Chapitre 7

par Angel9

Hai tout le monde !

 

J’avais promis un nouveau chap, et le voilà, avec un jour de retard, désolée !

 

Bonne lecture !

 

P.S. Ashido est un enfant dans la deuxième partie du chap jusqu'à son réveil !

 

Souvenirs sous la pluie

 

Manoir des Kuchiki, le soir même

 

 

Rukia n’arrivait pas à dormir, le sommeil avait tout simplement décidé de la bouder cette nuit. Au début, elle avait mis ça sur le compte du stress, car le lendemain, elle devrait s’expliquer avec Orihime, ce qu’elle redoutait. Elle avait peur. Peur de sa maladresse, peur d’être brusque, de ne pas trouver ses mots et de blesser encore plus la rousse. Mais son insomnie avait une toute autre raison :

-Kurosaki Ichigo deviendra ton garde du corps dés que tu auras la clé en ta possession !

Cette maudite phrase de Yamamoto sans cesse dans sa tête, et dire qu’elle allait devoir le supporter jusqu’à ce que l’on mette Aizen hors d’état de nuire, car même si le général avait des doutes, il ne faisait aucun doute pour la brune qu’il n’y avait que l’ex-capitaine pour convoiter ce trésor, et que le traître ferait tout ce qui était en son pouvoir pour s’emparer de l’énergie divine, mais bien avant cela, il devait se procurer le charme la clé, et donc tuer la brune.         

Rukia se retourna pour la millième fois dans son lit, s’emmitouflant dans les draps de soie bleue. La porte-fenêtre de sa chambre était ouverte et la lumière de la lune filtrait à travers. La pluie se mit alors à tomber, Rukia sentit la tristesse l’emplir en entendant la mélodie des gouttes d’eau marteler les feuilles des cerisiers. Elle se leva alors du lit et s’approcha de la fenêtre pour admirer les arbres du jardin sous la pluie.

Le visage d’Ichigo lui apparut soudain, le revoir avait été une véritable épreuve pour elle. Elle s’était crue assez forte pour l’affronter, elle avait eu tort et par conséquent elle avait échoué. Elle n’était pas arrivée à maîtriser ses émotions, même si ce n’était que l’espace de quelques secondes, le défi qu’elle s’était fixée, elle ne l’avait pas accompli. Toute cette année d’entraînement, où elle avait tout fait pour s’endurcir, pour que son cœur devienne aussi dur que de la pierre, et imperméable aux sentiments et émotions qu’un être normal éprouvait, n’avait donc servi à rien ?

La pluie s’intensifia, son sentiment de solitude suivit le mouvement, et dans ces moments-là, comme le lui avait si bien appris Matsumoto "rien ne vaut un bon petit verre de saké pour noyer sa peine, buvez et oubliez tous vos soucis !", tout en précisant la "règle n°1 dans l’art et la manière de se saouler : seule, jamais tu ne te bourreras ! "

C’est ainsi qu’elle réussit à dénicher une demi-douzaine de bouteilles qu’elle emporta avec elle, direction le siège de la treizième division !

 

 

******

 

Treizième division, quartier des lieutenants

 

-Hé !

La petite blonde qui était bien trop absorbée par la scène se déroulant sous ses yeux, ne remarqua pas tout de suite la présence du garçon derrière elle, son appel la fit alors réagir, elle sortit un poignard accroché aux bandages de son mollet et l’attaqua, le garçon l’évita et baissa le bras de son adversaire pour lui prendre son arme de la main :

-Calme-toi, je ne voulais pas te faire de mal !

L’enfant lui rendit son arme, elle la prit et la rangea distraitement tout en détaillant son interlocuteur. Il devait avoir quatre ou cinq ans de plus qu’elle (ce qui à soul society multiplié par dix nous donne à peu près quarante ou cinquante ans !), les cheveux d’une couleur marron clair, des yeux gris et un sourire d’une extrême douceur ornant son visage. Lui aussi la détaillait, mais avec moins d’insistance et de méfiance, elle était petite de taille et très fluette, nageant presque dans son Yukata noir aux manches extra larges, ses cheveux étaient d’un blond pâle, mais ce qui attirait l’attention sur elle au premier coup d’œil, c’était ses yeux : l’un vert, l’autre marron, une particularité qui la rendait spéciale, peut-être trop même, cependant Ashido ne fit aucune remarque à ce sujet, se doutant bien que la petite fille devait assez en souffrir pour ne pas en rajouter :

-J’avais déjà ressenti ton reiatsu il y a quelques jours, pourquoi tu n’es pas venue nous voir ?

