Chapitre 8

par Angel9

Ohayo minna !

Voici le tout nouveau chap de ma fic, c’est le début des réconciliations, et surtout une révélation très inattendue, il y a comme une odeur de futur embrouille dans l’air… Bref, un chap mouvementé, à lire avec d’attention !!

Sorry, c’est vrai que le chap est super long, mais je pouvais vraiment pas faire autrement car tout ce qui y est mentionné est super important, donc je vous demande encore une fois de m’excuser pour cette longueur, par contre, SakuraAD va trouver son bonheur là-dedans !!! 

 

         Pardonner, avouer et se confier…

 

 

Quartier de Karakura, le lendemain soir

 

Rangiku et Rukia avançaient côte à côte dans les rues de Karakura, dans un état psychologique totalement contradictoire, l’une morte de rire, et l’autre morte… de honte. 

-Y’a vraiment pas de quoi se marrer, Rangiku ! S’énerva Rukia.

-Là j’suis pas d’accord, souffla la rousse en essuyant une larme due à son fou rire, te retrouver dans la chambre d’un des lieutenants les plus sexy et les plus courus du Seireitei, à un cheveu du coma éthylique, avec en prime le Yukata à moitié ouvert et le beau gosse à demi-nu, est une situation assez… hahaha… je n’arrive pas à m’arrêter !

-Cette fois, je crois que Kyone et Sentarou ont battu leur record, ce matin j’ai trouvé la moitié des officiers de la divisions agglutinés devant la chambre d’Ashido, l’oreille collée contre la porte, sans oublier le fait que tout le Seireitei à été mis au courant avant même mon arrivée au bureau, y comprit Nii-sama ! Se lamenta la brune.

-Et alors, qu’est-ce que tu t’en fiches, du moment que t’as passé du bon temps avec ton lieutenant…

-ON A RIEN FAIT DU TOUT, PIGE !

-Bon, ça va, pas la peine de me crier dessus !

-Et cet abruti d’Ashido a filé à l’anglaise avant mon réveil et m’a laissé dormir jusqu’à midi, s’il se fait choper, il n’aura que ce qu’il mérite ! Tempêta Rukia.

-C’est de ta faute, je t’ai toujours déconseillé de boire accompagnée !

-J’avais pourtant cru comprendre le contraire par ta première règle dans l’art de se saouler : "Seule, jamais tu ne te bourreras ", ça te dit rien ?

-Si j’ai dis ça, c’est que je devais sûrement être bourrée… on est enfin arrivées ! Déclara joyeusement la lieutenante en s’immobilisant devant la porte d’Orihime.

-C’est… ce n’est pas une bonne idée, déclara nerveusement Rukia, alors que Matsumoto sonnait à la porte, qu’est-ce que je vais lui dire ?

-Ce que tu as au fond du cœur ! Lui répondit-elle avec un sourire.

-Tes histoires de "cœur" commencent sérieusement à… Elle s’interrompit en entendant des bruits de pas et une voix enjouée leur crier "J’arriiiiive !!

-Ishida, Okaé… Kuchiki…-san…

-Inoue, je…

-Qui est-ce, Orihime ? Rukia fut interrompue par Tatsuki. Le regard de cette dernière durcit lorsqu’il se posa sur la brune :

-Qu’est-ce que tu fiches ici, toi ? Siffla-t-elle froidement. Même si Rukia l’avait défendue au Seireitei, la Shinigami n’oubliait pas la froideur avec laquelle elle avait traité Orihime.

-Ça ira, Tatsuki-chan, lui assura la rousse en souriant.

La brune ne dit rien. Les mots ne voulaient pas sortir, sa fierté en était peut-être la cause… Non, c’était un sentiment de honte qui l’avait envahie lorsque son regard avait croisé celui d’Orihime. Comment une personne possédant une âme aussi pure et innocente… comment avait-elle pu même l’espace d’une seconde douter d’elle ? En essayant de refouler ses émotions, était-elle devenue cruelle, monstrueuse ? Rukia en était horrifiée, ce qui inquiéta Inoue :

-Kuchiki-san, Doushta?

-Je… je suis vraiment désolée, dit-elle en baissant la tête, aveuglée par la colère et la rancune, j’ai douté de ta sincérité et de ton amitié, j’ai tout fait pour… pour vous détester, te détester, ne plus penser à vous et j’en suis profondément désolée, je ne sais pas comment me faire…

Rukia ne put achever sa phrase, Inoue lui avait sauté au coup en pleurant, mais cette fois, Rukia ne la repoussa pas. Au début, elle se raidit légèrement ne sachant comment réagir, mais avec des gestes certes maladroits, elle mit ses bras autour de son amie et lui caressa les cheveux. 

