Chapitre 2

par Angel9

 Visite inattendue :

Le Senkaimon menant à Soul Society apparut, et lorsque les deux portes s’ouvrirent, trois silhouettes apparurent devancées par leurs papillons de l’enfer. Sous leurs capes de voyages étaient visibles les uniformes noirs des Shinigamis, ainsi que leur Zanpakuto. Celui qui était à la tête du petit groupe retira sa capuche :

-Issashiburi*, j’aurai presque envie de dire que le monde réel m’a manqué ! Dit Renji en regardant l’enseigne du magasin.

-Parle pour toi, je me serais volontiers passer de ce voyage ! Répliqua une voix de femme très froide.

-J’ai hâte de rencontrer Urahara Kisuke ! Déclara une voix  d’homme beaucoup plus calme et chaleureuse.

-Tu ne diras plus ça une fois que tu l’auras vu, bon on y va ?

Renji s’apprêtait à partir en Shunpo quand la voix de la femme l’interrompit.

-Je ne viens pas, Renji !

-Quoi ?                              

-C’est pourtant clair, je reste ici ! Trancha-t-elle.

-Je te signale que c’est « toi », qu’on a envoyé pour aller chercher Ichigo, pas moi, Dit-il sur un ton accusateur.

-Je n’ai rien à lui dire, Ikuzo* !

-A tout à l’heure !

-Je te signale que je suis ton supérieur, tu dois m’obéir ! Lui cria-t-il.

-Tu peux aller te plaindre si ça te chante, ça ne me dérange pas ! Elle ne daigna même pas se tourner vers lui.

-(Elle finira par avoir ma peau cette abrutie !) MATTE*, RUKIA !

Mais trop tard, elle était déjà rentrée dans le magasin, et avait refermé la porte. Renji mit son Gigai et partit donc seul en direction de la maison des Kurosaki.

*********

 - Shinigami !

Ichigo s’était subitement réveillé, la main tendue vers le mur, assis devant son bureau, les restes de son stylo à moitié broyé encore dans la main droite, la respiration saccadée et le visage ruisselant de sueur.

- C’est quoi ce foutoir, on ne peut même plus pioncer en paix !

Le Moud Soul surgit du placard où avait l’habitude de dormir Rukia, il y passait tout son temps depuis le départ de la jeune fille.

- Kon !

Ichigo, encore sous le choc, regardait la peluche comme si c’était la première fois qu’il la voyait.

- Qu’est-ce qui se passe, t’es constipé ?

Il ne répondit pas, repensant plutôt au rêve qu’il venait de faire.

- (C’était qui ces deux filles ? Celle qui prétendait avoir un Bankai, je suis sûr de ne pas la connaître, mais l’autre qui était blessée, ses yeux… qui ça pouvait bien être ? C’était si réel, je ressentais tout… le vent violent des attaques de l’autre, et son reiatsu, aussi sauvage et meurtrier que celui d’un Arrencar…)

- Je… j’ai fait… un rêve. Dit-il d’une voix absente.  

- Quoi ? Alors c’est pour ça que tu me réveilles ?

Hun ?

- Espèce de sale frimeur !

-  Sale quoi ?

- Tu sais très bien de quoi je veux parler, mais ce n’est pas parce que « toi » tu as la chance d’en faire, des rêves érotiques, que t’as le droit de briser les autres !

Des rêves érotiques… Se lamenta Ichigo en se tapant le front.

- Moi je dors toutes les nuits dans la chambre de Nee-san, et je n’arrive même pas à la voir en rêve… Neeeeee-saaaaan !

- Urusai ! Ichigo lui bondit dessus et l’écrasa du pied, lui arrachant par la même occasion un couinement sourd, mais il se désintéressa très vite de lui pour se diriger vers la salle de bain, une serviette sur l’épaule.

- Ichigo, salaud, j’aurai ta peau !

Il s’immobilisa, la main sur la poignée de la porte, il sauta littéralement sur le Moud Soul et l’attrapa par l’oreille.