La petite blonde ne répondit rien et se contenta de le regarder d’un air méfiant :

-Je m’appelle Ashido, et toi ? Il lui tendit la main, elle eut un mouvement de recul mais le garçon, lui, ne bougea pas, la main toujours tendue vers elle avec un sourire encourageant, le regard de la petite fille oscillait toujours entre le visage et la main du jeune garçon, et d’un geste maladroit et tremblant, elle se saisit enfin de sa main :

-Je… je suis… mon nom et Tori !

-Tori ? C’est plutôt original, je suis heureux de te connaître Tori ! Dit-il en faisant des mouvements de haut en bas avec leurs deux mains liées, ce qui surprit fortement la jeune fille qui regardait ce geste avec effarement.

-Tu viens jouer avec nous ?

-Euh… jouer ?

-Oui, c’est ce qu’ils sont en train de faire ! Il lui montra les enfants qu’elle épiait quelques minutes plutôt, certains jouaient au ballon, d’autres plus loin s’amusaient à sauter à la corde ou encore s’amusaient avec des toupies :

-Alors… ils jouent ? Demanda-t-elle stupéfaite.

-Oui, aller suis-moi ! Mais elle ne vint pas, elle resta cachée derrière le portail de la maison :

-Qu’est-ce qui se passe ?

-Je… je ne sais pas… jouer ! Murmura-t-elle en baissant la tête, Ashido lui tendit la main toujours avec le même sourire :

-Ne t’inquiète pas, je vais t’apprendre, tu vas voir, les autres sont très gentils, Masahiko-sensei aussi est gentil!

-Euh… Masahiko ?

-Oui, c’est lui le gérant de l’orphelinat, et c’est aussi lui qui m’a tout appris !

Elle accepta de le suivre non sans hésitation, il la traîna alors vers le terrain de jeu où elle se mêla à des enfants de son âge, pour la première fois.

Ashido ouvrit les yeux, des souvenirs ? Alors ce n’était que ça, des bribes de mémoire, ça le ramenait tellement loin dans le passé.

La rencontre qu’il avait faite quelques heures plus tôt avait ravivé en lui de lointains souvenirs qu’il croyait avoir à tout jamais effacés de sa mémoire. Cette nuit lui prouvait le contraire.

Il passa sa main sur son visage tout en restant immobile dans son lit.

-Tori… où peux-tu bien être ? Se dit-il en fixant le plafond de sa chambre.

Il entendit alors des bruits de pas et des martèlements irréguliers à sa porte, se doutant de l’identité de son visiteur, il sourit tout en se dirigeant vers la porte :

-Qu’est-ce que tu fais là, Rukia ?

-AAAASHIIIIIDOOOO…hic…te parler !

Il ouvrit la porte. Rukia était dans un état lamentable. Trempée jusqu’aux os, ses cheveux lâchés lui collaient à la figure, son Yukata tombait sur une épaule et son Obi était male fait :

-Mais bon sang, qu’est-ce qui t’est passé par la tête ?

-SAKEEE ! Cria-t-elle en mettant les bouteilles à moitié entamées bien en évidence, elle vacilla légèrement et tomba contre le torse d’Ashido :

-Chut ! Tu vas réveiller tout le monde ! Murmura-t-il en mettant le bras de Rukia autour de son cou, une chance que Kyone et Sentarou ne t’aient pas…

-Ashido Fukutaisho !

-Fukutaisho, Daijobu ?

-Entendu, acheva le lieutenant, désespérer  de voir Kyone et Sentarou accourir vers eux.

-Est-ce que…mais c’est Kuchiki-san ! S’exclama Sentarou en dévisageant Rukia, toute sourire.

-Oui, c’est bien Kuchiki ! Répéta Kyone, le regard oscillant entre le torse nu d’Ashido qui se promenait en boxer, et Rukia dont le Yukata était à moitié ouvert.

-Arrête de toujours répéter derrière moi, sale perroquet.

-Ne me cries pas dessus, primat puant !

Profitant de se moment d’inattention, le lieutenant se faufila dans sa chambre avec Rukia et referma la porte derrière lu.

-Hic… hé…t’es super bien foutu, dis ! Pouffa la brune en admirant le torse nu du Shinigami. Il ne fit aucune remarque à Rukia au sujet de ses sous-entendus, connaissant les effets dévastateurs que pouvait provoquer un seul verre d’alcool sur la jeune fille, pour en avoir déjà fait les frais.

