Chapitre 2 ~

par hitsukarin

« My knee is still shaking, like I was twelve,

Sneaking out of the classroom, by the back door.

A man railed at me twice though, but I didn't care.

Waiting is wasting for people like me. »


« Mon genou tremble encore comme lorsque j'avais douze ans,

Me faufilant hors de la classe, par la porte de derrière.

Un homme me cria dessus deux fois, mais je ne m'en souciais pas.

Attendre c'est perdre du temps pour des gens comme moi. »



Assise derrière son bureau durant le cour de math, Karin regardait distraitement par la fenêtre, tout en écoutant de la musique. La brune avait caché ses écouteurs de sorte à ce que le prof ne le remarque pas. Seul la musique la coupait momentanément du monde.

Elle détestait les cours. Écouter un prof barbant, encore et encore, tout en attendant qu'il se la ferme une fois pour toute et qu'il laisse la liberté à ses élèves... Les cours lui paraissait terne, sans intérêt.

Sans crier gare, elle sentit une boule lui monter à la gorge. Et une tristesse sans égale prendre le contrôle de son cerveau. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Ce qui était in-habituel. Elle ne ressentait ça que lorsqu'elle était seule. Ou lorsque qu'elle se sentait seule et vulnérable. Elle avait besoin d'air. Sa claustrophobie la prit et en se levant, elle prit ses affaires et sortit de la salle en plein milieu du cour. Attendre c'est perdre du temps pour les gens comme elle. Tout les regards se tournèrent vers elle. Elle devait avoir l'air triste car son prof l'interpella. Âgée d'une cinquantaine d'année, il avait un ventre rond et une horrible chemise à carreau, au dessus d'un pantalon de tissu noir.

Elle ne répondit pas. Des sanglot étouffait sa gorge. Elle n'était en mesure de parler, de prononcer ne serait-ce qu'un seule mot.

Elle sortit par la porte de derrière, ne tenant pas compte des protestation du professeur. Elle sortit dans le couloir et partit d'un pas tremblant à travers les couloirs.

Une fois dehors, elle respira un bon coup. Son malaise disparu presque aussitôt. Au bout d'un quart d'heure à marcher, elle se retrouva à l'endroit qu'elle préférait par dessus-tout dans la ville.

Perché sur la rambarde devant le soleil couchant, donnant à la ville entière une jolie teinte de lueur orangé, elle respirait l'air frais. C'était l'endroit préféré de Toshiro, et elle comprenait pourquoi. Il lui avait dit que restait là l'aidait à se souvenir. Et il avait raison. Sur la rambarde, elle arrivait à se souvenir des années d'insouciance qu'elle avait vécu. Les années où sont frère était là pour la protéger...

Elle ne savait pas quoi penser de son malaise survenue soudainement en cour. Et ça l'a mettait vraiment mal à l'aise. Une heure et demie passa sans que Karin s'en aperçoive. Elle pouvait passer des heure, immobile à un endroit, sans même suivre ce qu'il s'y passait.

Parfois, survenait aussi un sentiment de néant, de vide. Mais elle était incapable de bouger. Incapable de faire quoi que ce soit. Sa tristesse était devenue tant un mal morale que physique. Elle ne pouvait parler à personne de ce qui la faisait tant souffrir. Elle fit de son mieux pour ne pas éclater en sanglot, chose qu'elle avait envie de faire depuis qu'elle se sentait aussi mal, et qui ne lui ressemblait pas. Toute ses années à gérer ses problèmes seule, pour ne pas inquiéter sa famille, à retenir ses larmes, lui avait peut-être fragiliser l'esprit. Ça ne l'avait pas rendu forte, bien au contraire. Elle qui avait toujours fait de son mieux pour n'embêter personne avec ses soucis n'arrivait plus à joindre les deux bout, aujourd'hui.

Elle entendit un bruit sourd, derrière elle. Elle se retourna doucement et son cœur fit un bond dans sa poitrine. Un Hollow. Encore. Sa blessure à la jambe de la veille la faisait encore souffrir, mais encore une fois, elle n'avait pas le choix. Elle devait se battre. Encore une fois, elle se retrouvait sans armes. Puis, lasse, elle se lassa choir contre la rambarde. Elle en avait tellement assez de se battre. Pourquoi se battre, après tout, cela n'avait aucune fin. Elle tournait en rond. Sa vie ne lui plaisait pas. Et sa force – morale et physique – avait disparu. Elle ne savait pas pourquoi elle devait se battre... Pour repartir en cour, le lendemain, avec une nouvelle blessure ? En se sentant encore une fois oppressé, claustrophobe ? Pour inquiéter une nouvelle fois sa famille, en rentrant, tard le soir ? Elle ne voulait plus avoir peur de croiser un Hollow. Elle ne voulait plus se sentir seule et piéger face à un de ces monstres. Elle ne voulait plus souffrir. Disparaître était une manière de renoncer. Renoncer à une vie qui ne faisait que la blesser, chaque jour.

«  Pourquoi lutter ? »

Quand elle sentit le Hollow assez proche d'elle pour la toucher, elle ferma les yeux. Plus rien n'avait d'importance. Elle attendit, mais rien ne se passa. Elle sentit une bourrasque de vent glacé faire virevolter ses longs cheveux d'ébène. Elle ouvrit les yeux et tomba nez à nez avec le Capitaine de la dixième division. Pour la deuxième fois de la soirée, son cœur fit un bond. Elle était soulagé, qu'enfin quelqu'un l'aide. Que quelqu'un soit intervenue avant qu'elle ne se fasse toucher encore une fois par ces monstre de Hollow.

Elle haussa les épaules. Elle ne savait pas quoi répondre. Elle n'était vraiment plus elle-même depuis déjà trop longtemps pour répliquer comme elle l'aurait fait avant. Elle regarda avec attention son ami. Il avait encore grandit et la dépassait maintenant d'une bonne tête. Elle vit dans son regard qu'il était étonné. Elle n'en saisit pas la raison.

Mais elle-même savait qu'elle mentait. Autant à Toshiro qu'à elle-même.

Elle n'eut pas le temps de répondre qu'une migraine fit son apparition. Elle sentait, encore une fois, la boule au fond de sa gorge. La fatigue la rattrapait doucement.

Elle s'arrêta un instant. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas vue de Shinigami... Elle état étrangement réconforté à l'idée que les Hollow arrêterons momentanément de l'embêter, maintenant qu'il était là... Les larmes aux yeux, elle avoua :

Elle ne parlait pas de sa fatigue physique. Mais mentale.

Puis, avant même que Toshiro n'ai pu répondre ou réagir, elle tomba, inconsciente. Il l'a rattrapa avant qu'elle n'atteigne et contempla quelque temps son si fragile fardeau.