- Tu sais, je commence vraiment à en avoir ras le cul de toutes tes conneries ! Dit-il en le balançant au-dessus de sa tête avant de poursuivre. Si ça continue, je sens que je vais t’amocher au point que même Ishida ne pourra plus te recoudre !

- Teme, tu vas m’amputer de mon oreille !

- J’ai une bien meilleure idée, je crois que j’ai trouvé le cadeau idéal pour le prochain anniversaire de Yuzu ! Il s’arrêta de faire tourner la peluche pour pouvoir lui parler face à face. Une très jolie peluche du nom de Bostaf, je ne sais pas si tu la connais ?

Le regard sadique que lui lançait le Shinigami fit sonner l’alarme chez le Kaizou Kompaku* -  To… Tortionnaire, sadique, assassin !

- T’es en sursis pour le moment, mais je te conseille de te tenir à carreaux si tu ne veux pas finir ta vie en tutu !

Il le bâillonna et l’immobilisa à l’aide de ruban adhésif, puis le jeta au fond du tiroir de son bureau qu’il ferma à double tour.

C’était une matinée de week-end plutôt paisible, vu que le père d’Ichigo avait des choses à régler en ville, que Karin s’entraînait avec son équipe et que Yuzu faisait les courses.  Ichigo était seul à la maison, ce qui ne lui déplaisait pas. Il neigeait depuis bientôt une semaine, Karakura n’avait d’ailleurs jamais connu un hiver aussi froid. Ichigo décida de ne plus regarder vers la fenêtre, ce sale temps lui filait encore plus le bourdon.

Il se déshabilla et entra dans la douche, s’appuyant contre le mur il laissa l’eau chaude parcourir son corps.

Ça allait bientôt faire un an qu’il n’avait plus vu aucun Shinigami. La guerre contre Aizen n’était pas terminée, elle n’avait même pas encore commencé, mais il semblait que le traître et ses acolytes aient cessé toutes activités depuis leur retour du Hueco Mundo.

D’ailleurs en y repensant, le Hollow le plus fort qu’il avait combattu depuis, n’était même pas du niveau d’un Menos, ce qui, au lieu de rassurer Ichigo, l’inquiétait, surtout après le rêve de cette nuit. Car la fille au Bankai avait dit quelque chose à propos d’Aizen, et aussi d’une  clé ; il était sûr qu’il préparait un sale coup, surtout après une année de total silence.

-(Peut-être que je devrais aller en parler à Urahara !) Pensa-t-il en fermant le robinet. (S’il y avait eu quoi que ce soit d’anormal à Soul Society, il m’aurait prévenu quand même !)

De retour dans sa chambre, il s’habilla et se jeta sur son lit, les écouteurs de son MP3 sur les oreilles, il resta à contempler le plafond de sa chambre en silence, même Kon s’était résigné à se la boucler. Quelqu’un frappa à la porte de sa chambre :

-Fichez-moi la paix ! Cria-il en fourrant sa tête sous son oreiller, mais ce ne fut pas pour autant que son visiteur abandonna. Je ne veux voir personne, Hurla-t-il d’une voix étouffée par l’oreiller.

Soit la personne était totalement sourde, soit la vue d’Ichigo lui était vraiment indispensable car on tambourinait toujours à sa porte. Ce fut avec une colère noire qu’il se décida à ouvrir la porte manquant de l’arracher de ses gonds.

-Kusso ! T’es sourd ou lourd, j’ai dit que…

Ichigo s’immobilisa, devant lui se tenait un homme un peu plus grand que lui, d’une musculature aussi importante que la sienne, emmitouflé dans une veste qui cachait quasiment tout son visage, mais ses cheveux écarlates en forme de feuilles d’ananas seuls permettaient de l’identifier :

-Renji !

Le regard d’Ichigo se baissa systématiquement vers la gauche de Renji :

-Ru…

Son sourire s’effaça, surpris par le vide qui se trouvait à cet endroit, il s’y attarda tellement que Renji tourna la tête vers sa gauche.