-Je suis si contente… que tu sois redevenue toi-même… Kuchiki-san

-Ce n’est plus Kuchiki-san, mais Rukia… Orihime !

-D’accord, dit Orihime en étouffant un sanglot, Rukia…-chan ! A ce moment là, Rukia sentit sa gorge la brûler et ses yeux disparaître derrière le fluide de ses larmes, mais elle ne céda pas, se contentant de sourire en essayant de calmer les sanglots d’Inoue.

-J’adore les scènes de réconciliation larmoyante, mais ça vous dérangerez de faire ça à l’intérieur… je veux dire, il neige quand même ! Dit Matsumoto en faisant mine de grelotter ! 

-… Bien sûr, faites comme chez vous !

 

**********

 

Armées de cuillères et d’énormes pots de glace goût haricot rouge sucré, Tatsuki, Orihime et Rangiku avait encerclé Rukia pour lui tirer les verres du nez, voulant à tout prix connaître les détailles de sa discorde avec Ichigo et, devant leur insistance, la brune n’eut d’autre choix que d’obtempérer. Elle ne raconta que les grandes lignes du problème sans trop approfondir :

-Je suis désolée KuchiRukia-chan, Kurosaki-kun nous avait dit que tu ne pouvais pas revenir sur terre et, le jour du départ, il ne nous a pas laissé te parler comme quoi tu avais besoin de repos… si j’avais su, jamais je ne serais partie sans toi, je suis vraiment…

-Ce n’est pas grave Orihime, mais je vous demanderai de ne pas en parler à Ichigo, il n’est pas censé savoir que j’ai "espionné" sa conversation !

Elles approuvèrent d’un signe de tête. Tatsuki était restée silencieuse durant tout le récit de Rukia:

-Quand Kuchiki racontait l’après-départ des autres du Seireitei, j’avais l’impression de revoir les premiers jours du retour d’Ichigo sur terre. Son état allait en empirant, il ne nous parlait presque plus, ne déjeunait plus avec nous, il se foutait totalement des cours quand il ne les séchait pas pour aller s’entraîner avec ces drôles de mecs qu’il appelait Vizards, et après ça, il ratait le lycée durant plusieurs jours. A son retour, sa pâleur et ses larges cernes noirs ne donnaient pas vraiment l’impression qu’il avait pris des vacances, il devait s’entraîner jusqu’à en tomber de fatigue. Ses faits et gestes n’exprimaient que détresse et confusion, il avait tout simplement perdu goût à la vie, pourquoi ? Il avait ramené Orihime, était revenu sain et sauf du Hueco Mundo, alors où était le problème ?

Elle se le demandait depuis plus d’un an, bien qu’Ichigo soit redevenu le gamin grincheux, colérique et nerveux qu’elle connaissait depuis l’enfance, cette question lui trottait toujours dans la tête, que s’était-il passé à Soul Society pour qu’il ne devienne que l’ombre de lui-même à son retour ?

 -Peut-être que la réponse est juste sous mes yeux ! Pensa-t-elle en regardant Rukia.

A ce moment-là, le portable de la Shinigami se mit à sonner. Elle le sortit de la poche arrière  de son jeans. Le Soul pager rose avec le porte-clés de Chappy avait été remplacé par un autre noir et sans artifice :

-C’est Renji !

Matsumoto sauta littéralement sur elle pour lui prendre le portable des mains :

-Donne-moi ça, dit-elle en posant le pot de glace sur la table basse, j’ai envie de m’amuser un peu ! Dit-elle avec un sourire malicieux !

Elle mit le haut-parleur, posa le portable sur le table et décrocha, puis fit signe à Rukia de répondre :

-Euhmuchi muchi* ? Tenta-t-elle en essayant de paraître le plus naturel possible.

-Rukia ? Merci mon dieu, je commence vraiment à en avoir ras-le-cul de tous ces mecs qui me courent après…

-Des mecs ? S’étonna Matsumoto en étouffant un nouveau fou rire. Rukia eut un léger sourire qui disparut aussitôt, laissant place à une expression affolée.

-Rangiku, donne-moi ça, donne le portable !!! Siffla la brune en sautant sur place.

-Calme-toi, je veux juste savoir pourquoi des mecs courent après Renji, qu’est-ce que tu as tout d’un coup ?

