

- Bienvenue, Karin-chan.