-Doushta*, Ichigo ?

-Ho… non, rien ! Sa voix était devenue plus calme et son regard éteint, ce qui fit discrètement sourire Renji qui avait très bien compris le pourquoi de sa réaction.

Il ferma la porte et prit la chaise du bureau, s’y assit torse contre le dossier et se tourna vers Ichigo qui s’était adossé contre le placard, les bras croisés en regardant malgré lui vers la fenêtre.

-Je ne pensais pas que tu serais aussi content de me voir, surtout après un an!

-C’est peut-être parce que je ne m’attendais pas à ta visite. Vous autres, vous vous pointez quand ça vous arrange sans vous soucier de l’avis des autres ! Dit Ichigo qui avait repris sa voix brute et son air agacé.

-Je ne vois pas ce que nous serions venus faire ici, moi ou les autres, à moins que tu te sois tellement ramolli que même les petits Hollows te causent des problèmes ? Dit-il d’une voix moqueuse en sortant un paquet de cigarettes et un briquet de la poche de son jeans.

-Même si je devais crever, jamais je ne vous demanderais de l’aide… tiens, depuis quand tu fumes ?

-Depuis que j’ai commencé !

-C’est quoi cette réponse de merde ? Et puis qu’est-ce que tu viens foutre ici, d’ailleurs ? Ichigo s’était dressé face à lui, l’air passablement sur les nerfs, alors que Renji allumait une cigarette qu’il commença à fumer.

-On est en mission !

-On ? Qui ça, on ? Tu veux dire que tu n’es pas seul ? Ça doit être sérieux, alors ?

-Tu en poses des questions d’un coup, pourquoi ? Tu voulais voir quelqu’un en particulier ? Lança Renji d’une voix sarcastique.

-Espèce de… HA ! Mes yeux, Teme !

Sous le coup des nerfs, Ichigo avait attrapé Renji par le col de sa veste, ce dernier en avait profité pour lui souffler de la fumée dans la figure.

-Si tu te tenais un peu tranquille quand on te parle, ça n’arrive…

Renji s’interrompit car un drôle de bruit se faisait entendre depuis le tiroir du bureau. Il écrasa la cigarette contre la semelle de sa chaussure et la jeta dans la corbeille, puis il se dirigea vers la source du bruit.

-Je me demande ce que c’est !

-Ne touche pas à ça, BAKA ! Lui cria Ichigo, les yeux toujours clos.

-Je vais me gêner ! La mise en garde d’Ichigo le poussa encore plus à ouvrir le tiroir.

-Neeeeeeeeee-saaaaaaaaan !!!

Kon bondi du tiroir, du ruban adhésif encore collé sur la tête et la queue, les bras tendus vers Renji, qui lorsqu’il le vit lui donna un coup de poing qui le fit rebondir telle une balle de ping-pong autour de la chambre.

-Il est encore là, lui ?

-Si ça ne tenait qu’à moi, ça ferait longtemps qu’il ne serait plus de ce monde !

-Renji, où est-elle ? Où est-ce qu’elle est ? Je veux la voir ! Supplia Kon en tirant sur la veste de Renji.

-J’en sais rien moi, de quoi tu parles ? Demanda Renji en repoussant le Moud Soul.

-Comment ça, de quoi ? De Rukia Nee-san, bien sûr !

-En fait…  elle avait des trucs à faire chez Urahara, dit-il un peu gêné en jetant des regards furtifs à Ichigo, qui était soi-disant occupé à faire ses devoirs, Orihime-chan et les autres doivent être arrivés, maintenant !

-Inoue ? Est-ce que tu vas te décider à tout me raconter, oui ?

-Je t’expliquerai tout quand on serra chez Urahara, Ikuzo* ! 

 

Pour la traduction, Doushta signifie « qu’est ce qui se passe ? », Issashiburi veut dire « ça faisait longtemps !», Ikuzo « on y va ! » et matte « attend ! » !

Kaizou Kompaku : âme modifiée !