-Rien… rien du tout, je veux juste qu’on me rende mon… (Aïe, aïe, aïe la cata, je suis sûre qu’il va me balancer, qu’est-ce qui m’a pris de lui en parler d’abord…)

-…. pas ta secrétaire, si tu ne veux pas te marier, dit le toi-même à ces allumés, tu peux tenir tête aux types de la onzième, envoyer promener ces mecs devrait pas te poser de problèmes, et tache de pas t’éterniser, t’as les dossiers des nouvelles recrues à trier aujourd’hui ! Et Renji raccrocha, laissant Rukia dans une drôle de situation. Matsumoto, Orihime et Tatsuki étaient toutes trois tournées vers Rukia, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte de stupeur, ce qui mit Rukia mal à l’aise :

-(Renji, sale enfoiré ! Tes plans foireux commencent vraiment à me faire chier !)

-Celui qui a dit que le troisième siège était le larbin du Fukutaisho devait certainement savoir de quoi il parlait !

Le silence persistait.

-Arrêtez de me regarder comme ça, je n’ai pas une tête à me marier ou quoi ?

-Euh… si, bien sûr, tu feras une très belle mariée, Rukia-chan, commença Orihime.

-C’est juste que je ne m’y attendais pas, je pensais que…

-Que quoi ? Demanda Rukia à Rangiku en scrutant son expression. Cette dernière au début parut prise au dépourvu, il fallait dire que le lieutenant de la dixième division avait de tous autres projets pour la vie sentimentale de la brune, projets que cette soudaine annonce allait certainement retarder, mais Matsumoto n’allait certainement pas abandonner au premier obstacle, car le parcours jusqu’à l’aboutissement de ce fameux plan en était jonché, et le premier était justement ce fichu mariage. Rangiku fit à Rukia un sourire qui se voulait rassurant mais qui débordait de malice. Tatsuki essaya de changer de sujet.

- Mais dis-moi Orihime, je ne vois ni Ishida, ni Aoki, ils sont sortis ? Cette remarque attira comme prévu, l’attention de Rangiku.

-Qui est Aoki ?

-Le fils de nos nouveaux voisins, comme ils sont souvent en déplacement, je le garde avec moi !

-Et Ishida alors… HA, ne me dit pas qu’il vit ici ? Dit-elle avec un regard plein de sous-entendus.

-Euh… en fait… c'est-à-dire…

-Inoue a bien voulu héberger Ishida dans la pièce du haut à cause des différends qu’il a eus avec son père, rien de plus ! Déclara fermement Tatsuki pour couper court à toute pensée mal placée de la part de Matsumoto :

-Alors comme ça la Hime est finalement casée, c’est très bizarre ça, moi qui pensais que tu étais amoureuse de quelqu’un d’autre ! Dit-elle avec beaucoup d’habileté.

-On peut savoir ce que tu insinues ?

-Ce n’est pas grave Tatsuki-chan ! Je sais de quoi tu veux parler, et je tiens à te dire que je ne suis plus amoureuse de lui ! Annonça-t-elle avec une légère pointe de tristesse mais une voix assurée.

-Orihime

-C’est vrai ça ?

-Hum… Et je crois que je peux vous l’avouer maintenant, bien que certaines personnes s’en doutaient déjà, elle marqua un temps d’arrêt ; Kurosaki-kun est et sera toujours quelqu’un de très important pour moi, depuis toujours je gardais dans mon cœur le secret espoir qu’il me remarque un jour, mais j’ai renoncé à cette idée il y a déjà plus d’un an ! Cette remarque attisa encore plus la curiosité de Rangiku, la surprise de Tatsuki et l’étonnement de Rukia qui s’était soigneusement écartée de la conversation.

-Pourquoi ça ?

-C’était peine perdue, son cœur appartenait déjà à une autre fille, et ce depuis leur toute première rencontre ! Au début, j’étais jalouse, j’en avais honte car cette fille était vraiment une personne formidable, mais je ne pouvais m’en empêcher… peu importe à présent, l’important c’est qu’il soit heureux ! Dit-elle en souriant sincèrement

-Franchement Orihime, je te trouve admirable, dit Rangiku en lui tapotant chaleureusement l’épaule. La rousse lui sourit puis poursuivit :

- Kurosaki-kun et cette fille ne le savent peut-être pas encore, mais ils sont condamnés à se supporter pour le restant de leur vie, ils sont aussi têtus, fiers et orgueilleux l’un que l’autre pour le reconnaître, ce n’est pas pour rien si le destin a réuni deux êtres si différents !

-Voyez-vous ça ! Répliqua Matsumoto, t’en penses quoi toi ? Demanda-t-elle en se tournant soudainement vers Rukia.

Rukia fut d’abord surprise, mais se renfrogna aussitôt qu’elle repensa à Ichigo.

-Pourquoi tu me demandes ça ?