Il la fit entrer dans sa chambre, lui donna un de ses Yukata et la laissa se changer, lui aussi alla enfiler une tenue plus appropriée, puis il revint.

Rukia avait l’air d’avoir "légèrement" décuvé, assise au bord du lit d’Ashido, une énorme serviette blanche sur la tête.

-Tu as apparemment retrouvé ta lucidité !

-Ho ça va, tu ne vas pas me faire de reproches pour trois malheureuses bouteilles !

-Alors, que me vaut l’honneur de cette visite…, il jeta un coup d’œil à l’horloge, à plus de deux heures du matin ! Demanda Ashido en s’appuyant contre la porte alors que Rukia se séchait les cheveux.

-Si je ne te connaissais pas, je pourrais penser que tu me mets indirectement à la porte !

-Qui te dit que ce n’est pas le cas ! Elle arrêta ses mouvements pour jeter au lieutenant un regard meurtrier sous sa serviette.

-De toute façon, tu ne peux pas dire que je t’ai dérangé, tu ne dormais pas, je me trompe ?

-Hum…

Il prit une des bouteilles qu’avait apportées Rukia, la déboucha et vint s’asseoir à côté d’elle :

-Tu n’as toujours pas répondu à ma question ? Dit-il en buvant une gorgée.

-Et dire que j’ai traversé la moitié du Seireitei, sous une pluie torrentielle, à une heure pas possible uniquement pour boire un verre avec toi !

-Je vois que tu ne m’as pas attendu pour déboucher les bouteilles ! Remarqua Ashido en levant un sourcil :

-Bon d’accord… Rangiku veut que j’aille faire des excuses à Orihime demain, enfin aujourd’hui ! L’ennui c’est que je ne sais pas comment me comporter, j’ai encore des doutes et j’ai peur de ne pas savoir m’y prendre !

-Tu n’as qu’à faire exactement le contraire de ce que tu fais avec les gars de la onzième! Lui conseilla Ashido.

-Imbécile !

-En parlant des gars de la onzième, comment s’est passé ton entraînement ?

Flash back : terrain d’entraînement de la onzième division

 -Comment ça, personne ne veut venir ? Et comment je vais faire pour m’échauffer moi !

 -A quoi tu t’attendais, la dernière fois qu’ils ont eu le malheur d’accepter de t’aider, tu les as tous envoyés à l’hosto !

-Ce n’était pas très beau à voir, en effet !

Debout au milieu de la cour d’entraînement, Rukia, Ikkaku et Yumichika attendaient les membres de la division depuis bientôt une demi-heure, et cela afin d’aider Rukia à s’entraîner, ils ne semblaient cependant pas décidés à se montrer :

-Division la plus forte du Gotei treize, mon cul ouais ! Vous n’êtes que des tapettes !

-Je te signale que t’as déjà essayé la provocation, et ça n’a rien donné !

-Si c’est pour débiter des conneries, tu peux te les garder tes remarques, Yumichika !

Rukia était à deux doigts de la crise de nerfs, elle qui comptait se défouler sur les officiers de la onzième, était déçue et très énervée !    

-Très bien, puisque c’est comme ça !

Elle tira de sa poche un élastique et remonta ses cheveux en une queue-de-cheval haute :

-Ça ne sent pas bon ! Si tu veux mon avis, ils vont regretter de ne pas être venus !

Elle dégaina son sabre et se mit en position. 

-MAE… SODE NO SHIRAYUKI!

La lame immaculée, réputée pour être la plus belle de tout Soul Society, fit son apparition, sous les regards nerveux d’Ikkaku et Yumichika. 

-Ils vont voir ce qu’ils vont voir, personne ne pose de lapin à Kuchiki Rukia ! Dit-elle en se dirigeant vers les quartiers où habitaient les membres de la division, un regard meurtrier sur le visage.

-Cette fois c’est sûr, elle va en tuer un… ou peut-être plus ! Dit Yumichika en la regardant s’éloigner.

Une explosion retentit, balayant les vitres du bâtiment, le souffle du "Hakuren" emporta dans sa course quelques Shinigami entièrement recouverts de glace, alors que les autres avaient pris leurs jambes à leur cou pour se réfugier dans la cour, ignorant que le réel danger s’y trouvait. 