-Pour rien, je voulais juste connaître ton avis sur la question !

-Tout ce que je peux dire, c’est que je plains la pauvre fille qui a eu le malheur de tomber amoureuse de ce type ! Les sourcils froncés et la voix légèrement plus grave, elle prit brutalement le pot de crème glacée des mains de Rangiku et se mit à en manger en regardant dans le vide, l’air complètement ailleurs.

-Tu veux que je te dise, Rangiku-san, finit par dire Tatsuki, tes questions sont trop indiscrètes !

-Je voulais juste me renseigner et en parlant de renseignements, ne crois pas que je t’aie oubliée toi, dit-elle en montrant Rukia du doigt, c’est qui le type avec lequel tu vas te marier ?

Rukia émit un profond soupir de désespoir, Tatsuki en fit de même plus un "c’est reparti pour un tour ! " Le hic c’est que même Inoue s’y mettait :

-Il doit sûrement être noble !

-Et beau !

-Bourré de fric !

-Très puissant !

Tatsuki regardait le spectacle dans son coin tout en admirant le self-control exemplaire dont Rukia faisait preuve face à ces deux furies, quoique quelque chose lui disait que ça n’allait pas durer, et pour cause, Matsumoto n’était peut-être pas noble mais elle connaissait tout d’eux, ce qui faisait que ses questions n’avaient d’autre but que de la pousser à bout :

-C’est magnifique ! Rukia-chan je suis sûre que ce sera un super mariage !

-Orihime

-C’est vrai ça, c’est tellement romantique !

-NON, TU TE TROMPES RANGIKU, CE N’EST PAS ROMANTIQUE ! Cria-t-elle en frappant brutalement la table avec le plat de ses mains :

-Ce n’est pas… romantique du tout comme tu dis, les mariages chez les nobles… ne sont jamais romantiques, je ne connais même pas celui avec qui je vais me marier…

-Rukia-chanOrihime voulut poser la main sur l’épaule de Rukia mais Matsumoto l’en empêcha, quand elle se tourna vers elle pour lui demander pourquoi, Matsumoto mit son index sur ses propres lèvres pour lui faire signe de se taire en souriant et de la laisser continuer :

-Si je me marie, ce qui est sûr, ce ne sera certainement pas par amour comme le font les humains, mais bien par obligation et tradition !

-Kuchiki…

-Ce n’est pas moi qui aie voulu ça, dit-elle en serrant ses poings, il y a quelques jours, Nii-sama m’avait demandé de venir tôt pour que l’on puisse parler de certaines choses lors du dîner…

 

Flash back : Quelques jours en arrière, demeure des Kuchiki (inutile de préciser que les passages qui traitent de la clé ne seront pas mentionnés devant Matsumoto et les autres !)

 

Rukia rentrait au manoir éreintée par sa journée, elle avait enchaîné briefing des missions pour les sous-officiers tôt le matin, discussion avec Byakuya au sujet de la clé et tout le reste, paperasse de la division, mission improvisée au Rukongai pour cause d’infiltration de Hollows et entraînement intensif avec un Ikkaku loin d’être compatissant, sans oublier la masse de travail supplémentaire causée par l’attaque de la douzième division, ce qui faisait que cela tenait du miracle si elle était encore debout, et comme Byakuya lui avait demandé d’être présente au dîner, elle n’était pas prête d’aller prendre une bonne douche, son rêve le plus cher à ce moment-là :

-Rukia-sama ! Rukia-sama ! A peine la brune avait-elle fini de traverser l’immense jardin de cerisiers à l’arrière de sa chambre qu’elle entendit la voix de Mikaku, une des servantes qui l’appelait :

-Mikaku, qu’est-ce qui te prends à crier comme ça, il est prêt de neuf heures du soir tu… neuf heures, NII-SAMA VA MA TUER !

Alors qu’elle s’apprêtait à détaler vers sa chambre en passant par la porte-fenêtre elle sentit le bras de Mikaku la retenir :

-Toutes mes excuses Kuchiki-sama, dit-elle en se baissant devant-elle alors que Rukia la forçait à rester debout.

- Je t’ai dit de ne plus faire ça, c’est déjà assez gênant pour moi que tu m’appelles Rukia-sama !

-Ano*… Hai!

-Bon, je dois y aller, Nii-sama m’attends sûrement pour dîner, dit-elle en souriant à Mikaku.

-C’est justement pour ça que… en fait… Kuchiki-sama votre grand frère m’a demandé de vous dire que vous ne serez pas seul à dîner, alors…

-Ah je vois, il a invité les membres du clan à dîner…

-Ano  sans vouloir paraître grossière, vous devriez aller vous préparer avant d’y aller, Kuchiki-sama m’a envoyée vous prévenir dans ce but !

-Pourquoi ? Il y a quelque chose qui…

En se regardant, Rukia comprit très vite ce que voulait dire Mikaku. Elle était couverte de terre et de boue, les manches, les pans ainsi que l’épaule et le col de son Kimono étaient déchirés, son visage était couvert d’estafilades et de légères brûlures ainsi que d’un mince filet de sang séché sur sa tempe droite et sa lèvre inférieure.

-(Faut dire que cette fois, ils ne m’ont pas ratée les gars de la onzième !) C’est vrai que je ne suis pas très présentable, dit-elle en essayant de sourire, j’y arriverai jamais à temps ! Se lamenta-t-elle alors que la panique commençait à l’emplir, elle avait beau être devenue très forte, les membres de la famille Kuchiki l’effrayaient toujours autant.

-Ne vous inquiétez pas, les invités viennent juste d’arriver, lui dit fièrement Mikaku, allez prendre votre bain tranquillement, je m’occupe du reste !

-Mais je…

-Soyez raisonnable Rukia-sama, sinon votre frère va encore être fâché, lui dit-elle  tout en la poussant dans sa chambre.

Elle la jeta littéralement à l’intérieur de sa salle de bain en la priant de faire au plus vite. Rukia s’exécuta, elle retira ses vêtements et prit rapidement une douche chaude qui, elle devait bien l’avouer, la détendit vraiment. En entrant dans sa chambre, elle remarqua Mikaku tenant dans ses mains un paquet qu’elle se dépêcha de lui tendre : 

-Kuchiki-sama vous demande de porter ceci pour le dîner !

Rukia prit le paquet retira rapidement le papier beige. A l’intérieur se trouvait un magnifique Yukata bleu ciel parsemé de pétales de cerisier blancs et un large Obi de la même couleur.

-Vous qui ne portez plus de couleurs vives, cela devrait vous changer !

Rukia entreprit alors de l’essayer, puis Mikaku l’aida à ajuster la ceinture, lui cernant ainsi tout l’abdomen. C’est vrai que le Kimono soulignait ses formes à merveille, laissant deviner sa fine taille, et la teinte claire du tissu embellissait nettement son teint et contrastait avec le noir de ses cheveux. En se regardant sous toutes les coutures devant son miroir, Rukia dut bien admettre qu’elle était belle, ce dont elle ne s’était plus souciée depuis bien longtemps :

-Vous êtes magnifique ! Kuchiki-sama a vraiment beaucoup de goût ! Vos affreux Yukata noirs vous font paraître tellement triste !

-Peut-être le suis-je vraiment, murmura Rukia avec un sourie morne plus pour elle-même que pour Mikaku.

-Vous dites ?

-Non, rien du tout ! Elle s’assit devant sa coiffeuse, démêla rapidement ses cheveux puis les releva en une longue queue de cheval lui arrivant jusqu’au bassin, elle ne laissa que deux fines mèches tomber sur les deux côtés de son visage, puis elle se leva et se regarda une dernière fois dans la glace :

-Bon, j’y vais, souhaite-moi bonne chance !

-Vous n’en aurez pas besoin, Rukia-sama !

Elle la salua d’un signe de tête et sortit rapidement de sa chambre en direction de la grande salle à manger. Elle marchait silencieusement, mais son cœur battait de plus en plus vite à mesure qu’elle approchait. Les membres de la famille Kuchiki n’étaient pas connus pour leur grande sympathie, bien qu’elle en connaisse certains plus cordiales et passablement plus gentils que les autres.

Elle était enfin arrivée, elle s’arrêta devant la porte, souffla un grand coup, puis toqua trois fois :

-Entre ! Lui dit la voix de Byakuya. En l’entendant, Rukia se sentit nettement plus à l’aise.

Elle pénétra alors dans la pièce, elle vit tout d’abord son frère à sa droite qui lui fit un très léger sourire pour l’encourager, puis en face de lui se tenait le patriarche de la famille et grand-oncle de Byakuya, Kuchiki Kotarou ainsi que sa femme, Kuchiki Mariko. En le voyant, Rukia émit un léger  soupir de soulagement avant de se prosterner devant eux :

-Veuillez nous laisser, nous dînerons plus tard dans l’autre salle, dit Kotarou aux quatre gardes ainsi qu’aux deux servantes présents avec eux. Quand ils furent sortis, il se leva et se dirigea vers Rukia en lui tendant la main :

-Allons Rukia-chan, tu n’as pas besoin de tant de formalités avec nous, après tout ce n’est pas comme si tu te tenais devant ces vautours du conseil de famille !