-Bien, cette fois, je crois que nous sommes au complet ! Clama-t-elle. Vous connaissez les règles : tous contre moi, tous les coups sont permis sauf l’utilisation du Kidou !

-Mais, madame, on a encore des blessures de la dernière fois… dit un Shinigami à la tête bandée et au bras gauche plâtré. Tous les autres approuvèrent  d’un signe de tête.

-Je ne veux pas le savoir ! Dit-elle en pointant son Zanpakuto vers lui. Vous êtes censé être la division la plus féroce de tout le Seireitei, c’est le moment de le prouver ! Mais son argument n’avait pas l’air très convaincant.

-Si Zaraki Taisho apprend que vous vous êtes fait mettre une correction par une femme, je ne donne pas cher de votre peau !

Cette fois, la peur pouvait se lire sur le visage de chacun d’entre eux, il était vrai qu’un combat contre Rukia était une torture, mais tout leur était préférable à côté d’une correction infligée par Kenpachi.

-Y’a pas à dire, elle sait y faire ! Dit Yumichika en étouffant un fou rire.

-En garde !

Ceux qui étaient à terre se levèrent et tous se mirent en garde.

-Un, deux, trois !

-Elle a l’air plus énervée que d’habitude, remarqua le narcissique alors qu’un Shinigami fonçait sur Rukia, elle sauta au-dessus lui et lui donna un coup derrière la tête qui le fit tomber dans les pommes.

-Elle était en mission sur terre aujourd’hui, ça a peut-être un rapport ! Répondit Ikkaku.  

Plus de la moitié des Shinigami étaient à terre, et Rukia n’avait même pas un bleu. Avec le manche du sabre, elle donna un coup à l’estomac d’un des combattants, puis elle attaqua directement le prochain, le défaussant de son sabre puis le blessa à la main suffisamment pour qu’il ne puisse plus tenir son Katana.

-Ça ne va pas, elle n’est pas assez concentrée ! Ikkaku suivait toujours le combat avec attention. 

-Tu crois ? Moi je trouve qu’elle se débrouille plutôt bien !

Un Shinigami arriva subitement et la serra par derrière en l’entourant avec son Katana pendant qu’un autre accourait vers eux :

-Tu vois, ça c’est une erreur qu’elle n’aurait jamais faite avant ! Dit Ikkaku en la regardant se débattre. Elle est beaucoup trop perturbée, je crois qu’il n’y aura pas d’entraînement aujourd’hui ! Déclara le trosiémee siège.

-Ça ne va pas lui faire plaisir !

-Je préfère ça plutôt que de la voir blessée !   

Rukia donna un coup de pied au Shinigami devant elle, puis un coup de coude à un autre qu’elle acheva avec un coup de poing à l’estomac, elle fit un croche-pied à celui qui s’était glissé derrière elle, lui cassant presque la jambe. Le suivant essaya de lui sauter dessus alors qu’elle était toujours par terre, elle le balança au-dessus d’elle avec sa jambe et se releva avec un bond en arrière.

-Some no Mai… Tsuki Shirou!

Le cercle de glace recouvrit presque toute la cour, s’arrêtant au pied d’Ikkaku et de Yumichika qui était impressionné par les progrès de la jeune fille. Ne voulant pas perdre plus de temps, elle congela tout le reste de ses adversaires.

-Vous ferez fondre la glace plus tard !  Dit la brune aux Shinigamis toujours conscients.

-Alors, comment j’étais ?

-Je ne savais pas que le Tsuki Shirou pouvait recouvrir toute cette surface !

-La dernière fois, j’ai gelé la cour en entier, mais aujourd’hui je suis un peu à cran.

-Justement, intervint Ikkaku, tu n’es pas assez concentrée, pas d’entraînement aujourd’hui !

-Quoi ?

-Tu m’as bien entendu, tu as eu une dure journée, va te reposer !

-Si tu veux parler de ma mission, je n’ai fait que le représentant, je veux m’entraîner, je ne suis pas fatiguée !

-Ça c’est à moi d’en décider !

-Mais je…

-Arrête de te comporter comme une gamine !

La réaction d’Ikkaku surprit autant Yumichika que Rukia.

-Ta mission t’a complètement chamboulée, j’ai l’impression de ne t’avoir jamais rien enseigné, apprends d’abord à maîtriser tes émotions, tant que tu n’auras pas dompté cette faiblesse, fait comme si tu ne me connaissais pas ! C’est tout pour aujourd’hui !