-Mon oncle ! S’indigna Byakuya.

-Quoi ? S’exclama-t-il, je n’ai pas le droit de dire la vérité !

-Là n’est pas la question mon oncle, nous avons une discussion importante à… 

-Tu devrais apprendre à te détendre un peu mon neveu, tu commences même à déteindre sur ta sœur !

-Kotarou !

-Bon, ça va ! Dit-il en s’asseyant alors que Rukia prenait place à côté de Byakuya.

La première fois qu’elle l’avait vu, Rukia avait eu du mal à croire que ce personnage haut en couleurs avait un quelconque lien de parenté avec la famille Kuchiki et encore moins qu’il en était le patriarche, tellement il était sympathique et gentil, en fait, lui et Mariko lui faisaient penser au capitaine Kyouraku et à Nanao-chan son lieutenant, beaucoup plus qu’à des membres des Kuchiki. Cependant, son teint très clair et ses yeux foncés étaient des caractères physiques présents chez tous les Kuchiki.

-Je suppose que vous vous doutez de la raison de notre visite, commença Mariko.

-Hé bien, je pense que c’est à propos de la clé, non ?

-Oui et non, mon enfant, dit Kotaro en se servant une coupole de saké.

-Nous sommes ici pour te parler de trois choses, la première est l’obtention de ta nouvelle promotion, mais tu en as tellement obtenues au cours d’une seule année que ça en devient habituel !

-Vous avez gravi les échelons tellement vite, Kotarou et moi ainsi que votre frère bien sûr, dit-elle en jetant un regard vers Byakuya, sommes très fiers de votre progression !

-C’est bien dommage que nous soyons les seuls à l’être ! Ensuite, comme tu l’as dit, le deuxième sujet sera donc le cerbère!

-La cérémonie se déroulera exactement dans deux semaines ici même, et c’est moi qui m’en chargerai, l’ennui c’est que ce sera la veille de la nomination des nouveaux Taisho !

-L’emprisonnement de la clé est quelque chose d’éprouvant pour le cerbère car la clé absorbe le reiatsu ainsi que l’énergie vitale de ce dernier, il se pourrait même que tu t’évanouisses, tu sais ! Et le lendemain, il faudra que tu sois présente à la cérémonie, c’est là tout le problème !

-Si c’est ce qui vous ennuie, ne vous inquiétez pas pour ça, mon oncle ! Je saurais me montrer digne de votre confiance.

-Ça c’est bien parlé, dit Kotarou en se servant une nouvelle coupole de saké.

-Le dernier sujet n’est malheureusement pas une très bonne nouvelle… Rukia c’est à propos de votre mariage !

Rukia fut très surprise mais elle sut se contenir, tout comme Byakuya qui même si cette perspective ne l’enchantait guère, attendait le bon moment pour se manifester:

-Les vautours sont pressés de te passer la bague au doigt car c’est une tradition familiale, il paraît !

-Tradition ? Demanda Rukia.

-Oui, répondit Byakuya, la première femme à avoir été chef de famille des Kuchiki, s’est mariée à l’âge que tu auras l’année prochaine !

-Oui, Kuchiki Yurihime-sama a été fiancée dés sa naissance à un membre d’une autre puissante famille de nobles et elle s’est mariée le jour même de son anniversaire, depuis, c’est le cas de toutes les Shinigami des Kuchiki !

-Inutile de te dire aussi qu’ils exigent ton mariage avec un noble de sang qu’ils devront tous approuver !

-Un noble de sang, mais je…

-Vous savez Rukia, vous avez de la chance, le conseil de famille ne vous imposera peut-être pas quelqu’un de force, voyez le côté positif des choses !

Rukia ne répondit pas. Se marier ? Pourquoi se marier ? Pour avoir des enfants ? Elle aurait tout le temps d’en faire plus tard, être heureuse ? Elle ne le pourrait pas, en tout cas pas avant d’avoir mis de l’ordre dans sa vie, et d’avoir réussi son pari. Elle ne le voulait pas, c’était même la dernière chose à laquelle elle aurait pensée ! Et avec un noble en plus, en quoi cela pourrait-il bien lui servir ? Cette nouvelle était comme un vent violent balayant dans son souffle son château de cartes, composé d’objectifs et de rêves ambitieux pour lesquelles elle avait travaillé durant toute une année, et qui s’était en une seconde, complètement écroulé.

-Rukia, Rukia, tu te sens bien ? Elle réagit quand elle sentit une main remuer devant son visage.

-Non, répondit-elle malgré elle, non… je ne vais pas bien !

-Ah je te comprends, y’a de quoi être retournée quand on sait qu’on va vous obliger à vous marier contre votre gré et avec quelqu’un que vous n’aimez même pas !

Etait-ce son imagination ou bien les derniers mots qu’avait prononcés son oncle lui faisaient encore plus mal ? Alors ce qu’il lui faisait le plus peur, c’était le fait de se marier avec un inconnu ?

D’ailleurs… qu’est-ce que aimer ? Que ressent-on quand on aime, elle ne le savait pas, car elle n’avait jamais aimé. Mais surtout, elle ne comprenait pas cette peur qui la foudroyait à cette pensée.

-Je crois qu’il est temps d’aller dîner ! Dit Byakuya en se levant, Kotarou et Mariko en firent de même, ils sortirent de la pièce et Byakuya les suivit mais Rukia ne bougea pas.

-Rukia ? Appela Byakuya en passant la tête par la porte.

-Je… Je… j’arrive ! Elle lui tournait le dos qu’il regarda pendant un moment puis partit, laissant Rukia seule avec ses larmes, et surtout sa détresse.

 

Fin du Flash back

-Pourquoi n’as-tu pas protesté ? Pourquoi n’as-tu rien dit ? Cria Matsumoto en fronçant les sourcils d’un air réprobateur, mais à sa grande surprise, Rukia ne répondit pas.

-Tu sais, dit-elle d’une voix sans timbre en regardant dans le vide, ce n’est pas le fait de me marier à un inconnu qui ne me plait pas !

-(Kusso Ussotsuke* !), ha oui, alors où est le problème ?

-Les filles nobles une fois mariées deviennent comme des oiseaux en cage, privées de toute liberté, plus d’entraînement, plus de progression, plus de vengeance, et c’est ça qui me fait chier !

-Demo Rukia-chan

-Tu devrais me comprendre Rangiku, je vais bientôt être libérée de la promesse que j’ai faite à Nii-sama, c’est comme retourner en prison alors que vous venez juste d’en sortir.

-Je sais tout ça, mais je n’arrive pas à croire que tu n’ais même pas protesté, à quoi tu pensais enfin ?

-Tu sembles oublier que ça fait partie de mes obligations en tant que noble, ça devait arriver tôt ou tard !

Le silence s’abattit sur elles, chacune y était plongées dans ses propres réflexions : Matsumoto sur la façon de sortir Rukia de là, même si elle savait qu’elle n’était pas la personne la mieux placée pour y parvenir, Tatsuki se questionnait sur le genre de vie que pouvait bien mener la brune, avec ses lourdes responsabilités qu’elle acceptait apparemment sans broncher. Elle pensa alors que la Shinigami valait beaucoup plus qu’elle ne le pensait, Orihime sur cette promesse qu’elle avait faite à son frère et sur ses sentiments aussi, car elle savait pertinemment que Rukia ne pensait pas un traître mot de sa tirade. La rousse avait du mal à lire en elle, une barrière invisible s’était créée entre elle et le monde extérieur et Orihime pensait que c’était une bien triste chose :

-Et Renji, qu’est-ce qu’il pense de tout ça ?

-Ce salopard, cette espèce d’enfoiré, RENJI NO TEME ! La cuillère qu’elle avait dans la main se tordit sous la pression que la main de Rukia exerçait en son milieu, Rangiku et Orihime regardaient le spectacle nerveusement alors que Tatsuki semblait amusée.

-Cet abruti s’est ouvertement moqué de moi alors que j’étais vraiment sur les nerfs ! Continua Rukia en fixant le mur comme si c’était Renji qui se trouvait là-bas.

-Mais heureusement, toute la frustration que j’ai accumulée durant ce fichu dîner de famille, je l’ai fait passer sur lui, il l’avait cherché de toute façon ! Il a osé se foutre de moi alors que je lui faisais part de mon malheur, quand je lui ai dit qu j’allais me marier, il n’a rien dit d’abord puis il a explosé de rire, en me disant que je m’inquiétais pour un rien et que, de toute façon, ce mariage n’allait pas avoir lieu !

-(Sur ce point, il n’a pas tous à fait tort !) Pensa Rangiku.

Ensuite, elle enfourna une énorme cuillère de glace dans sa bouche avant de poursuivre :

-Il m’a dit que perchonne ne pourrait saké quelqu’un d’oshi inchupportable… elle avala puis poursuivit, froid, susceptible, prétentieux, présomptueux et violent que moi, sauf si l’autre était exactement pareil !

-Et ensuite, qu’est-ce qui s’est passé ?