 

 Fin du flash back

 

-Madarame n’a jamais su trouver les bons mots, mais ça partait d’une bonne intention !

-Tu m’étonnes !

-Et qu’est ce que tu en penses, il avait raison ou pas ?

-De quoi ?

-De dire que tu étais chamboulée ?

Elle ne répondit pas se contentant d’observer la fenêtre que continuaient de parcourir les gouttes d’eau :

-J’ai toujours détesté la pluie !

Elle se tut et il respecta son silence, ils restèrent ainsi une bonne dizaine de minutes, quand elle se décida enfin à se livrer :  

-Ce jour-là aussi il pleuvait, exactement comme aujourd’hui, il faisait si froid, mais ça m’importait peu, j’étais tellement heureuse que la fin du monde m’aurait été égale…

Elle enleva la bouteille des mains d’Ashido pour en ingurgiter une longue gorgée, puis elle s’essuya la bouche d’un revers de main et poursuivit.

-J’avais tort, je me suis aperçue trop tard que le bonheur était vraiment quelque chose d’éphémère, de futile… elle sourit, Nii-sama avait bien raison, finalement !

Ashido garda le silence, il faisait toujours ça quand la brune lui racontait des passages douloureux et délicats de son existence.

-Je me souviens… je me souviens de ses mots… de ce qu’il a dit, comme si c’était hier

…Quand on se bat, il faut des personnes sur qui on peut compter… elle est beaucoup trop faible pour continuer avec nous… elle serrait plus encombrante qu’autre chose, je n’ai pas besoin d’un boulet supplémentaire… J’en ai marre de jouer les gardes du corps et de risquer ma peau, je l’ai sauvée une fois pour payer ma dette, faudrait pas non plus que ça devienne une habitude… La seule raison qui fait que je l’ai gardée auprès de nous, c’est parce que je la croyais forte, mais puisque ce n’est pas le cas, il vaut mieux qu’elle reste chez son frère… De toute façon, on a tous décidé que ce serait mieux qu’elle reste en dehors des combats à venir, ce serait vraiment le bouquet si elle se mettait en travers du chemin…

Elle eut un triste sourire.

-La première fois que j’ai entendu ces mots sortir de sa bouche, j’ai d’abord cru que ce n’était pas lui qui parlait, mais quand j’ai vu un rouquin au sabre aussi grand que lui par l’entrebâillement de la porte, j’ai compris… le son de sa voix m’aurait suffi à le reconnaître, c’est juste que je ne voulais pas me l’avouer. Je me suis dit que c’était un horrible cauchemar dont j’allais bientôt me réveiller et le lendemain, quand j’ai découvert qu’ils étaient tous partis comme des voleurs, j’ai reconnu mon erreur… je peux te dire qu’après ça, je me suis retrouvée dans un état vraiment lamentable, je ne pouvais plus bouger, je ne pouvais plus parler, j’avais juste mal… tellement mal !

Me laisser pousser les cheveux était comme un repère pour moi, tourner la page sans pour autant l’effacer…

-Et dire qu’il a fallu que tu te saoules pour te confier à moi ! Déclara Ashido après un autre silence, ce qui fit sourire Rukia, elle se laissa tomber en arrière sur le lit tout en fixant le plafond.

-Ça m’a fait du bien d’en parler, je me sens un peu mieux… Arigato Hosaimas, Ashido!

-Tu sais, Kurosaki est quelqu’un d’assez spécial, je te l’accorde, mais c’est étrange comme ses mots sonnent faux venant de lui… personnellement, ça ne me surprendrait pas si… Il ne fut guère surpris, en se retournant vers la brune de voir qu’elle avait finalement trouvé le sommeil, il tira les couvertures et l’y enveloppa, puis il sortit un futon supplémentaire où il s’installa sans pour autant dormir, car contrairement à Rukia, se confier sur un sujet tel que celui qui le tracassait était impossible, une affaire étouffée par les plus hautes instances de Soul Society, un crime qui restait impuni, mais que la révolte, la vengeance, le regret ou tout simplement la peine ne le résoudrait en rien, se taire, accepter et faire son deuil étaient les seules options qui s’offraient au Fukutaisho. Pour combien de temps encore pourrait-il supporter le poids du remord ? Celui de n’avoir rien fait pour "elle", d’avoir été impuissant, inutile…

 

 

 

Alors, il était comment ce nouveau chap ?

 

Ashido n’est peut-être pas si innocent qu’il n’en a l’air… !