-Je l’ai balancé par la fenêtre de mon bureau, dit-elle sans même sourciller. Rangiku s’arrêta brusquement de rire et elle ravala prestement les mots qu’elle allait prononcer (du genre, c’est vrai que t’as un sale caractère !), en remerciant la providence de lui avoir fait poser cette question avant de lui dire ses quatre vérités.

-PaPa… par la fenêtre ? Bégaya Orihime. 

*******

-Oyasumi*, Tatsuki-chan ! Dit-elle en refermant la porte derrière elle.

Quelques minutes plus tard, la porte se rouvrit, laissant apparaître un petit garçon qui n’arrêtait pas de sauter sur place, et dés qu’il fut rentré, de courir absolument partout, suivit de… ben on ne savait pas qui vu qu’un amas de paquets cachait la figure du nouvel arrivant, mais le bracelet avec un pendentif en forme de croix encerclée qui pendait à son poignet droit, ne laissait planer aucun doute quant à son identité :

-Aoki, Ishida-kun, vous êtes enfin rentrés ! S’écria Inoue en accourant vers Ishida pour le débarrasser.

-Aoki n’arrêtait pas de courir partout dans le centre commercial, je l’ai perdu une bonne dizaine de fois, je ne referais plus jamais les courses avec toi ! Dit-il en tournant un regard sévère vers le petit garçon, un petit brun aux cheveux couleur chocolat et aux yeux d’un vert éclatant, laissant deviner l’éclair pétillant de malice et d’intelligence dans ces derniers.

-Tu dis ça à chaque fois, mais tu finis toujours par m’emmener, cria le petit en lui tirant la langue.

-OOOOH, mais si ce n’est pas Ishida et le petit… Aoki ! Cria Matsumoto en venant à leur rencontre, Rukia sur ses talons. Ishida s’immobilisa, surpris de constater qu’il avait de la visite, mais carrément choqué à la vue des deux Shinigami, surtout Rukia qu’il ne portait plus dans son cœur depuis l’incident avec Inoue, mais en voyant le regard que lui lançait Orihime accompagné d’un sourire radieux, il comprit que les choses s’étaient calmées. Aoki quant à lui, regardait Rukia, cette dernière en constatant qu’il l’observait, lui sourit :

-Dit oncle Ishida, c’est qui la jolie dame aux yeux bleus ? Demanda-t-il en tirant sur le pantalon d’Ishida.

-C’est Rukia-chan, une de mes amies, répondit Orihime en se baissant à sa hauteur.

-Rukia…-chan ! Répéta ce dernier en ne quittant pas Rukia des yeux. Cette dernière se baissa à côté de lui et prit ses mains dans les siennes avec un grand sourire.

-Et toi comment tu t’appelles ? Dit-elle avec une douceur qui ne lui ressemblait pas.

-Je… je suis Aoki Wada, et j’ai quatre ans ! dit-il en formant fièrement un quatre avec ses doigts. Matsumoto ne put s’empêcher de sourire devant ce spectacle. Rukia avait l’air tellement innocente lorsqu’elle parlait à cet enfant, si douce et si gentille, peut-être que c’était ça, son vrai intérieur, celui qu’elle avait refoulé depuis si longtemps. 

-Je n’ai pas encore fait à dîner, vous voulez quelque chose de spécial ?

-Non merci, je suis trop fatigué pour, je monte faire prendre son bain au monstre et je file dormir, bonne nuit, dit-il à l’assistance, très mais alors là très gêné par les regards que lui lançait Matsumoto style (ça à l’air de bien marcher entre vous !)

-Non, moi je ne veux pas, j’aime pas les bains ! Se plaignit Aoki en faisant la moue, les bras croisés d’un air contrarié, alors qu’Ishida le soulevait comme un sac à patates (affectueusement bien sûr !) sur son épaule en l’entraînant vers la salle de bain. Il eut quand même le temps de lancer un "bonne nuit, Rukia-chan ! " avant de disparaître dans l’escalier.

**********

-A dans une semaine Orihime ! Lança Matsumoto

-Oui, à bientôt !

-Au revoir, Rukia-chan, Rangiku-san ! Cria-t-elle en faisant de grands signes de la main alors que Rukia et Rangiku s’éloignaient de l’appartement, le cœur un peu plus léger. La certitude d’avoir de nouveaux ses amis avec elle rendait Rukia plus sereine et détendue, du moins, pour l’instant.

 

 

Muchi muchi : allo (ouais je sais, c’est un peu glauque !!!)

 

Pas de gros changement dans le chap, juste un ajout au début mais rien de bien méchant !

 

Babay !!!